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Mon discours de conclusion du colloque de la fondation Jean Jaurès sur l’avenir de la zone euro – 25 mai 2013

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique | Par pierre.moscovici | 29/05/2013 à 20:34

Retrouvez ci-dessous mon intervention à l’occasion de la conclusion du colloque de la fondation Jean Jaurès sur l’avenir de la zone euro, qui s’est tenu le samedi 25 mai dernier à Paris.

Colloque de la Fondation Jean Jaurès

« Quelle intégration politique et économique dans la zone euro ? »

Conclusion – Samedi 25 mai 2013

 

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Je suis extrêmement heureux que nous puissions nous retrouver aujourd’hui, avec Martin Schulz, pour ce colloque de ceux – experts, responsables politiques, représentants syndicaux, membres de la société civile ou simple citoyen de sensibilité socialiste et démocrate – qui veulent dessiner une autre Europe. Et je tiens à remercier chaleureusement la Fondation Jean Jaurès et la FEPS, qui ont rendu ce beau rassemblement possible.

Il y a un mot que plus personne, ou presque, ne prononce lorsqu’on parle d’Europe, comme s’il était honteux, déplacé ou dépassé, comme s’il s’était dissout dans la contrainte économique et les exigences de la realpolitik. Ce mot, c’est le rêve. Plus personne, ou presque, ne rêve d’Europe. Plus personne, ou presque, n’a de rêves pour l’Europe. Or je crois, moi, que lorsque nous désertons le champ du rêve, nous désertons le champ de l’idéal européen que nous voulons construire. Je crois que s’interdire de rêver pour l’Europe, c’est d’interdire d’imaginer l’Europe que nous voulons, c’est renoncer, c’est abandonner le projet européen à sa froide réalité économique ou bureaucratique. Et cela, la grande galaxie socialiste et démocrate à laquelle nous appartenons ne doit pas s’y résoudre.

Pour ma part, je veux imaginer et construire une autre Europe, une Europe qui soit pour ses citoyens un triple espace : un espace de croissance, un espace de solidarité, et un espace d’unité. Un espace de croissance, car c’est la promesse implicite sur laquelle repose l’adhésion de ses peuples, et qu’elle doit tenir : l’Europe doit être un véhicule pour le progrès économique et la prospérité des citoyens européens, elle doit apparaître comme une solution, un espoir et non pas comme un problème ou une punition si elle veut retrouver leur soutien. Un espace de solidarité, parce que l’Europe n’est pas que le terrain de jeu des marchés, une Europe administrative désincarnée, une Europe de la libre circulation des biens, des capitaux et des services : elle est d’abord l’émanation de peuples qui ont fait le choix de partager un destin. Un espace d’unité, enfin, où la politique doit jouer son rôle le plus noble : celui de dire l’intérêt commun, et de dessiner un chemin dans ce sens pour nos pays.

Car c’est bien de cela dont il s’agit, au final. D’une Europe dont le moteur est la définition de l’intérêt commun, où le jeu des intérêts nationaux, par ailleurs légitime, n’est pas la seule loi. D’une Europe qui reviendrait à l’idéal de Jean Monnet : « Lorsqu’ils sont placés dans certaines conditions, [les hommes] voient que leur intérêt est commun et dès lors sont portés à se mettre d’accord. Ces conditions sont que l’on parle du même problème, avec la volonté et même l’obligation de lui donner une solution acceptable pour tous. » D’une Europe où l’on redécouvre l’urgence de cet intérêt commun. Voilà ce dont je rêve. C’est pourquoi j’en reviens où l’Europe des trois espaces que j’évoquais : espace de croissance, espace de solidarité, espace d’unité politique.

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L’Europe, chers amis socialistes et démocrates, doit d’abord être un espace de croissance pour ses citoyens. Cela doit être la toute première de nos priorités. Et je vous parle ici comme Ministre de l’Economie et des Finances, bien sûr, mais aussi comme européen convaincu, viscéral, de toujours, qui fait comme vous le triste constat de l’immense déception des citoyens européens à l’égard d’une Europe incapable aujourd’hui de leur ouvrir les perspectives de progrès économique qu’ils attendent. Je suis, certains le savent peut-être, élu d’une circonscription industrielle, ouvrière, durement touchée par la crise. Une circonscription où l’extrême droite est profondément ancrée et en vérité gagne constamment du terrain, une circonscription qui a aussi voté massivement contre le Traité Constitutionnel Européen en 2005. Mes électeurs du Pays de Montbéliard, ces ouvriers, ces paysans, ces personnes âgées, ces jeunes insuffisamment formés, je les connais bien. Ils ne sont pas hostiles par principe à l’Europe : ils n’en voient pas les bénéfices concrets, pour eux, dans leur vie. Seul le retour de la croissance, non pas en dépit mais grâce à l’Europe, constituera une réponse convaincante pour reconquérir leur adhésion.

