Gouverner (3/3) : Réformer pour réussir

Gouverner (3/3) : Réformer pour réussir

Nous avons fait, définitivement, fermement, le choix du réformisme de gauche, de la transformation sociale-démocrate.

Je me suis concentré ici sur le champ économique et social. Parce que c’est celui sur lequel j’agis d’abord. Parce que c’est celui sur lequel nous serons, au premier chef, jugés, parce que c’est l’attente essentielle de nos concitoyens. Il ne constitue pas toute l’action du gouvernement, qui se déploie dans d’autres dimensions – les relations internationales, la sécurité, la cohésion sociale, les réformes de  société… – sur lesquelles nous avançons. Mais il y a là, j’en ai la conviction, une démarche globale et cohérente, rassembleuse et mobilisatrice, juste et efficace, urgente et durable. Nous avons fait, définitivement, fermement, le choix du réformisme de gauche, de la transformation sociale-démocrate. Bien sûr, il faut toujours mieux expliquer, et soigner la mise en œuvre et la mise en mots autant que la conception. Evidemment, la cohésion de l’équipe gouvernementale peut et doit, à chaque instant, être un impératif collectif. Logiquement, cette politique, parce qu’elle est exigeante, parce que la période est difficile, ne peut pas être d’emblée populaire, mais je la crois comprise et respectée, dès lors qu’elle est conduite avec constance et partagée.

Je parle plus aux Français que je ne parle de moi, et j’agis en conséquence.

C’est le sens que je donne à mon action. Je lis ici ou là, comme un commode marronnier, que je serais silencieux ou peu visible. Il est vrai que je crois plus au travail qu’à la mise en scène, que j’évite les petites phrases ou les débats fracassants, sinon contre la droite. Mais je trace ma route. Je parle plus aux Français que je ne parle de moi, et j’agis en conséquence. Je suis le ministre le plus présent dans les réponses aux questions d’actualité à l’Assemblée nationale, je porte de nombreux textes devant le Parlement, et pas des moindres – les lois de finances, avec Jérôme Cahuzac, la loi organique sur les finances publiques, le contrat compétitivité emploi, la BPI, demain la réforme bancaire. Je règle sans bruit des situations difficiles – la situation de PSA Finances, DEXIA, le CIF…  – et fais avancer des dossiers importants – l’augmentation du plafond du livret A et du LDD, la baisse du prix des carburants, STX… Je vais sur le terrain, pour promouvoir le pacte de compétitivité, car je veux être le ministre des entreprises. Je représente mon pays dans les négociations financières internationales et européennes.

Le rôle du ministre de l’économie et des finances est, je le sais, d’inspirer la confiance, de mettre en œuvre de nombreuses réformes, de permettre le changement dans le respect des moyens des administrations publiques.

Pas si mal, pour un « absent » ! Face à la crise, je ne ménage pas ma peine, à la tête de cette belle administration, parfois compliquée, qu’est le Ministère des Finances. Bref, je veux être l’homme des solutions, et non des problèmes. La France est un pays qui parle peu des trains qui arrivent à l’heure. J’essaie, pour ma part, de tenir mes engagements et de remplir la mission, lourde, qu’on m’a confiée. C’est peut-être une façon désuète de faire de la politique, mais c’est ma marque de fabrique et ma fierté. Je peux bien sûr m’améliorer et notamment communiquer davantage, mais je resterai moi-même. Le rôle du ministre de l’économie et des finances est, je le sais, d’inspirer la confiance, de mettre en œuvre de nombreuses réformes, de permettre le changement dans le respect des moyens des administrations publiques. C’est ce que je fais, à la place qui est la mienne, aux côtés de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault.

2013 sera une année de combat pour l’emploi, une année de réformes, une année d’action au service des Français. Nous y consacrerons toutes nos forces, toute notre énergie.

