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Articles de octobre 2013


Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : le choc du 2 avril (7/15)

Catégorie : Actualité | Par pierre.moscovici | 31/10/2013 à 21:16
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Retrouvez ci-dessous un nouvel extrait de mon livre, consacré à l’affaire Cahuzac.

Extrait 7 : le choc du 2 avril.

 

Tout commence par une séance de « questions d’actualité au gouvernement », le 2 avril 2013. Une séance a priori banale. Une figure imposée pour tous les ministres du gouvernement, à laquelle je me plie les mardis et mercredis, en milieu d’après-midi. C’est l’un des rendez-vous qui rythment mon activité, semaine après semaine. Un moment où l’opposition et la majorité présidentielle se frottent un peu à l’épaule, le grand acte hebdomadaire du théâtre politique. Il faut bien mettre le conflit en scène, que le corps politique exulte. L’opposition charge, le gouvernement montre les crocs, l’opposition hue, la majorité hue l’opposition.« Rires sur les bancs socialistes », « brouhaha sur lesbancs de l’UMP », notera le service de la séance… Un rituel, bien sûr nécessaire en démocratie, mais auquel je me prête avec des sentiments partagés. Je ne crains pas la confrontation avec la droite, qui porte souvent sur les sujets économiques, et qui fait de moi un des ministres les plus sollicités, sinon le plus sollicité dans cet exercice. En même temps, je n’ignore pas le caractère en partie artificiel de ces séances, et l’aspect parfois caricatural de ces échanges qui se déroulent le plus souvent dans un brouhaha indescriptible, offrant hélas aux spectateurs un spectacle manquant de dignité et d’élé-vation, auquel je ne me suis jamais livré lorsque j’étais député d’opposition.

 

Ce jour-là, je dois répondre à une question sur l’industrie sidérurgique, à la demande du Premier ministre. Bernard Cazeneuve a remplacé Jérôme Cahuzac, qui a démissionné le 19 mars pour« assurer sa défense », selon ses propos. Il est désormais mon ministre délégué au budget. Devant moi, au micro doré, la pochette blanche soigneusement pliée dans la poche extérieure de la veste, le doigt qui s’agite et pointe vigoureusement vers ses adversaires, Bernard Cazeneuve ferraille avec talent face à l’UMP, qui ne se remet pas du projet de taxe exceptionnelle à 75 %. Je regarde ce nouveau ministre délégué, qui agit avec sobriété et efficacité à mes côtés au ministère de l’Économie et des Finances. Au Parlement il habite son personnage de duelliste. « Il n’y a pas d’explication de cet acte étrange qu’est une représentation », dit Louis Jouvet dans ses Écrits sur le théâtre. Rien n’est plus frappant que cette transfiguration de l’homme politique sur les bancs de l’Assemblée. Bref, le monde politique est en ordre, une séance comme les autres.

  Or, c’est le moment que Jérôme Cahuzac choisit pour révéler, sur son blog, qu’il a menti, qu’il a bien détenu un compte à l’étranger, contrairement au serment qu’il avait fait aux Français à travers la représentation nationale, dans cette même Assemblée nationale. Je ne veux pas mettre de mots sur ce que j’ai ressenti à ce moment. Ils m’appartiennent, et je ne ressens pas le besoin de partager cette expérience-là.

Je ne peux m’empêcher cependant de me rappeler les innombrables moments passés à échanger « les yeux dans les yeux » sur son affaire. J’ai, moi aussi, cru ce regard-là, que j’ai reçu, en tant que ministre de tutelle, plus souvent que quiconque, même si je ne me suis à aucun moment départi du« doute méthodique » que j’avais le devoir de mettre en œuvre dans cette affaire en tant que ministre de l’Économie et des Finances, responsable de l’administration fiscale. […]

À lire demain, un nouvel extrait de mes combats.


Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : la droite à la renverse (6/15)

Catégorie : Actualité,Réflexions | Par pierre.moscovici | 30/10/2013 à 20:43

A lire ci-dessous, le sixième extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte », consacré à la droite, à ses lignes idéologiques incertaines, à ses divisions, à ses querelles, à ses rapports avec Nicolas Sarkozy.