Faire repartir la croissance : l’Europe ne devrait pas avoir d’autre obsession aujourd’hui. Comment ? Je veux évoquer ici trois initiatives.

 

La première, c’est la fin du règne sans partage de l’austérité. Car que nous disent les indicateurs économiques, au final, lorsque l’on compare l’Europe et les autres économies avancées, comme les Etats-Unis ou le Japon ? Que c’est en Europe que les déficits publics sont les plus bas, le chômage le plus haut, la croissance la plus faible, alors que l’inflation y est basse et que l’Europe dégage un excédent commercial. Je n’en déduis pas, contrairement à une idée que répand l’extrême droite et qu’il faudra combattre avec vigueur dans l’avenir, que c’est la faute de l’euro. Il ne s’agit pas de cela : l’euro nous protège, nous unifie, nous renforce, il n’est pas la cause de la crise de la finances et des dettes souveraines qui nous frappe depuis 2008. Ce n’est pas de moins d’euro dont nous avons besoin, mais d’un meilleur pilotage politique de l’euro. Mais tous ces signes concordent pour nous dire une seule et même réalité : le policy mix actuel en Europe est trop restrictif. L’austérité généralisée qui a prévalu ces dernières années, et dont ce policy mix inadapté est la résultante directe, est un échec. C’est un échec économique – la zone euro sera en récession en 2013 – et c’est un échec politique, puisque l’Europe est plus impopulaire que jamais.

Nous avons fait un pas immense dans le bon sens, ces dernières semaines, lorsque la Commission Européenne a publié ses recommandations dans le cadre du semestre européen. En accordant un délai supplémentaire à plusieurs pays de la zone euro, dont la France, pour qu’ils ajustent le rythme de redressement de leurs comptes publics, elle a profondément infléchi son approche pour mieux prendre en compte l’objectif de croissance. Cela ne veut pas dire que la remise en ordre des comptes publics doit s’arrêter : cela veut simplement dire qu’il faut s’attacher à définir un rythme plus compatible avec le retour de la croissance.

Reste à transformer cet essai lors du Conseil européen de juin et au-delà. Je plaide pour ma part pour une doctrine du redressement budgétaire qui repose à l’avenir en zone euro sur trois principes. Le premier serait de mettre l’accent sur le respect de stratégies de réduction du déficit structurel à moyen terme. Le second serait de juger ensemble réduction des déficits et réformes de structure car ces réformes, qui permettent de recréer les conditions de la croissance, de la compétitivité et de la productivité, sont tout aussi importantes que le redressement des comptes. Elles sont mêmes les deux faces d’une médaille, les réformes donnent du sens à la réduction des déficits. Le dernier de ces principes doit être la coordination au sein de la zone euro. Nos économies sont dans une situation d’interdépendance totale. C’est l’un des grands succès de la construction communautaire, c’est aussi une puissante incitation à définir ensemble l’intérêt commun et à se coordonner pour l’atteindre. Réduction des déficits et réformes de structure d’un côté dans certains pays, soutien à la demande interne dans d’autres : coordonner, c’est multiplier nos chances de succès. En tout état de cause, la coloration du débat sur l’austérité a profondément changé en Europe. Je m’en félicite, et je suis fier d’y avoir contribué.

Deuxième initiative pour faire de l’Europe, de la zone euro en particulier, un espace de croissance : parachever l’Union bancaire, avec une ambition intacte, aussi bien sur le fond que sur le calendrier. Nous avons un programme, il faut le tenir, c’est-à-dire trouver un accord d’ici juin pour une mettre en œuvre sans délai l’instrument de recapitalisation directe du Mécanisme Européen de Stabilité, parvenir à un accord sur les directives sur la résolution des crises bancaires et la garantie harmonisée des dépôts avant les prochaines élections européennes, et disposer avant l’été de la proposition la Commission Européenne pour la création d’une autorité intégrée de résolution bancaire.

L’Union bancaire n’est pas qu’un sujet de stabilité financière : c’est d’abord un enjeu majeur pour la croissance en zone euro. Elle a en effet une dimension profondément économique, puisqu’elle doit permettre de recoller les morceaux d’un système financier européen qui est aujourd’hui atomisé, au détriment de l’économie réelle. Comment se traduit, concrètement, cette fragmentation ? Aujourd’hui, une PME italienne – et j’étais jeudi à Rome, où j’ai rencontré mes amis Giorgio Napolitano et Enrico Letta, qui attendent beaucoup de la France et de l’initiative européenne annoncée par François Hollande lors de sa conférence de presse – n’a absolument pas la même capacité de développement qu’une PME allemande, parce qu’elle paie beaucoup plus cher son financement. Ainsi, de nombreuses entreprises ne tirent pas bénéfice des taux d’intérêt très bas pratiqués aujourd’hui en zone euro, qui favorisent l’investissement et donc le développement des entreprises et la croissance, en raison de la fragmentation financière. L’Union bancaire doit remédier à cette situation. Elle est donc un chantier très concret, d’abord au bénéfice du financement des entreprises et de la croissance.

