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Mon point presse suite aux prévisions économiques de la Commission européenne

Catégorie : Actualité,En images,Europe / International,Politique | Par pierre.moscovici | 22/02/2013 à 19:31

Intervention  de Pierre MOSCOVICI, Ministre de l’Economie et des Finances

Conférence de presse sur les prévisions économiques d’hiver 2013-2014 par la Commission européenne concernant la France

Vendredi 22 février 2013

CC P.Bagein. Plus de photos à la fin de l’article

Mesdames, Messieurs,

La Commission européenne vient de rendre publiques ses prévisions pour 2013 et 2014.

La Commission table, pour la France, sur un taux de croissance de 0,1 % et un déficit de 3,7 % du PIB en 2013. Pour 2014, la Commission prévoit une croissance de 1,2 % et un déficit de 3,9 % du PIB, dans un scénario conventionnel n’intégrant pas les mesures d’économies déjà programmées. Nous en prenons acte, et je veux devant vous en tirer les leçons. Car il y a les chiffres, bien sûr, mais aussi les messages politiques, qu’il faut lire correctement, et les décisions à prendre.

I) Je souhaite tout d’abord mettre ces prévisions en perspective, en Europe naturellement, mais aussi en France, en les inscrivant dans la trajectoire de ces dix dernières années.

Je peux attester que le ralentissement économique généralisé est la première préoccupation de tous mes homologues.

La dégradation de la situation économique est générale. Il ne s’agit pas d’un problème spécifique à la zone euro. Au-delà des frontières européennes, à de rares exceptions près dans les pays émergents, les grandes économies se sont également affaissées fortement en fin d’année, y compris les Etats-Unis et le Japon. J’étais la semaine dernière à la réunion du G20 et je peux attester que ce ralentissement généralisé est la première préoccupation de tous mes homologues.

Pour 2013, la Commission a révisé à la baisse ses prévisions pour tous les Etats membres.

Au sein de la zone euro, cette dégradation n’est pas propre à la France, bien au contraire. Tous les grands pays de la zone euro ont connu une baisse de leur PIB au 4e trimestre : – 0,6% en Allemagne, – 0,7% en Espagne, – 0,6% en zone euro, contre – 0,3% pour la France qui s’en sort donc un peu moins mal. Pour 2013, la Commission a révisé à la baisse ses prévisions pour tous les Etats membres : selon elle, la zone euro resterait en récession (- 0,3% de croissance) ; aucun grand pays n’est épargné : l’Allemagne ralentirait (0,5 % après 0,7 %), l’Espagne et l’Italie connaîtraient encore une année de profonde récession (- 1,4 % et – 1,0 % respectivement), tandis que la France enregistrerait une croissance très légèrement positive.

Le marasme économique de la zone euro est un problème collectif, qui appelle par définition des réponses collectives.

La leçon de ces chiffres est simple : la zone euro est sortie de sa crise « existentielle », mais la crise économique demeure aigüe. J’ai déjà eu l’occasion de le dire : à la crise de la zone euro succède la crise dans la zone euro. Ce marasme économique de la zone euro est un problème collectif, qui appelle par définition des réponses collectives.

Cette crise n’est pas la crise de 2008. Elle en est la conséquence mais elle a changé de nature en 2012. En 2008, nous subissions l’instabilité des marchés financiers. En ce début d’année 2013, c’est notre économie réelle qui reste à l’arrêt. Aujourd’hui, les indicateurs financiers se redressent, les marchés boursiers également. Mais des facteurs conjoncturels et surtout structurels – les conséquences de la crise financière sur les finances publiques, l’impact du mouvement de désendettement des administrations publiques et des ménages… – qui se conjuguent pour peser lourdement sur nos perspectives de croissance.

J’en viens à la France : notre pays traverse, depuis plus de deux ans, une période prolongée de stagnation. C’est une période éprouvante, inquiétante pour de nombreux Français, même si le ralentissement y a été moins marqué au dernier trimestre par rapport aux autres grandes économies européennes. Cette crise a des causes systémiques : les errements du  secteur financier ont fini par fragiliser l’économie réelle. Elle est aussi, en France, due à des erreurs de politique économique. L’opposition aime à nous donner des leçons de vertu, à nous appeler à des économies, à la réduction des déficits, à une action résolue pour la croissance, ou encore à solliciter des réformes structurelles. C’est ce que nous faisons, c’est ce qu’elle n’a pas fait à l’époque pas si ancienne où elle gouvernait le pays !

La France a accumulé un lourd déficit de compétitivité depuis 10 ans, avec un déficit record du commerce extérieur de 70 milliards d’euros en 2011.

Souvenons-nous de la situation économique que nous avons trouvée à notre arrivée : la France a accumulé un lourd déficit de compétitivité depuis 10 ans, avec un déficit record du commerce extérieur de 70 milliards d’euros en 2011. Notre déficit de croissance n’est pas une nouveauté : au cours des cinq dernières années, la croissance a été en moyenne de 0,0 %. Le niveau du chômage est d’autant plus insupportable qu’il n’a cessé de progresser au cours des cinq dernières années : d’un niveau déjà haut en 2007 à 7,5 %, il n’a cessé d’augmenter pour s’établir aujourd’hui au-dessus de 10,0 %.

N’oublions pas non plus que la situation de finances publiques qui nous a été laissée est sérieuse : la dette a augmenté de 600 milliards d’euros entre 2007 et 2012, soit 25 points de PIB. En 2010, le déficit public était de plus de 7% du PIB. En 2011, il était encore de 5,2% du PIB. Quant aux dépenses publiques, elles ont augmenté de 3,7 points de PIB entre 2007 et 2012. La crise n’explique pas tout : le déficit structurel n’a cessé de se détériorer sur cette période.

Notre pays a trop longtemps pratiqué la stratégie de la fuite en avant. Nous devons aujourd’hui prendre nos responsabilités.

Bref, notre pays a trop longtemps pratiqué la stratégie de la fuite en avant. Nous devons aujourd’hui prendre nos responsabilités. Nous avons en particulier celle de redresser ce qui a décliné. Les deux derniers quinquennats ont abîmé notre pays. Les réformes indispensables ont été repoussées, nos comptes publics ont été dégradés, notre crédibilité vis-à-vis de nos partenaires européens a été écornée.

Derrière le Président François Hollande, l’ensemble du Gouvernement de Jean-Marc Ayrault – et avec Jérôme Cahuzac nous sommes évidemment en première ligne – est à la tâche depuis neuf mois pour redresser nos comptes publics et renouer avec la croissance, qui sont les deux piliers de la stratégie du Gouvernement.

