Discours d’ouverture de l’Assemblée générale de la Chambre de commerce et d’industrie de France

J’ai prononcé ce mardi 26 février un discours pour l’ouverture de l’Assemblée générale de la Chambre de commerce et d’industrie de France. J’y ai insisté sur la nécessité de remporter, tous ensemble, trois combats essentiels pour notre pays et nos entreprises : la croissance, la compétitivité et la confiance.

Retrouvez l’intégralité de ce discours ci-dessous :

Chambre de Commerce et d’Industrie France – Assemblée générale

Allocution d’ouverture

– Mardi 26 février 2013 –

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les représentants des Chambres de Commerce et d’Industrie,

Il est inhabituel, pour un Ministre de l’Economie et des Finances, de participer à une assemblée générale de la Chambre de Commerce et d’Industrie France. Je voudrais que vous interprétiez ma présence pour ce qu’elle est : à la fois le signe de l’extrême attention que le Gouvernement porte aux entreprises, et une opportunité pour moi de vous dire en personne que ce réseau compte, et que nous avons besoin plus que jamais, dans le contexte économique actuel, de sa plus entière mobilisation.

Le Gouvernement doit remporter trois batailles : la croissance, la compétitivité, et la confiance.

Le Gouvernement doit remporter trois batailles. La bataille de la croissance, tout d’abord, qui peut seule renverser la tendance sur le front de l’emploi, alors que la zone euro est aujourd’hui le seul grand pôle économique au monde qui ne redécolle pas. La bataille de la compétitivité, ensuite, qui implique tout particulièrement les entreprises, et à laquelle ce réseau contribue activement. Et la bataille de la confiance, enfin, si insaisissable, si subjective, et pourtant centrale pour le redressement de notre tissu productif.

2013 sera une année où nous aurons besoin de toutes les énergies et tous les talents.

Croissance, compétitivité, confiance : ces trois combats sont exigeants, ils demandent de la constance, de la créativité et de l’énergie, et nous avons besoin de vous pour les remporter. Vous travaillez au quotidien avec les collectivités territoriales et vous êtes les relais privilégiés des entreprises, mais cette relation n’est pas une relation  à trois, c’est une relation à quatre, où l’Etat est votre partenaire et s’appuie sur vous pour diffuser sur le terrain ses initiatives économiques. Et parce que 2013 sera une année où nous aurons besoin de toutes les énergies et tous les talents pour aller chercher une croissance qui fait défaut aujourd’hui, je voudrais que plus que jamais, nous puissions travailler ensemble, avec les entreprises, au redressement économique du pays.

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L’économie française se trouve, aujourd’hui, entre deux eaux. Le front financier s’est apaisé : c’est un vrai progrès, dont je me félicite. Ce qui m’interpelle aujourd’hui, c’est le risque de croissance schizophrène, d’un scénario où les clignotants sur les marchés financiers sont au vert, mais où l’économie réelle stagne et reste engluée dans une phase de redémarrage très lent, presque plat. On aurait alors un décrochage entre une «économie d’en haut » et une « économie d’en bas », avec d’un côté des marchés financiers stabilisés et même relativement dynamiques, et de l’autre des indices de l’économie réelle – taux de chômage, consommation, investissements… – qui ne suivent pas. A ce stade, ce n’est pas nécessairement ma lecture des tendances de l’économie française, mais c’est un point de vigilance. Il est bien évident que je vise pour ma part une croissance bien plus inclusive, dont les effets ruissellent jusqu’à la base – jusqu’aux indicateurs de l’emploi, pour être clair.

La croissance ne se décrète pas, mais elle n’est pas non plus un graal mystérieux et hors d’atteinte. Et si on a presque oublié, en France, ce que c’est que de vivre dans une économie en robuste expansion, cela doit nous inciter à aller la chercher avec davantage encore de détermination.

Le sérieux budgétaire n’est pas une purge, il doit être compris comme une condition de notre compétitivité.

C’est ce à quoi ce Gouvernement s’emploie, avec la remise en ordre des finances publiques, tout d’abord, nécessaire pour redonner au pays des perspectives de long terme, car un pays qui s’endette est un pays qui s’appauvrit. Mais cet effort doit dans le même temps être équilibré, pour préserver les conditions de rebond de l’économie. Le sérieux budgétaire n’est pas une purge, il doit être compris comme une condition de notre compétitivité. Des conditions de financement de l’Etat qui se dégradent, ce sont des entreprises qui connaissent une hausse de leurs taux d’intérêt et voient leurs marges amputées.

