Le retour de la confiance

Le retour de la confiance

La nouvelle est tombée : notre économie a renoué avec la croissance au second trimestre 2013. Les chiffres de l’INSEE publiés ce matin – une croissance de +0,5% du Produit Intérieur Brut (PIB) au deuxième trimestre 2013, soit la plus forte progression depuis le premier trimestre 2011, après un repli de -0,2% pour les deux trimestres précédents – annoncent en effet le tournant pour lequel nous œuvrons sans relâche depuis plus d’un an : sortir de la récession, remettre l’économie française sur le bon chemin – bref, remonter la pente.

Est-ce une surprise ? Oui, si l’on s’en tient aux prévisions des économistes, qui anticipaient un chiffre positif, certes, mais nettement plus modéré – plus de deux fois inférieur, en fait. Non, si l’on prend cet excellent résultat pour ce qu’il est : la confirmation somme toute logique des premiers frémissements observés en avril et en mai, avec des indicateurs encourageants sur le moral des industriels et des ménages ou encore le ralentissement des destructions d’emplois. Non,  surtout, parce que la sortie effective de récession de l’économie française, ce basculement accompli au second trimestre, n’est ni un accident de parcours, ni le fruit du hasard, ni une anomalie statistique : il porte d’abord la marque de la force et du dynamisme de l’économie française et aussi – pourquoi ne pas le dire ? – de la politique économique réformiste, soucieuse de justice et résolument européenne que nous déployons depuis notre arrivée aux responsabilités.

Car si l’on remonte à la source de cette performance, que constate-t-on ?

D’abord, que nous avons permis une éclaircie sur le front économique européen, car c’est la zone euro dans son ensemble, tirée par la France et l’Allemagne, qui sort de récession, avec une croissance de +0,3% au deuxième trimestre. Ni miracle ni génération spontanée : comme l’a souligné aussi ce matin le commissaire Olli Rehn, cette sortie du tunnel de la zone euro est bien le fruit de nos efforts collectifs, depuis mai 2012, pour remettre la croissance au cœur de l’agenda européen, pour stabiliser les marchés financiers, pour dessiner une sortie de crise coordonnée, avec nos partenaires européens et les institutions communautaires, notamment la Banque Centrale Européenne. La zone euro, qui suscitait tant d’inquiétude l’année dernière, alors que les autres grands pôles économiques développés redémarraient, retrouve enfin le chemin de la croissance. Ilfaut poursuivre ces efforts, avec les institutions communautaires et les autres Etats membres de la zone euro, pour confirmer cette tendance au prochain semestre, en parachevant l’Union bancaire et en mettant rapidement en œuvre les décisions prises par les chefs d’Etat et de gouvernement au Conseil Européen de juin dernier pour mieux activer les leviers européens au profit du financement de l’économie, avec notamment la création de nouveaux instruments financiers de partage des risques entre la Commission européenne et la Banque Européenned’Investissement pour inciter le secteur privé et les marchés de capitaux à investir dans les PME.

Dans ce contexte européen plus porteur, nos entreprises ont accru leurs exportations de biens et services de +2% en volume (contre -0,5% au semestre précédent), ce qui a en retour soutenu la production, dans le secteur de l’industrie notamment. La priorité donnée par le Président de la République et le gouvernement à la compétitivité de nos entreprises est essentielle. Et je suis sûr que le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE), qui a d’ores et déjà permis de réduire l’écart de coût du travail avec l’Allemagne, les dispositifs fiscaux d’incitation à l’investissement et à l’innovation, ou encore l’offensive massive que je mène pour activer tous les segments du financement de notre économie, contribueront fortement au dynamisme de nos entreprises. Je relève d’ailleurs que l’investissement des entreprises s’est quasiment stabilisé au second trimestre 2013, et qu’elles ont même commencé à reconstituer leurs stocks, signe que la confiance revient dans notre tissu productif. L’entreprise, je l’ai dit et le redis, est au cœur de la politique que nous menons.