Je sais qu’elle suscite des interrogations chez certains Etats membres, qui veulent en limiter le champ en s’abritant derrière la nécessité d’une révision des traités. Laissons les juristes de la Commission et du Conseil traiter de cette question, et avançons le plus loin possible à traités constants. Il ne faut pas s’en étonner : c’est que sous ses abords techniques, l’Union bancaire est aussi un projet profondément politique. Nous avons aujourd’hui besoin d’une finance maitrisée au service du développement de l’économie réelle. Or elle ne l’est pas. C’est pourquoi nous avons besoin d’une Union bancaire globale, complète, et non inachevée ou limitée.

Dernière initiative pour faire de l’Europe un espace de croissance : la définition par l’Europe d’une stratégie d’investissements. C’est ce qu’a demandé le Président de la République lors de sa conférence de presse du 16 mai. Il faut à présent s’emparer de cette priorité. Les industries et les technologies d’avenir doivent en effet se préparer dès maintenant. L’Europe dispose déjà d’atouts puissants dans ce domaine : la Banque Européenne d’Investissement, par exemple, est l’un des principaux leviers de cofinancement des investissements publics mais aussi privés dans l’innovation, et son augmentation de capital décidée dans le cadre du Pacte de croissance permettra de dégager des ressources conséquentes. Les ressources sont une chose : il revient au politique doit définir leur meilleur emploi. La hiérarchie des priorités et le plan qu’établira le Conseil européen en matière de politique industrielle et de recherche et développement sera à cet égard essentielle, afin de disposer d’une véritable évaluation des besoins et d’une feuille de route, de nature à créer la lisibilité et le climat de confiance nécessaires pour les industriels et l’investissement public.

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Mais l’Europe doit aussi être un espace de solidarité. La solidarité, c’est le corollaire logique et indispensable aux disciplines communes dont nous nous sommes dotés. C’est surtout le cœur du projet communautaire, qui repose sur la volonté affirmée, pour des peuples qui ont si longtemps été des ennemis héréditaires, de lier leur destin, et de faire le pari qu’ils réussiront à définir ensemble l’intérêt commun. Sans cette dimension, l’Europe n’est rien de plus qu’un marché, elle n’est rien de plus que la somme des éléments qui la composent, elle se réduit à son incarnation économique. Tous ceux qui se reconnaissent dans la sensibilité socialiste et démocrate ont plus d’ambition pour elle.

Là encore, je veux décliner cette Europe espace de solidarité en trois volets.

Le premier, c’est celui d’un plan pour l’insertion et la lutte contre le chômage des jeunes, qui sont les plus touchés par la crise, alors que le taux de chômage des jeunes atteint 23,5% dans l’UE et en zone euro. C’était la proposition de François Hollande, dans sa conférence de presse du 16 mai. Une génération complète de jeunes européens a été fauchée par la crise. Une génération complète de jeunes européens voit d’abord l’Europe comme un ogre qui dévore ses enfants. C’est notre responsabilité de répondre à leur désespérance, et d’y répondre vite.

Le président le soulignait : des instruments financiers existent – le budget européen a déjà prévu six milliards d’euros pour l’emploi des jeunes – et doivent être remobilisés. C’est la priorité : rechercher la réorientation des fonds programmés mais non utilisés, et surtout l’accélération de la mobilisation de ces fonds qui sont dans leur dernière année de programmation, voire la réorientation d’une partie des fonds de cohésion vers la croissance et l’emploi, comme l’a autorisé la Commission.

A compter de 2014, toutefois, nous devrons aller au-delà. Nous devrons notamment renforcer l’initiative pour l’emploi des jeunes, avec l’allocation de moyens supplémentaires, par exemple en y affectant une partie des recettes issues de la future taxe sur les transactions financières. Par ailleurs, de nombreux dispositifs à destination des jeunes se limitent aux moins de 25 ans : une extension de ces dispositifs aux moins de 30 ans pourrait être étudiée. Une action renforcée de la Banque Européenne d’Investissement à destination, au moins indirecte, de l’emploi des jeunes, constitue une autre piste. La BEI est déjà active dans le financement des infrastructures liées à la formation ; demain, elle pourrait développer ses interventions dans des domaines comme le financement de programmes de formation professionnelle ou de prêts aux étudiants. La souffrance de la jeunesse est européenne : elle doit se voir offrir une réponse européenne, enfin en phase avec l’ampleur du désarroi de nos jeunes.

