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Pierre Moscovici et la crise : « Nous allons nous en sortir » [Ouest France]

Catégorie : Actualité,Politique,Vidéos | Par pierre.moscovici | 19/10/2012 à 11:12
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Pierre Moscovici a accordé hier un entretien au quotidien Ouest France.

La vidéo de cet entretien :


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L’interview à Ouest France :

Les couacs viennent d’un manque d’autorité de Jean-Marc Ayrault ou d’un manque de clarté de François Hollande ?

Ni l’un, ni l’autre ! Le président donne un cap clair depuis la campagne présidentielle. Et Jean-Marc Ayrault, avec qui je travaille dans d’excellentes conditions, est un homme qui a de l’autorité. C’est à chacun de maîtriser son expression.

Je pense, comme François Hollande, que le pire est passé grâce en partie à la réorientation qu’il a imprimée.

Fera-t-on assez de croissance pour tenir le déficit à 3 % du PIB ?

Cet objectif est impératif. Un pays qui s’endette s’affaiblit, perd sa souveraineté, devient esclave des marchés. Pour se désendetter, il faut réduire les déficits. Nous nous sommes engagés à réaliser 3 % en 2013, nous le devons. Et je crois très possible une croissance de 0,8 % l’an prochain, avec le secret espoir d’être un peu au-dessus. Ça dépend en partie de notre capacité à sortir l’Europe de son ornière. Je pense, comme François Hollande, que le pire est passé grâce en partie à la réorientation qu’il a imprimée.

Pour inverser la courbe du chômage, il faudrait plutôt une croissance de 1,5 voire 2 %…

Certaines réformes visent le retour à l’emploi : les contrats de génération, les emplois d’avenir, ce sont des dispositions extrêmement fortes. Il y a la négociation sur la réforme du marché du travail : elle sera bonne pour les entreprises et pour les salariés. Et il y a la recherche de la croissance. On peut inverser la courbe du chômage d’ici un an.

37 milliards d’efforts demandés, ça ne va pas mettre à mal la relance ?

Quelle serait l’alternative, davantage de dette ? Des taux d’intérêts qui explosent ? Je préfère une dépense productive à une dépense non productive. Ce n’est pas être de gauche que de s’endetter. L’effort est considérable, mais il préserve les conditions de la croissance, la capacité à consommer et à investir.

Nous avons beaucoup fait pour le pouvoir d’achat.

Ce n’est pas ce que ressentent salariés et employeurs…

Nous avons beaucoup fait pour le pouvoir d’achat : l’allocation de rentrée scolaire, la retraite à 60 ans, le coup de pouce au smic, le prix de l’essence… Ca fait 420 millions de pouvoir d’achat rendu aux Français. Nous avons supprimé la TVA sociale et allégé le poids du gel du barème fiscal prévu par la droite. Je comprends que l’on puisse attendre plus, mais chacun doit être conscient des difficultés. L’effort épargne les couches populaires, mais nous avons deux ans d’effort devant nous, parce que le travail n’avait pas été fait auparavant. D’abord l’effort, ensuite l’essor.

Quant aux entreprises ?

Je suis le ministre des entreprises. J’accepte le dialogue. Quand une mesure est inadaptée, il faut la changer, comme sur les plus-values de cession. Mais attention aux confrontations idéologiques qui affaiblissent tout le monde !

Si on résume, vous promettez que, dans deux ans, ça ira mieux ?

Évitons les promesses. Mais je pense que nous allons nous en sortir. Mais je ne supporte pas que certains mouvements, certaines rumeurs qui m’irritent, dénigrent mon pays. Ce que nos partenaires internationaux voient, ce n’est pas la France telle que la décrit Laurence Parisot. C’est un pays qui a des ressorts de croissance formidables. En cela, j’ai confiance, dès lors que nous allons tous ensemble de l’avant.

La France connaît-elle un problème de compétitivité ?

Oui, et il est mesurable au déficit extérieur.

Il est de quelle nature ?

La question du coût du travail n’est pas taboue. Mais il y a aussi le déficit de compétitivité hors prix. Qu’est-ce qui fait la différence entre la France et l’Allemagne ? L’entreprise de taille intermédiaire qui accède à l’innovation. Et, là, nous agissons à travers l’extension du crédit impôt recherche, avec la BPI qui sera l’investisseur de long terme, stable, global, régional.

On a déjà Oséo qui a déjà servi de pompier, la Caisse des Dépôts, Ubifrance, le FSI… Qu’est-ce que la Banque publique d’investissement apporte de plus ?

La synergie entre tous ces acteurs qui sont épars ou concurrents. Une stratégie d’ensemble. Une diversité des produits. Et une proximité du terrain, puisque ce sera la banque des Régions.

Il n’y aura pas de grand soir fiscal ?

Il y a un paradoxe à se plaindre d’un matraquage fiscal et, dans le même mouvement, à demander que l’on augmente de façon considérable les impôts ou les taxes qui pèsent sur les ménages. Si on ajoutait cinq points de CSG, trois points de TVA, ce serait terrible pour les entreprises !

En tant qu’homme politique de Sochaux et du pays de Montbéliard, je suis très attaché à l’automobile.

L’automobile pèse lourd dans l’Ouest. Une bonne nouvelle pour l’usine PSA de Rennes ?

En tant qu’homme politique de Sochaux et du pays de Montbéliard, je suis très attaché à l’automobile. J’ai visité l’usine de Rennes. Je connais son importance pour les Bretons. Soyez certain que dans les discussions que je mène avec le président de PSA, sur la nécessité par exemple de financer convenablement la banque du groupe PSA, je n’oublie pas, parmi les contreparties, la pérennité du site de Rennes et de ses salariés. Ces discussions devraient se conclure prochainement. Il est très important que PSA et Philippe Varin donnent des perspectives à Rennes, pour y fabriquer de nouveaux véhicules, garantir un plan de charge. J’y suis très vigilant.

Propos recueillis par Pierre CAVRET et Michel URVOY.

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