II) Je souhaite à présent vous dire un mot des conséquences que nous tirons des prévisions de la Commission européenne en matière de finances publiques afin de ne pas ajouter l’austérité à la récession.

Dans le domaine des finances publiques, nous n’avons pas fait l’erreur des précédents gouvernements. Nous nous sommes attelés, sans délai, à la réduction des déficits. Nous n’avons pas à rougir de notre bilan, bien au contraire, puisque nous avons réalisé, en quelques mois, ce que nos prédécesseurs n’ont pas réussi en  dix ans.

Les premiers chiffres disponibles montrent que l’exécution budgétaire a été parfaitement tenue en 2012.

En mai 2012, nous avons constaté une impasse de 10 milliards d’euros pour réaliser les objectifs affichés. Nous avons alors pris les mesures nécessaires – plus de 7 milliards de prélèvements et 1,5 milliards de surgel des dépenses – pour ramener ce déficit à 4,5 % du PIB – la Commission dit 4,6 % hors Dexia. Les premiers chiffres disponibles montrent que l’exécution budgétaire a été parfaitement tenue en 2012. La Cour des comptes elle-même – on aime à la faire parler mais il faut lire ces rapports – reconnaît qu’ « un effort d’une telle ampleur n’avait pas été réalisé en France depuis 1994 et 1996 ».

Pour 2013, l’effort structurel programmé est très important. La réalité de cet effort, nul ne la conteste. Cet effort est partagé entre des économies de dépenses publiques pour plus de 10 milliards d’euros et une augmentation des prélèvements de 20 milliards d’euros. Cet ajustement, nous l’avons fait sans pénaliser la croissance. Nous l’avons fait en préservant le pouvoir d’achat des plus modestes, à travers des mesures de justice, et c’est ce qui nous permet de mieux résister.

Je note avec satisfaction que notre effort d’ajustement structurel est reconnu par la Commission.

Au total, je note avec satisfaction que notre effort d’ajustement structurel est reconnu par la Commission. Selon elle, l’ajustement structurel réalisé par la France sur la période 2010-2013 serait de 4,1 points de PIB, soit plus d’ 1 point de PIB par an en moyenne, comme la France s’y était engagée auprès de ses partenaires européens. Sur ces 4,1 points de PIB d’ajustement, 2,5 points soit près des deux tiers le sont au titre des exercices 2012 et 2013 malgré une conjoncture plus défavorable, grâce aux mesures que ce Gouvernement a adoptées au cours des derniers mois. C’est dire que nous n’avons pas de leçon de bonne gestion à recevoir de nos prédécesseurs. C’est dire aussi si ces textes difficiles étaient nécessaires.

Dès lors que nous tenons notre cible structurelle, comme le Commissaire européen Olli Rehn l’a dit lors de sa conférence de presse, les conditions sont réunies pour considérer un report de l’objectif nominal en 2013. Je suis reconnaissant à la Commission et à Olli Rehn en particulier d’avoir analysé la situation de la France avec lucidité, dans le respect des règles européennes dont elle est la garante, mais aussi d’avoir compris l’effort « considérable et sans précédent », pour reprendre la formulation de la Cour des Comptes, que nous avons entrepris. Cette approche intelligente et équilibrée nous permet de poursuivre notre politique, le sérieux de gauche que nous conduisons, tout en évitant d’ajouter dans cette année difficile qu’est 2013, l’austérité à la récession.

Evidemment, j’ai noté qu’il s’agissait d’un processus. Je vais, dans les semaines qui viennent, poursuivre le dialogue avec le Commissaire Rehn et avec nos partenaires européens, pour que ce report devienne effectif.

Notre choix de politique économique est motivé par une conviction profonde.

Dans le contexte actuel, il est indispensable que nous puissions laisser jouer les stabilisateurs automatiques pour soutenir l’activité.

Cette conviction c’est que dans le contexte actuel, il est indispensable que nous puissions laisser jouer les stabilisateurs automatiques pour soutenir l’activité. Tout d’abord parce que cela nous permet de sortir de cette navigation à vue qui a été celle des dernières années et qui consiste à changer de cap à chaque bourrasque, à préparer à la hâte des collectifs budgétaires tous les deux mois pour courir après une cible nominale. Nous ne sommes pas en train de préparer un collectif budgétaire.

Ensuite parce que le pilotage structurel des finances publiques est l’esprit même de la gouvernance européenne et c’est l’esprit de la loi organique sur la programmation et la gouvernance des finances publiques que nous avons fait voter.

Laisser jouer les stabilisateurs automatiques, je vais être précis sur ce point, ne signifie pas renoncer à la politique de réduction des déficits : l’engagement de retour à l’équilibre structurel des comptes publics en 2017 est maintenu, comme le Premier ministre l’a d’ores et déjà confirmé.

Laisser jouer les stabilisateurs automatiques signifie également qu’il n’est pas question de relâcher l’effort structurel en 2013. Cela impliquera, tout au long de cette année et au-delà, une stricte maîtrise des dépenses publiques, une gestion rigoureuse du budget, comme nous l’avons fait en 2012. Nous nous sommes mis en situation de parer aux imprévus grâce à la mise en place d’un surgel de 2 Md€ des crédits de l’Etat. Cette méthode, qui consiste à rendre indisponibles les crédits, a fait ses preuves en 2012 (surgel de 1,5 Md€). Nous ferons de même cette année.

Enfin, laisser jouer les stabilisateurs automatiques en 2013 impliquera d’approfondir nos efforts de redressement pour les années qui viennent, à commencer par 2014.

Dans le cadre du programme de stabilité que nous allons élaborer au cours des prochaines semaines et que la Commission européenne attend, nous documenterons aussi précisément que possible les mesures qui nous permettront d’atteindre cet objectif.

Nous allons peaufiner nos évaluations, d’ici la fin mars, avec le nouveau Haut Conseil qui doit être installé dès les premiers jours du mois de mars. Nous disposerons d’ici là en particulier de nouvelles informations importantes sur l’exécution des finances publiques en 2012, avec la notification des comptes par l’Insee.

Pour tenir l’objectif de 3% en 2014, nous avons déjà décidé un certain nombre de mesures d’économies.

Pour tenir l’objectif de 3% en 2014, nous avons déjà décidé un certain nombre de mesures d’économies. L’effort sera partagé entre les différentes administrations publiques, entre les différents agents économiques.