 

Faire de l’Europe, de la zone euro en particulier, un espace de solidarité, c’est aussi se doter des instruments qui font aujourd’hui défaut. Le déficit de compétitivité de ses membres n’est pas seul à l’origine de la crise de la zone euro : ce que la crise a crûment mis en lumière, c’est que la zone euro ne disposait pas des instruments nécessaires pour faire face à une crise. C’est pourquoi je plaide, comme l’a proposé François Hollande, pour une capacité budgétaire propre à la zone euro, distincte du budget des 27, financée sur des ressources autonomes, avec une capacité d’endettement. Un tel budget aurait une véritable fonction contre-cyclique et stabiliserait les économies de la zone euro en cas de crise : si les finances d’un membre plongeaient à cause d’une récession, il permettrait d’émettre de la dette en commun pour continuer à financer le budget et de laisser jouer les stabilisateurs automatiques au niveau de la zone euro.

L’Europe de la solidarité, enfin, c’est d’abord une Europe dont les membres jouent collectif. Or à l’heure actuelle, la législation fiscale de certains Etats membres est un acte de prédation sur les finances publiques des autres pays de la zone euro. Oui, le secret bancaire est un but marqué contre son camp, une rupture majeure de la solidarité entre Etats membres, une agression pour nos finances publiques. La France, aiguillon sur ces sujets, demandera donc l’accélération des travaux communautaires sur la base consolidée pour l’impôt sur les sociétés et mettra tout son poids dans la négociation pour parvenir à un consensus politique ambitieux et rapide sur l’échange automatique d’information.

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Enfin, je veux vous inviter à imaginer avec moi l’Europe, la zone euro en particulier, comme un espace d’unité, c’est-à-dire d’intégration politique et démocratique.

Le modèle actuel fonctionne mal : nous l’avons douloureusement mesuré avec la crise de l’euro. C’est vrai, nous avons, tant bien que mal, réussi à préserver la cohésion d’une zone euro sur laquelle a tout de même plané, pendant de nombreux mois, un risque réel d’éclatement. Nous avons réussi, grâce notamment à la Commission Européenne, à l’ingéniosité et à la détermination de la Banque Centrale Européenne, mais en dépit plutôt que grâce à notre modèle institutionnel actuel. Nous avons empêché la faillite d’Etats très en difficulté, mis sur pied de nouveaux instruments, par à-coups successifs. Mais pour autant, si nous avons résolu la crise existentielle de la zone euro, nous sommes toujours confrontés à la crise dans la zone euro, et politiquement encore trop démunis pour y faire face.

C’est pourquoi je crois nécessaire de revoir le fonctionnement des institutions communautaires, en recentrant son cœur sur la zone euro. Notre grand voisin d’Outre-Rhin, l’Allemagne, a dit plusieurs fois sa disponibilité pour aller vers une Union politique, vers une nouvelle étape d’intégration. Nous voulons la prendre au mot et donner un contenu à cette Union politique, et nous fixant un délai de deux ans pour y parvenir. Je plaide en particulier pour que le Parlement européen constitue en son sein un comité des membres élus par les citoyens de la zone euro, pour jouer un véritable rôle de co-législateur dans la définition de la politique économique en zone euro, aux côtés de l’Eurogroupe et ses éventuelles déclinaisons sectorielles, pour l’adoption des législations propres à la zone euro, de son budget et des orientations de politique économique commune.  L’association des parlements nationaux devrait également être renforcée: la conférence des représentants des parlements nationaux, créée par le TSCG, devrait être effectivement réunie, et il revient aux parlements nationaux de se saisir des possibilités d’audition qui leur sont offertes à l’égard des institutions européennes.

Il faudra aussi à moyen terme un exécutif plus structuré pour l’initiative et la mise en œuvre des mesures propres à la zone euro, mais aussi pour son incarnation et sa lisibilité. Le Président de la République a eu des mots très forts sur ce sujet il y a deux semaines : le modèle vers lequel la France souhaite aller est celui d’un gouvernement économique qui se réunirait, tous les mois, autour d’un véritable Président, nommé pour une durée longue, et qui serait affecté à cette seule tâche. Pour assurer la lisibilité des institutions de la zone euro, ce Président pourrait aussi assumer la représentation de la zone euro devant les parlements et les instances financières internationales. Le gouvernement économique de la zone euro débattrait pour sa part des principales décisions de politique économique à prendre par les États membres, harmoniserait la fiscalité, commencerait à faire acte de convergence sur le plan social et engagerait un plan de lutte contre la fraude fiscale.

