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Extrait de mon entretien paru dans la Revue Parlementaire sur la compétitivité durable et solidaire

Catégorie : Actualité,Politique | Par pierre.moscovici | 04/06/2013 à 18:55

J’ai accordé un entretien à la Revue Parlementaire, dans le cadre de son dossier spécial sur la compétitivité. Il s’intitule « Pour une compétitivité durable et solidaire ».

Vous pouvez en lire ci-dessous un extrait :

Pour une compétitivité durable et solidaire – La Revue Parlementaire

Il est des mots teintés par l’histoire et par l’idéologie, des mots qui font l’objet d’une paternité revendiquée, que s’accaparent ceux qui s’en réclament, à tort ou à raison d’ailleurs. La compétitivité est de ceux-là. La majorité présidentielle précédente a longtemps prétendu la défendre. Elle a en réalité laissé la compétitivité française décrocher, sombrer même, pendant dix ans.

La droite a longtemps eu le monopole de la compétitivité dans le discours. Elle n’a pas pour autant engrangé de quelconques résultats en la matière.

C’est le diagnostic objectif, mais implacable, établi par le rapport Gallois à l’automne dernier, qui dresse un tableau alarmant : celui d’une érosion inexorable de la compétitivité du pays, et d’une perte dramatique de notre substance industrielle. La part de l’industrie dans la valeur ajouté a reculé de 18 %, en 2000 à 12,5 %, en 2011. Deux millions d’emplois industriels ont été détruits en trente ans. Le tissu d’entreprises exportatrices s’est rétracté de 15 % depuis dix ans. Positif en 2002, le solde commercial de la France enregistre à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy un déficit abyssal de plus de 70 milliards d’euros. La droite a longtemps eu le monopole de la compétitivité dans le discours. Elle n’a pas pour autant engrangé de quelconques résultats en la matière.

La compétitivité est d’abord une notion économique, comprise comme la capacité à faire face à la concurrence étrangère, sur les marchés domestiques et extérieurs

La compétitivité n’est pas de droite. Encore faut-il comprendre de quoi l’on parle. Dans sa version abâtardie, la compétitivité est synonyme de moins-disant social, de course effrénée à la modération salariale, de concurrence exacerbée entre pays ou entre entreprises. C’est pourtant d’abord une notion économique, comprise comme la capacité à faire face à la concurrence étrangère, sur les marchés domestiques et extérieurs. C’est aussi une notion relative : de la même manière qu’un pays ne peut avoir des excédents commerciaux que si d’autres pays connaissent des déficits commerciaux, les gains de compétitivité ne peuvent être que relatifs, et doivent se mesurer à l’aune des performances respectives de nos principaux partenaires commerciaux.

Y a-t-il alors un risque à ériger la compétitivité en objectif de politique économique ? Cette question est légitime : si tous les pays se lançaient dans une course effrénée et simultanée à la compétitivité, en procédant à des dévaluations compétitives, en visant des pratiques commerciales déloyales, en cherchant à comprimer leurs salaires, personne ne sortirait gagnant, sauf à considérer que c’est vers le moins-disant social que nous devons tendre collectivement.

Il existe une compétitivité durable et solidaire, basée sur l’investissement, l’innovation, la productivité à travers une meilleure organisation du travail et une meilleure formation : c’est celle-là que nous promouvons.

Ce n’est absolument pas la conception de la compétitivité que le Président de la République et le Gouvernement défendent. Et ce n’est certainement pas la mienne. Car s’il y a une compétitivité objectivement destructrice – celle basée sur l’écrasement des salaires – il existe aussi une compétitivité durable et solidaire, basée sur l’investissement, l’innovation, la productivité à travers une meilleure organisation du travail et une meilleure formation. C’est cette conception, et celle-là seule, qui dessine un chemin vers une croissance de long terme, et c’est celle-là que nous promouvons. C’est aussi la seule qui soit véritablement à même de créer une amélioration du niveau de vie, ce qu’une course à la compétitivité basée, comme cela peut être le cas chez certains de nos partenaires, sur une dégradation des conditions de travail ou une baisse des salaires, est incapable d’accomplir. […]

