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Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : Plate-forme pour les élections européennes (12/15)

Catégorie : Actualité,Politique | Par pierre.moscovici | 05/11/2013 à 18:24

Voici ma vision des enjeux européens, exposé dans mon ouvrage « Combats ». Je souligne ici la nécessite d’aller vers plus d’intégration, et de porter une véritable Europe sociale.

 

Extrait 12 : Plate-forme pour les élections européennes

 

Cette critique systématique de l’orientation de l’Europe depuis dix ans a aujourd’hui un prix et elle est, en vérité, souvent stérile.

« La campagne sur le référendum pour ou contre la Constitution européenne demeurera un de mes grands traumatismes d’homme de gauche. Depuis lors, dans le discours de bien des socialistes, l’Europe est toujours vue comme une contrainte, Bruxelles comme un tribunal, ses autorités comme des censeurs, ses politiques comme des punitions – même si, sur le dernier point, ils n’ont pas toujours tout à fait tort. Cette critique systématique de l’orientation de l’Europe depuis dix ans a aujourd’hui un prix et elle est, en vérité, souvent stérile. Elle ne pose pas les bonnes questions, et minimise la force et la permanence de nos engagements dans l’Union européenne. Surtout, elle mène à une impasse, car elle ne peut pas déboucher sur une solution alternative autre que la sortie de l’euro, le protectionnisme et le repli national.

La gauche réformiste, le Parti socialiste ont historiquement fait le choix de l’Europe, mais n’ont pas osé le pas fédéral.

Ma perspective, à la fois européenne et lucide, est radicalement différente. La gauche réformiste, le Parti socialiste ont historiquement fait le choix de l’Europe, mais n’ont pas osé le pas fédéral. Je parle de fédéralisme : on pourrait aussi parler simplement d’un pas d’intégration supplémentaire, car le fédéralisme est un concept largement abstrait et vaguement inquiétant pour les Français. À titre personnel, je ne crois d’ailleurs pas que l’Europe puisse devenir un grand tout où les Nations se dissoudraient spontanément. Ce pas, cette enjambée historique, notre ambition de solidarité européenne devait logiquement y pousser la gauche, forte encore une fois de sa vocation internationaliste. Pourtant, au Parti socialiste, par crainte de la division et du retour du syndrome de 2005, nous restons vulnérables à la pression nationaliste, et, depuis cette date, nous avons tendance à éluder la question européenne.

Refuser le pas fédéral, un nouveau mouvement pour l’intégration européenne, c’est donc en fait s’arrêter au milieu du gué, laisser l’Europe inachevée et la condamner à l’échec.

Le problème est que la crise européenne impose justement, selon moi, aujourd’hui de franchir ce pas. Pourquoi ? Les sociaux-démocrates européens ont toujours eu une vision de l’Europe en deux étapes : l’accomplissement du marché unique et de l’union monétaire devait être le prélude à une plus grande efficacité économique qui permettrait alors de construire l’Europe sociale. Or cette Europe sociale se fait attendre depuis trop longtemps, et notamment parce que l’Union économique a été lourdement mise à mal par la crise de 2008 et ses succédanés. Refuser le pas fédéral, un nouveau mouvement pour l’intégration européenne, c’est donc en fait s’arrêter au milieu du gué, laisser l’Europe inachevée et la condamner à l’échec. Jamais nous ne ferons l’Europe sociale sans consentir un nouveau pas dans la construction économique, et donc politique, de l’Europe. » […]

 

Les solutions de la droite face au chômage n’apportent pas les bonnes réponses, et donc les bons résultats : c’est le sens de l’extrait que je vous propose de lire demain sur mon blog.

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