Combat

© Présidence de la République – S. Ruet

Quelques mots pour revenir, au milieu d’un agenda très chargé, sur l’intervention télévisée du Président de la République, François Hollande dimanche soir. Elle était très attendue, dans un contexte marqué par la dureté et la durée de la crise, par les inquiétudes des Français.

Je ne suis pas impressionné par le « Hollande bashing » médiatique. Ayant passé la fin de la semaine dernière dans le Doubs, sur le terrain à Montbéliard et Besançon, je sais que les Français ne sont pas à notre endroit dans le ressentiment ou le rejet, qu’ils connaissent la difficulté du moment et de notre tâche, qu’ils nous créditent de la volonté et de la capacité à changer ce pays après dix ans d’une droite qui nous a légué un héritage lourd à porter : un taux de chômage à 10%, une croissance anémique, une compétitivité en berne – avec un déficit du commerce extérieur de 70 milliards d’euros – des déficits budgétaires supérieurs à 5% du PIB, une dette publique accrue de 600 milliards d’euros au cours du dernier quinquennat, des inégalités explosives et insupportables. Mais je suis conscient, en revanche, de la demande de sens qui s’exprimait, et qui s’adressait, comme toujours en France et dans nos institutions, au Chef de l’Etat, élu par nos concitoyens au suffrage universel et clé de voûte du pouvoir. François Hollande, contrairement à ce qu’a pu écrire François Bayrou, ne commençait pas son quinquennat ce dimanche, mais il était conscient des attentes qui se tournaient vers lui. Il y a répondu en fixant un cap clair, en trois dimensions : la stratégie, le calendrier, la méthode. J’y reviens.

La stratégie est fixée : c’est le sérieux de gauche.

La stratégie est fixée : c’est le sérieux de gauche. Sortons du débat routinier autour de la rigueur, ou pire de l’austérité. Ce n’est pas la politique pour laquelle nous avons été élus, ce n’est pas celle que nous mènerons : nous n’affaiblirons pas l’Etat, nous ne fragiliserons pas le modèle social français – que nous avons au contraire vocation à conforter et moderniser – nous ne ferons pas porter l’effort nécessaire, indispensable, sur les couches populaires et les classes moyennes. La rupture avec le sarkozysme est, sur ce point, d’une netteté absolue : il est insupportable de voir les leaders d’une droite qui a échoué, les duettistes de l’UMP François Fillon et Jean-François Copé, nous faire la leçon. Pour autant, le Président a souligné avec force, et il a eu raison de le faire, que le combat – ce fut le mot le plus fort de l’émission de dimanche, et il est si juste – devrait être mené sur deux plans : l’emploi et le désendettement.

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