Pour lire la suite de cet entretien, cliquer sur le lien suivant : http://www.larevueparlementaire.fr/pages/RP951/rp951-dossier-competitivite-durable.html

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15 commentaires

  • bourgeois parisien dit :

    N.K.M. sera une candidate extrèmement dangereuse à Paris.
    Ce qui peut la desservir,c’est sa désinvolture vis à vis de Longjumeau,c’est son style et son positionnement qui peuvent irriter les beaufs parisiens de droite; c’est surtout la forte implantation,le travail et la popularité des maires P.S.d’arrondissements qui ont tous été élus ou réélus très largement en 2008 alors que dans 4 arrondissements(1er,5ème,15ème,17ème)la droite était passée de justesse.
    Voilà un état provisoire des lieux…

  • bourgeois parisien dit :

    Les Français souhaitent que Valls devienne 1er ministre parce qu’ils veulent un homme énergique à la tête du gvt et qu’ils pensent qu’Ayrault est un plat de nouilles: c’est très injuste,c’est même inexact,mais c’est comme ça!!! D’ailleurs,sous la Vème république,il y a eu souvent des 1ers ministres « faibles » ou considérés comme tels par l’opinion: Couve de Murville,Messmer,Cresson,Bérégovoy,Raffarin…On ne peut pas les garder éternellement,non pas à cause de leurs défauts supposés,mais à cause de leur manque d’autorité et de charisme et de leur inaptitude à convaincre.

  • ANACONDA dit :

    Il faut taxer les retraités actuels pour la solidarité .La majeure partie de ces retraités est effectivement pour faire reposser l’age de la retraite de ceux qui sont derriere pour financer leur avantages.

  • jacque dit :

    Quelle famille sur le site de la NR ce jour 05/06/2013
    Marc Sebaoun, 20 ans, le fils du député PS de Val d’Oise, a été interpellé par les douanes avec 22 kg de cannabis dans sa voiture en Indre-et-Loire. Il revenait du Maroc avec un ami connu de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur. Il a été placé en garde à vue dans les locaux de la brigade de recherche gendarmerie à Tours le lundi 3 juin. Marc Sebaoun a déjà été condamné par la justice en 2007 et 2008.

  • marie mcb dit :

    Même si les hommes politiques veulent exercer leurs mandats jusqu’à 80 ans, repousser l’age de la retraite à plus de 62 ans dans un pays qui supporte 4 millions de chomeurs, n’est acceptable pour personne.
    Tous les pays du monde ont des hommes politiques jeunes, même en Russie.
    La France restera le seul pays ou les hommes politiques sont des dinosaures qui ne veulent pas céder leurs places aux plus jeunes et qui refusent la transparence.
    La jeunesse est la grande sacrifiée de ce pays, que ce soit en politique ou pour l’emploi.

    Ensuite, on peut s’étonner que les jeunes soient tentés par le FN …
    Mais a-t-on réfléchi à savoir pourquoi ?
    Il est évident que si les vieux élus de France refusent la transparence, alors les jeunes électeurs s’abstiendront de voter dans le meilleur des cas et voteront FN dans le pire des cas aux prochaines élections.
    Alors les vieux élus ne devront pas venir pleurer sur les plateaux de télévision quand le mal sera fait.
    Tant d’inconscience me terrifie.

  • marie mcb dit :

    Je ne comprends pas pourquoi les parlementaires refusent de publier leurs déclarations de patrimoine ?
    Nous serons donc l’un des deux seuls pays d’Europe ou les élus refusent de publier leur patrimoine.
    Nous sommes donc l’un des deux seuls pays en Europe où les élus refusent la transparence.
    Quelles ont été les contreparties ?
    – Arrêter les attaques contre l’Allemagne ?
    – Arrêter les attaques contre le mariage pour tous ?
    – Augmenter les annuités pour la retraite, dans un pays qui supporte 4 millions de chomeurs ?
    Ce qui équivaut de fait à repousser l’age de la retraite.

