Ma réponse au député Christophe Sirugue sur Chypre – Questions au gouvernement

J’ai répondu aujourd’hui au député Christophe Sirugue sur Chypre lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Il fallait agir à Chypre car le système menaçait de s’effondrer. Cet accord est global et juste.

 

http://www.dailymotion.com/video/xybrcn_questions-au-gouvernement-reponse-de-pierre-moscovici-a-michele-bonneton-19-mars-2013_news#.UVG_7HnYO70

4 réflexions au sujet de « Ma réponse au député Christophe Sirugue sur Chypre – Questions au gouvernement »

  1. Les lampions sont éteints. Ceux de la Bastille et du Magic Circus. Jérôme Savary est mort, et François Hollande n’est pas bien. Il ne reste que des «animaux tristes» et des hommes à la déprime. Yeux et esprits passés au noir. La gauche devait être un enchantement, mais ses électeurs déchantent, ses cadres, ses élus, ses ministres. Ils ont pourtant tous les pouvoirs, même s’ils ont perdu celui de faire rêver, et de faire espérer. Comme si l’on pouvait encore vivre dans la crise sans se projeter dans un avenir qui, justement, ne soit pas de crise.

    Or tous ceux-là, maires, députés, sénateurs et membres du gouvernement, semblent atteints de ce mal du désespoir qui les fait se tourner avec inquiétude, avec angoisse parfois, vers le souverain républicain pour qu’il bouge enfin, agisse fort, s’exprime vrai. Plus de causette ni de bavette. Que tonne le tonnerre ! Qu’il fasse parler la foudre ! Mais François Hollande, Zeus au Mali, rebaptisé «Pépère» à Paris, en est-il capable ? N’a-t-il pas déjà échoué ?

    Ce grondement que l’on entend partout, c’est bien le «bourdon». Le bruit sourd que fait le cafard carnivore dans les têtes des dirigeants. Même les plus proches du président ont perdu le moral en même temps que dégringolaient des chiffres sanctions de toutes les promesses prétendument sérieuses. Croissance, déficits, chômage…, tout était faux. Inconsidéré. Impensé. Preuve que la gravité de la situation n’avait pas été mesurée. Voilà qui ajoute de la crise à la crise, celle de confiance en eux-mêmes comme dans le gouvernement, et celle dans le président n’étant pas la moindre. Car jamais un tel désarroi ne s’est jusqu’ici manifesté dans une majorité. La parole du chef de l’Etat ne porte plus. Derrière ce qu’il dit, chacun cherche désormais ce qu’il dédit.

    DES SOCIALISTES PAUMÉS
    L’absence ou l’insuffisance de résultats ont miné sa crédibilité pourtant royale. «On n’écoute plus son message, on se demande ce qu’il dissimule, relève Jean-Marc Lech, le PDG de l’institut Ipsos. Il est établi qu’un Hollande en cache un autre.» Suspicion et discrédit généralisé… On sait que la gauche de la gauche a tiré l’échelle, que la droite bastonne à tout-va un président qu’elle tient pour illégitime puisqu’il a battu Nicolas Sarkozy, celui à qui le trône revient de droit ! Ce n’est pas le plus grave.

    Le plus préoccupant, pour le pouvoir, c’est qu’il est rongé de l’intérieur, perclus de doutes, déboussolé. Jamais les parlementaires et les ministres socialistes – du moment que c’est en off -n’ont été aussi alarmistes : «C’est la cata…» «On va dans le mur…» «Sur le Titanic, il y avait un orchestre, eh bien, sur le France, c’est nous…» Iceberg et naufrage droit devant, s’il n’y a pas d’«horizon dégagé et de points fixes de la voie à suivre clairement balisés». Là, les socialistes sont paumés.

