Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : face au FN (5/15)

Je m’oppose fondamentalement, depuis tant d’années au plan national et dans le Pays de Montbéliard, à l’offre politique du Front national. Cette opposition, je l’explique dans mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte », dans l’extrait suivant :

 

Extrait 5 : Face au FN

Chez ces hommes seuls, le Front national frappe désormais à la porte et leur propose une culture du chef, de l’autorité, de la contestation qu’ils ne trouvent plus à l’usine.

« La gauche, elle, depuis toujours, est une internationale. Aujourd’hui, cela ne la place pas spontanément en position de force pour répondre aux angoisses diffuses de la France des villages. Le monde ouvrier, déstructuré notamment par le recul des syndicats et le lent déclin du Parti communiste, a oublié la solidarité de classe qui en avait fait le cœur de l’internationalisme. Cette perte de repères, le sentiment que la gauche ne répondrait plus à leurs aspirations, d’ailleurs devenues complexes et contradictoires, et la promotion des individualismes de la société du spectacle ont achevé de faire des ouvriers du XXIe siècle des hommes seuls. Chez ces hommes seuls, le Front national frappe désormais à la porte et leur propose une culture du chef, de l’autorité, de la contestation qu’ils ne trouvent plus à l’usine. Toute l’offre politique du Front national est là.

Ce qui définit largement ce parti, à savoir une forme de nationalisme obsessionnel, n’a probablement jamais été autant en décalage avec la réalité du monde qui va.

Tout son mensonge aussi. Car ce qui définit largement ce parti, à savoir une forme de nationalisme obsessionnel, n’a probablement jamais été autant en décalage avec la réalité du monde qui va. Le capitalisme, lui, change constamment, mais tel qu’en lui même : dès le XIXe siècle, il avait compris que le cadre des nations devait être dépassé, y compris pour mieux mettre à bas les solidarités collectives. De mondialisation en mondialisation, aidé par l’essor des technologies, il a façonné une économie ouverte, hypermobile, ultracompétitive. Face à cela, les défilés bleu marine seront bien peu de chose.

Ce Front national, je le connais bien et je le combats depuis deux décennies maintenant dans le Pays de Montbéliard.

Ce Front national, je le connais bien et je le combats depuis deux décennies maintenant dans le Pays de Montbéliard. Je n’oublierai jamais le choc que j’ai ressenti le 21 avril 2002, en constatant que Jean-Marie Le Pen avait fait dans ma circonscription plus de voix que Lionel Jospin et Jacques Chirac réunis ! Et je sais aussi que mon appel à voter pour Jacques Chirac au second tour, nourri par mon opposition absolue aux idées de l’extrême droite, m’avait valu, malgré une belle remontée, une défaite de quelques voix lors des élections législatives qui suivirent. Les années ont passé. Il est loin, le temps où l’on dessinait des petits parachutes sur mes affiches de campagne. J’ai noué une relation de fidélité et d’affection avec les habitants de ce territoire, y compris ceux que l’extrême droite vise et parfois atteint, et je crois y avoir tracé un sillon politique profond. Mais pour autant je m’interroge : la gauche de gouvernement sera-t-elle, lors des consultations électorales de 2014, la victime de l’ancrage géographique – qui s’apparenterait alors à une diffusion – du Front national dans ses territoires de conquête ? Notre devoir est de tout faire pour rendre, par notre action et par nos résultats, par la force de nos convictions aussi, confiance et espoir à l’électorat populaire, notamment ouvrier. C’est toujours de la gauche qu’il attend des solutions et des réponses. C’est pour moi, comme ministre et comme élu, une préoccupation constante.

Je n’ai cessé de souligner les failles du discours idéologique tenu par ce que j’ai appelé le « parti du déclin ».

Un « Front national des terroirs » serait-il le « produit d’un imaginaire de l’identité sociale, d’un imaginaire du déclin de l’identité », comme l’affirme Pierre Rosanvallon ? Je crois la thèse sinon crédible, du moins en partie conforme à l’expérience que j’en fais sur le terrain. C’est l’une des raisons pour lesquelles je n’ai cessé de souligner les failles du discours idéologique tenu par ce que j’ai appelé le « parti du déclin ». Un parti qui n’a évidemment ni siège, ni sigle, ni statuts, ni dirigeant, mais dont le rôle, et surtout la capacité de nuisance, ne doit pas être sous-estimé. » […]

Dans l’extrait qui sera publié demain, je m’exprime sur la droite à la renverse.

23 réflexions au sujet de « Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : face au FN (5/15) »

  1. Vous pourriez éditer des affiches avec le bilan des dix années de gestion de UMP ( pages 129 à 137 ) .
    Je suis un ancien RPR (de1977 à 2008) mon premier vote à gauche François hollande 1 et 2 tour ,je milite pour votre gouvernement dans mon entourage professionnel ( médical,médecin,chirurgien etc ) pas facile mais !….
    Je suis cette personne qui avait votre livre dans les mains dimanche midi.

    • Je comprends qu’il ne soit pas facile de militer pour le gouvernement dans l’entourage professionel que vous décrivez car je pense qu’ils sont certainement les principaux concernés par le début de rattrapage fiscal opéré par Hollande et je dis bien début du rattrapage fiscal (Sur le sujet je vous renverrai vers un article de J Gadrey paru dans Alternatives Economiques). Mais soyez opiniâtre

Les commentaires sont fermés.