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Valoriser les atouts de l’économie sociale et solidaire : mon déplacement à Evry avec Benoît Hamon – Images et discours

Catégorie : Actualité,En images,Réflexions | Par pierre.moscovici | 28/10/2013 à 19:42

L’économie sociale et solidaire est un pilier important de notre économie, avec 2,4 millions de salariés en France, soit 1 emploi privé sur 8, et un beau potentiel pour l’avenir, dans de nombreux secteur.

Pour illustrer ce rôle de l’ESS dans la croissance et la création d’emplois, nous nous sommes rendus ce matin avec Benoît Hamon à Evry, au siège de l’AFM-Téléthon, à son laboratoire de recherche Généthon, et au centre de production de médicaments de thérapies innovantes Généthon Bioprod. Généthon est le premier et unique établissement pharmaceutique privé à but non-lucratif. Cette structure de l’économie sociale et solidaire a été créée par des malades et parents de malades souffrant de maladies génétiques rares. Cette visite a permis de souligner l’ambition sociale de l’économie sociale et solidaire et l’importance de la pérennité de la prise en charge non-lucrative de la recherche et de nouveaux modes de thérapies pour les maladies rares. J’ai rappelé que le financement de l’économie sociale et solidaire fait pleinement partie des missions de Bpifrance. Aux côtés de Benoît Hamon, j’ai aussi abordé les perspectives de développement de la filière industrielle des biothérapies innovantes.

Ce déplacement à Evry, au contact de personnes engagées au service de leur cause, « innover pour guérir », est la preuve que notre pays compte une multitude de ressources et de projets novateurs, qui ont une réelle utilité sociale. Oui, notre mobilisation collective en faveur de l’économie sociale et solidaire, et donc en faveur de la croissance, est forte. Notre visite ce matin à l’AFM-Téléthon en est un bel exemple.

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Retrouvez ci-dessous mon discours pour le point presse de fin de visite du siège de l’AFM-Téléthon :

Déplacement à Evry

Conférence de presse conjointe

- Lundi 28 octobre 2013 -

 

 

Bonjour à tous, et merci de votre présence.

Quelques mots rapides, avant de laisser la parole à Benoît Hamon, qui va insister sur les mesures du projet de loi pour encourager le développement de l’économie sociale et solidaire dont il est l’architecte, et qui est en cours d’examen au parlement.

Je suis aujourd’hui à ses côtés, pour cette visite, en tant que Ministre des entreprises – de toutes les entreprises, quelle que soit leur forme juridique, quel que soit leur champ d’activité. L’intitulé du projet de loi que défend actuellement Benoît Hamon n’est d’ailleurs pas anodin : même si elle est sociale et solidaire, il s’agit bien d’économie, dans le sens où ce texte poursuit bien une véritable ambition économique.

L’économie sociale et solidaire, ce sont 2,4 millions de salariés en France, soit un emploi privé sur 8… Et surtout, c’est une croissance de l’emploi de 23% sur les 10 dernières années.

Le secteur obéit à des contraintes, à des logiques différentes de l’économie traditionnelle, bien sûr, mais son apport à la croissance du pays ne doit pas être sous-estimé. Quelques chiffres qu’il peut être utile de rappeler ici, puisque vous savez que nous travaillons sans relâche à amplifier la dynamique de reprise qui se dessine dans le pays : l’économie sociale et solidaire, ce sont 2,4 millions de salariés en France, soit un emploi privé sur 8… Et surtout, c’est une croissance de l’emploi de 23% sur les 10 dernières années, contre 7% pour le reste de l’économie.

Avec un beau potentiel pour l’avenir, puisque c’est aussi un secteur qui sera amené à épouser et accompagner des évolutions démographiques, économiques, environnementales profondes, dans la France de la prochaine décennie. Je pense à la « verdisation » de l’économie, où l’ESS peut apporter son expertise en matière de transition énergétique par exemple, ou au vieillissement démographique, où l’ESS est très présente, au travers des services aux personnes âgées.

Les collaborateurs de l’AFM-Téléthon nous ont offert une démonstration convaincante et réussie qu’il est possible de combiner activité économique, ambition sociale et innovation de pointe.

Mais l’économie sociale et solidaire, et on en a la preuve ici, c’est aussi un potentiel d’innovation réel. Je pense que la visite de Généthon, le laboratoire de l’AFM-Téléthon, et surtout le premier établissement pharmaceutique à but non lucratif, l’a montré de manière convaincante. Ici, avec Benoît, nous venons de visiter la plus importante collection d’ADN et de cellules d’Europe pour les maladies génétiques humaines. Nous avons aussi rencontré certains des quelque 220 collaborateurs ultra-spécialisés du laboratoire – chercheurs, pharmaciens, médecins, ingénieurs, spécialistes de l’assurance-qualité… Ils nous ont offert une démonstration extrêmement convaincante et réussie qu’il est possible de combiner activité économique, ambition sociale et innovation de pointe.