Enfin, le rebond de la croissance reflète aussi le raffermissement de la demande intérieure. La consommation des ménages, moteur traditionnel de la croissance en France, se redresse aussi (+0,4%, contre -0,1% au trimestre précédent). Là encore,c’est un signe du retour de la confiance, qui constitue le premier carburant de l’économie. Cette évolution a été rendue possible par la montée en puissance des politiques volontaristes de maintien ou de retour à l’emploi –  emplois d’avenir, contrats de génération, emplois francs – mais aussi par notre politique budgétaire, qui s’est adaptée aux évolutions d’une conjoncture déprimée. Si nous avions pris des mesures de redressement additionnelles pour respecter coûte que coûte l’objectif de 3% de déficit cette année – comme l’opposition le réclamait à hauts cris, je le rappelle ! –, nous aurions asphyxié notre économie et empêché ce rebond de la croissance. En laissant jouer les stabilisateurs automatiques en 2013, nous avons au contraire redonné des marges de manœuvre et de la visibilité aux acteurs privés.Cela a joué sans nul doute dans l’amélioration de la conjoncture ce printemps.

Ne voyez aucune complaisance, aucune autosatisfaction dans le tableau que je dresse. Je suis conscient que ce bon chiffre est un premier pas, certes significatif, vers la reprise durable dont la France a besoin.Je connais mieux que quiconque le chemin qui reste à parcourir: nous devons plus que jamais rester mobilisés pour que cette première amélioration de la conjoncture se transforme bientôt en une croissance solide et créatrice d’emploi. Pour autant,  ne boudons pas notre satisfaction de constater que les efforts des Français pour relever notre économie commencent à produire leurs effets. Il s’agit là d’une démonstration de la pertinence de notre action, et une invitation à poursuivre la politique de réforme cohérente et juste que nous avons définie.

25 réflexions au sujet de « Le retour de la confiance »

  1. Les apparences sont parfois trompeuses, surtout en comptabilité nationale. En réalité, la croissance française n’est pas (encore) revenue à un rythme de croissance annuel de 2% comme elle n’était pas en récession à l’hiver dernier. Lorsque l’on connaitra les chiffres « définitifs » de la comptabilité nationale pour 2013, ce qui ne sera le cas qu’en mai 2016, on verra que le diagnostic que l’on peut porter sur la reprise économique est assez différent que ce que les chiffres provisoires des comptes trimestriels laissent penser. En fait, en attendant de connaître les chiffres définitifs de comptabilité nationale, les meilleurs indicateurs (car notamment non soumis à révision) sont les données des enquêtes de conjoncture de la Banque de France. Or, que nous disent ces données, qu’en fait la reprise de l’activité est à l’oeuvre, non depuis le printemps, mais depuis novembre 2012. D’ailleurs, comment expliquerait-on sinon que la baisse de l’emploi marchand ait déjà sensiblement ralentie et soit trois fois moindre que ce que n’annonçait l’Insee en décembre dernier.
    Non, clairement la France n’a pas été en récession, à moins que désormais l’emploi ne soit en avance sur l’activité. Et contrairement à ce que vous écrivez la décision de laisser jouer les stabilisateurs automatiques n’explique en rien ce chiffre de +0,5. Car de toute façon, si vous aviez pris des mesures supplémentaires pour tenir les 3%, elles ne seraient intervenues qu’au second semestre. En revanche, il est crucial de laisser jouer ces stabilisateurs en 2014, car les données d’enquête de la banque de France montrent que si la reprise est là depuis novembre, elle a tendance à plafonner. Et si la croissance « définitive » de 2013 sera, à mon avis, plus proche de 1% que de 0, le risque existe que l’on reste à ce 1% en 2014 alors que l’on pourrait aller bien au delà. J’avais été l’un des rares à approuver le budget 2013 qui a parfaitement rempli son rôle de stabiliser les marchés financiers et d’obtenir des marges de manoeuvre de la Commission Européenne. Mais aujourd’hui, je suis inquiet de ce que je lis sur le budget 2014 pour lequel vous ne semblez pas vouloir utiliser pleinement ces marges que nous laisse la Commission. Je pense, en particulier, qu’il faut impérativement renoncer aux hausses prévues de TVA destinées d’ailleurs à financer un CICE, à mon sens inutile voir même contreproductif puisqu’il induirait un allongement des délais de paiement au détriment des PME. Ces hausses de TVA risquent de casser la reprise et pour le coup de donner raison aux prévisionnistes.

