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Interview parue aujourd’hui dans Le Figaro sur PSA

Catégorie : Actualité | Par pierre.moscovici | 20/02/2014 à 9:44
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Je m’exprime aujourd’hui dans le quotidien Le Figaro sur l’entrée de l’État et du constructeur chinois Dongfeng dans le capital de PSA. Retrouvez ci-dessous cet entretien, dans lequel j’affirme l’ancrage du constructeur automobile français dans notre pays, et ses perspectives de développement renouvelées à l’international.

INTERVIEW – Ancien député du Doubs et ancien président de la communauté d’agglomération du pays de Montbéliard, Pierre Moscovici connaît les Peugeot de ­longue date. Aujourd’hui ministre de l’Économie et des Finances, il s’est impliqué dans l’opération de sauvetage de PSA. Il explique au Figaro quel sera le rôle de l’État actionnaire.

LE FIGARO. – Quel rôle l’État vient-il jouer dans l’opération annoncée ce mercredi par PSA?

Nous sommes ­intervenus dans une grande ­discrétion, ce qui était un gage d’efficacité, mais avec déter­mination. Je me suis person­nellement impliqué, à la fois comme pilote de l’État action­naire et comme interlocuteur des Chinois.

Pierre MOSCOVICI. - L’État a été très présent, tout au long des derniers mois et depuis qu’il a ­apporté sa garantie à la ­banque de PSA, et jusqu’à cet aboutissement. Cette négociation longue et complexe a représenté des centaines d’heures de travail pour moi-même et pour nos ­équipes. Nous sommes ­intervenus dans une grande ­discrétion, ce qui était un gage d’efficacité, mais avec déter­mination. Je me suis person­nellement impliqué, à la fois comme pilote de l’État action­naire et comme interlocuteur des Chinois.

L’État intervient ici comme un investisseur avisé et stratégique, qui va participer à une opération qui donnera à PSA des moyens pour investir et pour assurer son ancrage français. Je pense qu’il est parfaitement légitime que nous l’aidions à écrire une nouvelle page de son histoire. Et je suis fier de cet aboutissement.

Ne craignez-vous pas que l’attelage de trois actionnaires aussi différents que l’État, la famille Peugeot, et le groupe chinois Dongfeng, ait du mal à fonctionner? L’État aura-t-il la possibilité de s’opposer à de grandes décisions stratégiques par exemple?

L’État français sera un actionnaire pri­mordial de PSA et, à ce titre, il sera écouté. Il est évidemment porteur de l’intérêt général.

Non. Ces trois parties n’agissent pas de concert et défendent chacun leur point de vue, mais, j’en suis sûr, souhaiteront tous le ­succès de PSA, son essor à l’international. De plus, la gouvernance que nous avons prévue, avec un conseil dont la moitié des membres seront indépendants et un directoire disposant de la confiance du conseil de surveillance en charge de la conduite opérationnelle de l’entreprise, me paraît de nature à garantir un bon fonctionnement. L’État français sera un actionnaire pri­mordial de PSA et, à ce titre, il sera écouté. Il est évidemment porteur de l’intérêt général. PSA doit agir comme une entreprise, et prendre ses décisions en tant que telle.

Votre proximité avec PSA et la famille Peugeot a-t-elle contribué à cette opération ?

Je suis un élu d’un «territoire Peugeot» par excellence ! Mais j’ai agi dans ce ­dossier en tant que ministre de l’Économie, au nom de l’intérêt général avec le souci de l’avenir du groupe et de ses salariés.

Je suis effectivement un élu d’un «territoire Peugeot» par excellence! Mais j’ai agi dans ce ­dossier en tant que ministre de l’Économie, au nom de l’intérêt général avec le souci de l’avenir du groupe et de ses salariés. Je n’ai pas de relations amicales à proprement parler avec la famille Peugeot, mais j’ai appris à les connaître – encore mieux ces derniers mois d’ailleurs! Cela a pu aider, car l’économie est ­parfois affaire de psychologie. Or nous avons pu nous parler en confiance, mais franchement aussi.

Combien de temps l’État restera-t-il actionnaire de PSA?

L’État n’est en tout cas pas là pour faire un aller-retour! C’est un actionnaire de long terme. Il restera aussi longtemps que nécessaire.

Accepterez-vous que PSA décide de construire le cas échéant une nouvelle usine dans une zone à bas coûts de production?

L’accord industriel conforte l’ancrage français de PSA, puisqu’il promet à chacune de ses usines en France un ­nouveau véhicule par an jusqu’en 2016.

L’essentiel, à mes yeux, c’est ce que prévoit l’accord industriel qu’a conclu PSA, avec notamment le maintien de 75% de la recherche du groupe en France. Et il conforte son ancrage français, puisqu’il promet à chacune de ses usines en France un ­nouveau véhicule par an jusqu’en 2016. J’y serai bien sûr plus qu’attentif, vigilant. Mais, je le répète, PSA doit être et sera géré comme une entreprise.

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