Mon interview dans le Journal du Dimanche

Retrouvez ci-dessous mon interview parue hier dans le Journal du Dimanche. J’ai notamment abordé les sujets de la croissance française, d’ArcelorMittal, de la réforme bancaire en France, et de la supervision bancaire en Europe.

INTERVIEW – Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances, appelle à resserrer les rangs autour du Président alors que les indicateurs économiques restent sombres.

La santé de l’économie française se dégrade, comme le montrent les indicateurs de conjoncture. La production industrielle recule, le chômage grimpe. Croyez-vous toujours au retour de la croissance l’an prochain?

Il faut dire la vérité aux ­Français, il ne faut pas la cacher. Pour le monde, l’Europe, la France, 2013 sera une année de croissance faible. Nous savons que ce sera encore une année très difficile. Nous faisons néanmoins tout pour obtenir une inversion de la courbe du chômage fin 2013, nous espérons une reprise économique à ce moment-là, nous travaillons pour être prêts à en recueillir les fruits.

Nous sommes en train de redresser le pays, ses finances publiques, ses perspectives productives.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, estime que la France est en récession…

La fin d’année 2012 est particulièrement difficile mais je n’ai pas la même analyse que Laurence Parisot, avec qui je travaille par ailleurs dans un bon état d’esprit. En l’occurrence, j’ai davantage confiance qu’elle dans les entreprises françaises. Je vois surtout que nous sommes en train de redresser le pays, ses finances publiques, ses perspectives productives. Il faut sortir de la logique opposant optimistes et pessimistes, entreprises et gouvernement. Nous mettons en place des mesures d’intérêt national, d’une ampleur sans précédent. L’engagement commun des entreprises, des salariés, de l’État, des collectivités locales et de la Sécurité sociale en fera le succès.

Nous pouvons atteindre notre prévision de croissance, avant une véritable reprise en 2014. C’est le sens et le but de notre politique économique.

Vous confirmez la prévision de croissance à 0,8% en 2013 et un déficit réduit à 3% du PIB?

Le consensus des économistes a reculé depuis plusieurs mois, mais certains d’entre eux nous donnent encore 0,9%. En vérité je mets au défi quiconque de prévoir le résultat à 0,5 point près. Cela dit, la prévision du gouvernement qui a été réalisée en septembre est volontariste, mais nous pouvons encore l’atteindre à trois conditions. D’abord, la levée des incertitudes dans la zone euro. Sur ce plan, nous avons obtenu trois résultats décisifs en six mois avec le pacte de croissance, le sauvetage de la Grèce et la supervision bancaire. Le ralentissement de notre partenaire allemand est en revanche une source d’inquiétude. Ensuite, il faut que nous soyons capables d’encourager l’investissement en France et de doper notre compétitivité. C’est ce que nous faisons avec le pacte de compétitivité d’emploi et de croissance. Enfin, il est nécessaire que la consommation reste soutenue, et c’est la raison pour laquelle les efforts demandés aux Français sont répartis dans un souci de justice. Si ces trois conditions sont réunies, nous pouvons atteindre notre prévision de croissance, avant une véritable reprise en 2014. C’est le sens et le but de notre politique économique. Et je maintiens notre objectif de réduction du déficit: le désendettement est un impératif pour notre pays.

L’agence Fitch a maintenu cette semaine le triple A de la France. Êtes-vous satisfait?

Ce qui compte pour moi, c’est la confiance placée dans notre économie, qui nous permet d’emprunter à des taux bas: c’est le véritable signe de notre crédibilité. Quant aux agences de notation, elles délivrent toutes les mêmes messages. Primo, l’économie française est solide mais elle a un problème de compétitivité. Secondo, le gouvernement va dans la bonne direction, sa politique de sérieux budgétaire et de réformes structurelles n’est critiquée par personne.

Nous mettons la justice au cœur de notre politique économique et sociale

Selon notre baromètre Ifop-JDD, l’exécutif atteint des niveaux d’impopularité record. Pouvez-vous réformer dans un climat qui se dégrade?

Nous savions que cette première phase du quinquennat serait dure. Nous sommes dans la crise la plus importante depuis 1945, la situation qu’on nous a léguée était tellement dégradée que nous avons dû prendre des mesures courageuses, qui demandent des efforts. Personne n’aime les sacrifices, l’opinion ne pouvait être enthousiaste. Mais cette politique est comprise, parce que les Français savent que ces efforts sont nécessaires pour le redressement. Ils peuvent les accepter. À une condition : qu’ils soient partagés. C’est pourquoi nous mettons la justice au cœur de notre politique économique et sociale.

Il n’y a qu’une stratégie de la part du gouvernement de Jean-Marc Ayrault : celle d’un réformisme ambitieux et de gauche.

L’affaire de Florange montre-t-elle les limites de la synthèse entre la gauche sociale-démocrate et son aile protestataire et étatique?

Évitons la fausse querelle des « deux gauches », et regardons les faits. Je ne suis pas opposé à l’idée que la nationalisation temporaire soit une arme. Elle peut s’envisager quand il y a un intérêt stratégique national, un manque transitoire de liquidités, pas pour faire face à un problème de compétitivité. Dans le cas d’espèce, l’argument dissuasif de la nationalisation a créé un rapport de forces, fait bouger les lignes et a rappelé ses devoirs à Mittal. Mais l’accord trouvé était, j’en suis convaincu, la bonne réponse. Il a une composante sociale majeure : il n’y a pas de licenciement. Il prévoit des investissements importants et une réindustrialisation des hauts fourneaux dans le cadre du projet Ulcos. Il n’y a qu’une stratégie de la part du gouvernement de Jean-Marc Ayrault : celle d’un réformisme ambitieux et de gauche.

