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Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : Contre les solutions de la droite face au chômage (13/15)

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 06/11/2013 à 19:57

La politique de l’emploi est au cœur des engagements de ce gouvernement, aux côtés de François Hollande. En ce sens, nous nous opposons fermement aux propositions de la droite pour lutter contre le chômage. J’explique cette opposition dans l’extrait ci-après.

 

Extrait 13 : Contre les solutions de la droite face au chômage

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Devrions-nous troquer le chômage de masse contre un marché du travail moins dual, mais marqué par la multiplication des contrats précaires ?

« Les fausses pistes, d’abord. Devrions-nous troquer le chômage de masse contre un marché du travail moins dual, mais marqué par la multiplication des contrats précaires ? L’arbitrage serait-il entre le chômage de masse et les « minijobs » allemands à 400 euros mensuels, ou les « contrats zéro heure » britanniques ? Je ne le crois pas, et je pense que c’est exactement à quoi nous mènerait la politique de l’emploi que l’opposition souhaiterait nous voir mener.

Il faut tout d’abord sortir d’un niveau de déficit insoutenable, ensuite mettre davantage l’accord sur la formation et l’accompagnement des demandeurs d’emploi.

Deuxième choix à exclure, de mon point de vue, et auquel la droite nous invite : croire que la solution évidente à un chômage endémique résiderait dans le démantèlement de notre système d’assurance-chômage, alors que celui-ci permet plutôt d’amortir les effets d’un retournement de conjoncture. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas le réformer. Il faut tout d’abord sortir d’un niveau de déficit insoutenable, qui n’est pas uniquement lié à la conjoncture dégradée, ensuite mettre davantage l’accord sur la formation et l’accompagnement des demandeurs d’emploi. À nous, à la gauche, de négocier ce tournant.

Contre le chômage, j’ai donc la conviction que nous avons engagé les réformes fondamentales dont le pays a besoin, mais que nous pouvons faire plus.

Contre le chômage, j’ai donc la conviction que nous avons engagé les réformes fondamentales dont le pays a besoin, mais que nous pouvons faire plus. Cela sera notamment le cas en nous appuyant sur le nouveau capitalisme d’entreprise que nous avons commencé à réintroduire en France, qui est porteur d’emplois durables dans le secteur marchand.

 

Cela sera aussi le cas en nous appuyant sur le développement des services et l’emploi des non-qualifiés. Les services demeureront l’heureux complément d’une économie à haute valeur ajoutée. La France a, à cet égard, un retard dans certains services qui constituent un réservoir d’emplois protégés de la concurrence internationale et ne demandant que peu de qualifications comme le commerce, l’hôtellerie-restauration, la santé et l’action sociale. » […]

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Demain, retrouvez un autre extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte », dans lequel je parle notamment de la crise financière.

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Un commentaire

  • Patclo dit :

    Je joins une analyse de M Waechter (Natixis):
     » 1- La situation de ralentissement de l’inflation que l’on connaît actuellement en zone Euro est la consèquence directe de la politique d’austérité qui depuis 2011 déprime la demande interne. Il n’y a pas de pression sur l’activité. Cela oblige certains pays à ajuster à la baisse les salaires pour retrouver des marges de manoeuvre accentuant l’absence de pression sur les prix (Inflation en baisse en Grèce, proche de 0 en Espagne)

    2-Un autre aspect est le surplus du compte courant de la zone, 3% c’est un chiffre élevé! Cela signifie que la zone Euro accumule de l’épargne et investit peu (taux éparnge>au taux d’investissement)
    Le schéma en zone Euro est plus une accumulation d’actifs ce qui se traduit par une contribution plus réduite de la croissance mondiale
    On comprend mieux la logique du taux d’inflation réduite de la zone euro: en déprimant la demande interne il n’y a pas de tension sur le système productif et donc pas d’inflation

    3-le deuxième étage de la politique économique de la CE est en marche Après des politiques de réduction des défcits à marche forcée qui ont engendré une récession profonde et durable,l’objectif est d’engager un compte courant excédentaire fort et durable ce qui accentura les pressions sur l’emploi et ne permettera pas le retour de la croissance en zone euro….. »

    A l’aube de cette analyse partielle ci dessus on comprend mieux aussi les déclarations du Président de la Commission Européenne M Draghi et la baisse du taux de la CE

    Nota: Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’analyse sur sur le bog de P Waechter

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