Pour y parvenir, vous le savez et je veux y insister, le Gouvernement a lancé un grand chantier de modernisation de l’action publique. Cette démarche permet l’examen des différentes politiques publiques, par les acteurs mêmes de ces politiques en 2013, plus de 40 politiques publiques feront l’objet d’une évaluation, par les ministères en charge, en associant les différents acteurs et en remettant les usagers au cœur de nos politiques publiques.

Tout d’abord, comme nous l’avons annoncé lors du dernier comité des finances locales, un effort de 1,5 Md€ en 2014 et 3 Md€ en 2015 est demandé aux collectivités territoriales, soit un doublement de la baisse des dotations de l’Etat.

Les évaluations de politiques publiques vont permettre de dégager des économies significatives dans de nombreux domaines.

Ensuite, les évaluations de politiques publiques vont permettre de dégager des économies significatives dans de nombreux domaines, à commencer par celui des aides aux entreprises ou encore de la politique familiale, pour laquelle une mission a été confiée à Bertrand Fragonard, qui est le président du Haut Conseil pour la Famille.

En matière de retraites, le calendrier de la grande conférence sociale devra être respecté. La réforme des retraites de 2010 mise en œuvre par le Gouvernement Fillon, dont nous avons corrigé les injustices pour les carrières longues, n’a pas assuré la pérennité de notre système de retraites.

Nous devrons donc prendre des mesures pour assurer l’équilibre des régimes à la fin du quinquennat, et des mesures à plus long terme pour assurer la soutenabilité financière du régime. Le Premier ministre installera fin février une commission pour l’avenir des retraites, présidée par Mme Yannick Moreau, qui sera chargée de proposer des pistes de réforme avant qu’une concertation ait lieu au printemps avec les partenaires sociaux.

Voilà, brossés à grand trait, le programme de l’année 2013 en matière de finances publiques et nos priorités. Nous préciserons ces mesures dans le cadre du programme de stabilité dans le calendrier que je viens de vous indiquer. En tout état de cause, le Gouvernement restera le garant de la justice sociale ; la seule méthode juste, c’est celle qui fait participer chacun à l’effort, à hauteur de ses moyens.

Le Gouvernement déploie sa stratégie pour muscler notre économie et renouer avec une croissance plus forte, plus durable, plus solidaire, plus inclusive.

III) Mais une politique économique ne peut se réduire à une politique de finances publiques. Dans le même temps, le Gouvernement déploie sa stratégie pour muscler notre économie et renouer avec une croissance plus forte, plus durable, plus solidaire, plus inclusive. Plus que jamais, la croissance et l’emploi restent les objectifs de notre politique économique.

Cet objectif de redressement de la croissance et de renversement de la courbe du chômage, nous ne le perdons jamais de vue. Nous ne le perdons jamais de vue au niveau européen, car si la France joue et jouera le jeu des règles communautaires avec bonne foi, elle ne s’est jamais autant impliquée pour promouvoir à Bruxelles le débat sur la croissance et le juste rythme des efforts de consolidation budgétaire.

Et nous sommes évidemment d’autant plus écoutés, et d’autant plus suivis, dans notre effort de conviction, que nous sommes crédibles et lucides sur les faiblesses de notre économie. Ce n’est pas en renversant la table qu’on peut espérer influer sur les politiques européennes.

L’espoir de la reprise se lève, comme le montrent les prévisions de la croissance pour 2014

Je suis conscient qu’en matière de croissance, notre horizon immédiat reste difficile. Mais l’espoir de la reprise se lève, comme le montrent les prévisions de la croissance pour 2014, qui laissent entrevoir, selon la Commission, une croissance à 1,2% donc supérieure de plus d’un point à 2012 et 2013.

A nous de faire plus et mieux encore. C’est possible, j’en suis convaincu.

Tout d’abord, l’amélioration de la situation économique aux Etats-Unis et en Chine va soutenir l’activité européenne dans les mois qui viennent.

Ensuite, nous sommes extrêmement vigilants sur l’impact du rétablissement de nos comptes publics sur l’activité économique.

Nous préparons activement l’avenir, en menant en France les réformes indispensables pour rétablir la compétitivité, soutenir l’investissement et préserver l’emploi.

Surtout, nous préparons activement l’avenir, en menant en France les réformes indispensables pour rétablir la compétitivité, soutenir l’investissement et préserver l’emploi.

Je tiens d’abord à souligner que notre effort de redressement des comptes publics permet à notre économie de bénéficier de conditions de financement très favorables, à travers des taux d’intérêt historiquement bas. L’adjudication d’hier s’est encore déroulée dans d’excellentes conditions. Des taux bas, c’est un élément de la compétitivité, indispensable pour permettre aux entreprises d’investir.

Je pense ensuite, bien sûr, au Pacte pour la Compétitivité, la croissance et l’Emploi. Sa première mesure en particulier, le CICE, un crédit d’impôt de 20 milliards d’euros en régime de croisière, permettra aux entreprises de dégager des marges financières pour investir et embaucher, mais aussi aux 34 autres décisions qu’il comprend et qui vont profondément rénover et améliorer l’environnement économique de nos entreprises.

Je pense aussi aux politiques volontaristes de l’emploi, qu’il s’agisse des contrats de génération, des emplois d’avenir ou de l’accord du 11 janvier sur la sécurisation de l’emploi.

Je pense aux réformes en faveur du financement de l’économie, avec la création de la Banque Publique d’Investissement, la réforme bancaire ou la création d’une nouvelle banque pour les collectivités territoriales.

Je pense enfin à la politique de soutien à l’investissement, qui est crucial, en complément du moteur de la consommation. Nous veillons à ne pas sacrifier l’investissement public, y compris au niveau de l’Etat, à maximiser son impact sur l’économie en sélectionnant mieux les projets, avec l’appui du Commissariat général à l’investissement. Nous nous assurons que les collectivités locales, qui concentrent les trois quarts de l’investissement public, disposent d’un accès à des financements, grâce à une nouvelle banque publique des collectivités locales, et au concours du fonds d’épargne qui collecte les ressources de l’épargne réglementée. Nous soutenons les investissements d’avenir dans un large éventail de secteurs. Je pense aux  infrastructures, à la rénovation thermique, au numérique ou au logement. Nous avons ainsi annoncé, avant-hier, un grand plan en faveur du déploiement du très haut débit qui permettra de couvrir 100 % de la population d’ici 2022.

Je lisais encore cette semaine des éditoriaux se demandant si la France n’allait pas devenir le maillon faible de l’Europe. Rien n’est plus faux !

