Pierre Moscovici : « Il n’est pas question de taxer les biens professionnels à l’ISF » [Les Echos]

Alors que les réunions d’arbitrage se succèdent à Matignon et à l’Elysée pour préparer le PLF 2013, le ministre de l’Economie et des Finances clarifie ses projets. Il se rend aujourd’hui à l’université d’été du Medef.

Croissance nulle au deuxième trimestre, chômage en hausse… Comment qualifiez-vous la rentrée économique ?
Nous nous étions préparés à affronter une situation économique extrêmement difficile. Les Français, notamment les jeunes et les seniors, ont déjà payé un lourd tribut à la crise, avec la hausse du chômage. Le pouvoir d’achat n’a pas progressé depuis cinq ans, et la France a enregistré trois trimestres de croissance nulle. En réalité, nous héritons d’un triple déficit de croissance et d’emploi, de compétitivité et de crédibilité budgétaire.

Vous êtes donc contraints de revoir votre prévision de croissance pour 2013…
La prévision de croissance, que le gouvernement Fillon avait calée à 1,7 %, a déjà été abaissée à 1,2 % avant l’été. Nous ajusterons notre prévision au moment du bouclage du projet de loi de Finances pour 2013, afin qu’elle soit à la fois réaliste, parce que je souhaite un budget de vérité, et volontariste. Nous pourrons améliorer notre performance, si nous sommes capables de résoudre les tensions dans la zone euro, qui sont le principal facteur d’atonie.

Quelles sont les conséquences budgétaires concrètes de cette révision à la baisse ?
Nous présenterons un budget sincère, sérieux et juste. Nous ferons les efforts nécessaires, car la qualité de notre signature est essentielle. Nous empruntons aujourd’hui à des taux très bas parce qu’on nous prête une certaine crédibilité budgétaire ; je souhaite que cela perdure.

Avec une croissance en panne, ne faut-il pas différer à 2014 le retour du déficit public à 3 % du PIB?
Ma réponse est claire : c’est non. Quand la dette dépasse 90 % du PIB, c’est pénalisant pour la croissance ; le désendettement est donc une priorité. Je connais aussi le fonctionnement des marchés : un desserrement des engagements pris auprès de l’Union européenne serait perçu comme un manquement à la discipline commune, coûteux en termes de taux d’intérêt. Pour le gouvernement, le sérieux budgétaire n’est pas une fin en soi, c’est une nécessité pour dégager des marges de manœuvre. Et dans un pays comme la France, l’effort auquel nous nous sommes engagés pour ramener le déficit à 3 % l’an prochain, s’il exige des efforts, est supportable, d’autant plus que les mesures prises seront ciblées.

N’y a-t-il pas du temps perdu dans le débat sur le coût du travail, alors que le chômage progresse ?
La question du coût du travail n’est pas taboue. Une concertation est lancée, il faut en respecter le rythme. Qu’on nous laisse du temps : la droite, qui donne des leçons aujourd’hui, a ouvert le dossier en 2007, l’a refermé pendant cinq ans avant de le rouvrir en catastrophe au début de l’année, qui plus est avec une application différée. Mais la question du coût du travail n’est pas l’alpha et l’oméga de ce qu’il faut faire. L’amélioration de la compétitivité passe par plusieurs facteurs : l’innovation et la recherche, l’investissement et le financement de l’économie.

Sur les carburants, vous avez renoncé au blocage des prix…
Nous avons fait mieux ! Nous avons baissé les prix, de façon substantielle compte tenu des marges des distributeurs et de la situation des finances publiques. Je souhaite être le porteur d’une politique économique qui régule plus qu’elle n’encadre, ce qui ne signifie évidemment pas que ce n’est jamais nécessaire. Quand un problème décisif surgit, et le prix du carburant en est un, nous agissons en deux temps en apportant une réponse immédiate puis en engageant un dialogue approfondi pour apporter, avec l’ensemble des acteurs, des réponses structurelles.

Les biens professionnels pourraient-ils entrer dans l’assiette de l’ISF ?
La réflexion se poursuit sur l’ISF. Mais il n’est pas question d’inclure les biens professionnels dans l’assiette de l’impôt.

La taxation à 75 % des revenus au-delà de 1 million d’euros intègrera-t-elle la CSG ?
Cette taxation sera mise en place, pour éviter les comportements extravagants, mais sans décourager l’activité économique. Il faut que cette taxe soit intelligente. Nous ne souhaitons pas qu’elle entraîne un exode des cadres et des chefs d’entreprise.

L’exécutif a changé de ton cet été vis-à-vis des entreprises. Les avez-vous trop stigmatisées ?
Je récuse cette idée de stigmatisation. C’est vrai qu’il y a une attention forte du président de la République et du gouvernement envers les entreprises. La présence de Jean-Marc Ayrault et de nombreux membres du gouvernement à l’université du Medef, dont nous honorons l’invitation comme celle de tous les partenaires sociaux qui le souhaiteront, en témoigne. Nous savons la dureté de la situation des entreprises et la nécessité de travailler ensemble au redressement de l’économie française.

Vous pourriez revoir à la baisse les hausses d’impôts prévues pour 2013 sur les entreprises ?
Je ne veux pas d’une fiscalité défavorable aux entreprises. Celles-ci doivent contribuer à l’effort de redressement. Il n’est pas raisonnable qu’elles en portent tout le poids. C’est la rente qui doit être combattue, pas la production ni l’esprit d’entreprise. Nous travaillons au projet de loi de Finances et finalisons les mesures fiscales. Il comportera des mesures visant à renforcer la compétitivité de l’économie française. Nous veillerons aussi à la stabilité de la fiscalité dans le temps. La stabilité juridique est au moins aussi importante que la structure des prélèvements. L’investissement productif suppose un cadre stable.

Le projet de Banque publique d’investissement est assez timide. Comptez-vous allez plus loin ?
J’ai reçu mandat d’agir vite et fort sur ce dossier. Nous prendrons les arbitrages dans les prochaines semaines. La BPI doit être un élément central de notre politique de développement économique, appuyée sur les régions et la dynamique des territoires. Une part de l’épargne réglementée à travers le LDD viendra l’alimenter. Il y aura un volet export à la BPI.

Où en est le projet de séparation des activités spéculatives des banques de dépôts ?
Cet engagement sera tenu. La réforme aura bien lieu en 2012, en tenant compte du calendrier européen et à l’issue de la concertation que j’ai lancé au sein du Conseil de régulation financière et du risque systémique. Je veux une réforme ambitieuse et réaliste. Je veillerai à ne pas fragiliser notre industrie bancaire, mais la réforme ne peut pas être cosmétique.

Le relais pris par La Banque Postale dans le financement des collectivités locales ne sera pas suffisant, qu’allez-vous faire ?
Les nouvelles ne sont pas préoccupantes pour cette année. Aujourd’hui, le système bancaire alimente les collectivités locales un peu mieux que les années passées et nous avons débloqué une enveloppe de 5 milliards, également dédiée aux hôpitaux. Le dossier Dexia occupe beaucoup de mon temps, mais nous voyons le bout du tunnel.

L’Etat est appelé en dernier recours sur le Crédit Immobilier de France. La Banque Postale devra-t-elle le racheter ?
Je me tiens régulièrement informé de la situation et suis attentivement les développements, qui affectent un émetteur significatif de la place de Paris.