Je propose par ailleurs que les progressistes européens portent en 2014 l’ambition d’un exécutif de la zone euro renforcé dans sa dimension sociale, avec la formation d’un « Eurogroupe social ». Cette formation, qui réunirait les ministres des affaires sociales et de l’emploi de la zone euro, aurait la charge d’une procédure de surveillance des déséquilibres sociaux, en lien avec les partenaires sociaux européens.

Cette impulsion doit donc concerner en premier lieu la zone euro. Cela n’exclut pas d’être ambitieux pour le reste de l’Europe. Mais cela implique de l’être prioritairement pour ceux qui ont déjà, au travers de l’UEM, fait le choix d’aller plus loin dans le partage de leur destin.

Au sein de cette zone euro redynamisée, le couple franco-allemand, indispensable et incontournable, prendra toute sa place. Depuis les débuts de la Vème République française, nos chefs d’Etat et de gouvernement ont toujours su entretenir une relation forte et féconde. Charles de Gaulle et Konrad Adenauer ont jeté les bases de la réconciliation de nos pays. Depuis lors, cette relation a été sans cesse validée et approfondie par leurs successeurs. Willy Brandt et Georges Pompidou, s’accordèrent, par-delà leurs préférences partisanes, pour donner une impulsion décisive à l’éducation, avec les premières sections franco-allemandes dans les lycées. Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, aussi issus de formations politiques différentes, ont également dépassé leurs divergences politiques pour poser les bases du Système monétaire européen, ancêtre de l’euro, ils ont aussi créé le Conseil européen ou décidé des premières élections du Parlement européen au suffrage universel, en 1979. François Mitterrand et Helmut Kohl ont profondément marqué notre histoire, en lançant la création de l’union économique monétaire. Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont, ensemble, accompagné la réunification de l’Europe et se sont opposés de concert à la guerre en Irak.

Et c’est dans cette continuité que s’inscrit aujourd’hui la relation franco-allemande. François Hollande, on le sait, a participé aux célébrations du 150ème anniversaire du SPD, à Leipzig. Il y a fait l’éloge du réformisme, du progrès, du courage. Il s’est clairement exprimé en socialiste, devant des sociaux-démocrates. En même temps, il  a précisé que « l’Europe est une construction qui dépasse les clivages politiques, qui unit les peuples, qui oblige les gouvernements, et notamment les nôtres, à travailler ensemble ». Nous ne devons pas gommer nos divergences, et encore moins renoncer à nos idées réformistes et progressistes, à nos amitiés politiques. Mais nous devons accepter notre responsabilité particulière de formuler, avec l’Allemagne, l’intérêt commun européen, sans que nos appartenances partisanes puissent servir d’excuse à l’inaction.

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Chers amis, nous vivons à la fois un moment particulier et des conditions particulières. Le moment, c’est le compte à rebours, quasiment un an jour pour jour, avant les élections européennes de 2014, alors que les différents partis progressistes européens réfléchissent à ce que doit être leur plateforme électorale. Les conditions, c’est cette crise économique, sociale, démocratique qui se prolonge en Europe, et qui mine l’idéal européen. Cela nous place, nous, progressistes européens, face une responsabilité claire: définir l’Union dont nous voulons, autour de cet intérêt européen commun que j’évoquais, dans une Europe qui soit tout-à-la-fois un espace de croissance, de solidarité et d’unité. Est-ce que nous y sommes aujourd’hui ? Non, bien sûr. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’imaginer une autre Europe, et de tout faire pour convaincre les citoyens européens, lors des élections de 2014, que nous devons la construire ensemble. L’idéal, le rêve, l’imagination, l’engagement européen, à la fois économique, social et politique, ne peut venir que de nos rangs. Nous devons, nous pouvons être à la hauteur de cette responsabilité, vraiment historique. Je vous y appelle.

 

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24 commentaires

  • serge dit :

    Monsieur le ministre
    Les sénoirs reconnuent travailleurs handicapé qui sont en fin de droit 470euros au chomage et qui ont leurs trimestres cotisés ou validé doivent attendre 62ans avec leur handicap après une carrière!et poutant ont commencer a travailler jeune!!
    Que faite vous avec le gourvernement !pour palier a cette pauvretée!!
    croyez vous qu’ils vont trouvez du travail avec la crise!!
    Depuis 1 an vous n’avez rien fait !!pensez y a la réforme des retraites ou remettez l’ATS pour ces personnes démunis!!

  • franc comtoise dit :

    Monsieur Moscovici,

    j’ai écouté votre discours samedi 25 cette fois je l’ai lu et j’en saisis mieux le contenu car je ne suis pas une habituée de la problématique européenne.