J’ai plaisir à constater que tous nos efforts de réforme, et notre méthode qui privilégie le dialogue social, la concertation, sont salués bien au-delà de nos frontières.

J’ai au contraire plaisir à constater que tous ces efforts de réforme, et notre méthode qui privilégie le dialogue social, la concertation, sont salués bien au-delà de nos frontières, par les organisations internationales d’abord, mais aussi très récemment – c’est suffisamment rare pour être souligné –par une agence de notation, Standard & Poor’s, qui souligne, je cite, que « pour la première fois depuis de nombreuses années, l’amélioration de la compétitivité des entreprises françaises est devenue une priorité politique », et qui envisage en conséquence de relever la perspective de la note française.

En aucun cas je ne voudrais donner l’impression de céder à une quelconque autosatisfaction, ce serait déplacé car je connais les difficultés de l’économie mondiale, européenne et française. Mais je refuse tout autant de me laisser aller à l’auto-flagellation. En vérité, je veux surtout nous appeler à redoubler d’efforts.

Redoubler d’efforts dans la mise en œuvre de ces décisions, d’abord : c’est l’agenda de 2013. Le Gouvernement est pleinement mobilisé pour que ces décisions puissent déployer le plus rapidement possible leurs effets sur le terrain. A titre d’exemple, j’assistais hier à Dijon au 1er Conseil d’Administration de la BPI ; nous avons mis sur pied, ensemble et dans les délais, sa gouvernance nationale, j’ai demandé à ses dirigeants de progresser très vite sur la structuration de son réseau et de sa gouvernance régionale.

Redoubler d’efforts, ensuite, implique aussi de concrétiser plusieurs chantiers sectoriels majeurs, plusieurs réformes structurelles pour doper le potentiel de croissance et favoriser la redistribution sans peser sur nos finances publiques :

Je mentionne ainsi que le Gouvernement présentera en mars un projet de loi sur la consommation qui permettra, notamment, de renforcer les droits des consommateurs, et donc leur pouvoir d’achat. Je porterai ce projet de loi avec Benoît Hamon.

Un projet de loi sur la réforme ferroviaire sera également présenté au premier semestre 2013. J’apporterai mon concours à Frédéric Cuvillier qui conduit ce chantier majeur.

Dans le secteur du logement, Cécile Duflot prépare un projet de loi dont l’objectif est la dynamisation de l’offre de logements en levant certaines des contraintes réglementaires qui pèsent sur la construction.

Enfin, dans le secteur de l’énergie, nous formulerons également des propositions de réformes, dans le cadre du débat sur la transition énergétique, afin de renforcer la compétitivité de la filière énergétique française et de la positionner sur les technologies d’avenir.

L’ensemble de ces réformes sera précisé et documenté dans le cadre du « programme national de réformes » que le Gouvernement transmettra au Parlement et à la Commission dans le même calendrier que le programme de stabilité.

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Voilà, Mesdames, Messieurs, notre programme pour l’année 2013. Vous conviendrez que ce menu est copieux, qu’il est ambitieux, qu’il est à la hauteur des enjeux.

Le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault est accusé de tous les maux par ses adversaires. Il est accusé d’incompétence, accusé d’insincérité, accusé de laxisme, accusé de ne pas savoir où il va…  Il y a beaucoup d’impudeur de la part de ceux qui ont laissé le pays dans l’état où il se trouve aujourd’hui, à l’endroit de ceux qui ont la responsabilité de le redresser et qui font les choix courageux, des choix justes qui ont été trop longtemps différés. En vérité, nous avons un cap, nous le tenons, il commence à porter ses fruits. C’est cette politique là qu’il faut poursuivre et approfondir. C’est ce que nous ferons.

Les Français nous ont donné un mandat : le redressement économique, le retour de l’emploi, le redressement de nos comptes publics pour retrouver notre souveraineté budgétaire. Nous tâchons de l’honorer, avec force et conviction.

Les Français ont choisi en mai et en juin dernier de changer d’orientation, de changer de méthode, en somme de changer d’ambition pour ce pays. Ils nous ont donné un mandat : le redressement économique, le retour de l’emploi, le redressement de nos comptes publics pour retrouver notre souveraineté budgétaire. Nous tâchons de l’honorer, avec force et conviction. C’est le sens des leçons que je tire, au nom du Gouvernement, des prévisions de la Commission.

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29 commentaires

  • Amelle dit :

    @Jonas

    Et non! L’Italie n’est pas sortie de la mouise, d’un autre coté vu l’austérité qui leur a été imposé, l’attaque des marchés sur leur dettes, on comprend que les italiens soient complètement sonné.

    Il faudra quand même qu’un jour, les responsables de cette crise qui était tout à fait évitable rendent des comptes, d’abord Trichet et son dogmatisme qui a permis aux marché de spéculer sur les dettes souveraines, si il avait fait le programme de rachat au tout début de la crise grec nous en serions absolument pas là.

    Secondo Merkel aidée par Sarko et les conservateurs européen, qui ont fait défaut de solidarité, ne voulant pas payer pour d’autre et qui avec leur « je ne paye pas » puis quelques mois plus tard  » Je paye sous condition avec une austérité en contre partie » ont fait trainer les choses pour finalement payer 10 fois plus cher cette crise … Et encore on a pas tout vu des effets de l’austérité imposée à toute la zone euro.

    On se dit finalement que heureusement il y a une zone non Euro dans cette Europe, une zone plus raisonnable qui elle ne s’est pas imposé ces inepties, qui va mieux et qui peut nous aider à nous en sortir. Sauf le Royaume unie qui pourtant se rétablissait assez bien de la crise financière qui l’a touché directement après le plan de relance de Gordon Brown mais que son successeur a décidé tout seul comme un grand de casser, de mettre en place une austérité assez dure et se retrouver avec une situation budgétaire sans nom deux ans plus tard.

    Si l’on veux que l’Europe entière s’en sorte, le mieux serait de choisir déjà les bonnes personnes à la bonne place par exemple mettre Gordon Brown un authentique Keynesien président de l’Europe et comme ministre des affaires étrangère de l’Europe Cohn Bendit ça aura nettement plus de gueule, ils apporteront un peu de bon sens au conseil européen qui en manque sérieusement depuis la crise de la dette. Mais le plus important c’est de rendre l’Europe au citoyen européen en élisant une constituante, en mettant en place un impôt européen pour financer son budget…. entre temps j’espère que les parlementaires vont refusé le vote du budget mal négocié qu’Hollande aurait lui même refusé et donner un bon coup de pied dans la fourmilière européenne et surtout au conseil européen qui n’est constitué aujourd’hui que de chef d’état qui ne pensent qu’au intérêt de leur pays et non pas de l’Europe dans son ensemble, ils nous mène à des impasses politiques comme en Italie aujourd’hui. Ce conseil européen avec ses politiques stupides à vision court termiste ou l’on navigue à vu va finir par tuer l’idée même de l’Europe politique et économique.