Les propos de Mario Draghi, le patron de la BCE, ont calmé cet été les marchés financiers européens. Mais, maintenant, que fait-on ?
Ce qu’a dit Mario Draghi est très important. Il a fait naitre l’espoir d’une solution pérenne aux difficultés de la zone euro, en assurant que l’euro était irréversible, que sa survie faisait partie des missions de la Banque centrale européenne et qu’il était prêt à faire tout le nécessaire pour le garantir. Ce sont des paroles fortes : elles marquent une évolution de la doctrine de la Banque et de sa responsabilité. Il a ajouté qu’il était prêt à intervenir dès lors que les Etats eux-mêmes étaient capables de se mobiliser auprès de la BCE. Il est de notre responsabilité de mettre en place les interventions nécessaires. Le plus tôt sera le mieux. Mais il y a encore des hésitations politiques à surmonter.

La France et l’Allemagne sont-elles d’accord sur ce qu’il faut faire pour la Grèce ?
Nous souhaitons qu’elle reste dans la zone euro, dès lors qu’elle fait les efforts nécessaires. L’Europe est une construction solidaire. On ne peut pas laisser tomber un peuple comme le peuple grec. Je serai à Athènes le 13 septembre, pour la première visite d’un ministre français des finances depuis 1998, et ne je compte pas y délivrer un message laxiste. Mais je suis persuadé que le départ d’un Etat constituerait une menace pour l’ensemble de la zone euro, par un effet de contagion négatif. Ne minimisons pas le choc considérable que représenterait une sortie de la Grèce de l’euro.

Les dirigeants allemands le font pourtant, à commencer par Wolfgang Schaüble !
J’observe une évolution positive du côté allemand. La rencontre entre Angela Merkel et François Hollande de la semaine dernière a été extrêmement utile à ce sujet, et notre message est très proche de celui des Allemands.

Mais Berlin ne veut pas donner un euro de plus à Athènes.
Nous avons créé un groupe de travail avec Wolfgang Schaüble, pas seulement sur l’Espagne et sur la Grèce mais sur l’ensemble des questions liées à la crise dans la zone euro, l’union bancaire, l’avenir de l’euro, la croissance et la compétitivité, pour définir une position parfaitement commune.

Est-il vrai que le premier ministre, Antonis Samaras, a proposé que la Grèce finance elle-même les deux années de sursis qu’elle réclame pour la baisse de son déficit public ?
M. Samaras dit qu’il demande du temps et pas d’argent. François Hollande souhaite que le Conseil européen du 18 et 19 octobre puisse apporter une réponse définitive à la question grecque.

Angela Merkel et François Hollande parlent tous deux d’union politique, mais parlent-ils de la même chose ?
Dans l’immédiat, il s’agit de résoudre les difficultés de la Grèce, de l’Espagne et de Chypre. Ensuite, il y a les améliorations de la gouvernance économique, que l’on peut réaliser sans changer les traités ; c’est le cas de la supervision bancaire, mais aussi de l’harmonisation fiscale et sociale. C’est vrai encore des propositions de François Hollande de réunir plus régulièrement les dirigeants de la zone euro. Et puis, il y a une démarche de plus long terme. Nous sommes prêts à aller plus loin dans la construction européenne, à condition qu’à chaque étape d’intégration supplémentaire corresponde une dimension de solidarité. C’est pourquoi nous ne renoncerons pas à l’idée, à terme, de la mutualisation des dettes publiques.

Comment définiriez-vous la vision allemande ?
Les Allemands ont sans doute une conception plus fédéraliste et plus budgétaire de l’union politique. Je suis, pour ma part, favorable à une fédération de projets, solidaire. Cette discussion, nous devons l’avoir sans tabou dans le cadre de nos travaux bilatéraux. Mais je connais bien mon pays. Les Français n’accepteront des concessions supplémentaires en termes de souveraineté que s’il y a un bénéfice concret et tangible pour le pays. C’est d’ailleurs nécessaire si l’on veut rapprocher les citoyens de l’Europe. Il y a aujourd’hui une incompréhension majeure vis à vis du projet européen. Ce n’est pas uniquement par des réformes purement politiques ou institutionnelles, et encore moins par une conception punitive de l’Europe que les choses se feront : il faut que l’intégration aille de pair avec la solidarité.

Avec les Allemands vous êtes revenus à des relations et un mode de travail plus classique ?
Il y a eu un temps d’apprentissage entre deux pouvoirs qui ne se connaissaient pas. Peut-être y a-t-il eu une appréhension de leur part à l’égard d’un Président et d’un gouvernement de gauche en France. Aujourd’hui, tout fonctionne bien. Les relations entre François Hollande et Angela Merkel sont devenues très solides et très stables. Ils ont tous les deux un grand sens politique. Ils partent des faits et cherchent des compromis. Pour ma part, je travaille en grande confiance avec Wolfgang Schaüble. Il y a de ce fait une plus grande prévisibilité que ce qui existait avant, me dit-on, même à Berlin…

Pourtant le traité budgétaire n’est toujours pas ratifié en France…
La procédure n’est pas achevée en Allemagne non plus ! Nous soumettrons le traité budgétaire au vote du Parlement avec le paquet croissance. François Hollande s’était engagé à une réorientation de la construction européenne. Tout le monde, y compris à gauche, doit comprendre que celle-ci a eu lieu. Nous devons avoir quatre exigences pour l’avenir de la zone euro : l’intégrité, la pérennité, la stabilité et la croissance. Il y aura par ailleurs un projet de loi organique sur le pilotage des finances publiques avec la création d’un haut conseil des finances publiques, adossé à la Cour des comptes, pour crédibiliser le dispositif auprès de nos partenaires. Il y aura enfin une loi de programmation financière à moyen terme, également soumise au vote du Parlement.

26 réflexions au sujet de « Pierre Moscovici : « Il n’est pas question de taxer les biens professionnels à l’ISF » [Les Echos] »

  1. Je suis un peu perplexe par la couverture médiatique de cette rentrée et des journalistes qui parle des 100 jours un peu comme les arabes parlent aujourd’hui des révolutions qui pensait que celles ci étaient des boutons ou il fallait juste appuyer pour avoir immédiatement une démocratie, ils découvrent que ça prend du temps, ça se construite alternance par alternance, que c’est fragile, que la tyrannie peu revenir et que adopter la politique de la chaise vide en cette période surtout quand on est libéral (au sens anglosaxon du terme) c’est une connerie monumentale.

    En France c’est pareil, on a pays qui s’enfonce depuis des années, une Europe bloqué avec une austérité qui nous maintient au fond mais les commentateurs s’étonnent que tout n’ait pas changé en 100jours. Pourtant le calendrier donné avant l’élection de Hollande est bien respecté, la conférence sociale à pris en compte les sujets importants et les 1ere mesures d’urgence ont été prises, seules deux déconvenues imprévues les licenciements massifs que l’ancien gouvernement avait négocié pour qu’elles se fassent après les élections et la situation syrienne qui on sait ne bougera pas tant que Obama qui apparemment en a plus qu’assez du moyen orient, et mise tout aujourd’hui sur le sud est asiatique ne le voudra pas.

