Invité de France Bleu Belfort-Montbéliard ce matin

moscovici

J’étais ce matin, à 7h45, l’invité de France-Bleu Belfort-Montbéliard.

Je me suis exprimé sur l’intervention, hier, du Président de la République, qui a délivré un discours de vérité, de redressement, de justice, une vision, une volonté.

J’ai aussi abordé les sujets des retraites, de la simplification, de la compétitivité, de la croissance, de la zone euro, ou encore du redressement.

Voici le script de cette interview :

FRANCE BLEU BELFORT MONTBELIARD

L’INVITE DE LA REDACTION – Le 29/03/2013 – 07:47:32

François PELLERAY

Bonjour Pierre MOSCOVICI.

Pierre MOSCOVICI

Bonjour.

François PELLERAY

Plus d’une heure d’explications hier soir à la télévision et quelques annonces, d’abord sur les retraites. L’allongement de la durée de cotisation est un principe acquis, à quel âge alors, il faudrait repousser… ?

Les Français ont entendu hier un discours de vérité, de redressement, de justice, une vision, une volonté.

Pierre MOSCOVICI

Je ne vais pas revenir et commenter les annonces du président de la République, qui d’ailleurs étaient autant d’annonces de volonté et de méthodes. Ce que j’ai envie de dire surtout c’est que les Français ont entendu hier un discours de vérité, de redressement, de justice, une vision, une volonté, et avant de parler de telle ou telle annonce, il faut dire que ce qui était au cœur de l’entretien d’hier c’était la croissance, c’était l’emploi, c’était la conviction que la France avait beaucoup d’atouts, que c’était un grand pays, mais que ce qui importait c’était de mobiliser toutes nos énergies pour y parvenir. Alors, après, il faut en effet des réformes, et parmi celles-ci il y a la réforme des retraites…

François PELLERAY

Mais pas de précision ce matin ?

Pierre MOSCOVICI

Pourquoi en ferais-je ? Ce qui a été dit hier c’est, un calendrier, une méthode, une volonté. La méthode c’est la concertation, c’est une commission qui a été confiée à une responsable qui connaît admirablement le système de retraite, c’est madame Yannick MOREAU, c’est un calendrier, c’est d’ici la fin de l’année que les choses seront annoncées, et c’est en effet le fait que l’ensemble des paramètres étaient sur la table. Il faut réforme nos systèmes de retraite parce que, en effet, la réforme FILLON était une réforme injuste, il fallait y remédier, nous l’avons fait en remettant la retraite à 60 ans à taux plein pour ceux qui avaient commencé à travailler tôt et qui avaient cotisé longtemps, et donc il fallait remédier à l’injustice, mais il faut aussi financer le système, et le système n’est pas financé contrairement à ce qui avait été affirmé et promis par monsieur FILLON et son gouvernement.

François PELLERAY

Il y a eu une annonce, Pierre MOSCOVICI, c’est la simplification administrative pour les entreprises, est-ce que c’est avec cela qu’on relance la croissance ?

C’est fondamental de simplifier les normes pour les entreprises. Sans les entreprises il n’y a pas de créations de richesses et de créations d’emplois.

Pierre MOSCOVICI

C’est fondamental de simplifier les normes pour les entreprises. Il y a des entrepreneurs qui nous écoutent et ils doivent savoir deux choses. La première c’est que nous travaillons avec eux et pour eux. Sans les entreprises la France ne repartira pas de l’avant. Sans les entreprises il n’y a pas de croissance. Sans les entreprises il n’y a pas de créations de richesses et de créations d’emplois. Donc, tout ce que nous faisons est tourné vers l’entreprise, alors en demandant, bien sûr, une contribution aux entreprises, notamment aux plus grandes, en attendant des comportements civiques, en étant exigeants, mais enfin quand il y a un crédit d’impôt compétitivité emploi, il est pour les entreprises, il est pour les aider à investir, pour les aider à embaucher, pour les aider à exporter. Et la deuxième chose c’est que, en effet, les entreprises le savent, l’excès de normes, la rigidité, les rigidités, sont pour elles un frein considérable, 3000 documents disaient le président de la République hier, il faut diviser ça par 2 ou par 3, et c’est en effet un facteur d’accélération, de confiance, et il y a tellement de choses à faire. Je vais citer une chose, par exemple, qui est dans l’ordre de la simplification, alors qui n’est pas seulement pour les entreprises, qui est aussi pour les ménages, j’ai annoncé hier le lancement de la campagne de déclaration d’impôt pour l’année qui vient, et dans cette campagne de déclaration d’impôt, eh bien il n’y aura plus d’envoi de la lettre du ministre, c’est la télédéclaration qui sera priorisée, et ce sera aussi le fait que la déclaration elle-même sera beaucoup plus simple à remplir, elle sera pré-remplie de manière beaucoup plus complète. Si on simplifie tout, alors en effet notre économie sera plus souple, plus réactive, plus forte.