    Tous ces hauts dignitaires hier triomphants, sinon arrogants, avouent un identique désarroi. Une détresse, même, pour ceux qui sont pris à la gorge par la misère sociale qu’ils doutent de pouvoir endiguer, voire qu’ils redoutent d’aggraver par une mal-gouvernance. Pour que le responsable du PS Harlem Désir – «SOS Charisme !» – en vienne à dénoncer les «dissonances du gouvernement», il faut vraiment que ça dissone. Et, disons le mot, que ça «déconne». Et l’on déconne toujours plus gravement quand on se croit intelligent…

    On ne peut que s’étonner, il est vrai, qu’autant de gradués des grandes écoles comme de la politique multiplient les couacs et les canards. L’excuse de l’inexpérience et de la jeunesse ne vaut plus après huit mois qui, en période de difficultés dramatiques, comptent double, voire triple. «Le couperet tombera», promettait Jean-Marc Ayrault dès les premières fausses notes. Or, c’est le bastringue chaque semaine. Une pétaudière. Avec des annonces angoissantes qui fusent de tous côtés, alourdissant un climat déjà anxiogène.

    Les Gaulois avaient peur que le ciel leur tombe sur la tête ; les Français peuvent en outre craindre chaque jour qu’un impôt supplémentaire leur dégringole sur la binette : gel des retraites, fiscalisation des allocations familiales, hausse du gazole… Heureusement que le chef de l’Etat avait promis qu’il n’y aurait pas d’impôt supplémentaire. Il n’y aura que de nouvelles taxes… «Les Français ne peuvent plus supporter qu’on ait l’air de vouloir leur faire perpétuellement les poches», s’époumone, parmi d’autres, Francis Kalfon, l’homme en charge des enquêtes au PS et du nouveau courant La Gauche populaire. «Si on continue, on est morts», prophétise-t-il. Et les parlementaires consonent qui ajoutent, comme le lucide député de l’Essonne Thierry Mandon : «On est partis pour subir un sérieux grain, une tempête aux municipales, si on ne fixe pas un cap et si on ne change pas d’équipage pour l’atteindre.» Changer d’équipage gouvernemental ? «Oui», clament-ils tous, et fissa !

    Tous les élus le disent et le répètent : à la guerre comme à la guerre, il faut un gouvernement de combat ! Quinze ministres au maximum, en ne gardant que le trio de choc, Manuel Valls, Christiane Taubira et Arnaud Montebourg. Et en changeant le chef du gouvernement qui n’en est pas un ! Le verdict est terrible, sans doute injuste, mais il se présente comme sans appel : les élus et les ministres ne tiennent plus Jean-Marc Ayrault pour leur boss. Dans les ministères comme à l’Elysée et à l’Assemblée, chacun se distrait de sa tâche pour se demander qui va le remplacer, ce qui revient à l’affaiblir encore plus. C’est un chef du gouvernement en sursis. «Il est condamné, assure cruellement un hollandais des plus proches, comme l’était Edith Cresson en son temps.»

    Déjà le syndrome du brouhaha accable le chef du gouvernement. Quand il parle devant les députés du groupe PS, quand il intervient au Conseil des ministres, on bavarde avec ses voisins. Pourtant, il peut plaider pour des réformes bienvenues, par exemple les contrats de génération ou encore l’accord patronat-syndicats sur le marché du travail. Mais les pontes du PS ne lui portent même pas crédit de ces réformes, à l’instar des Français. Ayrault manque trop d’allant, de charisme, même quand il s’enthousiasme sur le projet de «nouveau modèle français». Sauf que, à la vérité, ce n’est pas lui que les Français attendent. Ce n’est pas lui qu’ils ont choisi et élu. Ils ont voté pour François Hollande, qui n’est pas, qui n’est plus là. Tout là-haut, à l’Elysée, ça ne répond plus…

    Le brouillage sur la ligne entre le président et les Français ne date pas d’aujourd’hui, mais il s’est aggravé. Sans doute faut-il faire remonter à l’été la rupture de communication entre le nouvel «élu» et ses électeurs. Comment a-t-il pu se permettre des vacances alors que la crise n’en prenait pas ? Il grêlait des catastrophes industrielles, un vent mauvais soufflait auprès de ce qui n’était même plus nos frontières. Le climat socio-économique tournait à l’hiver et «Pépère» était aux bains de mer. On l’avait pourtant averti de se garder de toute distraction estivale affichée et infligée à ceux qui en étaient privés. Mais c’est là, par fatigue sans doute, par inconscience peut-être des exigences nouvelles de sa charge, qu’une première coupure s’est faite. Une entaille profonde.