  2. Bonsoir Pierre Moscovici,

    le chemin est encore long vers une économie assainie durablement

    mais tout de même qu’est ce que cela fait du bien ce taux de croissance a + 0.5%

    SUPER… ouais SUPER et peut être même EXTRA SUPER

    • Ne pas se réjouir trop vite, car en même temps l’emploi se dégrade (-27 800 postes). Nous sommes juste sortis de deux trimestres de récession. Ne faisons pas dire aux chiffres ce qu’ils ne disent pas. A ce compte là le Portugal, qui vient de faire 1,1%, devrait faire la fête…

      Wait & see

      • L’emploi dans l’intérim a légérement augmenté; il em semble que cet indice est un indice précurseur de la reprise de l’activité La zone euro est dans une phase de stabilsation voir de légère reprise selon certaines analyses économiques, il ne reste plus qu’à accompagner ce mouvement pour l’amplifier en espérant que le ralentissement des pays émergents aura peu d’impact sur la zone Euro.

  3. Bonjour,
    Je souhaiterais vous alerter sur une problématique.
    Je connais une personne dont l’entreprise(un hotel)a été placé en redressement judiciaire,suite à l’impossibilité qui était sienne de payer ses créanciers(en l’occurence ses salariés).Si un mécanisme d’assurance salariés a pris le relai en la matière,les demandes d’obtention de cette assurance comportent des délais de constitutions de dossier assez important.Ce laps de temps a entrainé,chez cette personne,une absence de revenu.S’en ai suivi une interdiction bancaire,suite à un chèque d’un montant de 80 euros,ayant entrainé le dépassament du découvert autorisé(400 euros).Le recommandé d’interdiction bancaire qui s’en ai suivi s’est accompagné d’un retrait unilatéral,à effet immédiat, du découvert autorisé de la personne en question.
    Celle-ci,pourtant en difficulté financière,dans une situation subie,est ainsi passé d’une situation où 80 euros lui suffisait pour régulariser sa situation à une situation où elle devait trouver 480 euros!(A savoir que cette personne,étudiante non boursière ne gagne que 300 euros/mois,et s’est vu octroyée, unilatéralement, ce découvert autorisé par la banque lorsque son solde était positif.)
    Est-il possible de légiférer ou réglementer en la matière,afin que soit interdit de coupler une interdiction bancaire avec une révocation de découvert,dans un tel cas(1 seul chèque de 80euros).
    Cela afin de ne pas enfoncer la personne un peu plus.
    Merci.

  4. Bonjour,

    Quelques idées pour relancer la croissance:

    -Imposer le partage du bénéfice dans l’entreprise(lorsque présent)afin d’augmenter le revenu et ainsi la demande.Ce qui diffère d’une augmentation de salaire et qui a donc l’avantage de ne pas induire de phénomène de délocalisation potentiel ou de raideur en cas de situation difficile pour une entreprise.

    -Augmentation du salaire minimum,en revanche,dans les secteurs non délocalisables(type grande distribution).Ce qui entrainerait un double phénomène: 1.Augmentation de la demande 2.Hausse des salaires de manière naturelle dans les autres secteurs d’activités(pour retenir les « meilleurs » salariés attirés par la rémunération du secteur non délocalisable,les entreprises de ces secteurs augmenteraient ceux-ci)

    -Plafonnement de la marge prise par l’intermédiaire que constitue la grande distribution.Ceci n’est pas un plafonnement des prix,mais de la marge,qui est injuste par sa valeur et pèse grandement sur le budget d’un ménage.La conséquence en serait une affectation de l’argent « récupéré » ,par le ménage, dans d’autres secteurs de l’économie.(d’autant que sa Propension marginale a consommer est souvent de 100%).Ce qui augmenterait l’activité dans d’autres secteurs,au lieu d’accroitre stérilement la richesse des propriétaires de ces grandes enseignes.

    Merci de votre lecture.

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