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Mon interview à mon arrivée à la réunion de l’Eurogroupe à Bruxelles

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Vidéos | Par pierre.moscovici | 04/03/2013 à 14:23

J’ai été interviewé cet après-midi à mon arrivée à la réunion de l’Eurogroupe à Bruxelles sur le programme des discussions, avec entre autres : Chypre, la lutte anti-blanchiment, le soutien à la croissance en Europe, et la consolidation budgétaire.

Retrouvez ci-dessous la vidéo de cette interview :

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Un commentaire

  • fred31 dit :

    Je suis un peu surpris de la façon dont été accueillies les prévisions récentes de la Commission Européenne. Tous les commentateurs ont pris ces chiffres pour ce qu’ils ne sont pas, à savoir des certitudes. En réalité, compte tenu de l’erreur de prévision moyenne que fait la Commission habituellement dans ses prévisions de début d’année, quand la Commission nous dit que la croissance sera à +0,1 %, cela correspond en fait à une fourchette comprise entre -1,3 et +1,5 %. Quant aux prévisions de déficit, elles sont aussi très imprécises puisque pour 2012 la Commission prévoyait un déficit à 5,3 % et que l’on sera à 4,5. Ce qui est regrettable c’est qu’un organisme comme la Commission ne rende pas public ces marges d’erreur. Je voudrais ici rappeler qu’en 1997, personne ne croyait non plus à un retour du déficit à 3% et que pour n’avoir pas été informé des marges d’erreur qui entouraient les prévisions économiques de l’époque, un président de la République a décidé d’une dissolution de l’Assemblée!
    Ces marges montrent qu’il y a un risque non négligeable que la croissance soit négative et en ce sens vous avez raison de ne pas souhaiter de nouvelles mesures de restriction, mais elles montrent aussi que l’on ne peut exclure, à ce stade, que les 0,8% de croissance que vous aviez prévu seront atteints.
    Je voudrais pour le démontrer prendre l’exemple de l’année 2003. Cette année là, dans sa note de conjoncture de décembre l’Insee ne prévoyait, alors que pourtant l’année était presque achevée, qu’une croissance de 0,2% pour l’ensemble de 2003. Or la croissance a finalement été de +0,9%. Il est intéressant de souligner qu’un partie de cette erreur de prévision vient du fait que la croissance du 4ième trimestre 2002 avait été initialement estimée à -0,3% pour être révisée de nombreux mois plus tard à -0,1%.
    Je voudrais dire quelques mots aussi sur les instruments de prévision qu’utilise l’Insee et d’ailleurs aussi la Commission Européenne à savoir les enquêtes de conjoncture. En simplifiant, l’Insee demande aux chefs d’entreprises si leur activité a augmenté, est resté stable ou a diminué. Puis l’institut calcule ce qu’il appelle le climat des affaires en faisant la différence entre la proportion de ceux qui répondent « augmenté » et la proportion de ceux qui répondent « diminué ». Il laisse donc de côté la proportion de ceux qui répondent « stable ». L’évolution de l’indicateur de climat est donc soumis à un aléa statistique important, selon que la proportion d’entreprises ayant répondu « stable » varie fortement ou non. Ce qui est dommageable, c’est que l’Insee ne rende pas public ce pourcentage de réponse « stable », empêchant ainsi l’utilisateur d’avoir une idée précise sur la fiabilité de l’indicateur de climat publié. On critique souvent les instituts de sondage privés pour leur manque de transparence mais en matière d’enquête de conjoncture, l’Insee ne donne pas le bon exemple.
    La Banque de France qui calcule également un indicateur de climat des affaires propose elle 7 modalités de réponse aux chefs d’entreprise avec une déclinaison de l’item « augmenté » en « forte hausse », « hausse moyenne » et « faible hausse » (de même pour l’item « diminué »). L’indicateur de la Banque de France ne laisse donc de côté que 1/7 des réponses, soit beaucoup moins que l’indicateur Insee qui tronque 1/3 de l’information. L’indicateur Banque de France est donc plus fiable avec une corrélation de 0,8 avec la croissance du Pib contre 0,7 seulement pour l’indicateur Insee. Or l’indicateur banque de France est en hausse en février à 95 et se situe 6 points au dessus de l’indicateur Insee. Si l’on regarde plus en détail les données de l’enquête Banque de France, on voit que la faiblesse de la croissance au 4ième trimestre s’explique par de mauvais mois de septembre et octobre mais que la conjoncture s’améliore depuis novembre. Même la Commission européenne, au delà de son chiffre de +0,1% de croissance, reconnait que la conjoncture est en voie d’amélioration et annonce une reprise pour le second semestre. Ce qui est intéressant dans les commentaires qui ont accueillis les prévisions de la Commission, c’est qu’un consensus semble désormais se faire autour de l’idée de cette reprise. Or l’expérience montre que quand ce consensus se fait, la reprise est toujours plus précoce et plus forte qu’escomptée.

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