    • Jonas dit :

      Tu as raison Amelle !
      D’une part je me réjouissait seulement que Berlusconi ne revienne pas au pouvoir. Mais c’est bien plus compliqué que ça. D’autre part, je me suis tout simplement réjoui trop vite. Merci de ton analyse (et ton recadrage!)

  • Félix Lenormand dit :

    Que pense le particulier consommateur de gauche ? Que pense-t-il dix mois après voté contre Sarkozy, en se disant : çà ne peut pas être pire ? Il n’a rien gagné, le nombre de chômeurs a augmenté, sa sécurité ne s’est pas améliorée, il paie plus de taxes (Foncier, habitation, CSG, et d’autres dissimulées dans ses factures EDF par exemple). Ses dépenses contraintes augmentent plus que l’inflation (factures d’énergie, en discussion le diesel au prix de l’essence après alignement à la hausse de la fiscalité sur le diesel, taxe sur les assurances, augmentation des péages autoroutiers…), on lui parle de fiscaliser ses allocs, de rabioter sa retraite quand il a bossé toute sa vie. Le salarié a perdu ses avantages fiscaux sur ses heures supplémentaires. Le particulier consommateur qui n’a pas voté à gauche, ne s’est jamais fait d’illusion, et il est dans ce même bateau qui coule lentement. 100 % de déçus : 51 % de votants à gauche qui sont surpris et 49 % de votants à droite qui s’y attendaient. Oui, mais maintenant les homos peuvent se marier. Quelle compensation ! Le contribuable n’en peut plus… Lire Marianne de cette semaine.

    • Jonas dit :

      Personnellement je suis consommateur et de gauche. Et très satisfait des réformes engagées et du redressement de la France qui se profile. On ne dit plus que l’euro va couler et que la France va mourir de son déficit, les effets d’annonces incessants et intempestifs ont laissé la place à une politique constante qui a un cap, le redressement se fait dans la justice (je gagne pas énorme et mes impôts n’ont pas bougé). Etc. Personnellement je suis très satisfait.

      • bourgeois parisien dit :

        Je partage totalement l’opinion de Jonas et soutiens sans hésitation ce gouvernement qui fait le maximum dans un contexte non seulement difficile mais surtout hostile. Ceux qui se plaignent représentent des catégories socio-professionnelles qui défendent leur bout de gras ce qui est humain! Mais,par définition,elles ne s’occupent pas de l’intérêt général qui est le rôle de l’état. Bref tout le monde réclame de l’argent à l’état et personne ne veut payer d’impôts:je caricature à peine!!!…

        • Amelle dit :

          Idem, je ne regrette absolument pas Sarko ce mec qui pendant 5ans au lieu de s’occuper des vrais problèmes de la société à passer son temps à faire la course au FN.

          Il a fallu que la majorité change pour parler des vrais sujets économiques et sociaux, on se réveille sur un pays ou rien n’a été fait, ou tout est à refaire, à reformer. C’est flippant pour beaucoup mais c’est salutaire parce qu’aujourd’hui aujourd’hui on réfléchi sérieusement à comment aider cette société à s’en sortir vraiment. Un beau challenge pour la gauche.

          On a des ministres qui sont de réels ministres et non pas des marionnettes guidé par des conseillés à l’Elysée, un président qui donne la vision, montre le chemin et un 1er ministre qui valide et arbitre. ça donne un semblant de désordre mais je trouve que c’est un désordre créatif, j’aime bien quand Peillon parle de durée de vacance pour 2015 même si je vois pas l’utilité, j’aimais bien les grandes vacances petite et à partir de 16 ans ça me permettait de travailler 1 mois, gagner de l’argent et partir en vacance 1 mois, mais comme je ne suis pas parent d’élève des choses doivent m’échapper, donc mon avis, on s’en passera volontiers. Même chose quand Montebourg parle de zone franche pour les automobiles, je suis complétement contre mais la aussi ça mérite qu’on en parle, l’important c’est de voire des ministres chercher des nouvelles pistes pour améliorer le quotidien de leur citoyens.

          Je trouve aussi très bien les duo ministériels comme dernièrement Le Foll et Hamon sur la « crise » de la viande à cheval, on l’a vu aussi avec Taubira et Bertinoti sur le mariage pour tous, Moscovici et Cahuzac sur la loi des finance mais surtout sur « l’affaire Cahuzac ». J’aime voire un gouvernement solidaire qui forme une réelle équipe.

          Tout n’est pas parfait, mais franchement on savoure l’absence de Sarko, des Hortefeux, Gueant, Morano, Copé, Wauquiez …. Et si les gens de droite pouvait arrêter de nous parler de Sarko à tout bout de chant se serait encore mieux.

          • Jonas dit :

            Pour les vacances scolaires, moi aussi j’aimais avoir deux mois de vacances, tout le monde aime ça je pense, le souci c’est qu’à côté de ces deux mois de vacances j’avais, comme tout le monde, des journées de cours super longues. Donc je suis totalement favorable à une diminution (deux semaines de moins ça me parait bien) et des vacances d’été afin d’alléger la journée de cours, cela permettra d’être moins fatigué pendant les cours et de mieux apprendre, je pense. J’ajoute que c’est d’ailleurs comme ça qu’il faut « vendre » cette réforme, dire qu’on réduit les vacances d’été afin d’alléger la journée de cours. Enfin c’est mon point de vue.

          • Jonas dit :

            Oui dans le lot j’oubliais la fin du racolage à l’extrème droite, ça aussi ça fait énormément de bien !

          • Amelle dit :

            Aucun soucis, je « vend » sans problème la reforme des rythme scolaire comme je suis prête à vendre sa prochaine loi même si je ne sais toujours pas tout ce qu’il y a dedans, je vendrais sa reforme pédagogique quand il y en aura une et je lui fais confiance pour une reforme de l’orientation que je vendrais aussi ;O)

            Et contrairement à ceux qui lui demande de la fermer, je suis pour qu’il parle, je pense que les parents d’élèves aimeraient connaitre la vision du ministre sur le moyen et long terme même s’il y a brouhaha derrière autant parler d’école de son redressement, son avenir que de récession sujet nettement plus anxiogène.