    On ne change pas un pays en quelques jours, et personne ne l’a prétendu n’en déplaise à Melenchon qui le sais très bien.Les changements ne peuvent se ressentir avant 2, 3 ans, et encore c’est un délai très rapide. En 100 jours, nous avons les thèmes du changement, la méthode, le calendrier, pour le peu que le calendrier soit respecté et une volonté réelle de rénover le contrat social, ce gouvernement pourra se targuer d’être un des gouvernement les plus rénovateur de la Vième république

  2. Essayer d’échapper à la rentrée , comment? toutes les pleureuses
    ont sorti leurs mouchoirs pour s’attendrir sur ces milliers d’enseignants qui ont peur , sur ces millions de bambins qui tremblent d’effroi ou qui sont déjà accablés par l’ennui qui va les dévaster dès le pied mis dans ces horribles bàtiments qu’on appelle collèges ou lycées . Le président a parlé de « défi » et le ministre de « morale laïque » ,enseignée par un emploi aidé ??Comment ne pas perdre la tête …Je suis en dehors de la panique et je suis bien près d’adhérer au réquisitoire de Frankie . Je compte sur la vaillance et le bon sens de V.Peillon .
    Quant à la bpi ,les polémiques virulentes ( y compris entre les ministres) sont consternantes ; et croire comme M.Sapin que les emplois aidés vont apporter de la croissance ,c’est de la naïveté ; autrement dit ,je suis plongée dans un marasme assez noir ; j’ai un sujet de me réjouir : le grand journal de Canal avec D.Bürki est bien un divertissement pas marrant et nullard ; et les guignols sont dans un grand état d’épuisement . J L Mélenchon bat le rappel et attend des millions de contestataires dans les rues ,début Oct ; il est en grande forme ,il est bien le grand homme politique de gauche ,le seul ,le vrai ! Topor est mort ,hélas . Pourtant il y a des gens intelligents au gouvernement ,estampillés « grandes écoles » , qu’ils se réveillent et qu’on le voie .

    • Comme je fais pas mal de trajets en voiture, j’écoute la radio. En ce jour de pré-rentrée des enseignants, on a droit aux reportages « marronniers » sur cette lourde épreuve. Je ne sais si tous les directeurs de l’information se sont donnés le mot, mais la quasi totalité des reportages que j’ai entendus aujourd’hui a donné une vision calamiteuse des enseignants :
      – la « pas contente d’être nommée en Dordogne » après une réintégration en métrople et un passage par un lycée français de je ne sais où
      -les « encore en vacances » qui sont dissipés lors du discours du proviseur rappelant les consignes
      -les « tout juste rentrés d’hier » qui comparent leur bronzage autour du verre de jus d’orange du pot d’accueil
      -les « inquiets » de l’emploi du temps focalisés sur la répartition de leurs cours dans la semaine ( pas le lundi matin, les éléves ne sont pas réveillés, ni le midi, ils ont faim, ni en fin d’apmidi ils sont fatigués, ni le vendredi apmdi c’est trop près du wend)
      -les « blasés » qui découvrant leur emploi du temps ont envie de retourner se coucher
      – les  » vendeurs de foire » qui troquent leur heure de math du mardi 14/15h contre celle de leur collègue d’hist géo du jeudi matin
      – les « spécialistes du vide-grenier  » qui cherchent à se débarrasser des mauvais élèves de l’an dernier en les refourguant dans un autre groupe de niveau en langue, pris par un autre collègue

      Et bien, s’il s’agissait de redorer le blason des enseignants qui reprennent le travail après quelques longues semaines de vacances, ah pardon non, de pause estivale, c’est raté ….ils sont plutôt présentés comme une bande de nantis qui ont encore la possibilité de faire la fine bouche.

      • @ frankie 21h43 .Je suis lasse aussi de ces « marronniers »;
        vous semblez ne guère aimer ceux qu’on appelle « les enseignants » forcément fainéants et nantis ; eh bien j’ai trouvé la solution pour que l’éducation-nationale disparaisse en douceur ; voici comment . L’Express du 03/09 donne le Palmarès des 20 meilleurs lycées français et TOUS sont des « collèges-lycées » privés et confessionnels .
        Quelle bonne nouvelle ! St-joseph,ste-thérèse Etc…le meilleur « lycée » de France est « St-joseph de Lectoure « et le 2° « st-joseph de Nay ». Vite ,que toutes les familles s’y précipitent ; il y a le bon air de la campagne et …3.500 habitants . C’est le rêve :300 élèves ; établissement sous contrat ; à quoi bon s’entasser dans des lycées de plus de 1.000 élèves ,qui n’ont pas 100% de réussite ! Tous au collèges-lycées privés , plus de ministres de l’éducation -nationale,plus de soucis :la réussite est évidente à st-joseph ou ste-ursule . Quand je pense que mes enfants se sont entassés dans des lycées de 1.300 ou 1.400 élèves avec « des nantis-qui-font-la-fine-bouche- » je frissonne de mon inconscience . Je vais envoyer un mot à Monsieur Condorcet pour lui dire ce que je pense ;et vive l’express pour cet ingénieux palmarès ; demain je vais dans la montagne pour éviter les « marronniers » .

        • Non Lola, je ne déteste pas les enseignants, absolument pas. J’ai rendu compte des reportages que j’ai entendus hier sur de grandes antennes de radio, pour déplorer que l’image qui en ressort n’est pas, une fois de plus, à l’avantage de cette profession. Je n’ai pas réussi à comprendre si c’était l’objectif ou simplement le résultat de la négligence journalistique parce que justement c’est un marronnier. On va de caricatures en caricatures, toujours identiques, au moment même où le ministre VPeillon prêche pour le respect et l’estime à l’égard de ceux qui « s’engagent pour la nation » ( sûr que pour la plupart des enseignants, c’est une grandiloquence ministérielle qui n’a que peu à voir avec leur quotidien, il est possible de dire les choses plus simplement sans déchoir ).
          Cela dit, comme j’écoute à l’instant ce ministre sur Canal, je vois qu’il n’en est pas, lui non plus, à une contre-vérité près sur la description de la récente réforme de la formation des enseignants.

          • @Franckie 19h20 . Il y avait un peu de provocation de ma part, un peu seulement . Je me demande comment il est possible de travailler au
            milieu d’un tel battage médiatique . J’ai entendu
            l’ex-ministre Ferry affirmer que les enfants qui ne savaient pas lire au CP ne sauraient JAMAIS
            lire ,ce qui est une ânerie .Les Anglais, les Américains , les Danois, les Coréens font de leurs écoles des lieux privilégiés (et non des sanctuaires) où les élèves et les étudiants semblent heureux d’étudier . En France ,rien de tel (si l’on excepte qqs très grands établissements qui sont très loin derrière st-joseph au palmarès national !)Et vous avez raison toute cette grandiloquence et ce cérémonial emphatique n’ont sûrement pas grand chose à voir avec le quotidien de l’école.

    • Hihihihi16h15- la bonne blague :vos posts avec constance disent toujours la même chose !votre disque est usé ! par ailleurs vous m’avez mal lue ,erreur d’interprétation .

  3. Le lancement de la Banque Privé d’investissement est en cours. En parallèle, vous-même et le gouvernement développaient des moyens de rentrer plus de recettes fiscales en alourdissant de façon significative les impôts sur les cadres moyens, cadres supérieurs et français à haut- revenus.
    Ce n’est pas anormal mais détourne, à priori, un potentiel d’investissement.
    Ainsi, ne serait-il pas nécessaire d’envisager les choses d’une façon différente en mettant à profit et en mobilisant l’épargne que sont capables de générer ces revenus et ces personnes. Ne pensez vous pas qu’il serait enfin temps de mettre en place un livret d’épargne avec une possibilité de défiscalisation forte permettant de concentrer des moyens financiers conséquents qui pourraient venir relancer l’aide aux entreprises notamment TPE, PME et grosses PME, et donc apporter un soutien puissant à la relance de l’industrie en France et donc à la relance d’emplois dans les différents secteurs.

    L’essentiel de l’épargne est concentré sur des outils non productifs ou se concentre sur le domaine Immobilier certes important mais dont les dérives sont notables.

    La création d’instrument défiscalisé pour la relance du développement de l’industrie, de la recherche, de l’innovation serait de mon point de vue un levier puissant pour venir supporter des politiques publiques hésitantes depuis des années.

    Très cordialement.