La Gauche, en mai 2012, s’est vu confier une mission historique. Il lui revient de transformer le pays, de le redresser dans une période de crise, de construire une nouvelle société, fidèle à notre modèle national et à notre génie propre, mais aussi plus ouverte, plus européenne et toujours attachée à la justice. Pour y parvenir, nous ne devons pas nous détourner de notre tâche, mais mieux nous faire comprendre et agir avec cohérence, cohésion, persévérance.  2013 sera, le Président de la République l’a dit, une année difficile, car la croissance sera faible, dans le monde, en Europe et en France. Ce sera aussi une année décisive, celle où notre pays devra se préparer à être plus performant, plus compétitif au moment où la reprise, à laquelle nous travaillons ardemment, interviendra enfin. Ce sera une année de combat pour l’emploi, une année de réformes, une année d’action au service des Français. Nous y consacrerons, soyez-en certains, toutes nos forces, toute notre énergie.

Nous avons réconcilié la conquête et l’exercice du pouvoir, et nous gouvernons pour offrir un avenir meilleur à la France, pour retrouver le rêve français.

Je veux vous dire, en cette fin d’année, à la veille de 2013, ma conviction : nous allons continuer à réformer pour réussir, nous serons à ce rendez-vous de l’histoire. Parce que nos choix sont ceux qui permettent le redressement. Parce que nos idées sont claires, parce que nous sommes dévoués au bien public et attachés à nos valeurs. Oui, nous avons réconcilié la conquête et l’exercice du pouvoir, et nous gouvernons pour offrir un avenir meilleur à la France, pour retrouver le rêve français : pour citer à nouveau Léon Blum, « je le crois et je l’espère, je le crois parce que je l’espère ». Bonne année 2013, à vous et aux vôtres.

12 réflexions au sujet de « Gouverner (3/3) : Réformer pour réussir »

  1. « La Gauche, en mai 2012, s’est vu confier une mission historique. Il lui revient de transformer le pays, de le redresser dans une période de crise, de construire une nouvelle société, fidèle à notre modèle national et à notre génie propre, mais aussi plus ouverte, plus européenne et toujours attachée à la justice »

    Je veut bien croire que ce n’est pas une mince affaire, qu’il est difficile de voire qu’en 2002 la gauche laisse le pays avec un déficit à moins de 2%, une dette à moins de 900 Mds et des comptes au vert et qu’elle se retrouve 10 ans plus tard avec un déficit de + de 5% avec 1000 Mds de dette en plus et des comptes sociaux qui s’apparente à de vrais gouffres.

    Maintenant la gauche est arrivé au pouvoir en passant par une primaire et suite à une campagne pas seulement antisarkozyste comme le dit la droite mais aussi après avoir pris le soin de mettre en place un projet, d’abord le projet du PS puis une déclinaison de chaque candidat aux primaires.
    Hollande a été elu sur la base d’un programme qui s’appuie sur une reforme complète de la fiscalité, son dada depuis 2010 mais pour gagner le second tour des primaires et rassemblé apres cette sequence de confrontation il c’est engagé à prendre en compte les priorité des autres, enfin la dynamique de campagne a été lancé suite à un discours du Bourget très à gauche ou il était question d’égalité et de justice mais les deux principaux marqueur de gauche de cette campagne était la taxe à 75% et le fameux « mon ennemis est la finance » même si à la base même les électeurs du PS n’en demandé pas tant mais on peu dire qu’ils ont été agréablement surpris.

    Venu le temps du pouvoir, les français qui étaient pendant 5 ans baladé dans des thèmes tel que Le Hallal, la burqua, les roms, les étrangers…. découvre que le pays est en fait au bord du gouffre et commence à parler et s’intéresser par les vrais sujets et le gouvernement qui a commencé par des mesures de gauche en juillet se retrouve à devoir donner des gages aux organisations patronales qui depuis Aout n’arrête pas matin, midi et soir à se plaindre d’une gauche qui ne les aiment pas, d’un soit disant climat anti entreprise alors que leur situation n’a pas changé en comparaison à la période sous la droite sans oublier que le 1er à avoir parler de patron voyous s’appelle Nicolas Sarkozy.