 

Extrait 6 : La droite à la renverse

 La droite n’a pas su se réunir après avoir évité l’implosion de justesse. Elle est traversée de querelles intestines et attelée à la redéfinition d’un leadership crédible.

« La droite, sans doute, parce qu’elle n’est pas remise de sa défaite – je sais d’expérience que cela prend du temps – n’a aujourd’hui rien à faire entendre d’autre que des invectives entre ses barons. Elle n’a pas su se réunir après avoir évité l’implosion de justesse. Elle est traversée de querelles intestines et attelée à la redéfinition d’un leadership crédible. Les ambitions s’affrontent : celle de François Fillon, qui ne s’embarrasse plus des scrupules républicains, au point de jouer l’ouverture au Front national, celle de Jean-François Copé, qui n’a pas forcément aujourd’hui les moyens de satisfaire sa voracité, celle d’une génération plus jeune mais impatiente et peu respectueuse de ses aînés qui l’ont conduite à l’échec.

Entre la droite tentée par la collusion – ou en tout cas la confusion – avec les thèses du Front national – inspirée par le mauvais génie de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, Patrick Buisson –, et les tenants d’une droite plus républicaine, il devrait y avoir un fossé.

Les lignes idéologiques en son sein sont en outre incertaines, voire contradictoires. Entre la droite tentée par la collusion – ou en tout cas la confusion – avec les thèses du Front national – inspirée par le mauvais génie de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, Patrick Buisson –, et les tenants d’une droite plus républicaine, il devrait y avoir un fossé. Mais l’envie du pouvoir aiguise les appétits et érode les principes. Les espoirs de la droite, qui auraient dû en bonne logique lui dessiner une nouvelle voie, restent très ambigus et n’hésitent pas à durcir à l’excès leur discours : Bruno Le Maire, Valérie Pécresse et surtout Laurent Wauquiez, adepte inavoué du « buissonisme », et dont les amis politiques connaissent désormais le comportement « Iznogoud », cèdent plus facilement à la surenchère qu’ils ne contribuent au renouveau d’une pensée modérée, qui ne trouve guère de défenseurs, si ce n’est Alain Juppé ou Jean-Pierre Raffarin, témoins un peu désolés mais peu audibles de cette dérive de la droite républicaine, pendant que François Baroin jette un regard désabusé sur le déclin du chiraquisme et que Xavier Bertrand tente de faire entendre une voix plus sociale, sans y parvenir faute d’une cohérence suffisante. Quant à l’UDI de Jean-Louis Borloo, elle ne parvient pas – et apparemment ne cherche pas vraiment – à être autre chose qu’une simple « franchise » de l’UMP.

 Après sa fausse retraite, l’ex-président a effectué un faux retour, lorsque le Conseil constitutionnel a justement annulé ses comptes de la campagne présidentielle 2012.

Et puis, par-dessus tout, il y a Nicolas Sarkozy, qui les obsède tous, qu’ils détestent tous, qui les domine tous aussi. Après sa fausse retraite, l’ex-président a effectué un faux retour, lorsque le Conseil constitutionnel a justement annulé ses comptes de la campagne présidentielle 2012. En vérité, il n’est jamais parti, et chacun voit qu’il prépare, avec méthode mais aussi avec impatience, sa revanche. Il feint la sérénité et la hauteur de vue, en vérité il bout, il piaffe, il accable ses rivaux de son mépris. Il est leur maître et leur cauchemar, car ils savent qu’au-delà des rangs des sympathisants de l’UMP, il n’y a aucune « sarko-nostalgie » : on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve. » […]

 

Dans l’extrait de demain, je reviens sur le choc du 2 avril 2013 et sur l’affaire Cahuzac.


Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : face au FN (5/15)

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 29/10/2013 à 20:06

Je m’oppose fondamentalement, depuis tant d’années au plan national et dans le Pays de Montbéliard, à l’offre politique du Front national. Cette opposition, je l’explique dans mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte », dans l’extrait suivant :

 

Extrait 5 : Face au FN

Chez ces hommes seuls, le Front national frappe désormais à la porte et leur propose une culture du chef, de l’autorité, de la contestation qu’ils ne trouvent plus à l’usine.

« La gauche, elle, depuis toujours, est une internationale. Aujourd’hui, cela ne la place pas spontanément en position de force pour répondre aux angoisses diffuses de la France des villages. Le monde ouvrier, déstructuré notamment par le recul des syndicats et le lent déclin du Parti communiste, a oublié la solidarité de classe qui en avait fait le cœur de l’internationalisme. Cette perte de repères, le sentiment que la gauche ne répondrait plus à leurs aspirations, d’ailleurs devenues complexes et contradictoires, et la promotion des individualismes de la société du spectacle ont achevé de faire des ouvriers du XXIe siècle des hommes seuls. Chez ces hommes seuls, le Front national frappe désormais à la porte et leur propose une culture du chef, de l’autorité, de la contestation qu’ils ne trouvent plus à l’usine. Toute l’offre politique du Front national est là.

Ce qui définit largement ce parti, à savoir une forme de nationalisme obsessionnel, n’a probablement jamais été autant en décalage avec la réalité du monde qui va.

Tout son mensonge aussi. Car ce qui définit largement ce parti, à savoir une forme de nationalisme obsessionnel, n’a probablement jamais été autant en décalage avec la réalité du monde qui va. Le capitalisme, lui, change constamment, mais tel qu’en lui même : dès le XIXe siècle, il avait compris que le cadre des nations devait être dépassé, y compris pour mieux mettre à bas les solidarités collectives. De mondialisation en mondialisation, aidé par l’essor des technologies, il a façonné une économie ouverte, hypermobile, ultracompétitive. Face à cela, les défilés bleu marine seront bien peu de chose.

Ce Front national, je le connais bien et je le combats depuis deux décennies maintenant dans le Pays de Montbéliard.

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Fiscalité de l’épargne : ma réponse cet après-midi à l’Assemblée nationale lors des QAG

Catégorie : Actualité,Assemblée nationale,Politique,Vidéos | Par pierre.moscovici | 29/10/2013 à 17:47

Je vous invite à visionner ci-dessous ma réponse au député Francis Vercamer lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, ce mardi 29 octobre 2013, sur la fiscalité de l’épargne.

 


Fiscalité de l’épargne : réponse de Pierre… par pierremoscovici


Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : la campagne, les jeunes et la finance (4/15)

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 28/10/2013 à 20:05

Retrouvez ce lundi 28 octobre un nouvel extrait de mon livre, qui aborde la campagne, les jeunes et la finance.

 

Extrait 4 : La campagne, les jeunes et la finance

Je souligne la très grande cohérence de la campagne présidentielle de François Hollande, dont on a retenu deux grandes idées : la priorité aux jeunes et la lutte contre le monde de la finance.

« Il faut pourtant se rappeler que les « marchés financiers » ne sont pas des entités abstraites : ils sont l’enjeu et l’objet d’intérêts précis et incarnés. Derrière les marchés, il y a, bien sûr, des intermédiaires qui ont largement profité de la bride que les régulateurs et politiques leur ont complaisamment laissée sur le cou ces dernières années. Mais un cran plus loin encore, il y a les détenteurs de l’épargne financière mondiale. Cela, il ne faut jamais l’oublier : la « finance sans visage » a en fait le visage des générations toujours dynamiques, mais désormais un peu ridées du baby-boom des pays développés. L’économie s’est aussi financiarisée pour servir les retraites de ces générations-là. Je ne pointe pas là de responsabilités, mais je souligne juste la très grande cohérence de la campagne présidentielle de François Hollande, dont on a retenu deux grandes idées : la priorité aux jeunes et la lutte contre le monde de la finance. Elles sont en fait intimement liées.

Lutter contre la toute-puissance des marchés, c’est un choix politique, le vieux choix du travail contre le capital.