    Le dialogue singulier qu’il avait commencé d’entretenir avec les Français pendant la campagne était désormais miné d’incompréhension, de silence déceptif.

    Comme il est loin d’être sot, et ses conseillers non plus, le chef de l’Etat tentait de renouer les fils de la confiance en fixant à l’automne un horizon plus dégagé des bourrasques saisonnières : 2013, l’inversion de la courbe du chômage. Ses ministres, le premier d’entre eux en tête, répétaient avec lui à l’unisson : «Nous n’avons qu’un objectif, l’emploi, l’emploi, l’emploi.» Or, une fois les trompettes de la communication officielle reposées, on a créé… le «mariage pour tous». Une avancée sociétale fièrement troussée grâce à Christiane Taubira, la ministre de la Justice, canonisée par l’Elysée pour avoir sauvé les apparences du changement.

    Mais «l’emploi ? l’emploi ? l’emploi ?» Cette mobilisation générale, où était-elle ? Des chômeurs à bout se faisaient brûler devant Pôle emploi, et ça ne faisait pas des feux de joie. Le ministre du Travail, Michel Sapin, qui se dépense sans compter, venait soutenir… les travailleurs de l’administration très secoués. Les Français ont eu le sentiment d’être spectateurs, et non acteurs, d’un feuilleton où aucune place n’était prévue pour eux et où rien ne se déroulait tel que la mise en scène et la narration le laissaient accroire. Le président, soucieux de renouer avec le fil de l’histoire et du roman national, se posait en défenseur acharné des intérêts français contre l’ex-ennemi héréditaire prussien. Or, s’il sauvegardait la PAC, quoique écornée, le monarque suprême n’en rabattait pas moins de ses ambitions comme de nos exigences en matière d’investissements pour la croissance. La puissante Allemagne et la perfide Albion s’entendaient sur notre dos pour nous faire mesurer notre petitesse, alors que nous prétendons toujours à la grandeur. Cruelle humiliation…

    Au moment où, au Mali, le chef de l’Etat et des armées rendait des couleurs à nos couleurs et de l’autorité à sa fonction, celle-ci était battue en brèche par la conjonction des anciennes puissances adversaires et des nains de Bruxelles devenus plus grands que nous ! La blessure narcissique se faisait plus béante que jamais, alors que les eurocrates nous faisaient la leçon comme à des enfants. Nous étions nuls en calcul et en économie, et pas question de moufter sinon nous allions être punis ! L’héritier de Vercingétorix, François Ier, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle, traité comme un sacripant qu’on renvoie au coin avec un bonnet d’âne. La cinquième puissance du monde en impuissance de réaction !

    PLUS D’ESQUIVE PLAISANTINE

    François Hollande visite Les Grésilles, un quartier de Dijon, mars 2013 – GUIBBAUD-POOL/SIPA
    «Pépère» tranquille, mais qui n’a pas la force de Mitterrand. «Hollande est tranquille, mais il lui manque la force», relève, impitoyable, le député UMP Jérôme Chartier. Et à gauche, cette remarque touche au point sensible. Le président est peut-être sympa, sans aucun doute même, et ça change de son prédécesseur. Mais, comme le confesse un de ses très proches, «ce n’est pas d’un président compagnon qu’on a besoin aujourd’hui, ni d’un président pour période florissante, mais d’un chef de guerre contre la crise économique». Nous sommes en pleine bataille ! Que Hollande le dise !

