Pierre Moscovici : « En Afrique, la Chine ne nous fait pas peur » [Jeune Afrique]

Coopération monétaire au sein de la zone franc, situation ivoirienne, montée en puissance des Chinois, aide au développement : le ministre français de l’Économie et des Finances livre sa vision des relations entre Paris et le continent. Et revient sur la crise de l’euro.

Propos recueillis par Julien Clémençot et Stéphane Ballong – Jeune Afrique, n°2699 du 30 septembre au 6 octobre 2012

Le présent et l’avenir, c’est une Afrique en pleine croissance qui reste très liée à la France.

Le 5 octobre, la France et ses partenaires africains vont marquer le quarantième anniversaire de la zone Franc à Bercy. Qu’y aura-t-il à célébrer ?

Ce sera un anniversaire très amical. Il y aura beaucoup de personnalités présentes, un colloque, un livre, une exposition et l’inauguration d’une salle du centre de conférences de Bercy. Tout cela pour manifester l’importance que nous accordons, quarante ans après, à notre coopération. Mais ce ne sera pas une réunion passéiste. Le présent et l’avenir, c’est une Afrique en pleine croissance qui reste très liée à la France.

Les pays africains ont diversifié leurs partenariats. Ne devrait-on pas choisir d’arrimer le franc à un panier de monnaies plutôt qu’à l’euro ?

Si on fait le bilan des accords monétaires des zones franc, on constate qu’il n’y a pas de tutelle de la France. Ce sont des monnaies souveraines. C’est aussi un cadre de coopération qui a offert stabilité, faible inflation et croissance à nos partenaires. Cela a également favorisé leur intégration régionale. Ces traités ont déjà évolué, avec la création des unions économiques en 1994 [UEMOA et CEMAC, ndlr] ou la révision des accords monétaires en 2005 et 2007. Si nos partenaires veulent aller plus loin, c’est à eux de le décider et nous les accompagnerons. Et puis, la zone franc va bien au-delà de l’union économique et monétaire, c’est une communauté pour renforcer la gouvernance et la croissance en Afrique.

Pourquoi avoir proposé à Alassane Ouattara d’être l’invité d’honneur de la réunion du 5 octobre ?

Il incarne notre volonté de faire le lien entre le passé, le présent et l’avenir. Il est ancien gouverneur de la BCEAO [Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest], il a aussi été directeur du département Afrique du FMI [Fonds monétaire international] et est aujourd’hui à la tête de la Côte d’Ivoire, un pays qui joue un rôle important sur le continent et dans les relations entre la France et l’Afrique.

Depuis quelques mois, la situation est à nouveau sous tension en Côte d’Ivoire. Êtes-vous inquiet ?

Je préfère insister sur ce qui avance. En 2011, le PIB a reculé, mais dans des proportions moindre qu’attendu. Et cette année, le rebond devrait être très fort avec une croissance du PIB de plus de 8%. La France a été le premier bailleur à intervenir en Côte d’Ivoire avec un appui budgétaire de plus de 350 millions d’euros. J’ai moi-même annoncé, en juillet dernier, une annulation très importante de dette de près de 4 milliards d’euros. Quand des tensions réapparaissent, on les surveille. Je souhaite que la reconstruction se poursuive et la France est prête à l’aider fortement, tout comme nous soutenons la réconciliation nationale autour du président légitiment élu.

D’une manière générale, quel regard portez-vous sur les économies africaines ?

Il y a eu longtemps des stéréotypes négatifs : le continent oublié, le continent qui ne sortait pas de la misère. Il y a eu des discours plus que malheureux, à Dakar par exemple. Mais tout cela est derrière nous. L’attitude de François Hollande à l’égard de l’Afrique n’est pas la même que celle de Nicolas Sarkozy. L’Afrique a démarré et l’enjeu aujourd’hui est de réaliser tout son potentiel. Cette semaine [entretien réalisé le 25 septembre, ndlr], je vais présenter le budget de la France en me basant sur une prévision de croissance de 0,8%, et certains vont trouver ce chiffre trop optimiste. L’Afrique subsaharienne, c’est plus de 5 % de croissance par an. Cela fait rêver.