    • La vous touchez un point crucial de la volonté du Président ,qui est de séparer les banques d’affaires et les banques de dépôts.
      Si ce gouvernement se veut de Gauche il mettra en place un nouveau système bancaire qui amènera des capitaux en direction des PME et qui relancera la croissance, donc l’embauche ; mais si ce gouvernement est lézardé par le groupe D S K , c’est une autre politique économique qui se fera , et les banques d’affaires, celles qui nous ont mis dans la panade et celles qui continuent à le faire auront le champ libre pour donner libre cours à leurs spéculations boursières, ne prêtant que si elles ont des liquidités.
      Ce sont elles qui réguleront les marchés, ouvriront ou fermeront les robinets, suivant leurs profits et leurs intérêts particuliers ……

  4. « Le problème pour le Gouvernement, c’est que, il aura beau nier, dans ces cas-là, c’est parole contre parole, puisqu’on ne peut pas prouver que l’on n’a pas fait quelque chose ».

    Raisonnement particulièrement scandaleux. Quand on accuse, il faut pouvoir prouver.

  5. Cher Monsieur MOSCOVICI bonjour.
    Sympatisant d’aucune formation politique,ancien chef d’entreprise,permettez moi de vous adresser quelques remarques
    qui pourraient recevoir de votre part quelque attention.
    Vous recherchez ,et je vous approuve,tous moyens pour grossir les
    recettes en vue d’équilibrer le budget de la FRANCE.
    Pourquoi ne pas supprimer certaines dépenses de l’Etat qui seraient indolores pour les intéressés ???
    Supprimer les doubons CONSEILS REGIONNAUX et CONSEILS GENERAUX !
    Supprimer les doublons COMMUNAUTES URBAINES et COMMUNES !
    et oui..faudrait le courage de diminuer un grand nombre d’Elus inutiles qui sont rétribues à ne RIEN faire sinon se pavaner au milieu de leurs courtisans et voyager à grands frais sous des prétextes futiles tels que voyages d’étude et autres.
    Combien de milliards pourrions nous économiser ?????
    Je suis certain que vous y avez pensé !
    Merci de m’avoir lu
    Respectueusement.

    William LEGUEM
    13012 MARSEILLE

    • A William : la « gauche » (et en particulier le PS) détient la plupart des mandats « locaux ».

      Croyez vous que le Gouvernement actuel – et plus encore le Parlement qui compte 75% (au moins) de « cumulards » – va aller dans le sens que vous prescrivez ? Autant demander à M. MOSCOVICI de se faire hari kiri ! Vu la fronde sur le « non cumul » je vous laisse un peu imaginer la réaction des élus « nationaux » (qui sont aussi élus « locaux » dans leur majorité, où dont l’élection dépend de la bienveillance d’élus locaux) si demain on cherchait à réduire le « millefeuille » des charges publiques électives !

      • bonjour
        J’en ai concience- et pourtant il faut s’en sortir !
        il faut assainir la situation- trop de privileges et d’abus
        dans les dépenses inutiles.
        Cordialement

        • -dépenses inutiles :que devient Sarko-one-aéro ? est-il remisé dans les hangars de Villacoublay ? est-il loué à la semaine , au mois ?
          -le Président et sa compagne ne résident pas à l’Elysée ; combien de brigades de cuisiniers ? pour faire quoi ? le beurre rancit très vite ,le munster coule rapidement dans des débauches d’odeurs , le veau marengo n’est pas immortel , et les pêches elles-
          mêmes se laissent aller .
          -combien d’abonnements ,à combien de journaux , pour combien de services ?
          -économies de bouts de chandelle , certes . Et puis
          est-ce bien sérieux , lorsque les milliards sont la gestion quotidienne des gouvernants ?

        • Les élus (comme les nommés du reste) ont très souvent, et c’est fort regrettable, une mentalité de « cour de France ».

          Cela explique que personne ne trouve rien à redire quand le PM explique que les parlementaires « de la majorité » ont été élus grâce à M. HOLLANDE et qu’ils ont (dès lors) un devoir de « solidarité » (comprenez de vassalité) à l’endroit du Gouvernement et du Président. Lesquels membres de l’Exécutif n’ont, semble t il, en revanche, aucun « devoir » de cet ordre envers leur « majorité » sans qui, pourtant, il est plus que probable qu’ils n’auraient guère été « élu ».

          Cela explique aussi l’incapacité (réelle) desdits élus à comprendre que l’on ne peut exiger d’autrui ce que l’on réclame au pays. Et que dès lors, le « devoir d’exemplarité », même s’il peut leur apparaitre minime, a au contraire une grande importance.

          De son coté, le Gouvernement dispose de nombreux documents qui lui permettraient aisément de faire des économies, sans impacter dans la douleur, les acteurs économiques ou sociaux. Et sans, non plus, mécontenter sa majorité.

          Pour ex, dans le Rapport 2011 de la Cour des Comptes, on lit : « La France est, parmi les pays de l’OCDE comparables, celui qui soutient le plus le financement de ses exportations. » et « La part de marché de la France, désormais au cinquième rang, se dégrade depuis 1980 ».

          Le Rapport au Premier ministre relatif aux aides publiques du Conseil d’orientation pour l’emploi du 08/02/2006, démontre que l’intégralité des aides financières réalisées par l’Etat est floue, inefficace et très coûteuse. L’auteur du rapport au PM y dénonce l’absence de recensement exhaustif des aides publiques (1), la multiplicité des guichets (2), des dispositifs (3) bien évidemment mis en place sans cohérence ni évaluation (4).

          Les allégements de cotisations sociales sur les bas salaires de 21,7 milliards d’euros en 2007 (selon l’INSEE 2010), en augmentation constante, prouvent que la France favorise l’emploi peu qualifié, à faible valeur ajoutée. L’économie française évolue donc vers les produits de bas de gamme, où la concurrence des pays à coûts inférieurs est insupportable, au lieu d’évoluer comme l’Allemagne vers des produits de haute technicité où la concurrence est plus faible et les profits plus grands. Et les contribuables Français paient pour cet effort !

          Dans le Rapport sur les aides publiques aux entreprises de Janvier 2007 du Ministère de l’économie on lit ainsi que : « l’ensemble des aides publiques aux entreprises représente près de 65 milliards d’euros, dont 90 % sont financés par l’Etat. » Que « le nombre total de dispositifs d’aide est d’au moins 6 000, dont 22 aides européennes, 730 aides nationales et, par exemple, 650 aides pour l’ensemble des collectivités de la région Ile-de-France. »

          Une personne censée se dirait immédiatement : « 65 milliards d’euros, une somme colossale ! Et malgré ces aides, le chômage continue à augmenter et la compétitivité de nos entreprises à se dégrader, à en juger par le déficit du commerce extérieur (70 milliards d’euros en 2011, record absolu). »

          Un Ministre en fonction devrait se dire : « allez, on bazarde tout çà (puisque cela n’a aucun effet) et on utilise les sommes disponibles (ces 65 milliards) pour des choses beaucoup plus utiles ! » Pas besoin d’aller chercher très loin :

          *25 milliards pourraient être utilisés pour le financement des retraites (horizon 2020). En agissant ainsi, on fait d’une pierre deux coups. On envoie un signal aux Français (retour de l’âge de la retraite à 60 ans), aux (futurs) retraités et donc on dope d’autant plus le « moral » (déterminant pour favoriser la consommation des ménages et des entreprises) des citoyens. Et ce faisant, en mettant fin au « problème » lancinant des retraites on montre qu’un Gouvernement « socialiste » peut redresser le pays en six mois, quand d’autres en ont été incapables en trente ans. Ce qui devrait naturellement nous faire remonter dans le cœur des investisseurs et des « marchés ».

