Mon entretien publié aujourd’hui dans Les Echos

J’ai été interviewé par le quotidien Les Echos, interview au cours de laquelle je me suis exprimé sur la rémunération des dirigeants d’entreprise, sur le financement, l’épargne, et la simplification  en faveur des entreprises.

Retrouvez ci-dessous cette interview et un extrait vidéo :

 

Des voix se sont élevées au PS pour considérer que 7 ministres à Bercy, c’est trop et qu’il manque « un patron ». Pensez-vous pouvoir être ce patron ?

La question de la structure de Bercy est sans doute importante pour l’efficacité de l’action, mais je ne la crois pas déterminante pour les Français. Pour le dire franchement, j’ai le sentiment qu’on en a un peu trop parlé dans le microcosme et que les choses ont été présentées de manière un peu biaisée.

Je fais en sorte que l’action du ministère soit utile aux Français. Je me sens tout simplement à ma place !

Les missions du ministre de l’Economie et des Finances ont beaucoup évolué avec l’euro et dans la crise. En particulier, l’Eurogroupe et le G20 sont montés en puissance et je consacre un temps important à l’international. Je ne m’attache donc pas à savoir qui est le « patron », mais à faire en sorte que l’action du ministère soit utile aux Français. Je me sens tout simplement à ma place !

Le président de la République a répondu de manière très claire, et pointé le seul sujet essentiel : être tous sur la même ligne. Nous ne sommes pas des clones, nous avons des complémentarités intéressantes, à condition de les mettre au service d’une même orientation. Je veillerai donc, dans mon rôle, à ce qu’il y ait à Bercy une unité dans la conduite, sous l’autorité du Premier ministre, de la politique économique définie par le président. Sur ma proposition, les sept directeurs de cabinet du pôle Bercy vont se rencontrer ce vendredi, et cette réunion est appelée à être régulière pour améliorer notre coordination.

Le chef de l’Etat a salué vos résultats à l’international. Il est resté silencieux sur votre action nationale…

Le ministère des Finances a énormément travaillé depuis un an, sous mon impulsion, et pris de nombreuses décisions, très importantes.

Je lui suis reconnaissant d’avoir souligné le travail accompli. Le ministère des Finances a énormément travaillé depuis un an, sous mon impulsion, et pris de nombreuses décisions, très importantes : dans le désordre, je citerai la réduction des déficits, la réforme bancaire, la BPI, le financement des collectivités locales, le Pacte de compétitivité, les solutions trouvées pour Dexia, PSA finance, STX, la baisse du prix des carburants, la solution de la crise de l’euro et l’ouverture d’une nouvelle phase dans la construction européenne, les avancées dans la lutte contre la fraude fiscale et le secret bancaire…

Mais nous pouvons faire mieux, bien sûr : nous le devons ! J’ai assez d’expérience et de lucidité pour faire l’inventaire de ce qui a bien fonctionné ou a été moins convaincant, et pour en tirer les leçons. Pendant l’an I du quinquennat, nous avons posé les fondations du redressement. Pour l’an II, je souhaite que mon ministère soit un acteur essentiel du changement, qu’il soit davantage encore tourné vers les Français et le soutien aux entreprises, bref qu’il soit à l’offensive. Je veux aussi faire un peu moins de macroéconomie et plus de microéconomie, si l’on peut dire ! Je libérerai davantage de temps pour le terrain, l’explication, les relations avec les entreprises.

Les entreprises sont au cœur de notre politique économique : nous voulons les aider à créer de la richesse et des emplois, à investir et à embaucher.

Comment va se matérialiser cet appui aux entreprises ?

Les entreprises sont au cœur de notre politique économique : nous voulons les aider à créer de la richesse et des emplois, à investir et à embaucher. Il faut d’abord que les dispositifs lancés fonctionnent à plein régime. La mise en place du crédit d’impôt compétitivité, qui est très bien parti contrairement à ce que prétend François Fillon, doit s’accélérer. Les banques commerciales vont se mettre en ordre de bataille pour contribuer à son préfinancement, pour l’instant essentiellement proposé par la BPI.

Je signe vendredi avec la Fédération bancaire française, le Medef, la CGPME et les experts comptables une charte pour que chacun se mobilise. Les banques s’engagent à faire la promotion du préfinancement du CICE, à des conditions suffisamment attractives, pendant tout le quinquennat.

Notre objectif de préfinancement de 2 milliards d’euros dès 2013 sera atteint. Et j’insiste auprès des entreprises : il n’y a pas de risque accru de contrôle fiscal, contrairement à ce que j’entends ici ou là ! J’ai donné des instructions très nettes à cet effet : le bénéfice d’un crédit d’impôt ne saurait constituer un axe de contrôle.

Nous poursuivons nos réflexions sur la fiscalité de l’épargne financière, et notamment de l’assurance-vie.

Comptez-vous proposer des mesures de financement ?

Nous allons diversifier le financement des PME et des ETI dès 2014, avec le lancement du PEA/PME, dont les plafonds seront relevés jusqu’à 225.000 euros. Nous aborderons ce point avec les banques, afin qu’elles promeuvent bien ce produit dans leurs réseaux. Nous allons ensuite mobiliser l’argent des assureurs. Notre pays ne manque pas d’épargne, et il y a de gros besoins de financement des entreprises, en dette et en capital. Le code des assurances sera réformé en juin par décret pour permettre aux assureurs de financer massivement les entreprises. Ceci devrait permettre de dégager 90 milliards d’euros de prêts.

En parallèle, nous poursuivons nos réflexions sur la fiscalité de l’épargne financière, et notamment de l’assurance-vie.

Pour lire la suite de cette interview et retrouver d’autres extraits vidéo, vous pouvez suivre ce lien : http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202781775010-pierre-moscovici-je-veillerai-a-ce-qu-il-y-ait-une-unite-a-bercy-568874.php