    BRAVO et encore BRAVO pour le contenu de votre discours, c’est concret, par ailleurs j’ai vraiment apprécié le colloque.
    Pour faire adhérer les peuples, les pays de la zone Euro doivent avancer de concert vers la croissance et cela passe par une zone euro renforcée qui se dote notamment d’un gouvernement économique proposé par F. Hollande.

    L’Europe est un bouc émissaire facile sur laquelle les populistes s’appuient pour gagner leur électorat.
    J’espère vraiment que les candidats progressistes européens sauront se faire entendre et être pédagogues.

    salutations sincères

  • Riposte Laïque dit :

    Ils sont trop forts. Dans le pays de Voltaire et des droits de l’homme, ils ont réussi, en quarante ans, à mettre en place un dispositif sacrément efficace pour nous faire taire.

    Ils ont d’abord perverti l’esprit libéral de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 en y introduisant au forceps les lois Pleven-Gayssot-Taubira.

    Ils nous ont collé des associations dites antiracistes, qu’ils ont gavées de subventions. Et ils leur ont permis d’ester en justice contre tout citoyen qui oserait émettre une opinion jugée illégale par les nouveaux maîtres censeurs.

    L’arme secrète : l’article 24, alinéa 8, entré en fonction le 31 décembre 2004. Il précise que « ceux qui auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement ».

    Grâce à cet article : tribunal pour Pierre Cassen et Pascal Hilout, qui estiment que l’islam n’est pas vraiment une religion d’amour, de tolérance et de paix. Tribunal pour Éric Zemmour, qui affirme que la majorité des trafiquants sont noirs ou arabes. Tribunal pour Brigitte Bardot, qui s’émeut de la souffrance animale, lors de l’égorgement rituel du mouton. Tribunal pour Fanny Truchelut, qui ose demander à deux femmes, dans un gîte, de retirer leur voile dans les parties communes.

    Comme si cela ne suffisait pas, ils nous ont collé des juges à la neutralité surprenante, comme on a pu le voir lors de l’affaire du mur des cons. Ces magistrats pèsent 30 % aux élections professionnelles et se permettent d’insulter tous ceux qui ne partagent pas leur vision de la société, souvent basée sur l’inversion des valeurs.

    Comme si cela ne suffisait pas, on a même vu un hebdomadaire (Le Nouvel Observateur), par la plume de Guillaume Weill-Raynal – frère jumeau de Clément -, demander ouvertement au garde des Sceaux de poursuivre Christine Tasin et Robert Ménard, suite à un article de la première publié par le deuxième sur Boulevard Voltaire.

    Comme si cela ne suffisait pas, l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et ses satellites français multiplient les pressions pour réintroduire le délit de blasphème, en assimilant toute critique de l’islam à du racisme.

    Le scénario est donc à présent parfaitement au point pour museler la liberté d’expression de la presse, Internet ou autre.

    Première étape : suite à un article, les associations musulmanes protestent. Deuxième étape : une association « antiraciste » dépose plainte. Troisième étape : un procureur, qui peut être membre du Syndicat de la magistrature, ou complaisant avec ses thèses, instruit la plainte. Quatrième étape : les autres associations « antiracistes », sans avoir un centime à débourser, se portent partie civile, et demandent de lourdes indemnités. Cinquième étape : la 17e chambre correctionnelle, qui juge les affaires de presse, condamne souvent lourdement les prévenus. Si vous souhaitez une sixième étape, il vous faut alors faire appel, et cela n’est pas gratuit.

    Comme si cela ne suffisait pas encore, nous avons entendu la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, et la sénatrice Esther Benbassa, exiger « d’encadrer » la liberté d’expression sur Internet.

    C’est dans ce contexte aujourd’hui que Riposte laïque – et d’autres – est victime d’un véritable harcèlement juridique, avec pas moins de cinq contributeurs poursuivis, suite à des plaintes souvent grotesques, mais instruites, et donc coûteuses. Ils veulent vraiment nous tuer.

    Estimant que cela commence à faire beaucoup, nous avons décidé de tenir une conférence de presse, sur la question du harcèlement judiciaire contre la parole libre, le lundi 3 juin, à 15 heures 15, à Paris, au Café du Pont Neuf, avec Robert Ménard, Christine Tasin et Maître Karim Ouchikh.

    Espérons que ceux qui ont pour mission d’informer nos compatriotes seront au rendez-vous.

    Pierre Cassen

    • Nicolas (Nantes) dit :

      C’est vrai ça ! Pourquoi n’aurait-on pas le droit d’insulter qui on veut et comme on veut sur Internet ? C’est dingue, on peut même plus humilier, insulter et traiter tout le monde de n’importe quoi ! L’expression dans les commentaires sur les sites Internet sont tellement valorisants, accueillants, pertinents… Pauvre Robert Ménard

      • hihihi dit :

        Tiens, revoilà Nicolas de Nantes. On s’inquiétait, on croyait que tu étais mort.
        Ca va mieux le moral? Il n’y a pourtant pas de quoi.