          **10 milliards pour aider les créateurs d’entreprise. Il est aujourd’hui très facile de « créer une entreprise », beaucoup moins de « démarrer » une entreprise. Pourquoi ne pas réserver les prêts NACRE (et compagnie) aux entreprises ayant besoin d’un investissement conséquent (industrielles ou commerces) et proposer des prêts de trésorerie remboursable (car le problème est souvent là, le financement du BFR) ? Pourquoi, aussi, ne pas faire en sorte que l’AIF « projet personnel » soit déployée, notamment à l’endroit des demandeurs d’emploi s’engageant à l’issue de leur formation à être embauché ou à embaucher eux-mêmes (s’ils sont créateurs)

          Je laisse à l’imagination de chacun ce que l’on pourrait faire des sommes restantes.

          Le Gouvernement pourrait aussi chercher à mieux utiliser les fonds structurels accordés par l’Union Européenne, à chacun des Etats membres. Ces fonds sont, en principe, destinés au développement régional, à l’activité économique ou à la cohésion sociale. Dans la pratique, on assiste à des gabegies d’argent public mirifiques. Sur la période 2007-2013, l’UE, au titre des fonds structurels, a redistribué une somme globale de 336,3 milliards d’euros aux 27 États membres. Sur ce pactole, la France aura 12,8 milliards. C’est une somme qui n’est pas aussi colossale que celle d’avant, mais c’est cependant bien près de 13 milliards, qui sont à ce jour surtout utilisés pour promouvoir une personnalité politique ou bien pour financer des projets farfelus, telle qu’une maison close ou bien une station de ski…A Saint Trop !

          Dans un tout autre registre, notre hôte a généreusement annulé la dette de 37,5 milliards d’euros que nous devait la Cote d’Ivoire.

          La mesure ne semblerait pas mauvaise, si cela permettait à la population de bénéficier de cette générosité. Le souci c’est que l’on a là un pays riche…Mais pillé par ses gouvernants.

          Etait il, dès lors, bien nécessaire d’annuler une dette, geste qui fera sourire le dictateur du pays, en aucun cas la population dudit pays. Je ne suis même pas sur que cette décision ait été assorti d’un avenant, prévoyant (par ex) l’annulation de la dette sous réserve que les dirigeants cessent de maltraiter leur peuple !

  6. Question au ministre de l’économie :

    Comment se fait-il que les actions EDF vaillent aujourd’hui aux alentours de 16€ alors qu’elles ont été introduites à 32€ et qu’elles aient atteint un maximum de près de 90€ ?

    Y-a-t-il un problème industriel ?

    Y-a-t-il un problème de gouvernance ?

    • Suite à la nomination de Proglio à EDF, le canard enchainé de l’époque avait la bonne idée de nous faire un petit portrait de Proglio. C’était amusant de connaître toute les pertes qu’avait fait subir ce grand patron au groupe Véolia. Du coup toute perte au sein d’EDF ne m’étonne pas.

      Cela dit bien avant la venu de Proglio, la stratégie d’acquisition à l’international n’avait pas de sens, parfois c’est à se demander si le consommateur paye le prix de l’électricité ou aussi le prix des acquisitions.

      Et il n’y a pas qu’EDF, quelles sont les stratégies d’Areva, de la SNCF, de GDF_Suez cette fusion qui était une des plus mauvaise idée des 15 dernières années avec la vente des autoroutes à l’époque de Jospin (à méditer)?

      • Les entreprises ont aucune stratégie de long de terme et le seul but est de faire des profits.

        Si non la BPI va être un échec car elle a déjà loupé sa cible dès le début…je travaille en banque donc je connais le sujet.

        Une banque peut avoir beaucoup d’ambition mais la différence se fait avec un réseaux développé capable d’identifier les entreprises a fort potentielle et de les soutenir avec une offre adapté localement.
        La on fait une holding qui regroupe des services existants sans réseaux.
        La catastrophe va être énorme.

        Le meilleur moyens était de racheté un réseaux bancaire ou d’utiliser le réseaux de la poste comme support.

  7. @ Seb

    Il y a deux sens à la crédibilité budgétaire dans ce texte.

    D’une part la crédibilité à honorer ses dettes, qui se traduit par la confiance des investisseurs dans la dette française, vu comme une valeur refuge en raison de la crise sur les dettes (« fuite vers la qualité »).

    D’autre part la crédibilité à redresser ses comptes publics, c’est à dire à dégager un excédent primaire afin de stabiliser puis réduire le stock de dette.

    La première dépendant fortement de la seconde, la France ne s’est pas illustré par sa bonne gestion de ses comptes publics ces dernières décennies.

    • Il est clair que les finances publiques ont été gérées en dépit du bon sens. Je ne crois, cependant pas, que s’astreindre à un objectif idiot – les 3% sont sortis d’une pochette surprise – soit plus intelligent et aide à « redresser les comptes publics ». A quoi bon réduire notre endettement…Si c’est pour finir dans la récession ?

      La plupart des « conseillers » du FMI, de la BCE, de l’UE – et peut être aussi du Gouvernement – semblent être inspirés par l’idée selon laquelle une bonne cure d’austérité serait apte à provoquer un choc de confiance chez les agents économiques privés, choc qui permettrait de faire repartir de ce fait la machine économique.

      Cette “austérité expansionniste”, qui, dans l’idéal, amènerait à zéro les dépenses publiques et à zéro l’endettement public, n’a pourtant pas l’air de bien fonctionner, comme on le voit formidablement bien avec des pays comme la Grèce, l’Italie ou l’Espagne qui semblent s’enfoncer dans le cycle récessif que les économistes partisans d’une autre démarche, plus keynésienne en somme – que les médias appellent les « économistes atterrés » (et ils ont quelques raisons de l’être puisque les « conseillers » sur lesquels s’appuient nos gouvernants sont ceux qui n’ont pas vu la crise arrivée…Ou qui en ont été bénéficiaires (GOLMAN SACH « conseille » l’UE ! – avaient fort bien prévu.

      Aux vues des douches froides résultants des pseudos « sommets de la dernière chance » et des superbes résultats obtenus par lesdits pays, en suivant les conseils du FMI et de l’UE, je doute fort que suivre cette méthode soit de nature à « rassurer » nos investisseurs bien longtemps, si le Gouvernement se met à la suivre diligemment, à l’ex de ce qui se passe en Grèce où…Tous les indicateurs économiques n’ont jamais été aussi rouges…Depuis qu’on a « testé » cette austérité à l’allemande.

      Si M. MOSCOVICI entend « redresser les comptes publics », il me semble que suivre une « méthode qui marche » (depuis des siècles au reste) serait franchement plus utile. Cette « méthode » c’est celle que Charles V a appliqué – en pleine guerre civile et extérieure – à la France, pendant la guerre de Cent Ans. C’est celle que Charles VII (le dauphin de Jeanne) a suivi à la lettre à l’issue de ladite guerre. C’est celle que Napoléon Bonaparte mettra en application après son coup d’Etat. C’est celle qui redressera la République au lendemain de la défaite de l’Empire. C’est aussi celle qui nous a permis de nous Reconstruire à l’issue du deuxième conflit mondial.

      Je crains fort, cependant, que l’UE – avec le soutien de la « France » (de son Gouvernement du moins) – continue dans son aveuglement. Comme en témoigne le satisfécit décerné par Angie MERKEL aux Italiens.

