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Confiance

Catégorie : Actualité,Réflexions | Par pierre.moscovici | 26/02/2014 à 19:16

Confiance

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Je reviens sur ce blog, sur lequel j’écris trop peu faute de temps, pour vous dire ma confiance : la croissance redevient notre perspective commune.

De Washington à Paris, en passant par Sydney, du G20 à l’Eurogroupe, en passant par le Conseil stratégique de l’attractivité, du travail sur la dépense publique à la préparation du pacte de responsabilité, en passant par celle de l’entrée du capital de PSA, mon action n’a qu’un sens : favoriser le retour de la croissance dans le monde, en Europe et en France, pour permettre la création d’emploi et le recul du chômage. Je reviens sur ce blog, sur lequel j’écris trop peu faute de temps, pour vous dire ma confiance : la crise n’est pas achevée, ou plutôt ses effets se font encore sentir, mais la croissance redevient notre perspective commune.

Mon action n’a qu’un sens : favoriser le retour de la croissance dans le monde, en Europe et en France, pour permettre la création d’emploi et le recul du chômage.

Les résultats de l’économie française, tout d’abord, le démontrent. En 2013, notre pays aura connu une croissance de 0,3%. C’est peu, et je ne saurais bien sûr m’en satisfaire. Ce n’est pas assez pour baisser le chômage. Ce n’est pas assez pour éviter les difficultés de beaucoup d’entreprises. Ce n’est pas assez pour redonner aux Français un moral à la hauteur de leurs capacités. Mais, clairement, la tendance est positive. Car ce chiffre est supérieur à celui de la zone euro, qui en 2013 a subi une croissance négative. Il est supérieur à nos propres prévisions (+ 0,1%). Il est supérieur à ce que prédisaient les instituts de conjoncture à l’été (- 0,2%). Il est comparable au résultat de l’Allemagne (+ 0,4%). Il est surtout inscrit au cœur d’une reprise dans toute la zone euro, qui s’est manifestée partout au dernier trimestre de 2013 (+ 0,3%). Et il repose à la fois sur une amélioration pendant ce trimestre, du commerce extérieur, sur une consommation soutenue (+ 0,5%) et sur un redémarrage, pour la première fois depuis plus de deux ans, de l’investissement productif (+ 0,9%). L’économie française, clairement, est repartie de l’avant, et je m’en félicite.

La tâche d’un politique digne de ses responsabilités, c’est de travailler au redressement de la France, sans ignorer ses handicaps, mais en étant fier de ses atouts, conscient de son potentiel : c’est ce que je m’efforce de faire dans la mission lourde, et importante, qui m’a été confiée par le chef de l’Etat.

Qu’on me comprenne bien : je ne suis pas un adepte de la méthode Coué, je connais mieux que quiconque les faiblesses de notre économie, le chemin qui lui reste à faire. Mais je ne supporte pas, je ne supporte plus le « french bashing », ce dénigrement systématique de notre pays auquel se complaisent certains médias anglo-saxons, mais aussi une droite qui confond l’opposition au gouvernement – par définition légitime en démocratie – et l’abaissement volontaire de notre pays. Nous sommes désormais sur une tendance annuelle de croissance de 1% pour 2014, et la Commission européenne prévoit 1,7% en 2015 et les années suivantes. Il faut faire mieux, il faut faire plus, c’est le sens même du pacte de responsabilité lancé par le Président de la République, François Hollande, le 14 janvier dernier. Mais c’est tout de même la preuve que notre économie est solide, résiliente, créative, que la France conserve un potentiel considérable, celui d’une grande économie, la 5ème du monde, dont les entreprises sont présentes sur l’ensemble des continents – je le vérifiais encore ces derniers jours en Australie et au Japon où j’ai rencontré à la fois de grandes entreprises, présentes en France et prêtes à y investir plus, et le Premier ministre Shinzo Abe. La tâche d’un politique digne de ses responsabilités, c’est de travailler au redressement de la France, sans ignorer ses handicaps, mais en étant fier de ses atouts, conscient de son potentiel : c’est ce que je m’efforce de faire dans la mission lourde, et importante, qui m’a été confiée par le chef de l’Etat.