Le projet de loi que défend Benoît Hamon vise à multiplier ce type de succès ; mais ce n’est bien sûr pas la seule manière pour nous d’encourager les formidables capacités d’innovation d’une organisation comme Généthon ou, de manière plus générale, de notre tissu productif. On trouve notamment dans le budget 2014 un dispositif tout entier conçu pour encourager l’émergence de start-ups innovantes:

-        Le budget propose par exemple une réforme de l’imposition des plus-values mobilières, pour encourager le risque que représente la création d’entreprises, et pour soutenir les entrepreneurs ;

-        Il propose aussi une réforme du statut de Jeunes Entreprises Innovantes. Ces entreprises représentent un segment extrêmement dynamique de l’économie, qu’il s’agisse de création de valeur, d’emploi, ou de capacité à conquérir des parts de marché à l’export. Elles sont aussi particulièrement présentes dans des secteurs d’avenir à haute valeur ajoutée. Bref, elles sont un puissant catalyseur pour la croissance française. Le dispositif JEI vise à stimuler l’entreprenariat et à accélérer la croissance des PME, grâce à des avantages fiscaux et sociaux qui facilitent le recrutement de personnels qualifiés par de jeunes entreprises investissant massivement dans la recherche et développement. Ce dispositif existe déjà, mais il est amplifié et amélioré dans le budget 2014 que nous présentons, avec pour objectif d’accélérer la transformation des résultats de notre excellente recherche fondamentale en innovation de produits ou de procédés qui trouvent des débouchés sur les marchés.

-        Enfin, on trouve dans le budget 2014 la création du PEA-PME, qui favorisera le financement en fonds propres de l’entreprise et garantira aux PME et aux ETI un accès plus aisé à l’épargne des particuliers. Cette réforme va permettre aux Français d’être des acteurs directs de la mobilisation des PME au service de la croissance, et de soutenir les start-ups et l’entreprenariat en France.

Nous allons prochainement annoncer un plan à l’innovation, sous la houlette de Fleur Pellerin, qui comprendra une palette très complètes de mesures pour appuyer le financement de l’innovation.

Enfin, nous allons prochainement annoncer un plan à l’innovation, sous la houlette de Fleur Pellerin, qui comprendra en particulier une palette très complètes de mesures pour appuyer le financement de l’innovation notamment la mise en place d’une incitation fiscale pour l’investissement des grandes entreprises dans les PME de croissance.

Et puisque nous parlons des questions de financement, il y a un point du projet de loi économie sociale et solidaire sur lequel je voudrais revenir un peu plus en détail : c’est celui du financement du secteur. C’est formidable d’avoir des idées, d’avoir des projets, mais sans financement, tout cela reste à l’état d’abstraction. Beaucoup de lois et d’initiatives que j’ai présentées cette année ont donc eu pour objectif de rebrancher les canaux de financement de l’économie – je pense à la loi bancaire, à la réforme du code des assurances, pour que les assureurs puissent financer plus facilement les PME, au plan trésorerie, pour desserrer les contraintes qui pèsent sur la trésorerie des PME, à la réforme des financement export avec Nicole Bricq, ou encore à la création de la Banque Publique d’Investissement, bpifrance.

Bpifrance participe de l’effort d’amplification du financement des structures de l’ESS, à hauteur de 500 M€ : c’est la manifestation concrète de l’importance que le gouvernement attache au secteur.

Bpifrance, justement : nous avons décidé dès le départ que ce serait une banque pas comme les autres, une banque qui obéirait à une logique différente. L’une des manifestations de cette différence, c’est le fait que le financement de l’économie sociale et solidaire fait partie de ses missions. Bpifrance participe en effet de l’effort d’amplification du financement des structures et entreprises de l’ESS, à hauteur de 500 M€ : c’est, je crois, la manifestation concrète de l’importance que le gouvernement attache au secteur. Cette implication de Bpifrance dans le financement de l’ESS permet aussi de rassurer les investisseurs privés et les incite à soutenir à leur tour ce secteur, dont les traits ne sont pas toujours bien connus – il ne s’agit pas de se substituer au financement privé, bien sûr, mais de faire levier. Et le directeur de bpifrance, Nicolas Dufourcq, a remis en mai dernier à Benoît Hamon plusieurs propositions pour que le financement de l’ESS par la Banque Publique d’Investissement puisse prendre de l’ampleur, et vient d’annoncer la création d’un fonds de fonds, qui prendra des participations dans des sociétés d’investissement spécialisées dans le financement de l’ESS et, plus particulièrement, « d’entités à fort impact social ». La Banque publique d’investissement entreprend donc ici une démarche innovante, puisqu’elle va défricher le terrain de « l’impact investing », une nouvelle classe d’actifs qui allie rendement financier et retour social sur investissement.

Elle sera aidée dans sa mission de financement de l’ESS par les dispositions du projet de loi simplification sur le financement participatif – ce qu’on appelle en bon français le « crowdfunding ». Le projet va précisément encourager ce type d’outils de financement complémentaire, particulièrement utile pour les PME, les jeunes entreprises innovantes et les organisations dans le secteur de l’ESS dont les activités, qui mettent l’humain au centre, sont à même de séduire des investisseurs à la recherche de projets différents.

Notre mobilisation collective en faveur de l’économie sociale et solidaire, et à travers elle de la croissance, trouve là des incarnations directes et concrètes. Merci.

Seul le prononcé fait foi.

Voici quelques images de ce déplacement :

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