François PELLERAY

Autre aspect, Pierre MOSCOVICI, le président a répété que les outils étaient là pour retrouver de la croissance, et il a reconnu en revanche que la crise était plus coriace qu’il ne le pensait. C’est un aveu là ?

Pierre MOSCOVICI

Écoutez, c’est une réalité à laquelle tout le monde a été confronté. Il y a 1 an, le précédent…

François PELLERAY

Vous avez sous-estimé cette crise ?

Pierre MOSCOVICI

Non, je ne dirais pas ça du tout, il y a 1 an le précédent gouvernement a donné une prévision de croissance qui était à 1,7%, c’était au début de l’année 2012, et puis on est passé à 1,2, il a fallu passer à 0,8. Constatons que la zone euro, malheureusement, est pour la deuxième année consécutive, entrée en récession, et dans ce contexte-là…

François PELLERAY

Donc la crise n’est pas derrière nous ?

Nous allons ensemble inverser la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année 2013 : en mobilisant toutes nos armes économiques, en mobilisant toutes les politiques de l’emploi, nous y parviendrons.

Pierre MOSCOVICI

Il y a un aspect de la crise qui est derrière nous, j’en suis persuadé, c’est que la zone euro, on pouvait s’interroger sur son existence, elle est stabilisée. Nous avons résolu les problèmes de Chypre, les problèmes de la Grèce, ça n’a pas été facile, nous avons mis en place une supervision bancaire, nous allons vers une Union bancaire, il y a un pacte de croissance, donc la stabilité est là, mais il manque une dimension fondamentale, et c’est le cap précisément qu’a voulu tracer hier le chef de l’Etat, c’est le cap de la croissance. sans croissance pas de reprise de l’emploi, pas de diminution du chômage, et c’est évidemment la principale préoccupation de nos concitoyens, mais ils auront entendu un président, hier, qui avait la volonté, qui avait l’énergie, qui avait le sang-froid, et le calme, et qui leur disait « oui, nous allons ensemble inverser la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année 2013 », et je le redis avec lui, en mobilisant toutes nos armes économiques, en mobilisant toutes les politiques de l’emploi, nous y parviendrons.

François PELLERAY

Avec notamment cette boîte à outils.

Pierre MOSCOVICI

Je pense notamment…

François PELLERAY

Cette boîte à outils, ça ne fait pas un peu bricolage, Pierre MOSCOVICI ?

Pierre MOSCOVICI

Je pense à ce bassin d’emplois de Belfort-Montbéliard, auquel, vous le savez, je suis particulièrement attaché. Non, c’est une approche qui est une approche concrète et réaliste. Le cap, il est là…

François PELLERAY

Est-ce que l’expression est bien choisie ?

Pierre MOSCOVICI

Ecoutez, chacun appréciera, moi je trouve que, en effet, elle dit bien ce qu’il faut faire aujourd’hui, c’est-à-dire mettre les mains dans le moteur. Mettre les mains dans le moteur de la croissance, mettre les mains dans le moteur de l’économie, ne pas être dans des idéologies, mais être dans la pratique, et changer les choses.

François PELLERAY

Pierre MOSCOVICI, on verra si cette prestation aura redonné confiance aux Français, en attendant l’impopularité de François HOLLANDE bat des records, comment fait-il pour ne pas douter de ses choix lorsqu’il voit autant de désamour ?

Pierre MOSCOVICI

Ecoutez, moi je ne suis ni commentateur, ni psychologue, je sais que le président de la République a été élu dans une situation qui est une situation très difficile, que c’est un homme qui a du sang-froid, qui a une grande expérience politique, qui sait que des réformes sont à faire, et en même temps qu’elles mettent du temps à produire leurs effets. Les bons choix ont été faits, ce sont des choix courageux, ce sont des choix pas ordinaires…

François PELLERAY

Les Français ne l’ont pas compris visiblement.

Les Français attendaient, je pense, la mise en cohérence qui a été faite hier par le président de la République.