  • bourgeois parisien dit :

    Les dirigeants socialistes sont imprudents de se focaliser sur le cumul des mandats et le vote des étrangers aux élections locales, car tout le monde sait que ces lois ne seront pas votées faute de majorité au Sénat. L’opinion publique,de plus,n’est pas passionnée par ces sujets…
    Par ailleurs,la droite est ridicule de reprocher à Holl. de plaisanter gentiment sur le pape et sur Sarko: ces 2 hommes plutôt médiocres ne sont ni intouchables,ni sacrés jusqu’à nouvel ordre!!!…

  • Amelle dit :

    Sinon j’aimerai parler du PS et notamment l’élection à la mairie de Paris, je sais que Delanoe que nous allons amèrement regretter veux imposer soutient Hidalgo sauf que Delanoe n’est pas roi de Paris et il n’a pas à imposer sa dauphine. Je rappelle que Hidalgo n’a jamais réussi à s’élire sur son nom, il serait quand même aberrant de laisser tomber la mairie à NKM sous prétexte qu’on a laissé la candidature à une personne qui manque de densité politique.
    Hidalgo est peut être compétente mais maire de la ville de Paris c’est à dire la capital est quand même un poste éminemment politique.
    Ce que je trouve aberrant c’est qu’il y personne à part Le Guen qui n’est pas aussi connu pour ces idées mais personne avec une aura politique en face, comme si l’on ne voulait au PS qu’on lui fasse de l’ombre quitte à perdre l’élection. Perso j’aimerai bien voter pour un type comme Bloche, d’abord parce que lui sait se faire élire sur son propre nom, ensuite parce que apprécié de beaucoup, un Caresche aussi à un caractère assez parisien et lui aussi defend bien ses principes et ses valeurs. Dray comme candidat à la primaire ça aurait aussi pas mal de gueule, imaginons une primaire avec Hidalgo, Le Guen, Bloche, Caresche et Dray et pourquoi pas Dufflot…. se serait juste parfait avec un vrai choix.

    A la limite je serais même pour qu’on demande à Valls de se lancer pour Paris, il a la fougue nécessaire pour defendre le bon bilan de Delanoe et pourrait faire une bonne campagne même si dans un monde idéal il a plus sa place comme président de région d’Ile de France, Paris étant nettement plus à gauche que le reste de la région. En plus ça lui permettrait de sortir de sa sarkosite aiguë qu’il traine depuis quelques semaines, il se permet de juger de l’Islam, de critiquer le voile, il n’aime pas le rap, « agressif » selon lui…. Quelqu’un pourrait lui expliquer qu’on attend d’un ministre de l’intérieur avant tout qu’il applique la loi, pas qu’il nous parle de ses états d’âme? Si le rap le gêne il n’a qu’a éteindre sa radio sinon les femmes avec un voile méritent autant de respect que les autres, la liberté religieuse et d’expression est toujours de mise dans ce pays.

    Donc il faut qu’il se rappelle qu’il n’est pas Sarko et si une campagne électorale lui permettrai de revenir sur terre, et en prime garder Paris à gauche et ben pourquoi pas? même si (je le répète) c’est la région qui serait plus en adéquation avec son parcours politique.

    • Bangor dit :

      Tu as raison, Amelle, d’évoquer les municipales de Paris. Personne n’en parle parce que le débat est soigneusement occulté à gauche, dans le PS comme à l’extérieur. Comme tu le remarques, « Delanoë n’est pas roi de Paris et il n’a pas à imposer sa dauphine ».

      Tout est fait pour que la primaire annoncée se résume à une une simple formalité destinée à imposer la candidature d’Anne Hidalgo alors qu’il est incroyable qu’aucune candidature d’envergure ne se profile. Paris, ville lumière, mérite mieux. C’est la première fois que le PS se révèle incapable de présenter un(e) candidat(e) crédible à Paris.

      Tous ceux que tu cites,  Bloche, Caresche et Dray, ne me paraissent pas non plus avoir la carrure. Jean-Marie Le Guen a le mérite d’avoir laissé entendre qu’il pourrait être candidat, ce qui n’est malheureusement pas le cas le cas de Manuel Valls.

      • Amelle dit :

        Bloche, Dray et Caresche ne n’ont peut être pas une grande carrure mais on un profil politique, on connait pour chacun d’eux leur combat politique ce qu’Hidalgo n’a pas, elle a un profil plus gestionnaire qui va pour une ville moyenne plus ou moins grande comme Creteil ou Asnières mais pas la capitale pas Paris.

        Après on veut nous l’imposer ok, mais qu’on laisse d’autres faire acte de candidature, qu’on puisse avoir une belle primaire à Paris digne de ce nom, cette ville le mérite. Hidalgo peut peut être nous étonner on ne sais jamais et une réelle primaire donnera à Hidalgo ou un autre candidat la légitimité et le dynamisme nécessaire pour gagner, n’oublions pas qu’en face il y a NKM qui elle est nettement plus politique et elle est capable de pulvériser politiquement Hidalgo dans n’importe quel débat à moins que celui ci soit vraiment vraiment très technique, et encore NKM connait en général bien ses sujets et manie comme tout les ministres de Sarko à la perfection la mauvaise foi.

        En parlant de mauvaise foi, elle devrait se méfier comme de la peste de sa nouvelle amie Rachida Dati, coté petites combines politique elle est très loin d’avoir son niveau.

        Perdre Paris juste pour un problème de procédure, se serait con quand même. Désir devrait y réfléchir sérieusement.

  • Amelle dit :

    La situation est réellement compliquée, cela dit je trouve toujours que l’objectif des 0.8% est toujours possible pour le peu que l’on n’augmente pas le pouvoir d’achat mais plutôt qu’on l’améliore quitte à pour une période limitée défiscaliser l’épargne jusqu’à un certain plafond. Cette volonté à ne pas tout faire pour le pouvoir d’achat est le seul vrai reproche que je fait au gouvernement tout le reste va dans le bon sens même si à quelques détails ici ou là on n’est pas toujours satisfait à 100%.

    La rigueur n’est pas un problème, je parle bien sur de la rigueur dans son son sens premier, c’est à dire sans toucher aux prestations lutter contre gaspillage, gabegie et faire muter le service public pour un service public du XXI siècle, plus efficace, moderne, interactif avec les citoyens et transparent.Une réelle e-administration digne de ce nom. Ensuite supprimer des postes de fonctionnaire aura nettement plus de sens aujourd’hui cette suppression purement comptable n’a pas vraiment de sens surtout si l’on supprime des postes de fonctionnaire pour recruter des prestataires du privé qui font exactement la même chose mais coutant plus cher à la communauté ou pour recruter des CDD durant des années car on sait pertinemment que ce poste est utile.