Cette croissance, je m’emploie tout particulièrement à aller la chercher auprès de nos partenaires de la zone euro, qui, pour nombre d’entre eux, ne veulent pas voir plus que nous l’Europe s’enfoncer dans un cycle « récession/austérité ». Et l’attention que je porte à la zone euro est aussi celle d’un ministre des entreprises : une zone euro forte, c’est une zone euro où elles trouvent des débouchés pour leurs services et leurs produits – particulièrement pour une économie comme celle de la France, très majoritairement tournée vers l’Europe à l’export – c’est une zone qui attire les investissements étrangers sur notre sol, c’est, de manière générale, la condition d’un environnement propice au développement de nos entreprises.

Nous allons aussi aux devants de la croissance avec de grandes réformes structurelles, que je sais particulièrement attendues des milieux économiques.

Nous allons aussi aux devants de la croissance avec de grandes réformes structurelles, que je sais particulièrement attendues des milieux économiques. Nous sommes en train de réussir la réforme du marché du travail, une réforme qui n’a que des gagnants et que nous avons fait dans le calme et la concertation, là où on nous avait promis une vallée de cendres et de larmes. Nous ferons en 2013 la réforme des retraites. Nous réformons l’action publique, pour la rendre plus efficace, davantage tournée vers les besoins des usagers, et dans le même temps pour réaliser des économies et contribuer à la maîtrise de la dépense publique. C’est dans ce cadre que nous venons de lancer, notamment, un audit des aides aux entreprises : plus de 7000 sont recensées en tout. Sont-elles toujours efficaces et lisibles ? L’évaluation permettra de la dire ; en tout état de cause, les travaux menés sur ce sujet devront produire des résultats rapidement, d’ici l’été, mais se feront dans la concertation. Parmi les trois personnalités chargées du pilotage de cet audit, on trouve ainsi un élu local, un expert de l’administration et bien entendu un chef d’entreprise. Enfin, je parachèverai dans les prochains mois la grande réforme du financement de l’économie que je mène sur plusieurs fronts à la fois, et dont l’objectif premier est de garantir que nos entreprises puissent avoir accès aux financements dont elles ont besoin pour se développer :

–         C’est l’un des objectifs de la réforme bancaire que je défends actuellement au parlement, qui va recentrer les banques sur leur cœur de métier et leurs clients, dans l’économie réelle ;

–         Ce sera l’objet de la réforme de la fiscalité de l’épargne que je présenterai dans les prochains mois, qui visera à faciliter l’accès des entreprises au financement par le crédit et par le renforcement de leurs fonds propres ;

–         C’est l’objet de la création d’une nouvelle banque pour les collectivités locales, qui représentent 70% de l’investissement public en France, et qui sont des acteurs clés de l’animation économique de nos territoires.

–         Et c’est bien sûr l’objet de la Banque Publique d’Investissement, qui a tenu sont premier Conseil d’Administration la semaine dernière, et dont vous parlera plus longuement Nicolas Dufourcq tout à l’heure, mais qui est une réalisation concrète et immédiate toute entière tournée vers les besoins des entreprises. La BPI, c’est le couteau suisse du financement des TPE, PME et ETI de croissance, c’est leur interlocuteur de proximité quand elles ont besoin d’un investisseur de long terme, quand elles recherchent un accompagnement individualisé pour leur développement ou la distribution de produits à l’export, quand elles veulent un prêt pour l’innovation ou un préfinancement pour le Crédit Impôt Recherche, ou encore quand elles connaissent des tensions sur leur trésorerie…

Elle est également, et c’est tout aussi important, la manifestation tangible de l’attention constante que nous portons à nos entreprises. Je veux vous dire ceci : il n’y a pas une décision, pas une initiative, que je ne prenne sans me demander si elle met ou non les entreprises en position d’investir, de se développer et d’embaucher. C’est tout l’objet du Pacte de Compétitivité, qui va, je crois, beaucoup structurer vos travaux en 2013, après l’excellent travail d’information que le réseau a réalisé sur le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi en début d’année, que je tenais à saluer ici. La toute première des mesures du pacte, qui permettra d’alléger de 20 milliards d’euros le coût du travail en régime de croisière, a été adoptée selon un calendrier accéléré, signe de l’attention que ce Gouvernement porte à la situation des entreprises. Et le préfinancement du CICE pour les TPE et les PME par Oséo, filiale de la BPI, est disponible aujourd’hui, le même jour que la publication par mes services de son « mode d’emploi », l’instruction fiscale. Le dispositif peut donc à présent pleinement faire sentir ses effets sur le terrain.