Pour lire la suite de cet article, vous pouvez consulter l’édition papier de l’hebdomadaire Jeune Afrique ou vous rendre le site Internet de Jeune Afrique : http://economie.jeuneafrique.com/index.php?option=com_acymailing&no_html=1&ctrl=url&urlid=8486&mailid=538&subid=228&Itemid=646

2 réflexions au sujet de « Pierre Moscovici : « En Afrique, la Chine ne nous fait pas peur » [Jeune Afrique] »

  1. Depuis l’annonce du projet de loi de finance 2013, j’ai l’impression que la foudre c’est abattu sur le patronat, que la presse ( y compris de gauche) veut nous nous lamentions pour ses « pauvres » rentiers qui verrons les revenu du capital imposer autant que les revenu du travail.

    Je peux admettre qu’il y ait un ou deux soucis dans ce budget comme la taxation des plus-value qui serait démentielle en me disant que peut être effectivement un type qui investi dans l’économie réelle et qui a déployer de l’énergie a monté sa boite parfois sans se rémunérer correctement et parfois un embauchant peut être taxer moins que la personne qui spécule dans la finance, qui investi dans l’immobilier ou les oeuvre d’art pour gagner de l’argent en dormant. J’imagine que sur ce sujet les députes pourront mettre en place un ou deux amendements. Mais concernant les autoentrepreneurs, malgré toute les arguments lu, je n’arrive toujours pas à pleurer sur leur sort et je constate toujours, que les artisans, les petites SARL eux n’intéressent personnes.

    Je pense qu’il est temps qu’une commission parlementaire se penche sur l’auto-entreprenariat et en fasse un vrai bilan qui apparemment est plus que mitigé, s’il y a une chose à reformé dans ce domaine ce n’est pas le statut des entreprises adapté pour un entrepreneur mais c’est plutôt l’URSSAF, moi même je n’ai connu que le salaria mais le nombre de personne que je connais qui avec de bonne idées ont voulu monté leurs boites et qui sont aujourd’hui traumatisé à vie par l’URSSAF est juste phénoménal, il est temps que cette institution plus que rigide, entre dans le XXIè siècle et change complètement ses modes de communications comme essaye de le faire le trésor public.

    Autre anomalie qu’on pourrait trouver au budget de la secu cette fois c’est la taxation de la bière. Je ne suis pas contre les taxes par principe par contre j’aime qu’elle est une raison sociale, sanitaire ou environnementale. La taxe sur la bière se justifie donc pour financer l’assurance maladie mais dans ce cas, pourquoi pas les alcools plus fort comme le Whisky et la Vodka? Je peut comprendre qu’on puisse épargner les vins fabriqués en France selon la tradition mais alors encore pourquoi épargner la Whisky et la Vodka? Même chose pour le tabac, je comprend qu’il y ai une taxe pour le tabacs, je comprends moins pourquoi il n’y pas de taxe sur tout les produits très polluants comme les pesticides. La aussi j’espère des amendements.

  2. Bonjour,

    Je suis convaincue que l’Afrique est le continent du futur pour les entreprises exportatrices sous réserve de les accompagner. Il ne faut pas sous-estimer les aspects juridiques d’une exportation ou d’une implantation dans les pays africains. Il existe désormais un nouveau droit des affaires harmonisé en Afrique francophone: OHADA (Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique). Les cabinets d’avocats mais aussi les pouvoirs publics doivent sensibiliser les entreprises à ce nouveau droit entré en vigueur en 1993 dans tous les pays d’Afrique ayant ratifié le traité OHADA.

    Je suis partante pour toute réflexion sur l’accompagnement des entreprises en Afrique et au Moyen-Orient, compte tenu de mon expérience et mon expertise en la matière.

    Martine Benayoun

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