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Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : « L’âme de la France, c’est l’égalité » (9/15)

Catégorie : Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 02/11/2013 à 18:09

« L’âme de la France, c’est l’égalité » : cette conviction guide l’ensemble de mes actions de responsable politique. Dans l’extrait ci-dessous, je reviens sur le discours du Bourget prononcé par François Hollande le 22 janvier 2012, et sur cette notion d’égalité qui m’est chère et qui est fondement des valeurs de la gauche.

 

 

Extrait 9 : « L’âme de la France, c’est l’égalité »

 

Je tiens à repartir un instant du discours du Bourget, le 22 janvier 2012. On en a surtout retenu la charge du futur président de la République contre « la finance », en oubliant à mon sens que son principal enjeu était de porter une vision politique et historique de la France et de l’apport de la gauche à cette histoire.

 

« Je tiens à repartir un instant du discours du Bourget, le 22 janvier 2012. On en a surtout retenu la charge du futur président de la République contre « la finance », en oubliant à mon sens que son principal enjeu était de porter une vision politique et historique de la France et de l’apport de la gauche à cette histoire. Répétons encore une fois les mots prononcés alors : « L’âme de la France c’est l’égalité. » Sans doute y a-t-il sur ce sujet une « sursensibilité » française. Les comparaisons internationales en font clairement état : la France a conservé sa « passion pour l’égalité », pour reprendre la belle expression de Tocqueville. Et sans doute a-t elle une aversion particulière pour la cruelle vérité que rappelle l’économiste Pierre Lemieux : « La liberté individuelle est aussi la liberté de mourir de faim. »

 

Le candidat socialiste remit en tout cas sur le devant de la scène politique le fondement même de l’idéal socialiste depuis Jaurès : la démocratie française est fondée sur un principe d’égalité qui ne saurait être entièrement mis en œuvre que par un gouvernement socialiste.

 

Le candidat socialiste remit en tout cas sur le devant de la scène politique le fondement même de l’idéal socialiste depuis Jaurès : la démocratie française est fondée sur un principe d’égalité qui ne saurait être entièrement mis en œuvre que par un gouvernement socialiste. La réaffirmation du primat de l’égalité dans le discours politique, ce n’était rien moins que rappeler que la gauche est et demeure avant tout porteuse d’un idéal de perfectibilité des individus et des citoyens, perfectibilité dont l’horizon est justement l’égalité. C’est une noble poursuite, aux antipodes de la conception cynique qui fait des politiques sociales rien de plus qu’un instrument de régulation étatique de l’accumulation capitaliste.

 

François Hollande a, en des termes modernes et adaptés au temps présent, rappelé au moins trois des éléments constitutifs de la gauche : la lutte contre les inégalités, le refus du gouvernement de l’argent – la « finance » – et l’unité nationale.

 

Le discours du Bourget fut mûrement réfléchi, longuement et collectivement préparé, rédigé in fine en totalité par le candidat lui-même, qui souhaitait, en dévoilant tôt son projet, imprimer sa marque et son rythme à la campagne présidentielle. Il a, en des termes modernes et adaptés au temps présent, rappelé au moins trois des éléments constitutifs de la gauche : la lutte contre les inégalités, le refus du gouvernement de l’argent – la « finance » – et l’unité nationale. Il a ainsi permis aux électeurs de gauche de communier autour de leurs valeurs fondamentales et est, à cet égard, l’écho lointain d’autres grands discours de l’histoire socialiste. […]

 

A lire demain sur ce blog, mes réflexions sur le socialisme de l’offre, extraites de « Combats – Pour que la France s’en sorte ».

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