  • NEWS dit :

    BONJOUR MR MOSCOVICI

    IL FAUT PERMETTRE A CERTAINES SURFACES DE BRICOLAGES JARDINAGES OU DE PETITS ELECTROMENAGERS D ETRE OUVERTS LE DIMANCHE MATIN OU APRES MIDI EN FRANCE CAR BEAUCOUP DE FRANCAIS ET DE FRANCAISES TRAVAILLANT ET ETANT CAPOUTS LE SAMEDI FAISANT LA SIESTE LE SAMEDI ;o) ET LA FETE ;o) LES DEPUTES PS S Y ATTELENT ET ONT COMPRIS LA SITUATION :o) DANS LES AUTRES PAYS EUROPEENS CELA SE FAIT DEJA ET Y A LONGTEMPS QUE CELA MARCHE TRES BIEN L ALLEMAGNE CARBURE A FOND

    DEVELLOPPER RAPIDEMENT UN MAGASIN CONCURRENT ALIFR ( alimentation de france ) PAR EXEMPLE CONCURRENT FERME DE LIDL UTILISANT UNIQUEMENT LE RESEAU D ENTREPRISES DE PME PMI AVEC L AIDE DE L ETAT FRANCAIS :o) QUI PREND DES PARTICIPATIONS

    UNE TVA FLEXIBLE 3% SUR LES LIVRES OU MAGAZINES 6% SUR L ALIMENTATION 10% SUR LES CAFETIERES SI ELLES VIENNENT DE DE L EXTERIEUR 15% ETC….

    LE DIMANCHE DANS TOUS LES TRANSPORTS DE FRANCE C EST TARIF EXCLUSIF PAR EXEMPLE PERMETTRE LE DÉVELOPPEMENT ECONOMIQUE DE LA FRANCE

    EVITER LA PRECARITE DE L EMPLOI SALAIRE FIXE A 2000 EUROS PAR L ETAT FRANCAIS ET QUI INTERDIT TOUTE ENTREPRISE D EXERCER SUR LE TERRITOIRE FRANCE SI ELLE NE RESPECTE PAS CETTE CLAUSE :o) AFIN D EVITER LA PRECARISATION DES EMPLOIS ET DES INJUSTICES EN TOUS GENRES

    LES SOLDES FLOTTANTES DOIVENT TOUJOURS CONTINUER POUR LA TVA POUR L ETAT FRANCAIS ;o)

    PERMETTRE D AUGMENTER L INSTALLATION DE MAGASINS D USINE EN FRANCE DE S INSTALLER DANS LE GRAND MASSIF CENTRAL ALPES PYRENNEES JURA VOSGES POUR QUE NOS ENTREPRISES FRANCAISES OU EUROPEENNES PUISSENT RAPIDEMENT ECOULER LEURS STOCKS D INVENDUS VECTEUR D EMPLOIS LOCAUX EGALEMENT

    CAS DE MAGASINS A LA CAVALERIE PAR EXEMPLE POUR PERMETTRE UN GAIN EN POUVOIR D ACHATS POUR LES FRANCAIS ET LES FRANCAISES ET DE L EMPLOI EN FRANCE DANS LES USINES LES ENTREPRISES LES MAGASINS D USINE NOUVELLEMENT CREES
    http://www.capfeminin.fr/img/actus/190.jpg

    PERMETTRE L IMPLANTATION RAPIDE DE MAGASINS SPECIALISES DE 100 M2 OU PLUS DANS LE DOMAINE DE LA MAISON DECO AMEUBLEMENT DANS DES VILLES DE MONS DE 2000 HABITANTS POUR FACILITER L EMPLOI ET FAIRE UN MAILLAGE JUDICIEUX ET OBLIGER LES MAIRES A S Y TENIR CAR DES VILLES DE FRANCE SONT EN TRAIN DE PERICLITER GRAVEMENT CONTRAIREMENT A QUELQUES VILLES DE 2000 HABITANTS QUI ONT DES COMMERCES EN CENTRE VILLE ET 2 A 3 SUPERMARCHES

    PRIORITE URGENT METTRE EN PLACE LE LABEL LUXE DE FRANCE ET LABEL LUXURY MADE IN EUROPE LES ENTREPRISES DE LUXE FRANCAISES VONT ETRE OBLIGES D INVESTIR COMME CELA EN FRANCE :o) AINSI QUE D AUTRES ENTREPRISES INTERNATIONALES QUI POURRAIENT PRENDRE LE LABEL A CONDITION DE PRODUIRE ONLY IN FRANCE :o)