Je vois le regard porté sur la France se modifier, et la conscience que notre pays, loin d’être en déclin ou d’être « l’homme malade de l’Europe », se réforme, se transforme, a pris le virage de la compétitivité, progresse.

Oui, la France a un avenir, oui, la France est une puissance crédible, oui, elle peut être encore plus forte demain qu’elle ne l’est aujourd’hui. C’est tout le sens de l’action que nous conduisons depuis 2012. Ce quinquennat est, je l’ai dit, un mandat de redressement, au terme d’une période de crise mondiale, de dérèglements majeurs européens et d’échec français sous dix ans de gouvernements de droite. Sur tous ces terrains, nous avons déjà avancé. Le climat de l’économie mondiale a heureusement évolué. Dans les nombreuses instances internationales auxquelles je participe au nom de la France – le G20, le G7, les Assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale, l’Eurogroupe, le Conseil Ecofin – ce sont désormais la croissance et l’emploi qui constituent notre objectif partagé : je m’en suis réjoui, et suis fier que la voix française ait contribué fortement à cette nouvelle orientation. Je participe au G20 depuis deux ans, et puis témoigner que le ton y a changé. On y parle moins, désormais, des craintes de l’effondrement de la Grèce ou de la zone euro, des perspectives d’austérité budgétaire, mais davantage de la croissance. La dernière réunion du G20, sous présidence australienne, a permis d’affirmer qu’une meilleure coordination des politiques de réformes économiques nationales devait permettre une amélioration de la croissance mondiale de l’ordre de 2% sur cinq ans : c’est aussi ma conviction, et la position que je défends. La zone euro, désormais stabilisée sur le plan financier, consolidée par les avancées vers l’Union bancaire, doit se tourner également vers la croissance : c’est le sens des initiatives définies en commun par la France et l’Allemagne, en matière énergétique  ou dans l’harmonisation fiscale en particulier. De même, je vois le regard porté sur la France se modifier, et la conscience que notre pays, loin d’être en déclin ou d’être « l’homme malade de l’Europe », se réforme, se transforme, a pris le virage de la compétitivité, progresse. A cet égard, la réunion à Paris d’un Conseil stratégique de l’attractivité, autour du Président de la République, de dizaines de chefs d’entreprises mondiaux, comme sa visite d’Etat aux Etats-Unis auront été des réussites, dont l’impact se jugera dans la durée.

Nous ne sommes qu’à mi-chemin du travail de réformes sans précédent que nous avons à conduire pour rendre la France plus compétitive, plus attractive, plus créatrice d’emploi, grâce à une croissance plus forte reposant davantage sur l’investissement des entreprises.

Toutefois, je l’ai dit, l’autosatisfaction serait inconvenante et stupide. La France vient juste de retrouver son niveau de production de 2008, avant la crise – nous sommes les seuls en Europe à l’avoir fait, Allemagne à part, mais cela permet de mesurer l’ampleur du choc que nous avons subi. Le taux de chômage reste supérieur à 10%, et de nombreuses entreprises connaissent encore des difficultés. Je n’ignore rien de tout ça. Nos déficits enfin, se réduisent, mais continuent d’exiger constance et effort. C’est dans cet esprit que je poursuivrai le dialogue avec la Commission européenne, dont les remarques ne me choquent pas mais appellent une réponse crédible, pour confirmer à la fois la solidité de nos engagements et notre volonté de voir la croissance repartir. Nous ne sommes qu’à mi-chemin du travail de réformes sans précédent que nous avons à conduire pour rendre la France plus compétitive, plus attractive, plus créatrice d’emploi, grâce à une croissance plus forte reposant davantage sur l’investissement des entreprises. Je ne me satisfais pas d’une croissance annuelle de 1% : nous devons faire plus, dès 2014, et nous en avons le potentiel. C’est bien l’enjeu du pacte de responsabilité : réformer le financement de la protection sociale pour la compétitivité, rendre la fiscalité plus stable et plus favorable à l’investissement, simplifier les relations entre l’administration et l’entreprise, avec à la clé des engagements clairs et mesurables à développer le dialogue social, à faciliter la création d’emploi. Dans les semaines qui viennent, je l’espère et je le crois, ce grand compromis économique et social, qui permettra à notre économie de se réformer, sera conclu.