Faire le choix de la jeunesse, c’est d’une certaine manière, quand on connaît la répartition des richesses dans les sociétés développées, faire le choix d’une classe, et pas seulement d’une classe d’âge. Lutter contre la finance, c’est aussi lutter contre l’inféodation de l’économie ces trente dernières années à la nécessité de servir les rémunérations des fonds de pension et du service des retraites. Je schématise à peine. Lutter contre la toute-puissance des marchés, c’est un choix politique, le vieux choix du travail contre le capital. C’est pour cela que faire payer par la dette la recapitalisation des banques durant la crise avait quelque chose de totalement scandaleux, en ce que cela organisait purement et simplement un transfert de richesse de la jeunesse vers les générations âgées les plus riches. » […]

 

L’extrait diffusé sur ce blog demain reviendra sur mon combat face au Front national.


Valoriser les atouts de l’économie sociale et solidaire : mon déplacement à Evry avec Benoît Hamon – Images et discours

Catégorie : Actualité,En images,Réflexions | Par pierre.moscovici | 28/10/2013 à 19:42

L’économie sociale et solidaire est un pilier important de notre économie, avec 2,4 millions de salariés en France, soit 1 emploi privé sur 8, et un beau potentiel pour l’avenir, dans de nombreux secteur.

Pour illustrer ce rôle de l’ESS dans la croissance et la création d’emplois, nous nous sommes rendus ce matin avec Benoît Hamon à Evry, au siège de l’AFM-Téléthon, à son laboratoire de recherche Généthon, et au centre de production de médicaments de thérapies innovantes Généthon Bioprod. Généthon est le premier et unique établissement pharmaceutique privé à but non-lucratif. Cette structure de l’économie sociale et solidaire a été créée par des malades et parents de malades souffrant de maladies génétiques rares. Cette visite a permis de souligner l’ambition sociale de l’économie sociale et solidaire et l’importance de la pérennité de la prise en charge non-lucrative de la recherche et de nouveaux modes de thérapies pour les maladies rares. J’ai rappelé que le financement de l’économie sociale et solidaire fait pleinement partie des missions de Bpifrance. Aux côtés de Benoît Hamon, j’ai aussi abordé les perspectives de développement de la filière industrielle des biothérapies innovantes.

Ce déplacement à Evry, au contact de personnes engagées au service de leur cause, « innover pour guérir », est la preuve que notre pays compte une multitude de ressources et de projets novateurs, qui ont une réelle utilité sociale. Oui, notre mobilisation collective en faveur de l’économie sociale et solidaire, et donc en faveur de la croissance, est forte. Notre visite ce matin à l’AFM-Téléthon en est un bel exemple.

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Retrouvez ci-dessous mon discours pour le point presse de fin de visite du siège de l’AFM-Téléthon :

Déplacement à Evry

Conférence de presse conjointe

- Lundi 28 octobre 2013 -

 

 

Bonjour à tous, et merci de votre présence.

Quelques mots rapides, avant de laisser la parole à Benoît Hamon, qui va insister sur les mesures du projet de loi pour encourager le développement de l’économie sociale et solidaire dont il est l’architecte, et qui est en cours d’examen au parlement.

Je suis aujourd’hui à ses côtés, pour cette visite, en tant que Ministre des entreprises – de toutes les entreprises, quelle que soit leur forme juridique, quel que soit leur champ d’activité. L’intitulé du projet de loi que défend actuellement Benoît Hamon n’est d’ailleurs pas anodin : même si elle est sociale et solidaire, il s’agit bien d’économie, dans le sens où ce texte poursuit bien une véritable ambition économique.

L’économie sociale et solidaire, ce sont 2,4 millions de salariés en France, soit un emploi privé sur 8… Et surtout, c’est une croissance de l’emploi de 23% sur les 10 dernières années.