    Sinon pour la diminution des dépenses il est étonnant de voire que ce que demande les gens autours de nous c’est deux choses, la première c’est la suppression de tout les comités Théodule que tout le monde considère comme du pure clientélisme, qui coutent plus voire sans rapporter à l’état, un chiffre est sorti selon lequel il y aurait plus de 250 000 de personnes dans ces comités et qu’ils coutent 24 milliards à l’état je ne sais pas si cela est vrai mais si c’est même le quart ou le 1/5 de ce nombre, effectivement on préférerai nettement que les suppressions de poste se fassent à ce niveau plutôt que dans les différents ministères.

    Autre demande qui serait populaire et que tout le monde demande c’est faire le ménage dans le millefeuille institutionnel, Hollande n’acceptera jamais la suppression des départements, c’est donc au niveau inférieur entre commune,communauté de commune, agglomération, communauté urbaine, pays … La juxtaposition d’exécutifs locaux exaspère tout le monde d’autant plus que cette évolution se voit dans l’augmentation dans les feuilles d’impôt locaux. C’est pour cela qu’une reforme qui impose un nombre d’élu maximum comme 1 élu sur 1000 (ou 1 élu sur 500 pour les territoires ruraux moins dense) justement avant les élections locales permettrait à chaque territoire de se réorganiser au niveau du département ou de la région afin de diminuer ce nombre d’exécutif et là encore tout le monde préfèrerai une suppression de poste au niveau du nombre d’élu locaux beaucoup trop gros comparé au pays qui nous entoure et stabiliser les poste au niveau du service public qui a encore besoin d’agent faute de modernisation. Ces deux mesures permettraient d’assainir un peu les finances au niveau national et au niveau local, seraient extrêmement populaires et avec l’argent économisé on arrêterai le gel des salaires de fonctionnaire qui dure depuis trop longtemps et qui est injuste.

    • Nicolas (Nantes) dit :

      Je suis d’accord avec toi Amelle, pour moi, le gouvernement ferait passer bcp mieux les efforts en montrant l’exemple par une mesure symbolique : supprimer un échelon (diviser par deux le nombre de communes, ou supprimer le département, ou supprimer les villes quand elles font partie d’une agglo…). Un truc qui marque les esprits, qu’on se dise : ok là on fait un effort de simplification administrative

      • Pablo dit :

        Salut les amis.

        Sincèrement je ne crois pas qu’une réforme territoriale soit un coup politique de nature à marquer les esprits. C’est certain que la presse ferait quelques gros titres là dessus mais pour la plus part des gens, ça ne changerait pas grand chose fondamentalement.

        Et pour cause, beaucoup ne savent pas qui fait quoi car au delà du soit disant « mille feuille » administratif, les gens n’associent pas si aisément telle compétence à telle collectivité, genre le social pour le département, les lycées/la formation professionnelle pour la région.

        Je ne suis pas favorable à la suppression du Conseil départemental (nouvelle appellation du conseil général) car dans les territoires plutôt ruraux, les groupements de communes/agglo sont trop petits pour le remplacer et la région est souvent trop grande et trop éloigné pour s’y substituer.

        Pour parler un peu concret, en Midi-Pyrénées, ce n’est pas la même chose être à Toulouse qu’être dans le Gers par exemple ou au fin fond de l’Ariège. La future métropole toulousaine pourrait remplacer le conseil départemental. Mais dans le Gers, les grosses communautés d’agglo n’ont pas du tout les moyens pour assurer les missions du Conseil Général.

        J’aurai tendance à dire, qu’il faut faire du cas par cas. Mais est-on prêt à une décentralisation à la carte (comme semble ouvrir la voie l’Alsace et le Rhône avec Lyon) ?

      • Pablo dit :

        Et pour tout dire je ne crois pas au big bang territorial. Ni dans sa faisabilité (c’est pas qu’une question de courage politique, la « simplification » n’est rien d’autre qu’un mythe des temps modernes, une aspiration sans fin, l’argument un peu tarte à la crème qui passe partout), ni dans ses supposés bienfaits (ok, moins de frais de représentation car moins d’élus, quelques économies de fonctionnement, mais après on va pas licencier le personnel administratif et les besoins des populations seront toujours aussi importants).

        • Bangor dit :

          Mais Pablo, combien de milliards d’euros gagnerait-on en supprimant les départements ?
          A quoi sert aujourd’hui cet échelon administratif créé sous la Révolution pour tenir compte de la vitesse de déplacement des chevaux ?

          • Pablo dit :

            Honnêtement, je pense qu’on n’économiserait pas grand chose en supprimant les départements.

            On gagnerait un peu du côté des frais de fonctionnement/ de représentation des élus, évalué par une étude de KPMG à « trois fois rien » (je me souviens pas du chiffre).

            Pour le reste, les politiques que mènent les départements (entretien des collèges, politique sociale, soutien à la culture, transport inter-urbain, maison du handicap etc) ne sont pas réductibles.

            Dans les départements très urbains, les missions du département pourraient sans doute être prises en charge par des grands EPCI et/ou la région. Mais dans les zones rurales, et elles sont encore nombreuses, supprimer le département serait un vrai coup dur.

            Sans jouer sur la rivalité urbain/rural ou Paris/province, il faut vivre dans ces territoires pour le comprendre.

        • Amelle dit :

          La simplification administratif est réellement un besoin, elle permet la suppression des doublons, une meilleure synergie, plus efficacité et la nécessite de moins de d’élu. Je rappelle qu’en France il y a + de 500000 élus, c’est juste dingue, et franchement quand on voit les hôpitaux parisien fermé et les autres en hyper activité à cause des suppressions de poste, je préfère nettement baisser un nombre d’élu locaux(je parle d’élu pas de l’agent administratif de la mairie) que de voire un poste supprimé dans un hôpital.

          Je parle d’hôpital mais ça pourrait être le tribunal, l’école, les inspecteurs de travail, ou d’hygiène bref tout ces agents public qui sont essentiel à notre quotidien. C’est quand même pour financer cela qu’on paye notre impôt à la base. Avec + de 500000 élus il y a une très très grosse marge.