Le Pacte de compétitivité a été conçu pour les entreprises, et sa mise en œuvre se fera avec les entreprises.

J’attends beaucoup, j’attends énormément du réseau des Chambres de Commerce et d’Industrie sur ce point. Le Pacte a été conçu pour les entreprises, et sa mise en œuvre se fera avec les entreprises. Il est solide, il est ambitieux – 20 milliards d’euros de baisse du coût du travail en régime de croisière, cela représente 1% du PIB : c’est un investissement massif de l’Etat en faveur de la compétitivité de son tissu productif, pour n’en citer qu’une mesure. Mais si complet soit-il, le Pacte ne fera sentir ses effets que si sur nos territoires, les entreprises s’en saisissent, au premier rang desquelles les TPE, les PME et les ETI. Si la BPI lance un prêt pour l’innovation et le préfinancement du crédit impôt recherche, si elle propose un nouveau dispositif de garantie publique pour faciliter la délivrance de plus de 500 M€ de crédits de trésorerie aux TPE et aux PME, il faut que ça se sache, il faut que ça s’entende, il faut que ça se vive ! Les outils sont là, ils sont disponibles, je travaille, avec l’équipe gouvernementale, pour avancer vite sur les autres mesures du Pacte, mais nous avons besoin que les entreprises se les approprient, pour que les effets qui en sont attendus se répercutent sur notre économie le plus rapidement possible.

Ce Gouvernement place une très grande confiance dans les corps intermédiaires, dont il sait le rôle absolument essentiel dans l’économie. Vous avez une mission de service public. Vous êtes nos partenaires, responsables et reconnus. Vous êtes nos relais. Vous pouvez vous appuyer au quotidien – et c’est un atout majeur – sur un réseau extrêmement dense, un maillage très fin, très précis du territoire, au plus près de nos entreprises, des TPE, PME et ETI en particulier. J’ai besoin que vous vous mobilisiez pour porter auprès d’elles, faire connaître et les aider à s’approprier les initiatives du Gouvernement que nous avons conçues pour elles. J’ai besoin de votre soutien pour diffuser nos réformes et leurs mesures d’application auprès de notre tissu productif, pour faire remonter l’information que vous collectez sur le terrain, aussi, et dont mes équipes sont très preneuses. J’ai une attente vis-à-vis de ce réseau pour faciliter et accélérer la diffusion du Pacte de Compétitivité, et plus généralement des mesures que le Gouvernement conçoit pour les entreprises, sur tout le territoire. J’ai besoin de votre mobilisation, j’ai besoin de votre implication, parce que j’ai la conviction que c’est en mettant nos énergies et nos efforts en commun, au service de l’économie française, que nous renouerons avec cette croissance qui fait défaut aujourd’hui.

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Croissance, compétitivité, confiance : ces trois combats, nous devons les remporter ensemble.

Croissance, compétitivité, confiance : ces trois combats, nous devons les remporter ensemble. J’ai parlé des deux premiers, je veux dire un mot du dernier. La mélancolie pessimiste de ce pays – quand elle n’est pas persiflage malveillant – est le plus grand ennemi de notre économie. Nous avons des atouts ; soyons-en fiers. Nous avons des ressources ; mobilisons-les. Nous avons des talents ; aidons-les à se déployer. Je n’ignore rien de nos difficultés économiques actuelles ; elles ne m’empêchent pas d’être confiant pour l’avenir. Ayons confiance en nous. Ayez confiance en vous. Nos entreprises ont de l’énergie, de l’expérience, des savoir-faire ; il leur manque l’optimisme et l’envie. Travaillez avec nous – c’est mon message aujourd’hui – pour les leur rendre. Merci.

Une réflexion au sujet de « Discours d’ouverture de l’Assemblée générale de la Chambre de commerce et d’industrie de France »

  1. Monsieur le Ministre,

    tout d’abord, je tenais à vous préciser que j’apprécie votre comportement politique et vos convictions.

    Dernièrement, vous avez relancé l’instauration d’une protection directe du secret des affaires.

    Si ceci peut vous éclairé, j’ai rédigé une thèse sur le secret des affaires en droit français en 2008 et un article sur le secret des affaires et le projet de loi de l’assemblée nationale gaz. pal.juillet 2012.

    recevez mes respectueuses salutation.

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