J’ai la conviction que notre politique est à la fois efficace, juste, progressiste, bref qu’elle est l’intérêt général même.

C’est aussi l’enjeu du vaste travail de reformulation des politiques publiques, menant à 50 milliards d’euros d’économies sur la dépense publique entre 2015 et 2017, qui est conduit autour du Président de la République. C’est en effet la condition de notre crédibilité, de la réduction nécessaire des déficits et de dette publique, de l’utilisation des ressources de notre économie en faveur de la production puis, ultérieurement, d’une meilleure redistribution des richesses. Cette politique est courageuse, elle est difficile, je comprends qu’elle fasse débat. J’ai la conviction qu’elle est à la fois efficace, juste, progressiste, bref qu’elle est l’intérêt général même. La France y joue une partie de son avenir : c’est pourquoi elle doit réussir.

Ma fonction me prend entièrement, elle m’amène à voyager beaucoup, elle exige un travail énorme, souvent discret. Cette tâche me passionne, elle me mobilise complètement.

Nous sommes à la croisée des chemins. Ma fonction me prend entièrement, elle m’amène à voyager beaucoup, elle exige un travail énorme, souvent discret – à l’image de l’action que j’ai menée patiemment, depuis plus d’un an, pour permettre à PSA de trouver de nouveaux partenariats industriels et financiers. Cette tâche me passionne, elle me mobilise complètement. Elle ne me rend pourtant pas, je vous l’assure, aveugle et sourd. Je crois au multilatéralisme, je suis un Européen de cœur et de raison, mais je ne suis pas devenu un de ces techniciens de l’économie mondialisée, sûrs de leur savoir et loin des peuples, dont on fait souvent la caricature, parfois avec facilité. Je suis, je reste, un responsable politique, élu d’un territoire ouvrier, le Pays de Montbéliard, un socialiste attaché à l’avènement d’une société plus solidaire, un social-démocrate convaincu de la pertinence d’une action réformiste. A ce titre, je n’ignore rien des souffrances de beaucoup de Français, des doutes et des inquiétudes d’une partie de notre électorat, qui aurait préféré une approche plus traditionnelle, que la période exceptionnelle dans laquelle nous sommes arrivés au pouvoir ne permet pas. Cela ne doit pas nous conduire à baisser les bras, à renoncer à la nécessité des efforts qu’exige une politique de redressement, ni à céder à des tentations anti-européennes qui peuvent émerger ici ou là, y compris à gauche. Il  faut sans doute expliquer davantage, communiquer mieux, entraîner plus, mais en aucun cas reculer, plier ou freiner.

J’ai confiance – confiance dans la capacité de l’Europe à se réorienter, confiance dans le potentiel de l’économie française, confiance dans la détermination du Président de la République et du Gouvernement.

Car, j’en ai la conviction, les choix faits sont les bons. Parce qu’ils produisent déjà de premiers résultats et ont inversé la tendance négative des années Sarkozy. Parce qu’ils sont la condition même du redressement du pays. Je vous l’ai dit en commençant, j’ai confiance – confiance dans la capacité de l’Europe à se réorienter, confiance dans le potentiel de l’économie française, confiance dans la détermination du Président de la République et du Gouvernement. Le fatalisme, le déclinisme, le pessimisme semblent parfois être la marque de notre temps. Ils nourrissent l’esprit d’une époque prompte à la rumeur et à la dérision, qui cachent les vrais enjeux et dissimulent les mérites d’une action en profondeur. Pour ma part, je ne me résigne pas à la fatalité supposée de la montée des populismes, à la droitisation prétendument inéluctable de la France. Au contraire, c’est à partager cette confiance, fille de la volonté et de la raison, que je vous appelle, notamment en vous mobilisant pour les échéances électorales qui nous attendent au Printemps – les élections municipales, source des forces de la famille socialiste, les élections européennes, essentielles pour notre avenir. La confiance se mérite, je le sais. Elle se conquiert, elle se défend aussi. Continuons le combat.