  2. Pour un « absent » vous menez un travail titanesque avec sérieux, méthode, constance, volonté et ambition. Chapeaux. La situation est exceptionnellement difficile, et nous avons la chance d’avoir ce président dans ces temps, surtout comparé à l’ancien et ses effets d’annonces démagogiques qui ne menaient à rien, sa politique fluctuante dénué de toute vision allant au-delà de trois semaines, et son injustice criante, faisant payer à tous, et principalement aux classes moyennes et aux modestes, à la fois ces cadeaux fiscaux aux plus fortunés et les errements et mauvais choix de sa politique économique. A côté de cela, nous avons des positionnements politiques totalement faciles au mauvais sens du terme, et opportunistes : une droite dans l’opposition systématique bête et méchante, une « gauche de la gauche » éternellement insatisfaite et qui ne sait pas vraiment, en définitive, ce qu’elle propose (la droite non plus d’ailleurs, soulignons le). Pis encore peut-être, les journalistes qui ne cessent de bacler leur travail, leurs articles et leurs commentaires, ne voyant pas plus loin que l’audience du jour ou le vente du prochain journal.
    Mais tout cela est l’écume des choses, ce qui compte vraiment, c’est l’action au service des français, que les français au chômage puissent retrouver du travail, que les français puissent cesser de se dire « qu’on est tellement endettés de toute façon ç

    • « qu’on est tellement endetté de toute façon la France est finie », que les jeunes puissent croire en un avenir en France, qu’ils pourront s’y réaliser, trouver du travail, y faire leur vie dans de bonnes conditions, et aussi qu’on retrouve confiance dans l’Europe, pas seulement les marchés mais aussi les citoyens, les français, qu’il cessent de la voir comme une entité technocratique lointaine qui nous impose des dictats et l’austérité.
      Pour tout cela, une action volontaire est engagé, qui va dans le bon sens, dans le sens de l’histoire d’une part, en effet, et dans le sens de la justice, du modèle social et solidaire français érigé dans l’action du conseil national de la résistance, mais qui trouve ses racines bien avant dans l’histoire (déclaration des droits de l’homme de 1789 etc.).
      Dans cette action, vous avez toute votre part, une part éminente.
      Et pour cela, vous avez toute ma considération et mon respect.
      Bravo, courage, et continuez.

      • Une très belle année à vous, et à tous, même dans l’adversité.

  3. On a eu tort de prendre au sérieux Depardieu: les comédiens sont inclassables et ingérables politiquement. Les ministres n’auraient pas dû en parler même si les journalistes le leur demandaient: ainsi a fait Peillon sur France-Inter; de même,Hollande a dit des généralités pour féliciter les gens qui ne s’exilent pas fiscalement sans citer aucun nom.
    A propos des 75%,si on suit les recommandations du conseil constitutionnel,il y aura plus de foyers assujettis à cet impôt que dans le projet initial ,cad les foyers où chaque membre gagne un peu moins d’un million,et donc l’ensemble bien plus; c’est l’exemple choisi par les journalistes,mais ils ne sont pas allés jusqu’au bout du raisonnement…

  4. Monsieur Moscovici,

    effectivement une grave crise financière due à l’endettement couve en France et en Europe mais jusqu’à présent vous avez mené la barque avec beaucoup de courage personnel et il en faut à ce niveau de responsabilité vu les circonstances.
    Peut être sommes nous confronté à un mode de fonctionnement économique qui arrive à son terme et qu’il faut faire évoluer en évitant trop de casse sociale (je suis persuadée que cela vous tient à coeur),
    quel défi difficile à relever !!!