      Il semble, en effet – et toute l’actualité économique (voir politique) nous le démontre – que certaines élites économiques et politiques – en particulier les dirigeants de la BCE, ceux de la Commission, les dirigeants allemands actuels – veulent saisir l’occasion de la crise pour restructurer en profondeur les rapports de force au sein des sociétés européennes, en particulier en finir avec les “archaïsmes” sociaux des pays méditerranéens.

      Dans ce cadre, il s’agit « d’aider » les Etats en difficulté, mais en leur imposant des “conditionnalités” et de faire en sorte qu’ils ne puissent plus s’en affranchir une fois qu’ils ont reçu de l’aide.

      Plutôt que de trouver un mécanisme pérenne d’aide, il faut donc viser à maintenir ces Etats dans un état d’asphyxie financière. Ainsi la BCE pourrait aider les Etats en difficulté à se financer en achetant directement leur dette publique (comme le font les autres grandes banques centrales pour leurs Etats respectifs), mais elle déclare ne vouloir le faire que si les dits Etats mettent en œuvre des réformes de structure d’orientation libérale, fortement demandées par cette dernière, par les pays dominants, l’OCDE, le FMI, les économistes libéraux, etc.
      Il s’agit de faire fortement pression sur les gouvernants nationaux – dont certains non élus ne demandent à vrai dire que cela… – pour qu’ils passent outre toutes les réticences populaires aux dites réformes structurelles, le tout au nom de l’Europe !

      Celles-ci visent à établir un marché du travail purement libéral, sans syndicats pour augmenter les salaires au delà du niveau de la productivité individuelle de chaque travailleur, sans trop de droits sociaux pour gêner les entreprises, etc.

      Cela pourrait expliquer pourquoi nos dirigeants, bien qu’ils voient l’échec de leurs « plans » et « mesures » en direct (on est passé de un pays en difficulté (la Grèce) à dix pays en grande difficulté) continuent aveuglement de soutenir ceux-ci. En effet, les effets récessifs des politiques d’austérité budgétaire ne gênent en rien ceux qui veulent en profiter pour restructurer à marche forcée les sociétés méditerranéennes, bien au contraire, tout se passe comme prévu. Plus il y a de récession, plus il y a de chômage, plus le pouvoir de négociation des syndicats diminue, plus les salaires baissent, plus les gouvernements nationaux peuvent mettre en œuvre des mesures littéralement impensables auparavant – qui risquent d’ailleurs de finir par se heurter au droit européen minimal du travail… ce qui n’est pas d’ailleurs le moindre paradoxe de l’affaire.

      Il est fort dommage que M. MOSCOVICI se joigne à ces « éducateurs » un peu particuliers. Un vrai « socialiste » ne devrait pas avoir pour visée d’anéantir ce pour quoi des hommes comme Jaurès ont donné leur vie : le social. Un Français et un européen véritable ne devrait pas vouloir casser ce qui a toujours été la revendication de son pays : une « République sociale », une « Europe scciale ».

      M. HOLLANDE avait suscité un grand espoir, et pas seulement en France. Il est très pénible de constater que de renégociation de traité, il n’y a pas eu et que des réorientations on reste sur notre faim. Si son « pacte de croissance » avait une contrainte juridique pouvant faire le pendant ou primer sur le Six Pack et compagnie, je ne dis pas…Mais là, c’est un chemin de Damas qui nous est promis, rien d’autre.

  8. Propos – comme souvent – intéressants et intelligents, bien que toujours empreints d’une certaine incohérence.

    **Ainsi, vous nous dites que la « France » a une « signature » qui vaut de l’or (puisque les taux d’emprunts sont attractifs) mais que la même « France » un problème de « crédibilité budgétaire ». (Ce qui devrait lui valoir des taux d’emprunts forts) Où se situe la vérité là dedans ? La « France » est elle perçue comme « vertueuse » ou bien souffre t elle d’un « déficit de crédibilité budgétaire » ?

    **Même chose concernant le déficit public. On ne peut que se réjouir de vous voir désireux de respecter le traité de Maastricht (et les règlements européens qui en ont découlé) – çà change ! – mais comment comptez vous tenir ces engagements, alors même que ceux-ci dépendent d’un taux de croissance qui (vous avez conscience, c’est bien) devant être portée par l’Union Européenne…Laquelle n’a toujours pas (en violation des engagements pris par M. HOLLANDE en la matière) fait de la croissance l’un de ses « objectifs » ou l’une des « missions » de la BCE ? (Sans quoi, il va de soi que le Conseil Constitutionnel aurait exigé une révision constitutionnelle précédé d’une modification du TFUE)

    **Sur le TSCG : il semble que les engagements de M. HOLLANDE en la matière aient été, pour le moins, oubliés.

    Le Président s’est, en effet, engagé à « réorienter » le « rôle » de la « BCE ». Il a promis de « renégocier » un traité (le TSCG) en faisant en sorte que la « croissance » puisse faire le pendant aux mesures d’austérité prévus par le Six Packs notamment.

    On peut tout « comprendre » M. MOSCOVICI. Prendre les gens pour des idiots – surtout sa propre majorité – est en revanche insultant. Car ladite « réorientation » promise, ladite « renégociation » n’a pas eu lieu. On peut chercher tous les arguments pour prétendre le contraire, les faits, eux, restent.

    S’il y avait eu réorientation du rôle de la BCE – comme promis – alors il y aurait eu révision du TFUE, puisque c’est ce traité qui organise les missions des Institutions européennes. Surtout, il est clair que le Conseil Constitutionnel aurait astreint le Gouvernement à réviser la Constitution, puisque cette nouvelle mission de la BCE (la croissance) aurait nécessité une révision de l’article 88,1 de notre Constitution !

    S’il y avait eu « renégociation » du traité, ayant pour visée de pallier aux mesures d’austérité, M. HOLLANDE aurait exigé que son « paquet de croissance » soit pourvu d’une contrainte juridique à la hauteur des mesures d’austérité en place ou/et fait en sorte que l’UE reconnaisse la « croissance » comme l’un de ses « objectifs », ce qui aurait permis au paquet « de croissance » de prévaloir sur lesdites mesures d’austérité, un peu comme notre Constitution prévaut sur la loi. Tel n’est pas malheureusement pas le cas. Sans quoi – là encore – le Conseil Constitutionnel aurait exigé la tenue du Congrès et non une simple loi organique.

    Les engagements de M. HOLLANDE sont surtout peu tenus en ce qui concerne les Institutions nationales et le PE. En effet, il était question de faire participer plus activement le Parlement. On a beau cherché dans le TSCG la mention de ce dernier, on ne trouve dans les décisions que la place du Gouvernement et de lui seul. Le PE n’ayant pas l’initiative parlementaire – ce qui est pourtant une prérogative législative – il demeure chambre d’enregistrement. Le Parlement n’a pas voix au chapitre. Là encore, si volonté il y avait eu de lui faire plus de place, voire de l’intégrer complètement aux décisions européennes, il est certain qu’une révision de la Constitution aurait été nécessaire…A l’exemple de ce qui a été fait en Allemagne, en Suède ou aux Pays Bas, sans parler de l’Italie.

    M. HOLLANDE a fait adopter un « paquet de croissance » ayant une « valeur juridique » moindre que le « Six Packs ». Il ne peut dès lors prétendre avoir renégocié quoi que ce soit. Pas même l’histoire de la « règle d’or », puisque le traité signé par M. SARKOZY prévoyait déjà la faculté d’insérer les règles édictées dans la Constitution elle-même ou de passer par un moyen moins contraignant juridiquement !

