Pierre Moscovici – BPI : « Les Régions auront un grand rôle » [Midi Libre]

cc Parti socialiste

Banque publique : le ministre de l’Economie présente son plan pour les entreprises.

Vous venez aujourd’hui à Montpellier et c’est l’un de vos premiers déplacements en région (1). Pourquoi le choix de cette ville ?

D’abord, pour moi, c’est un retour aux sources. J’y ai vécu une année il y a 30 ans, dans le cadre d’un stage de l’ENA. C’est une ville que j’ai vu grandir. À l’époque, Montpellier comptait près de 130 000 habitants. Aujourd’hui, elle en a plus du double. Elle est à la fois identique et changée. Jusqu’à présent, j’ai été très pris par des dossiers tels que le Livret A, le système bancaire, le prix des carburants, la préparation de la loi de finances… Mais le ministre de l’Économie veut et doit être le ministre des entreprises. Il n’y a pas de croissance sans création de richesses et pas de création de richesses sans compétitivité.

Justement, votre visite est consacrée au financement des entreprises. Qu’allez-vous annoncer ?

Beaucoup d’entreprises qui veulent innover et se développer souffrent d’une insuffisance de financement. Il faut y remédier. Nous venons de doubler le plafond du livret de développement durable (porté de porter de 6 000 € à 12 000 € à partir du 1er octobre, NDRL). Et nous mettons en place la Banque publique d’investissement…

La BPI sera la banque des entreprises.

Jean-Pierre Jouyet, le patron de la Caisse des dépôts, sera à vos côtés pendant cette visite. Qu’en est-il de cette nouvelle Banque publique d’investissement, dans laquelle la Caisse des dépôts sera très impliquée ?

La BPI sera la banque des entreprises. On veut leur proposer toute la palette des outils utiles à leur croissance : prêts, garanties, fonds propres. Les Régions auront un grand rôle. Elles seront associées. L’idée, c’est que 90 % des décisions soient prises au niveau local. Ce sera un guichet unique en région. Nous accompagnerons le développement des entreprises sur le long terme.

Quelles seront les entreprises bénéficiaires ?

Les PME-PMI, les ETI, les Entreprises de taille intermédiaire… Par ailleurs, j’ajoute qu’à Montpellier, je me rendrai aussi à l’Insee. Je veux dire à l’administration toute la confiance que j’ai en elle et dire aux fonctionnaires la considération que le ministre de l’Économie a pour eux.

Votre venue intervient la veille de l’annonce du plan de suppressions de postes chez Sanofi. Que peut dire le ministre de l’Économie ?

Avec Arnaud Montebourg (qui a reçu vendredi les syndicats de Sanofi, NDRL), nous menons à la fois un travail défensif et un travail offensif : faire en sorte d’éviter quand c’est possible les plans sociaux ou tenter d’en réduire leur portée ; de l’autre, d’aider les entreprises à se développer, se renforcer et créer de l’emploi.

(1) Pierre Moscovici déjeunera à 13 h en préfecture avec des chefs d’entreprise de la région, puis il visitera l’entreprise ESII à Lavérune et la direction régionale de l’Insee.

Recueilli par Pierre BRUYNOOGHE  –  24/09/2012, 06 h 00

2 réflexions au sujet de « Pierre Moscovici – BPI : « Les Régions auront un grand rôle » [Midi Libre] »

  1. monsieur Moscovici,

    la presse a ces jours-ci mis en avant l’intervention financière du Qatar au chevet de certains quartiers défavorisés de la banlieue parisienne. Ce geste peut surprendre ( même si l’initiative n’est pas tout-à-fait récente) d’autant que les précisions apportées sur cette intervention sont peu nombreuses et ont plutôt l’air embarrassantes pour les élus concernés. Cette aide va-t-elle concerner le développement des entreprises et de l’emploi dans ces quartiers ? A-t-elle vocation à suppléer aux carences tant de l’Etat que des collectivités en matière de politique sociale ou de rénovation urbaine sur ces territoires ? Est-elle à usage strictement privé pour le secteur non marchand associatif, culturel ou religieux ? Bien qu’apparemment cette nouvelle forme de sponsoring soit localisée dans la périphérie de Paris, ce sont des questions qui intéressent tout le pays dans la mesure où cette « participation » étrangère pourrait témoigner d’une politique particulière de « coopération  » internationale qui n’est pas sans inconvénient. La moindre des choses serait que l’on puisse en débattre correctement, plutôt que tout ceci se passe subrepticement, alimentant les rumeurs et les interprétations extrêmes de tout poil.
    Jusque dans les rangs du PS certains s’en sont émus. Que signifie le silence du gouvernement sur ce sujet ? il y a suffisamment de ministres et ministres délégués concernés par les politiques éducatives, de rénovation urbaine, économiques, familiales, d’emploi…pour qu’au moins l’un d’entre eux veuille bien se pencher sur la question et apporter un éclairage sur ce qui me paraît relever d’une forme d’ingérence du Qatar dans des problématiques relevant strictement de l’intervention publique de notre pays. En vertu de l’adage très souvent vérifié de « qui paie décide », on peut sans doute voir avec un peu d’inquiétude l’arrivée d’un partenaire financier dont l’action, proportionnelle à la levée de fonds, est loin d’être désintéressée et absente de prosélytisme.
    Si la clause générale de compétence et la décentralisation permettent aux élus locaux d’avoir et de renforcer l’autonomie sur ce genre de questions, alors il y a de quoi avoir quelques craintes de l’usage qui peut en être fait. Vu le fonctionnement des collectivités, il ne faut pas s’attendre à ce que la régulation vienne des processus internes de régulation démocratique qui sont fort malmenés par le clientélisme…

  2. Les Français impatients attendent de voir du concret.La démonstration prime toujours face à la parole ( bien que celle-ci ne soit pas superflue ). Ne craignez-vous pas d’accentuer les inégalités entre les Régions ? PS : Merci au Sénateur Martial Bourquin …

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