    LE LABEL LUXE DE FRANCE INTERDIT AUX ENTREPRISES FRANCAISES D ALLER PRODUIRE A L ETRANGER ET IMPOSENT DE PRODURIE EN FRANCE UNIQUEMENT OU EN EUROPE POUR L AUTRE LABEL N OUBLIONS QUE VOUS AVEZ UN SAVOIR FAIRE DE CHACUN DES FRANCAIS ET DES FRANCAISES

  • serge dit :

    Au nom du collectif AER 2012 je vous demande d’appuyer notre demande de rétablissement de l’AER, plusieurs députés ont déposés des questions écrites, nous pensons que c’est le moment de nous aider

    Par décret en date du 5 mars 2013, Monsieur le Premier ministre a rétabli très partiellement l’allocation équivalent retraite (supprimée le 31/12/2010)
    Cette mesure, devait solutionner les problèmes d’injustice de l’ATS, pour les 1952/1953, mais, à nouveau des critères trop restrictifs du décret, excluentt certains nés en 1952/1953, et nous estimons que seulement 4000 en bénéficierons sur les 10000 estimés.
    Pour les exclus de 1952/1953,
    Et les autres ?
    Ceux qui sont nés en 1954 1955 1956 1957 et les ouvriers reconnuent travailleurs handicapé!qui ont travaillé à partir de 16 ans ? Ceux qui se sont retrouvé au chômage après cette date ? Ceux qui sont usés suite à la pénibilité au travail? Ceux qui toucheront encore 470 euros par mois (au maximum) pendant des mois? Fait-on une différence dans la justice?, dans l’égalité de traitement?, entre les citoyens? dans les droits et les devoirs de chacun?

    Le Collectif AER 2012 demande au Gouvernement ce qu’il compte faire pour ces oubliés, condamnés à la précarité et cela plus longtemps à cause du report de l’âge de la retraite, EXCLUS de toutes les dernières mesures, dont l’ATS 2013. Des mesures qui laissent autant de personnes dans la précarité ne sont pas des mesures « JUSTES ».

    Les contrats d’avenirs et contrats de génération ne vont pas apporter une solution, les seniors sans emploi ne sont pas concernés par ces mesures; Le dispositif de retraite à soixante ans (carrière longue)n’est possible qu’avec un parcours professionnel sans chômage, plutôt difficile dans le privé.

    Sur le site même du PS on peut lire qu’une mesure juste a été prise par le gouvernement Ayrault: « Rétablissement de l’Allocation équivalent retraite (AER), supprimée par Nicolas Sarkozy en 2011, pour tous les chômeurs de longue durée, âgés de plus de 58 ans ».

    Hélas non, l’AER n’a pas été rétablie, cette phrase est trompeuse ; il s’agit d’un rétablissement très partiel d’une Allocation TEMPORAIRE de Solidarité (ATS) et qui ne concerne même pas tous les seniors au-delà de 59 ans (et non pas 58) du fait des conditions d’accès cumulatives. De plus, cette mesure étant temporaire, elle s’éteindra d’elle-même rapidement… et après ?

    Le Collectif AER 2012 souhaite que la situation précaire des seniors soit traitée dans la nouvelle réforme des retraitespar le [b]rétablissement de l’AER pour tous les chômeurs ayant leurs trimestres validés pour un départ en retraite à taux plein quel que soit leur âge afin de permettre un vrai retour de la justice sociale et de vivre dignement

  • late dit :

    ok ok c’est ca un gourvernement de gauche

  • ANACONDA dit :

    Le printemps français passera vite à l’hiver. Les rétrogrades et autres penseurs obscurantistes n’ont jamais fait que retarder l’évolution et allant jusqu’à bruler les hérétiques (Et pourtant la terre tourne) La vierge Marie n’a pas fait un enfant avec un homme alors pourquoi ne pas regarder l’évolution naturelle (elle avait du se faire inséminer par des extra-terrestre!!!!.)

    Vos menaces de sang , proférée par une malade qui prêche la moralité, alors qu’elle s’en donnait à cœur joie dans sa jeunesse ne font pas peur aux républicains et les défenseurs de la démocratie et de la libre pensée vous laissent balancer votre venin. Vous qui parlez de fascisme, feriez bien dans votre mouvement la mettre en sourdine car beaucoup de français ne disent rien mais n’ont pas envie de voir des illuminés créer le désordre .
    Si vous voulez parler d’ordre républicain, nous pourrions vous apprendre les règles élémentaires de la république et vos devoirs car quelle que soit la religion, elle est tolérée en France mais ne fera pas la loi..

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