Le secteur obéit à des contraintes, à des logiques différentes de l’économie traditionnelle, bien sûr, mais son apport à la croissance du pays ne doit pas être sous-estimé. Quelques chiffres qu’il peut être utile de rappeler ici, puisque vous savez que nous travaillons sans relâche à amplifier la dynamique de reprise qui se dessine dans le pays : l’économie sociale et solidaire, ce sont 2,4 millions de salariés en France, soit un emploi privé sur 8… Et surtout, c’est une croissance de l’emploi de 23% sur les 10 dernières années, contre 7% pour le reste de l’économie.

Avec un beau potentiel pour l’avenir, puisque c’est aussi un secteur qui sera amené à épouser et accompagner des évolutions démographiques, économiques, environnementales profondes, dans la France de la prochaine décennie. Je pense à la « verdisation » de l’économie, où l’ESS peut apporter son expertise en matière de transition énergétique par exemple, ou au vieillissement démographique, où l’ESS est très présente, au travers des services aux personnes âgées.

Les collaborateurs de l’AFM-Téléthon nous ont offert une démonstration convaincante et réussie qu’il est possible de combiner activité économique, ambition sociale et innovation de pointe.

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Mon entretien paru aujourd’hui dans Les Echos et mes précisions en vidéos

Catégorie : Actualité,Politique,Vidéos | Par pierre.moscovici | 28/10/2013 à 15:05
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J’ai tenu à apporter des explications sur nos réformes et sur notre cap dans un long entretien paru aujourd’hui dans le quotidien Les Echos.

Financement de l’économie, compétitivité, fiscalité de l’épargne et des entreprises, contrats « euro-croissance » : autant de sujets sur lesquels je m’exprime dans cette interview par Dominique Seux, Marie Bellan, Edouard Lederer, Etienne Lefebvre et Hélène Dupuy, à lire ci-dessous.

 

Les Echos : Ecotaxe poids lourds, fiscalité des produits de l’épargne, taxe à 75 % : un an après le lancement du plan compétitivité et les allégements de prélèvements l’accompagnant, le climat reste marqué par le ras-le-bol fiscal. Comment comptez-vous en sortir ?

Nous sommes engagés dans la voie de la stabilisation des prélèvements obligatoires : 80 % de l’effort budgétaire en 2014 portent sur des économies, et ce sera 100 % en 2015.

L’inflexion souhaitée par le président de la République est déjà largement engagée. Rappelons d’où nous venons. La France n’avait pas fait, depuis dix ans, les réformes nécessaires pour muscler sa compétitivité et pour redresser ses finances publiques. Pour ce faire, nous avons dû, dès le budget 2013, réaliser un gigantesque effort budgétaire, de 1,7 point de PIB. En raison de l’urgence, et pour limiter les effets régressifs sur la croissance, les deux tiers de cet effort ont reposé sur les prélèvements, qui avaient été massivement augmentés par la droite. Continuer ainsi aurait été inefficace économiquement et insupportable socialement. Voilà pourquoi nous avons lancé le Pacte pour la compétitivité et l’emploi, et nous sommes engagés dans la voie de la stabilisation des prélèvements obligatoires : 80 % de l’effort budgétaire en 2014 portent sur des économies, et ce sera 100 % en 2015. Les appels compréhensibles à la modération fiscale ont donc été entendus. Mais attention à ne pas délégitimer l’impôt, qui est à la racine de notre modèle social et républicain.

Vous n’avez pas apprécié de recevoir un carton jaune du Medef…

La France est sortie de la récession, tout doit maintenant être fait pour retrouver le chemin de l’expansion, toute notre action tend vers la croissance et l’emploi.

Je croyais qu’au football on recevait un carton jaune quand on commettait une faute grave. Là, que nous ont reproché le Medef et la CGPME ? D’avoir consenti à retirer une mesure intelligente, mais qui n’était pas totalement mûre – la taxe sur l’excédent brut d’exploitation – pour la remplacer par une solution qui avait leur préférence… Ce n’est pas très sport ! Et surtout, ce n’est pas la bonne démarche. La France est sortie de la récession, tout doit maintenant être fait pour retrouver le chemin de l’expansion, toute notre action tend vers la croissance et l’emploi. Ma conviction profonde, c’est que nous y parviendrons à la fois grâce à un soutien déterminé au pouvoir d’achat et par un compromis historique avec les entreprises de ce pays, en leur assurant les meilleures conditions pour investir, sur le plan fiscal comme dans le financement de l’économie. Mais pour y parvenir, il faut sortir de la surenchère et des caricatures, qui appauvrissent le débat et compliquent le dialogue. Je suis dans une démarche sincère. J’attends la même sincérité en retour.