    Beaucoup de parlementaires PS que nous avons interrogés, tels Philippe Martin, le sagace élu du Gers, le nordiste Nicolas Bays, ou Thierry Mandon, le député de l’Essonne, ont eu recours à la même référence de l’appel au peuple en temps de guerre. A moi, à nous Winston Leonard Spencer Churchill ! «Je n’ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur.» Plus de promesses à la petite semaine mais un appel à l’effort vibrant, dramatisé. Avec la lumière de l’espoir au bout de la nuit qu’on ne peut plus esquiver. Deux ou trois réformes fortes, des vraies, «pas cette débilité, par exemple, de texte sur la décentralisation, mais la suppression des conseillers généraux, qui montrerait qu’on s’attaque aux lobbies plutôt que d’y céder !»

    François Hollande, qui ne parle plus du progrès ni de réenchanter l’avenir, qui ne l’incarne plus, lui seul, donc, de par la force des institutions, est en mesure de redonner du sens, à condition d’assumer la douleur collective du présent. Plus d’esquive plaisantine. Plus d’habileté solférinesque. Le chef de parti doit s’effacer derrière le président de la France. Son conseiller breton Bernard Poignant reconnaît volontiers que c’est «son vrai et incontournable défi : être le chef de tous les Français et non plus de la gauche». Il faut qu’il se dépouille de ce qui et de ceux qui l’ont fait. L’exercice du pouvoir est une ascèse.
    PAR NICOLAS DOMENACH AVEC ANNE ROSENCHER

    Pourtant, ses amis de toujours s’interrogent pour mieux le piquer : «Ce n’est pas son tempérament de secouer le cocotier.» Placide, mesuré, le président ne s’est jamais lancé à l’eau sans bouée, ni ne s’est décidé à franchir le Rubicon sans avoir longuement tâté auparavant l’eau. Son intelligence extrême le pousse aux arbitrages et à laisser les événements trancher pour feindre de les organiser, plutôt que de choisir l’audace et l’anticipation. L’énarque provincial, qui a appris l’économie dans les livres, n’est pas un prophète ni un pirate. Ce n’est pas même un romanesque, puisqu’il n’a jamais lu que des rapports et des livres d’histoire. On l’a rarement vu monter à l’abordage sans qu’il y ait du monde devant. Sauf pour la bataille présidentielle, et ce ne fut pas rien.

    Les événements transforment un président. A vrai dire, certains des hollandais les plus sincères doutent, il faut le dire, de sa capacité à réussir cette métamorphose. Ils sont anxieux de virilité, et de son signe avant-coureur, la «mue». La voix pourtant a commencé de changer. Elle a des accents martiaux d’autorité. Parfois. Alors, les mêmes se disent que, peut-être, François Hollande n’est pas fichu, qu’il sera à la hauteur du défi historique. Mais «Pépère», lui, insistons, est condamné…

  2. En période de difficultés, l’impopularité du pouvoir est souvent le signe d’une politique sérieuse et efficace à long terme tandis qu’une forte popularité est le signe d’une politique démagogique catastrophique à long terme.

  3. Bonjour Monsieur Moscovici,
    Je voulais juste ici vous témoigner ma sympathie par rapport à l’injure dont vous avez fait l’objet.
    Je ne suis pas électeur de gauche, je n’ai pas voté François Hollande ni au premier ni au deuxième tour de l’élection présidentielle.
    Néanmoins, je suis convaincu que nous devons préserver le respect du partenaire (plus que de l’adversaire) politique. Notre démocratie est riche de nos différences, et nos divergences de point de vue ne doivent pas faire oublier l’essentiel : nous sommes des démocrates, et nous sommes français.
    Je regrette l’opposition systématique droite-gauche. Je pense que dans notre situation critique, nous devrions nous rassembler autour de ces valeurs communes, et réaffirmer que nos ennemis sont ceux qui veulent les mettre à bas, et dont il semble, hélas, ils qu’ils reçoivent aujourd’hui un écho trop favorable dans notre pays.
    Cordialement,

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