    Est il étonnant que les élus socialistes (ou pas) soient rétifs à un tel texte, qui ne change rien à l’existant – c’est un doublon du Six Packs – à tel point que la Commission Européenne a dit elle-même que le « non » ou le « oui » référendaire irlandais, ne changerait rien à la donne ? Un texte qui ne peut se prévaloir d’avoir fait bouger les choses, puisqu’il n’a aucunement mit un frein aux mesures d’austérité, ni en modifiant les missions de la BCE, ni en faisant de la croissance un objectif européen. Le Gouvernement n’a pas même défendu le social, par le biais des coutumes constitutionnelles françaises, donnant ainsi possibilité à la CJUE de s’emparer des normes nationales pour les européaniser !

    Une « étape » ? C’est ce qu’on répète en boucle aux citoyens à chaque élection européenne. Chaque traité serait un « étape » à l’avénement d’une « europe sociale ». Sauf que chaque traité nous engage vers une Europe qui n’a rien de social !

    **Sur la compétitivité, je suis d’accord avec vous. Elle ne peut se résumer au coût du travail. Les éléments que vous citez sont, effectivement, facteurs de celle-ci. Toutefois, le Gouvernement pourrait agir (sans que cela lui coûte un centime) sur ce coût du travail. Comment ? En affectant les taxes dévolues à la Sécurité Sociale à…Celle-ci ! Les rapports de la Cour des Comptes montrent, en effet, que ladite Sécurité Sociale, dont l’on évoque régulièrement le « trou » pourrait tout a fait être excédentaire si Bercy n’utilisait pas les taxes d’alcool et de tabac (pour ne citer qu’elles) à d’autres usages que ceux prévus par le Législateur ! On pourrait donc sensiblement diminuer le coût de la CSG, ce qui bien évidemment ferait monter le salaire des Français sans pénaliser l’entreprise. Au final, l’Etat n’y perdrait d’ailleurs rien, puisque les Français utiliseront cet octroi de pouvoir d’achat dans la consommation (TVA), l’épargne (financement logement social) ou bien encore le soutien aux entreprises (investissement) de quoi relancer la croissance et rendre plus attractive notre France !

    **S’il y a une « stabilité juridique » je ne peux que m’en réjouir. Espérons que l’on ne multipliera pas les lois « en urgence » non plus (si urgentes qu’elles dorment ensuite dans des tiroirs où doivent être re débattues deux ans plus tard !)

    **En ce qui concerne MARIO DRAGHI – le mec qui a fait couler la Grèce, beau palmarès ! – je ne comprends pas que vous en soyez si amouraché. Encore moins – alors que jusqu’à présent vous avez fait preuve d’une analyse assez réaliste de la situation – que vous fassiez preuve d’un tel aveuglement.

    M. DRAGHI peut s’inventer des missions – telle que la « sauvegarde de l’euro » – et prétendre que ce dernier est « irréversible » (la démocratie est un gros mot pour l’ami MARIO ?)…Cela ne veut pas dire que les pays membres (notamment l’Allemagne ou les Pays Bas) lui octroieront (par le biais des traités) un permis pour çà, surtout si ladite sauvegarde de l’euro enfreint la mission principale de la BCE : la stabilité des prix.

    Au reste, si lui promet de défendre l’euro, les marchés, eux, ont fait leur l’explosion d’icelle. Notre brave Président de la BCE le reconnait d’ailleurs parfaitement. Il explique en effet que le spread imposé par les marchés est dû à trois facteurs : une prime pour « risque de liquidité », une prime pour « risque de crédit » (ou « risque de défaut »)…Et surtout à une prime de « risque de convertibilité ». (Risque d’explosion de l’euro)

    Ainsi donc, dans son discours retentissant devant la presse du 26 juillet, le président de la BCE a-t-il dit une chose et son contraire. D’une part, il a fait l’aveu énorme qu’il existe un risque de convertibilité. D’autre part, il a réaffirmé que « l’euro est irréversible », en faisant valoir l’engagement politique des dirigeants européens sur cette question. (Dirigeants européens qui l’ont, dans les heures qui ont suivi, rappelé à l’ordre, d’où l’effondrement des « marchés » après la montée consécutive à son interview)

    Au regard de ces déclarations du Président de la BCE, les « marchés » ont donc déjà anticipé un effondrement de l’euro puisqu’ils l’intègrent dans les primes demandées ! Il est donc parfaitement absurde de dire que perdre l’euro serait une catastrophe pour la Grèce puisque (justement) ces taux actuels sont déjà relevés en anticipation dudit départ ! Par contre, vous avez raison : le départ de la Grèce de l’euro constituerait un précédent fâcheux. Mais pas pour la Grèce. Pas pour les pays membres. Uniquement pour M. BARROSO et compagnie. Et surtout pour les bankers, qui devraient ainsi trouver une autre excuse pour voir financer leurs défaillances chroniques.

    **Une « harmonisation sociale et fiscale » n’est pas possible, M. MOSCOVICI, sans révision des traités. Vous l’avez peut être oublié, mais l’Irlande a négocié un protocole d’accord, rattaché au traité de Lisbonne, interdisant toute harmonisation sur ces sujets. Pour ce qui est de la « mutualisation » de la « dette » il faudra un référendum en France. C’est un référendum qui a interdit la mutualisation des dettes – Maastricht – c’est donc un référendum qui doit pouvoir l’ouvrir…Si nécessaire.

    • Vous devriez faire un tour en Grèce et observer toutes les combines « méditerranéennes » qui permettent, comme en Italie du sud, de maintenir une économie parallèle tout en bénéficiant des crédits européens.
      A défaut de vous déplacer, vous pourriez lire des écrits sérieux sur la situation administrative du pays. Savez-vous qu’il n’y a pas de cadastre en Grèce ? Que les armateurs qui accumulent une partie des richesses sont exonérés d’impôts ? Que le poids de l’Eglise orthodoxe sur l’économie et la société paralyse le pays ? Savez-vous qu’il est pratiquement impossible d’utiliser une carte bancaire, que tout doit être payé en liquide et qu’il y a probablement plus d’argent sale en Grèce que dans la plupart des pays de la zône euro ?
      Par ailleurs, vous devriez cesser de répéter que Mario Draghi est l’homme qui aurait fait couler la Grèce. Cette affirmation stupide et répétée ne vous honore pas. Je sais que vous n’êtes pas le seul à le prétendre, mais ce n’est pas une excuse.

      P.S. Vous adorez le mot « icelle », désuet et presque disparu, mais vous devriez savoir qu’au masculin, on écrit « icelui ».

      • De 1993 à 2001, super Mario a siégé à plusieurs conseils d’administration de banques italiennes. De 2002 à 2005, il a été vice-président de Goldman Sachs Europe. Pendant cette période, la banque d’affaire a touché 300 millions pour aider la Grèce à camoufler son déficit. Mais Super Mario, bien que chargé des « entreprises et pays souverains », n’était pas au courant ! A qui voulez vous faire gober un truc pareil ?

        C’est sous l’autorité de notre super Mario que la transaction qui a permis à « la Grèce » (à ses gouvernants) de dissimuler à ses partenaires européens l’ampleur de son endettement a été réalisée. En pratique, l’opération consistait à échanger la dette contractée par la Grèce en dollars et en yens contre un prêt en euros auprès de Goldman Sachs. Un échange réalisé en utilisant un taux de change «fictif, historique » comme l’ont expliqué les signataires de cet accord ! Cela avait pour effet mécanique de «faire disparaître environ 2% de la dette grecque de ses comptes nationaux ». Et pour rembourser les 2,8 milliards d’euros empruntés à la banque, la Grèce a conclu un autre contrat de swap. Un montage de produits dérivés d’une complexité extrême dont les responsables grecs n’étaient pas capables de mesurer les dangers, de leur aveu même. En quatre ans, la dette ainsi contractée par la Grèce auprès de Goldman Sachs allait bondir de 2,8 milliards à 5,1 milliards d’euros.