    en tout cas, moi je vous souhaite de vous préserver,
    force est de constater que vous êtes utile à votre place.
    2013 sera difficile cela ne peut être autrement,
    je souhaite qu’en 2013 le peuple et les journalistes comprennent un peu moins superficiellement l’économie et ses ressorts et mieux la complexité du fonctionnement de notre société (je vais essayer de m’y employer aussi)

    salutations

  5. Depuis que ce pouvoir est aux responsabilités,il subit des attaques totalement contradictoires:la droite lui reproche mécaniquement tout ce qu’il fait et la gauche de la gauche de ne jamais en faire assez. Ce comportement a toujours existé quelles que soient les circonstances,mais le pouvoir ne doit pas se laisser impressionner par ces attaques d’autant plus qu’il est assuré de rester 5 ans.Il est ahurissant de constater l’attitude des médias(sans doute influencés par leurs propriétaires).D’eux aussi il ne faut pas tenir compte…

  6. Depuis que ce gouvernement est en place, la droite trouve qu’il en fait trop et mal, la gauche de la gauche qu’il n’en fait jamais assez et que c’est toujours insuffisant. Ces critiques ont toujours existé chaque fois que la gauche a été au pouvoir quelles que soient les circonstances. L’avantage dont nous disposons est que les socialistes ont la majorité absolue à l’assemblée nationale pour 5 ans et que le président est là pour la même durée: il faut que les opposants s’y fassent et que le pouvoir ne se laisse pas impressionner par leurs attaques venimeuses et contradictoires…

  7. en ce qui me concerne, il mee semble que le « job » est fait tel qu’il avait été annoncé. Et le jugement sur les résultats ( mon incompétence en matière d’économie ne m’autorise pas de commentaires ) ne peut se faire maintenant.

    Par contre une chose que je ne comprend pas : le « ressenti » des actions menées se fait pour la plupart d’entre nous via les mèdias ( radio + télé)
    et là vraiment ….pourquoi laisser tous ces péroreurs à longueur d’émission dézinguer tt ce qui est fait
    ex: c dans l’air de ce soir pourquoi Hollande rate son année !!!!

  8. N’écoutez pas ceux qui veulent vous énerver. Face à une crise fiancière et économique aussi grave que celle de 1929, nous pourrions être dans une situation bien pire.
    Que peut faire Obama avec un Congrès républicain depuis 2 ans ?
    Il ne peut pas faire ce qu’il souhaiterait faire.
    DSK a bien tenu la barre du FMI pendant cette crise gigantesque.
    Il ne peut plus faire ce qu’il souhaitait faire.
    N’écoutez pas ceux qui veulent vous énerver.
    Ecoutez votre conscience morale et votre conscience politique.
    Bonne année 2013.

  9. La Vie un Destin

    La vie est un don reçu…
    Dans le ventre de la mère et a la naissance…
    La lumière, l’amour et un corps qui vit…
    Marchons tout au long de la vie…
    De découverte en découverte…
    D’expérience en expérience…
    De surprise en surprise…
    Le Destin n’est pas un hasard…
    Il est le fruit de notre acceptation…
    Le fruit de notre reconnaissance et de nos remerciements…

    Si l’aigreur vient se poser…
    Si le doute vient questionner…
    Si la colère vient emporter…
    Si la jalousie vient courroucer…
    Si la méchanceté vient frapper…
    Rappelons-nous ce don magnifique que nous avons reçu…
    Et tout sera balayé…

    Car le Don reçu est notre propre chemin qui ne ressemble a aucun autre…
    C’est celui la, que nous devons cheminer et en faire un univers…

    Bonne Année 2013

    jany

  10. Vous êtes tres présent, au four et au moulin … en France et en Europe. Continuez d’accomplir votre tache tres ardue dans une période extremement difficile. N’écoutez pas ceux qui veulent vous énerver. Ecoutez ceux en qui vous avez confiance et ceux qui vous font confiance.
    Les Français sont encore sonnés par cette énorme crise économique, ils souhaitent que ce système économique ne génère plus de crises aussi gigantesques qui mettent en péril l’avenir de la planète et de l’humanité.
    Bonne année 2013 et encore merci à tous !

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