Etes-vous prêt à vous engager à ce que les Assises de la fiscalité des entreprises aboutissent à une baisse des prélèvements, comme le réclame le président de l’Afep, Pierre Pringuet ?

Je respecte Pierre Pringuet, qui est un partenaire fiable. Mais on ne peut pas poser de tels préalables avant des assises dont l’objectif doit être de construire une fiscalité des entreprises qui soit économiquement plus pertinente. Chacun doit, en outre, être conscient de nos marges de manœuvre. Je ne peux laisser dire que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault ne ferait pas d’économies ou augmenterait les prélèvements de 25 milliards l’an prochain. C’est faux, c’est même exactement l’inverse que nous faisons ! Il y aura bel et bien 15 milliards d’économies en 2014 et le taux de prélèvements obligatoires sera presque stabilisé. C’est sans précédent.

Vous avez abandonné ce week-end la taxation rétroactive des PEA et des PEL. Pourquoi pas l’assurance-vie ?

Savoir écouter les inquiétudes et décider en pensant à la situation des épargnants les plus modestes est une vertu.

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Mon agenda de la semaine – Du lundi 28 octobre au vendredi 1er novembre

Catégorie : Actualité,Agenda hebdomadaire | Par pierre.moscovici | 28/10/2013 à 14:07

Voici, comme chaque lundi sur ce blog, mon agenda prévisionnel de la semaine :

 

AGENDA PREVISIONNEL

DU LUNDI 28 OCTOBRE AU VENDREDI 1ER NOVEMBRE 2013

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Lundi 28 octobre : Déplacement à Evry avec M. Benoit HAMON, ministre délégué chargé de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation.

08h00 : Entretien avec M. Michel SAPIN, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social (Ministère du Travail).

10h00 : Visite des Laboratoires de Généthon Bioprod, centre de recherche sur le génome humain (1, Rue de l’International – Evry).

10h45 : Visite de la banque ADN au Généthon (1, Rue de l’International – Evry).

11h15 : Réunion de travail avec Mme Laurence TIENNOT-HERMENT, Présidente de l’Association Française contre les myopathies (AFM) – (1, Rue de l’International – Evry).

12h30 : Déjeuner avec les chefs d’entreprise invités par M. Thierry MANDON, Président du Genopole (Evry).

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Mardi 29 octobre :

08h30 : Petit-déjeuner avec les Ambassadeurs des Etats membres de l’Union européenne à l’invitation de Mme Jolanta BALČIŪNIENĖ, ambassadeur de Lituanie (Cercle de l’Union interallié).

10h30 : Entretien avec M. LEE Hsien Loong, Premier ministre de Singapour (Hôtel Shangri La).

11h30 : Commission économique de la Nation (Bercy).

13h00 : Déjeuner avec M. Vincent PEILLON, ministre de l’Education nationale (Ministère de l’Education nationale).

15h00 : Questions d’actualité au Gouvernement (Assemblée Nationale).

16h15 : Entretien avec M. Vincent LABRUNE, Président du Club de football de l’Olympique de Marseille (Assemblée Nationale).

18h00 : Entretien avec le Premier ministre (Hôtel de Matignon).

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Mercredi 30 octobre :

10h00 : Conseil des Ministres (Palais de l’Elysée).

12h00 : Entretien avec le Président de la République (Palais de l’Elysée).

15h00 : Questions d’actualité au Gouvernement (Assemblée Nationale).

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Jeudi 31 octobre : Déplacement au Maroc (Rabat, Nouacer & Marrakech).

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