Pierre MOSCOVICI

Les Français attendaient, je pense, la mise en cohérence qui a été faite hier par le président de la République, ils savent en même temps que l’effort est nécessaire, ils savent que l’effort est juste, ils savent que la situation est difficile, ils attendent des résultats, et le président l’a dit avec beaucoup de sérénité, beaucoup de force. C’est un homme qui est dévoué au pays, et l’équipe qui l’entoure est dévouée au pays, et nous serons jugés sur les résultats le moment venu. Le moment venu ce n’est pas au bout de 10 mois. N’oublions pas la situation dans laquelle nous avons trouvé la France. Il ne s’agit pas de revenir, là, une unième fois sur le bilan, mais enfin… était à la fois fort, et considérablement dégradé. Les déficits publics, ce n’est pas moi qui les ai inventés, la dette publique elle s’est accrue de 600 milliards d’euros, le chômage, comme ça a été rappelé, 52 mois sur 60 d’augmentation du chômage, la compétitivité française en berne, les entreprises industrielles, qui sont dans la difficulté, et nous le savons, dans notre bassin d’emplois, ça c’est ce qu’on nous… il faut redresser. Redresser ça ne se fait pas en 10 mois, on ne va pas refaire en 10 mois ce que d’autres ont défait en 10 ans.

François PELLERAY

Autre chose, vous concernant. Après l’insulte de Jean-Luc MELENCHON à votre égard, considérez-vous qu’il est dans l’opposition ?

Pierre MOSCOVICI

Je ne m’attache pas à ça, je trouve que ce sont des façons de faire, en politique, qui ne sont pas les bonnes. Vous savez, hier le président de la République il a été fidèle à lui-même, il a prononcé des paroles fortes, mais sur la République il ne voulait pas celles qui salissent, celles qui divisent, celles qui clivent, celles qui insultent. On peut être d’opinion différente, dans quelques minutes vous aurez un autre invité que moi, il n’est pas du même parti…

François PELLERAY

Monsieur ZUMKELLER.

Il y a des convictions de droite, des convictions de gauche, mais une politique brutale, une politique insultante, c’est une politique qui abaisse le débat public : il faut le redresser, il faut l’apaiser.

Pierre MOSCOVICI

Il faut que les idées soient échangées, que chacun ait ses convictions, il y a des convictions de droite, des convictions de gauche, mais une politique brutale, une politique insultante, c’est une politique qui abaisse le débat public, il faut le redresser, il faut l’apaiser. Et voilà, nous nous voulons apaiser, c’est pour ça que je ne commente pas ce qu’a fait Jean-Luc MELENCHON, parce que ça parle de lui-même, ça discrédite son auteur.

François PELLERAY

Pierre MOSCOVICI, un autre sujet, la démission de Jérôme CAHUZAC était-elle inévitable à vos yeux ?

Pierre MOSCOVICI

Tout a été dit à ce sujet. Jérome CAHUZAC est un homme qui a beaucoup fait pour le pays, à sa place, à mes côtés, pour redresser les finances publiques, il a choisi de démissionner…

François PELLERAY

Vous le défendez ?

Pierre MOSCOVICI

C’était nécessaire pour défendre son honneur, c’est à la justice maintenant de faire son travail, il le sait, voilà. Je lui redis en tout cas l’amitié que j’ai pour lui.

François PELLERAY

Le PS éliminé de l’élection législative partielle dans l’Oise, un duel FN/ UMP, c’est un signe annonciateur des élections municipales de l’an prochain ?

Je connais nos maires, je connais le maire de Montbéliard, je connais le maire de Belfort, et je sais qu’ils auront la confiance de leurs citoyens, pour ce qu’ils auront fait.

Pierre MOSCOVICI

Les municipales de l’an prochain sont des élections, pardonnez-moi je vais être un peu tautologique, les municipales, on va juger beaucoup aussi de la solidité des maires, de leur bilan, je pense que les Français ne confondent pas tous les enjeux, et donc non, c’est une partielle, avec un électorat qui s’est, à cette époque, démobilisé, à nous de le remobiliser. Il n’y a pas de mouvement tellurique dans la vie politique française, et je note que l’opposition, qui est extraordinairement agressive, méprisante, à la limite de la vulgarité parfois, eh bien justement je crois qu’elle est très agressive parce qu’elle est enferrée dans sa crise. Alors moi je connais nos maires, je connais le maire de Montbéliard, je connais le maire de Belfort, et je sais qu’ils auront, je crois, qu’ils auront la confiance de leurs citoyens, pour ce qu’ils auront fait.