Pour lire la suite de cette interview, suivre le lien suivant : http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/Moscovici-2013-sera-une-annee-tres-difficile-interview-581223

3 réflexions au sujet de « Mon interview dans le Journal du Dimanche »

  1. En effet les exonérations fiscales et sociales pour les entreprises se sont élevés aux dires du conseil des prélèvements obligatoires à 170MDS€ en 2010! Qu’est devenu tout cet argent. de même que sont devenus les 1000MDS€ prêtés aux banques européennes sinon que cette magne est venu gonfler les dépôts auprès de la BCE, en attende de quoi?
    Que Mme Parisot s’occupe de ses affaires et de ses amis du MEDEF qui ont une part de responsabilité dans le déclin industriel de la France C’est tellement facile de mettre ces difficultés sur le dos des salariés (trop payés, ne travaillant pas assez, non modelables à merci etc….) en invoquant la concurrence internationale qui leur sert de prétexte.

  2. J’avoue que Parisot commence sérieusement à me taper sur les nerfs à chacune de ses sorties et notamment ses leçons d’économie au gouvernement.

    Avant les élections elle demandait du sérieux budgétaire, en septembre elle en fait des tonnes sur l’imposition sur les entreprises.

    En novembre elle obtient son pacte de compétivité et sa politique de l’offre mais demande que l’état fasse des économies, ben faut savoir …. A moins qu’elle ne veux qu’on fasse des économies sur les miettes qu’on donne au plus précaire. Si vraiment il faut faire des économies, commençons pas les 170 milliards (170 milliard c’est le PIB du qatar pour donner un ordre de grandeur) d’aides aux entreprises pour l’aide à l’emploi et pour quelle résultat? …..10% de chômage ….

    Fin novembre elle revient au devant de la scène pour défendre Mittal et accuser Montebourg d’expropriation … elle choisie bien ses mots. Pourtant il n’y a pas plus d’expropriation dans une nationalisation qu’il y en a dans une OPA hostile, mais apparemment pour Parisot, Mittal attaquant Arcelor via une OPA ce n’est pas grave parce que celui qui en profite est privé mais quand c’est pour le bien commun, elle trouve que c’est expropriation donc plus dommageable pour ses amis.

    Décembre, Mme Parisot revient cette fois ci pour nous alerter d’une apocalypse pour 2013, bizarrement juste au moment ou la négociation sur la sécurisation des parcours professionnels devrait aboutir, pourquoi, pour exiger qu’on ne lui demande rien qui permettent de diminuer la précarité des salariés ?

    Et hier c’était le pompom, Mme Parisot demande de faire reculer l’age de la retraite à 63 ans.
    Mais avant de faire cette demande, c’est-elle demandé à quoi à servi le recul à la retraite à 62 ans? Pourtant cela n’a servi à rien et de même que mettre la retraite à 70ans ne servira à rien tant que les quinquas seront les parias du monde du travail.

    Nous sommes quand même dans un pays ou quand un quinqua perd son travail, il est pratiquement sûr à 85% de ne plus en retrouver parce que tout simplement l’age, les cheveux blancs, les rides sont des arguments rédhibitoire pour pas mal de DRH chez nos amis du Medef. Et je ne parle pas du secteur informatique ou les quatras sont considéré comme « périmés » au point ou dans leur site internet ils n’hésitent pas à afficher l’age moyen de leur entreprise ne dépassant pas les 30 ans vendu comme gage de dynamisme et d’innovation; c’est connu à partir de 28 ans on perd son dynamisme et son sens de l’innovation … sa connerie aussi normalement, mais ça ces boites le disent moins.

    Donc avant de demander un recul de l’age de la retraite qui ne mène a rien.Mme Parisot ferait mieux de demander à ses amis d’embaucher plus de quinqua, et quand le chômage des quinquas sera celui des quadras, à ce moment là elle pourra parler du recul de l’age de retraite, avant ça ne sert à rien et c’est limite indécent pour ces hommes et ces femmes qui sont au chômage.

    Maintenant ça ne veux pas dire que le système de retraite ne doit pas être changer, au contraire même, il doit être revu de fond en comble, une véritable remise à plat. Mais pas pour les raisons de Mme Parisot qui ne sert a rien mais parce que le système actuel est juste inutilement opaque, complexe, mal fait, incompréhensible et forcement injuste, il est urgent de le rendre plus simple, plus transparent pour plus de justice peut être le rendre moins couteux et plus économe avec le même niveau de prestation.

    • Mme PARISOT est une libérale avancée de telle façon qu’elle est isolée loi devant.
      La politique à elle et au MEDEF qui lui saturent le cerveau à un point tel qui l’empêchent de raisonner, est de créer la pression sur la tranche d’employés des 25_50 ans avec les jeunes de 20_25 et les seniors de 50_65 au chômage.
      Les bataillons bien garnis de chômeurs devant les maigres listes d’emplois de POLE_PASDEMPLOI, permet de faire peur aux actifs qui n’ont pas le courage de demander quoi que ce soit, parce qu’ils sont des priveligées qui travaillent.
      La redistribuition c’est un mot qu’elle ne connait pas, et confond avec « grande distribuition ».

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