          Une fois qu’on aura diminué le nombre d’élu, au niveau des territoires tout le monde devra se réorganiser, c’est une obligation et pas forcement en supprimant le département, les communes qui voudront s’allier pour faire un grand exécutif local pourront le faire, si une commune veut rester indépendante des autres elle pourra le faire et si au niveau du département ou région on veut faire des économies d’échelle en partageant seulement des services, ils pourront le faire à condition de bien supprimer les doublons,ce qui ne se fait pas toujours.

          La population française aujourd’hui est majoritairement urbaine, et c’est dans les centres urbains ou tout est concentré et ou la densité est forte qu’il y a plus de chose à faire.

          • Bangor dit :

            Il y a 600 000 élus en France et c’est ce nombre invraisemblable qui rend si difficile toute réforme de notre organisation territoriale. Les lobbies d’élus défendent leurs sinécures en ignorant superbement les difficultés des français et l’appauvrissement du pays. On préfère augmenter les impôts que de rechercher des économies dans le secteur public.
            Tout le monde sait qu’il y a un échelon administratif en trop et tout le monde sait que c’est le département.
            Dosière, député apparenté PS, estime qu’une suppression des départements permettrait d’économiser 15 milliards d’euros par an. C’est énorme, à un moment où on envisage d’augmenter la TVA et de s’attaquer aux retraites ou aux allocations familiales.

          • Pablo dit :

            Il y a certes 500 000/600 000 élus mais je rappelle que tous ne touchent pas une indemnité de représentation, je pense ici surtout aux conseillers municipaux. Je vais au delà de vos propos volontairement, certains s’imaginent un peu trop facilement que tous ces élus vivent au frais de la princesse…

            Pour moi l’échelon à supprimer, c’est l’échelon communal. 36 000 communes dont un peu moins de la moitié qui ont moins de 500 habitants. Il faut achever la carte intercommunale, prévoir l’élection au suffrage universel des élus intercommunaux, transférer le plus possible les compétences et le personnel aux intercommunalités. Les communes pourraient toutefois subsister comme « mairie d’arrondissement. »

            Dans l’absolu, la réforme territoriale devrait partir du terrain. C’est aux élus, quelque soient leur couleur politique et leur niveau de collectivité, de voir quels sont les besoins du territoire et quelle forme administrative adopter en conséquence. L’Alsace est un très bon exemple.
            Le risque serait d’arriver à un autre mille feuille administratif, rompant avec le principe de cohésion et d’unité de la République décentralisée.

          • Pablo dit :

            Bon, ceci dit, je partage l’essentiel de votre point de vue (lobbying des élus, économies possibles du secteur public local, pression fiscale etc).

            Sur l’étude KPMG, je crois qu’il s’agit de celle-ci. Pas eu le temps de la relire

            http://www.departement.org/Congres2009/etude-KPMG-ADF-reforme-territoriale-22-septembre-2009.pdf

  • GERARD dit :

    On ne peux pas faire des économies sur le dos des handicapés c’est une question d’humain!!

    Sur L’AER Mr le ministre de l’économie!!
    Pourquoi Vous Laissez les Travailleurs Reconnue Handicapé Qui ont Leurs Cotisations qui ont Commencé jeune vivrent avec 470 euros jusqu’a 62 ans!!
    Et avec leur Handicap croyer vous qu’ils retrouverons un emploi!!!!
    Le 1er ministre avait dit que qd ilyavait une nouvelle loi il penserais aux handicapés!!
    Vous devrais lui rappelez!! vous qui vous défendez la justice!!
    Question humanité!! en plus leur l’espérance de vie est moindre!!!

  • Patclo dit :

    Je partage votre avis et votre analyse et ce n’est pas en l’espace d’une année que le gouvernement récupérera la situation n’en déplaise à ces messieurs de la droite, qui ne manque pas de toupets! D’ailleurs pourquoi la droite sous la houlette de Sarkozy a attendu 2011 pour enfin demander aux plus riches de participer, quelque peu, aux efforts ( Certainement parce que les élections approchaient….), alors que dès 2008, il fallait réagir!
    Un énorme travail a déjà été fait , les rouages pour améliorer l’économie ont été mis en place, même s’il reste beaucoup à faire pour en récupérer les fruits. Et la méthode de dialogue, de concertation et de demandes d’analyse auprès de spécialistes, utilisées me semblent être meilleure façon de procéder. Je n’ai jamais été partisan de la méthode autoritaire.
    La droite allemande nous critique (selon les journaux). La aussi je laisserai leurs propos de côté, les élections allemandes approchent, et le SPD et les Verts sont à l’affût. Quelle s’occupe d’elle même car il n’est pas sûr que celle ci l’emporte en septembre (Etonnant, non? si tout va bien chez eux)
    Bref , vous gardez pleinement ma confiance.

  • Guenaut dit :

    Il ne sert plus à rien de parler des actions passées. Dire nous étions à 5.2 la commission prévoir 3.7 est suffisant.

  • ZENAFi dit :

    Ce gouvernement est au travail, ne tombons pas dans la critique facile. Reconnaissons- lui cette réalité. Dans un Monde secoué par une crise économique aiguë surtout depuis 2008 et la crise des subprimes qui a commencé par causer beaucoup de drames aux USA et étant arrivée jusqu’à chez nous en Europe, elle continue de toucher beaucoup de Monde, notamment avec son lot de drames ( Grèce surtout, Espagne,Portugal,Italie j’en passe et des meilleurs, aucune région du Monde n’est épargnée.)
    Nous vivons une époque de Mondialisation où les intérêts des pays sont liés et où la recherche de consensus est difficile , chaque délégation recherchant l’intérêt de son pays dans les négociations internationales.
    Donc la rigueur, plus que jamais la rigueur et la solidarité dans une période de rééquilibrage des comptes publics, de lutte contre le chômage , de recherche de compétitivité et de croissance.
    Nous aurons toujours l’occasion de faire un bilan de l’état de la France à mi-mandat de François HOLLANDE et je n’ai aucun doute qu’il sera en tous points positif par rapport au bilan de la décennie passée où la droite était au pouvoir.
    Comme l’a dit François HOLLANDE nous devons tous être impliqués dans les efforts, tout comme demain nous bénéficierons des fruits de la croissance. Comme nous l’a dit la Commission Européenne persistons dans les efforts, la croissance reviendra dès 2014. Pour finir mon commentaire, je ne manquerai pas Monsieur le Ministre de vous souhaiter pleine réussite dans l’accomplissement votre tâche.

  • aloussinediallo dit :

    pourquoi ne pas mettre la video ?

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