François PELLERAY

Merci à vous Pierre MOSCOVICI et bonne journée.

Pierre MOSCOVICI

Merci.

 

5 réflexions au sujet de « Invité de France Bleu Belfort-Montbéliard ce matin »

  1. Ping : Invité de France Bleu Belfort-Montbéliard | Pierre Moscovici - Le blog

  2. François Hollande était-il bien convaincu de ce qu’il disait ? 66 % des téléspectateurs qui ont suivi son entretien avec David Pujadas ne l’ont pas été. Egalement 66 % des Français, selon un autre sondage, le tiennent pour un mauvais président.

    Ces chiffres ne sont pas bons. D’autres chiffres, officiels, sont venus, au lendemain de l’émission de France 2, apporter le plus cinglant des démentis à certaines des affirmations et à l’optimisme rondouillard du chef de l’État.

    Alors qu’à en croire François Hollande, pour la première fois depuis trente ans, les dépenses de l’État n’ont pas augmenté, l’INSEE évalue à 2,9 % la hausse de la dépense publique enregistrée en 2012. Ce n’est ni à 3 %, comme on sait, ni même à 4,2 %, comme annoncé, mais bel et bien à 4,8 % du PIB que se montera le déficit du budget 2013. Quant à la dette publique, elle bat un nouveau record, à 90,8 % du PIB.

    Dès lors, deux questions se posent, dont on aimerait connaître la réponse. François Hollande était-il au courant de ces chiffres désastreux au moment où il adressait des paroles réconfortantes à ses concitoyens et se décernait un satisfecit global ? La publication de ces chiffres aurait-elle été retardée pour ne pas interférer dans un contrepoint des plus fâcheux avec la démonstration pédagogique du président de la République ? Autrement dit, aurions-nous eu droit à un tas de mensonges ou peut-on aller jusqu’à parler de mensonge d’État ?

  3. L’impopularité de Holl. est d’autant moins surprenante que celle de Sarko était très élevée bien avant l’élection présidentielle; de même,si Melenchon ou Le Pen étaient aux affaires,leur impopularité serait abyssale(si tant est qu’on puisse encore s’exprimer librement avec ces deux-là!!!).
    Autrement dit,en période de crise,les Français ne supportent plus leurs dirigeants comme s’ils étaient responsables de cette crise alors même qu’ils attendent d’eux qu’ils la résolvent en quelques semaines. Comprenne qui pourra!

  4. Par chance moi et ma femme gagnons très bien notre vie bien que nous ayons nous aussi été confronté au chomage récement pour une très courte durée.
    Notre fille ainée nous rappelais il y a quelaues jours encore que nous sommes probablement les seuls bourges qu’elle connaisse qui votent à gauche.

    Nous avons 3 enfants et je trouve injuste les propos et actions entreprises ces derniers mois qui consistent à taxer sans cesse plus les gens aux revenus confortables. Nous étions prêts à investir dans deux projets immobilier dans notre région afin de préparer l’avenir de nos enfants mais nous avons tout simplement ajournés nos projets en attendant d’y voir clair quant à notre situation fiscale et allocataire. Notre project de 450 000 Euros aurait rapporté à l’état bien plus de revenus en TVA que les quelques milliers d’Euros d’impôts supplémentaires voir d’allocations familliales économisées.

    Pourquoi ne pas faire confiance aux gens qui sont prêts à participer au développement du pays plutot que de ne voir en eux qu’un payeur potentiel?
    Une politique de mise en confiance avec un partenariat citoyen serait bein plus productive qu’une chasse aux potentiels payeurs.

  5. Re: LES PREMIERS DECUS DE F HOLLANDE
    Jean-Marc Becquet Aujourd’hui à 15:59

    François Hollande: les adieux à la gauche
    28 mars 2013 | Par François Bonnet et Mathieu Magnaudeix

    Voici ce que disaient ce matin deux journalistes que vous ne verrez JAMAIS à la télé, et pourtant:
    François Bonnet, Journaliste à VSD, à Libération (1986-1994) puis au Monde (1995-2006), où il est rédacteur en chef du service international. Directeur-adjoint de la rédaction de Marianne en 2007.
    Mathieu Magnaudeix, est diplômé d’histoire, de sciences politiques et de l’ESJ Lille. Il a débuté dans le journalisme pendant ses études à Berlin (AFP, Libération…) puis travaillé à Challenges. A Mediapart, il s’est occupé pendant quatre ans du social. Il suit désormais la politique, en particulier l’Assemblée nationale et le Sénat.

