Mon interview parue aujourd’hui dans Les Echos

 Conférence économique Afrique-France aujourd’hui à Bercy

La croissance de l’Afrique et celle de la France sont indissociablement liées : cette conviction, je l’ai détaillée dans l’interview publiée aujourd’hui dans le quotidien Les Echos. Cet entretien s’inscrit dans la journée de conférence pour un nouveau modèle de partenariat économique entre l’Afrique et la France que j’ai accueillie aujourd’hui à Bercy.

 

Pierre Moscovici : « Nous voulons doubler les échanges commerciaux avec l’Afrique d’ici à cinq ans »

 

Le déclin des positions économiques françaises en Afrique est-il inéluctable ?

Nos parts de marché se sont réduites mais la France conserve une position très forte en Afrique. Nous devons refonder notre relation avec ce continent pour prendre en compte une nouvelle réalité : l’Afrique est en pleine émergence économique.

Nos parts de marché se sont réduites mais la France conserve une position très forte en Afrique. Nous devons refonder notre relation avec ce continent pour prendre en compte une nouvelle réalité : l’Afrique est en pleine émergence économique. C’est la deuxième destination citée par les investisseurs après l’Asie. Voilà une opportunité formidable pour notre pays, qui dispose d’atouts essentiels : 85 % des francophones dans le monde seront africains d’ici à 2050 et la France accueille encore aujourd’hui trois fois plus d’étudiants africains que les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. Je crois aussi que les Africains sont sensibles au courage de la France, quand le président de la République décide d’intervenir au Mali ou en République centrafricaine.

Quel est votre objectif ?

Nous voulons, avec Nicole Bricq, doubler nos échanges commerciaux d’ici à cinq ans. Ce qui pourrait permettre tout simplement la création de 200.000 emplois en France !

Nous voulons, avec Nicole Bricq, doubler nos échanges commerciaux d’ici à cinq ans. Ce qui pourrait permettre tout simplement la création de 200.000 emplois en France ! Chaque année, l’Afrique contribue déjà pour 0,1 point à la croissance de l’économie française et on peut faire beaucoup mieux encore. Pour cela, il nous faut passer d’une logique de rente, de stock, marquée par des positions acquises, parfois exclusives, à une logique de projets, une logique de flux. D’où l’organisation de ce sommet pas comme les autres, qui répond à un triple objectif : la paix et la sécurité, le climat, l’économie.

 

Les Africains ont le choix de leurs partenaires, ­comment leur faire privilégier la France ?

Nous devons être à l’offensive comme nos concurrents, pas en retrait. La frilosité est absurde. La croissance de l’Afrique et la croissance de la France sont indissociablement liées.

En s’appuyant sur cette logique de flux, au cœur du rapport qui m’est remis aujourd’hui par Hubert Védrine. Les flux humains : cela veut dire favoriser la détection et la promotion de jeunes talents entrepreneuriaux. Les flux économiques et commerciaux : c’est la politique de colocalisation, qui consiste à s’implanter sur place pour conquérir des marchés ensemble. Car l’Afrique n’est plus seulement une terre de ressources naturelles, mais aussi de transformation et de ­consommation. Rien à voir avec la délocalisation : quand la société Aircelle développe un projet au Maroc, ce sont 300 emplois créés sur place et 300 autres en France. Les flux financiers, enfin : nous devons être moins frileux en soutenant davantage les investissements en Afrique, et je lance ici un message aux banques françaises. Il faut arrêter de surévaluer les risques. Nous devons être à l’offensive comme nos concurrents, pas en retrait. La frilosité est absurde. La croissance de l’Afrique et la croissance de la France sont indissociablement liées.

Comment convaincre les acteurs français ?

La conférence « Pour un nouveau modèle de partenariat économique entre l’Afrique et la France », que j’organise aujourd’hui à Bercy, ouvre la voie. Le succès de cette manifestation dépasse nos attentes.

La conférence « Pour un nouveau modèle de partenariat économique entre l’Afrique et la France », que j’organise aujourd’hui à Bercy, ouvre la voie. Le succès de cette manifestation dépasse nos attentes. Plus de 550 entreprises africaines et françaises seront présentes, ainsi que plusieurs chefs d’Etat, à commencer par François Hollande. Nous allons mettre en scène de nombreux projets concrets et montrer qu’une classe entrepreneuriale vibrante émerge. Il faut lui faire confiance, en France comme en Afrique.

La Chine triche-t-elle avec un yuan sous-évalué ?

Nous ne devons pas avoir peur de la Chine, où j’étais la semaine dernière. Elle est présente en Afrique ; à nous d’être compétitifs, complémentaires. Il est vrai cependant qu’une monnaie doit refléter des fondamentaux économiques, et je suis extrêmement attentif sur cette question.

 

 

La « Françafrique » est-elle vraiment derrière nous ?

Nous voulons promouvoir avec l’Afrique un partenariat ambitieux et respectueux. L’enjeu est si fort qu’il doit mobiliser tous les ministères.

Tout a changé. Il n’y a pas de ministre chargé de l’Afrique dans notre gouvernement. Et nous voulons promouvoir avec l’Afrique un partenariat ambitieux et respectueux. L’enjeu est si fort qu’il doit mobiliser tous les ministères. Pour ce qui nous concerne à Bercy, nous sommes pleinement engagés, depuis longtemps, avec nos partenaires africains.

Propos recueillis par Yves Bourdillon, Etienne Lefebvre et Virginie Robert

19 réflexions au sujet de « Mon interview parue aujourd’hui dans Les Echos »

  1. COCORICO EUROPEEN LA FRANCE EXCELLE DANS SES STARTS UP HEHEHE ;o)

    le palmarès des 500 start-up à la plus forte croissance établi par le cabinet Deloitte sur la zone Europe-Afrique-Moyen Orient, la France serait un terreau fertile pour les jeunes pousses de l’économie numérique. Comme cette entreprise specialisé dans le cinema numerique 59096% et les autres starts up internet

    a quand une francaise start up en moteur de recherche europeenne!!!!

  2. Une majorité de Français (61%) estime « nécessaire de faire des économies » sur les dépenses publiques « quitte à fermer certains services publics », selon un sondage Ifop paru mardi 3 décembre.
    A la proposition « il est nécessaire de faire des économies budgétaires compte tenu de l’ampleur des déficits publics et de la dette, quitte à fermer certains services publics », 61% des personnes interrogées répondent oui, tandis que 39% jugent « nécessaire de garder les services publics à proximité des usagers sur l’ensemble du territoire

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