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Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : Déménagement (2/15)

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 26/10/2013 à 15:19

Suite de la série de billets de blog qui vous propose des extraits de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : je reviens ici sur mon arrivée à Bercy, au Ministère de l’Economie et des Finances.

 

Extrait 2 – Déménagement

Passation officielle de pouvoirs faite, François Baroin quitte le ministère. Les autres ministres de Bercy prennent possession de leurs bureaux.

Passation officielle de pouvoirs faite, François Baroin quitte le ministère. Les autres ministres de Bercy prennent possession de leurs bureaux. Dans la cour, l’intendant a les poings posés sur les hanches et hoche la tête, avec la philosophie de celui qui restera. Il pense tout haut, on pourrait presque l’entendre : il se demande comment il va bien pouvoir caser tout son petit monde dans le bâtiment. Nous sommes en effet six – nous serons sept à l’arrivée de Nicole Bricq, au Commerce extérieur, après les élections législatives de juin 2012. Mes deux ministres délégués, Jérôme Cahuzac et Benoît Hamon, s’installent au cinquième étage. Il a d’ailleurs fallu quelques minutes pour qu’Arnaud Montebourg, en charge du Redressement productif, accepte de gagner le troisième et laisse au ministre délégué au Budget son bureau historique, dans lequel Michel Charasse a tenu à garder les meubles hérités de l’époque où le ministère s’appelait « Rivoli » et occupait une aile du Louvre, rendue par François Mitterrand à un meilleur usage.

 Je suis désormais le ministre de l’Économie et des Finances de la cinquième puissance mondiale, mais d’une puissance affaiblie au sein d’une zone euro en crise, dont la compétitivité et les comptes publics se sont érodés depuis dix ans.

Au sixième étage, de ma fenêtre, je regarde la Seine, la trace que laisse le fleuve dans Paris. Je suis désormais le ministre de l’Économie et des Finances de la cinquième puissance mondiale, mais d’une puissance affaiblie au sein d’une zone euro en crise, dont la compétitivité et les comptes publics se sont érodés depuis dix ans. La tâche va être rude, je le sais, et cette conscience tempère la fierté et l’enthousiasme que j’éprouve.

Avant même que je sois entré directement en fonction, les affaires courantes sont donc posées sur le bureau et symbolisent à elles seules la continuité de l’État.

Les services de Bercy m’ont préparé ce qu’ils appellent joliment « l’état de l’Union » : un gros dossier méticuleusement ordonné, histoire de me faire les dents. Avant même que je sois entré directement en fonction, les affaires courantes sont donc posées sur le bureau et symbolisent à elles seules la continuité de l’État. Le ministère des Finances s’ébroue, renâcle un peu, mais la campagne présidentielle est finie : il faut très vite nourrir la grosse bête qu’est Bercy si vous voulez éviter qu’elle ne vous marche dessus.

A lire demain, un troisième extrait de mon livre Combats – Pour que la France s’en sorte, dans lequel je m’exprime sur le Président de la République François Hollande.

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11 commentaires

  • mini coco dit :

    On constate que,face à la situation actuelle,beaucoup de gens pensent que Holl a 3 solutions: changer de gouvernement,dissoudre l’Assemblée nationale ou démissionner. La 1ère hypothèse paraît la plus vraisemblable comme très souvent sous la 5ème république: il faudrait un gvt plus resserré avec un premier ministre plus énergique et plus populaire qu’Ayrault. Affaire à suivre…..

    • Marc Decaffé dit :

      Je suis inquiet devant l’incapacité de Hollande et Ayrault à fixer un cap clair, à tenir leurs objectifs.
      C’est un gouvernement baladé d’un endroit à un autre, qui ne sait plus où il va, qui est obligé de faire marche arrière tellement ses décisions sont impopulaires et incompréhensibles pour les Français. C’est préoccupant pour les années qui restent.

      • Marc Decaffé dit :

        Ce rétropédalage sur un sujet de ce type n’est pas une première pour le gouvernement. Loin de là. Et quoique l’on pense de ces mesures, il est désormais difficile de pouvoir naviguer à vue et anticiper l’impact des décisions fiscales du gouvernement.
        On appelle cela « l’instabilité fiscale », correspondant à une période bancale plus ou moins longue, où les acteurs économiques ne peuvent agir. Et qui incite les entreprises (et les particuliers) à ne surtout pas investir, recruter, etc… pour privilégier le statu quo en attendant d’être sûr.
        Plutôt gênant quand on veut relancer la machine économique…

      • mini coco dit :

        Holl ne démissionnera pas,car le P.S.ne l’admettrait pas. Dissoudre l’assemblée ramènerait la droite au pouvoir:ce serait la cohabitation,perspective qui ne déplairait pas au président vu son tempérament,mais que le P.S.accepterait encore moins!!!. On s’achemine donc vers un changement de gouvernement après le vote(laborieux) du budget. Le nouveau premier ministre ne peut être Valls,Taubira ou Montebourg trop « marqués » mais plutôt quelqu’un genre Le Foll ou Sapin ,hommes peu controversés ,relativement énergiques et décontractés(en plus vieux fidèles de Hollande!).

  • max dit :

    Je suis bien content, Mr Moscovici, que vous ayez encore le temps d’écrire des bouquins et d’en tirer des revenus alors que votre petit monde s’écroule autour de vous.

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