    « Un président dans une impopularité jamais connue sous la Cinquième République au bout de dix mois de mandat ; un taux de chômage au-dessus des 10 %, frôlant les records historiques de 1997 ; un pouvoir d’achat des Français en recul pour la première fois, au vu des statistiques du dernier trimestre 2012 ; une crise de l’Europe et de l’euro sans précédent.

    François Hollande mettait en scène et en mots la cérémonie de ses adieux à la gauche. « Je ne suis plus président socialiste, je suis le chef d’État de la France », devait-il d’ailleurs préciser aux alentours de la quarantième minute.

    Nous venions de l’apprendre et le devinions : effectivement, François Hollande aura réussi l’exploit, dans cette cinquième intervention « devant les Français » depuis son élection, de ne pas prononcer le mot « gauche », de ne pas même citer le nom du parti socialiste, de ne pas même évoquer « les écologistes », d’ignorer délibérément les questions de majorité politique. Plus de gauche, plus de droite ; plus de partis ; plus de majorité politique ou parlementaire. Un abus impressionnant du « je ». Voilà la révélation de cette intervention : la dissolution de la politique, des débats, des alternatives, dans un « je » présidentiel renouant avec les pires démons de nos institutions.

    Effarante régression, au moment où un pays en crise profonde recherche et a impérativement besoin de mobilisations citoyennes, de corps intermédiaires, de débats déconcentrés, de processus innovants de décision, de prises de risques, pour s’extirper d’une crise historique et mener dans la paix civile et sociale une mutation équivalente à la révolution industrielle.

    François Hollande a donc, en ce jeudi 28 mars, effacé la politique par une succession de « je » présidentiels. Elle ridiculise son système de pouvoir : le premier ministre n’a pas été cité – il n’existe plus –, les ministres ont tout juste été évoqués, comme d’insolents élèves dont il fallait parfois savoir accepter les incartades.

    Dès lors, que reste-t-il sur cette table rase, où le Parlement, les partis et le gouvernement ne sont au mieux que d’obscurs et irresponsables appendices ? Il reste un président, homme seul face au peuple et face à une crise dont les prolongements et les complexités sont sans précédent.

    C’est le pari de François Hollande : tenir coûte que coûte sur un mode de récit, qui peut sembler suranné, irréel, voué à l’échec, mais dont il estime qu’il sera in fine entendu par l’opinion. Le pari est d’autant plus stupéfiant qu’au sortir de cette heure et quart d’entretien, on ne sait à qui François Hollande a parlé. Pas à la gauche : il ne l’a pas même évoquée. Pas à la droite : il n’a pas fait de pas important en sa direction. Alors à qui ? Aux chefs d’entreprise et décideurs économiques, incontestablement : « J’ai besoin de tous les Français ! Et les chefs d’entreprise, leur réussite est la nôtre. »

    Depuis deux semaines, la majorité, franchement déprimée par la succession de mauvaises nouvelles économiques, l’affaire Cahuzac ou encore l’élimination de la candidate socialiste à Beauvais, osait espérer un « discours offensif ». « Il faut que François Hollande arrête de faire comme s’il était premier secrétaire du PS. Il est président de la République, il doit fixer un cap et s’y tenir ! » plaidait la socialiste Colette Capdevielle. « Le gouvernement doit avoir du courage, affronter les murs de l’argent et faire les réformes indispensables pour qu’on bouge ! » défendait le secrétaire national d’EELV, Pascal Durand.

    D’autres, au contraire, n’avaient plus beaucoup d’illusions, à l’instar du député de Paris, Pascal Cherki, qui tançait mercredi soir un Hollande « président de conseil général ». L’attaque ad hominem était violente. Ses camarades socialistes lui en ont beaucoup voulu. Même s’ils savent que la formule est d’autant plus dure qu’elle contient une part de vérité. Quant à l’écologiste Jean-Vincent Placé, qui, ce jeudi matin, disait attendre « une révolution politique », il l’aura obtenue à sa façon : les écologistes, officiellement deuxième parti de la coalition gouvernementale, n’ont pas été cités. Seule consolation pour lui: le parti socialiste n’existe pas davantage dans la nouvelle pensée présidentielle ! »
    Voila pourquoi les sénoirs Qui sont dans la pauvretée qui vivent avec 470 euros en fin de droit ayant tous leur trimestres une politique sans humanité!!
    Voilà, tout est dit!

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