        On connaît la suite : la crise grecque va pousser la BCE à exiger d’Athènes un plan de rigueur budgétaire sans précédent, afin d’éviter une propagation à la totalité de la zone Euro. La complicité de Goldman Sachs dans cette affaire éclate également au grand jour. La banque est même accusée par le Congrès américain de ne respecter aucune règle d’éthique. Face à ce scandale, en 2010, plusieurs économistes, dont Simon Johnson, ancien responsable au FMI, demandent ouvertement à ce que le rôle de super Mario dans la manipulation des comptes grecs soit révélé.

        Ce à quoi, le brave homme répondra ne pas avoir été au courant de l’opération entamée à la banque. Comme c’est commode ! Tous les fraudeurs devraient utiliser la même excuse ! Plaider d’irresponsabilité pour méconnaissance ! L’accord a été réalisé à l’insu de son plein gré sans doute…

        Même en admettant la totale innocence du brave Mario, ne trouvez vous pas inquiétant qu’à la tête de la BCE figure un homme qui nous expliquait tantôt ne pas être au courant de ce qui se passe dans sa propre entreprise ? Et c’est à cet homme qu’on veut donner les clés du MES, de la supervision bancaire et ainsi de suite !

        Et n’est ce pas injuste que les Grecs payent pour les compromissions de leurs gouvernants ? Et qu’une banque coupable d’un délit – s’en est un – puisse continuer à installer tranquillement ses hommes dans les pays victimes ou à la tête d’Institutions censées restaurer la confiance et la prospérité ? Le « droit à l’ignorance » (ou à l’irresponsabilité) brandit par super Mario ne devrait il pas profiter aux Grecs ? Les fonds exigés des Grecs ne devraient ils pas être demandés aux signataires de l’accord ?

        Et si la Grèce doit, sans doute, remettre de l’ordre dans ses comptes, en vertu de quoi ses partenaires devraient ils lui dicter sa conduite (1) ? Alors qu’eux-mêmes voient leurs méthodes échouées (2) ? Et qu’ils sont loin d’être à la hauteur ? (3) Où était la Commission Européenne (gardienne des traités) quand le traité de Maastricht était purement et simplement violé ? (4)

        Si l’on considère – à juste titre – que la « France » ne peut être impliquée dans les perversités de « Vichy » pour la simple raison que les décisions prises étaient contraires aux coutumes constitutionnelles de la France(DDHC), si l’on déclame sans faillir que la « France » ne peut reconnaître le génocide vendéen au motif que la « Terreur » n’était pas un régime légitime…Alors je ne vois pas pourquoi les Grecs devraient être tenus de rembourser des dettes contractés par des gouvernants oublieux des engagements de leur pays. Puisque ce trucage des chiffres était illégal, au regard du droit européen, il n’y a aucune raison de faire « payer » un pays membre.

        Récemment, la Cour d’appel de Paris n’a t elle pas contesté le remnboursement d’emprunts toxiques par les collectivités, au motif de leur illégalité ? (Les banques requérantes ne pouvant ignorer (nul n’est censé ignorer la loi) que lesdites collectivités se voient interdire la souscription d’emprunts « toxiques » et que passer outre, c’est rendre illégal tout engagement pris avec les collectivités. Au nom de quoi les citoyens (Grecs ou autres) devraient ils rembourser des prêts illégaux ? Puisqu’on en décharge leurs représentants, n’est il pas juste que la chose soit similaire pour les citoyens eux mêmes ?

        Je ne connais sans doute pas aussi bien que vous la situation étatique de la Grèce. Je crois, en revanche, que si des choses sont à faire, ce doivent être les Grecs, et eux seuls, souverainement, qui doivent s’en préoccuper.

        De la même manière que ce sont les Français, et eux seuls, qui doivent déterminer comment faire évoluer les choses. La Grèce n’a pas de cadastre ? Ses citoyens payent en espèces ? Là belle affaire. En Allemagne, on peut s’acheter une voiture en espèces et la « CB » n’est pas tellement utilisée. En France, nous n’avons pas de recensement des aides publics, encore moins de suivi. En Italie, on peut trouver nombre de points à réguler. Et je doute fort qu’un seul pays puisse se targuer d’être vertueux en tout. L’Eglise orthodoxe pèse sur la vie économique ? Chez nous, ce sont les francs maçons.

        Je ne dis pas que la Grèce doit rester telle qu’elle est. Seulement que nous devrions cesser – nos politiques en vérité – de donner des leçons, alors que nous ne sommes pas inattaquable en terme de vertu. Budgétaire ou non.

        La France s’est retrouvée en plusieurs occasions, dépourvue d’appareil étatique. A ma connaissance, quelque que soit le Charles aux commandes (V, VII, De Gaulle) ou le régime (Monarchie, Empire, République), la France n’a jamais eu besoin des « encouragements » contraignants de ses partenaires européens pour se « redresser ».

        Comme je ne pense pas que les politiques actuels soient plus bêtes qu’un roi handicapé, un dauphin traumatisé par son enfance tragique ou un déserteur glorifié, il me semble possible d’obtenir des bons résultats en Grèce, sans avoir à envoyer des « superviseurs » nordiques.

        Surtout si lesdits « superviseurs » ont à leur seul actif des échecs – augmentation du chômage, croissance en berne, signaux rouges vifs – et si leurs « conseillers » ne peuvent prétendre qu’avoir provoquer la faillite de la structure dont ils étaient responsables.

      • Messieurs je vais vous mettre d’accord !le masculin de « icelle » (dont raffole Seb)est bien icelui ;mais « zone »n’a pas de circonflexe ! non je ne suis pas ‘maîtresse d’école’ ,j’ai appris à lire dans le petit Larousse de 19o6(celui de mon grand-père!)et cela m’a donné de mauvaises habitudes : ainsi , je ne supporte
        pas les poêtes , mais je continue à fréquenter les poëtes ;
        je fuis les évènements mais je m’intéresse aux événements ;
        à chacun sa folie !j’essaie ,quand j’en ai le temps, de lire jusqu’au bout les posts de Seb qui épluche méticuleusement les rapports ; et cette fois je suis un peu surprise de voir que Bangor semblait ignorer ces évidences :
        il n’y a pas de cadastre en Grèce donc pas d’impôts fonciers
        les armateurs ne paient pas d’impôts , l’église orthodoxe non plus et elle pèse sur la société Etc…il y a eu de nombreuses émissions tv+radio sur ces sujets,depuis longtemps, nul besoin d’aller en Grèce pour cela ; idem pour l’Italie du sud que j’ai parcourue ,un peu dans tous les sens ,jadis ou naguère.
        Il faut voir les films de Angelopoulos et des cinéastes italiens des années 60-70 ; ils sont parlants ;il faut non seulement aller se baigner dans les couchers de soleil de Gallipoli ,mais parcourir à pied le Bruttium sauvage , passer des après-midi dans les trulli ;lire les textes des écrivains grecs , des poëtes et l’on comprend assez vite ;
        l’europe est pour l’instant bancale ,à mon tout petit avis
        non pas parce que chaque pays a sa propre langue mais parce que chaque pays a un sens différent de ce qu’est l’Etat; en septembre ,après diverses pérégrinations ,je vais essayer de passer l’hiver en Grèce ,les toutes petites îles non touristiques,mer ionienne,mer Egée,le sud du Péloponnèse et …je ne suis pas sûre d’y arriver ;parce qu’il y a autre chose à comprendre en Grèce .

        • la mise en page de mon post n’est pas la mienne :ne me reprochez pas les incohérences !

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