    Prendre sa retraite au dela de l’age de 62 ans n’est pas acceptable, même pour ceux qui travaillent encore et qui ont voté pour Sarkozy.
    Ce n’est pas négociable.
    Seuls les retraités actuels sont d’accord pour repousser l’age de la retraite pour ceux qui sont plus jeunes qu’eux !!!

  • Rera dit :

    @ TOUS A LIRE ABSOLUMENT

    le stupéfiant aveu de Guaino lors de l’émission MOTS-CROISES ce lundi « Toutes les fortunes de France négocient leurs impôts »

    http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/mots-croises-le-stupefiant-aveu-de-136814

    Écoutez bien la réaction de la députée socialiste présente sur le plateau C’EST ÉDIFIANT !!!

    Après cela allez faire la différence entre le parti Socialiste et l’UMP ???CHERCHEZ L’ERREUR !!!

  • INFO dit :

    BONJOUR
    MR MOSCOVICI PIERRE

    LES FRANCAIS ET LES FRANCAISES CONSOMMENT COMME PREVU ET AIDE LA FRANCE ET SON ECONOMIE FRANCAISE

    Virgin Megastore de Lyon : les rayons vides à 10h30 !!!! ;o)

  • Bonne nouvelle dit :

    L’attractivité de la France est « en perte de vitesse » et l’Hexagone a accusé un net recul de 13 % des implantations internationales en 2012 contre une moyenne de 3 % sur 44 pays d’Europe, selon un baromètre du cabinet d’audit Ernst & Young. Le recul est encore plus marqué en termes d’emplois, avec une baisse de 20 %, selon les résultats de cette 12e édition intitulée « France : dernier rappel ». L’étude recense 471 implantations internationales l’an dernier contre 597 l’année précédente, laissant la France reste à la troisième place, où elle était tombée en 2011, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne

  • franc comtoise dit :

    Monsieur Moscovici,

    j’ai le sentiment que le mot compétitivité fait un peu figure d’épouvantail aux français.
    Je suis tout à fait d’accord que l’organisation du travail avec une meilleure formation peut apporter de l’efficacité et de l’utilité économique aussi bien dans le secteur marchand que non marchand.
    Vous avez parlé de la nécessité de réformes structurelles qui sont demandées notamment par nos partenaires de la zone euro.
    L’action des administrations publiques doit aller aussi dans ce sens de l’efficacité et de l’utilité mais il y a beaucoup de freins car les syndicats ne veulent pas réellement évoluer de leurs positions de statu quo et les hauts fonctionnaires ne donnent pas l’impression qu’ils sont partants pour des réformes de fonds qui pourraient les remettre en cause.

    en tout cas une chose est sure l’action publique dans votre ministère comme dans les autres a besoin d’être modernisée avec des prestations de qualité pour avoir une réelle emprise sur l’évolution de l’environnement économique et sociale.

    salutations sincères

  • « C’est cette conception, et celle-là seule, qui dessine un chemin vers une croissance de long terme, et c’est celle-là que nous promouvons. » Après des années de recherche j’ai beaucoup mieux. Dans le système que j’ai imaginé la solidarité est tirée vers le haut et en plus c’est apolitique. C’est donc exportable dans le monde entier. C’est un peu comme Internet mais au lieu de relier des ordinateurs cela relie des hommes. Cela fera d’importants revenus pour la France.

    De plus le système que je propose a une retraite par répartition privée.

    Pour aboutir à cela j’ai résolu le problème des contradictions d’un prix.
    http://www.orvinfait.fr/competitivite_les_contradictions_d_un_prix.html

    Mais pour mettre en place le système j’ai besoin de parts de liberté. Nous en parlons ?

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