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16 commentaires

  • NEWS dit :

    Pas de Guerre
    La France c’est la Mère Internationale des Etats Unis d’Amerique et de la Grande Russie qui se met en travers :o) de l usa et de la russia

    La France va mettre le OLA sous peu en disant sa suffit mes filles entre obama et poutine la france doit continuer en effet de commercer tant avec nos usa et notre russie pas de quartiers ;o) pour accelerer rapidement notre croissance national et internationale qui part ainsi que les usa et la russia :o) ce sont nos allié(e)s nos ami(e)s du monde :o) nous avons besoin des deux car tous nos americains americaines et nos russes et russettes se trouvent actuellement sur notre sol de france aussi !

    La France a commercé de par le passé le présent actuel avec la grande russie et la grande usa il est necessaire de surintensifier nos relations francaises europeennes entre nos deux pays amis et alliés :o) les usa et la russia pas de quartiers quoiqu elles en disent toutes les deux : la france s y mettra tout d un coup au milieu en disant sa suffit usa et russia je suis la patrie des droits de l homme je ne tolere pas la guerre dans le monde ni la haine

    ;o) on compte sur vous MR MOSCOVICI pour taper du poing sur la table lors des sommets nationaux europeens et internationaux : la france commercera tant avec la usa qu avec la russia point barre !!!! :o)

    Que dit le Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » « Aimez-vous les nations les unes les autres comme je vous ai aimés » premier commandement de la thorah de la bible et du coran :o) et de Dieu :o)

    L Allemagne a commercé beaucoup avec la grande russie pour les jo et cie d ailleurs qu avec les usa !

    La France prend le pas c’est tres bien d ailleurs avec la compagnie des alpes les superbes installations de sotchi ….l’entreprise qui a réalisée les superbes ceremonies d ouverture des jo et de cloture des jo …. et en profitera pour aider les usa a organisé de futur jo sur son sol !

    Le president du comité internationale l a dit je veux un monde de sport de progres des nations un monde de prospérité des nations un monde de joie et de bonne humeur sur cette planete lui aussi fait un hyper enorme effort pour rassemblées toutes les nations dans les jo de sotchi et les prochains jeux de la jeunesse olympique a nanjing etc….vont débutés bientot….

    Pour notre France : L’économie est un vecteur de développement humain benefique a la prosperité des nations de par le monde construire est l’activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l’échange et la consommation de biens et de services, la protection de l environnement entre les differents pays etc….

    La France doit demander de l aide a l usa et a la russie pour accelerer son develloppement territorial de notre territoire main dans la main la france mère internationale de l usa et de la russie a besoin des ces filles respectives :o)

    Le Tres Grand Lafayette le dit de vive voix :
    Tout gouvernement a pour unique but le bien commun de l humanité. Heureusement que Marie Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, marquis de La Fayette est là :o)
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3f/Gilbert_du_Motier_Marquis_de_Lafayette.PNG

  • patclo dit :

    On ne peut pas dire que les médias vous aident dans la restauration de la confiance Le journal Le Monde titrait hier: « le chomage a encore augmenté » M^me si ce dernier a augmenté en janvier, au 4eme trimestre 2013, le chomage a baissé selon l’info flash de l’Insee: »Au quatrième trimestre 2013, l’emploi dans les secteurs marchands non agricoles augmente légèrement (+14 700 emplois, soit +0,1 %, après -15 600 emplois au troisième trimestre 2013). » Malheureusement votre message est totalement descrédité par les dits médias, ceux ci s’appuyant comme sur France 2 sur des pseudo économistes qui présentent en permanence des reportages à charge contre le gouvernement!
    Autre chose, il arrive souvent que ces m^mes médias présentent les analyses de la CE et du FMI sur le cas France et bien souvent, ces présentations ne sont pas corrélées par vos interventions immédiates pour expliquer le décalage entre les analyses du FMI, de CE et les votres. Je sais, j’insiste grossièrement sur les médias, mais je pense sincèrement que l’information est actuellemnt dévoyée. D’ailleurs l’on comprends quant on lit l’article sur l’affaire Copé
    Bon courage

    • Mauprat dit :

      Globalement d’accord avec patclo. Le rôle des grands médias est effectivement pernicieux surtout quand ils adoptent un positionnement people. Quant au chômage,sa hausse de janvier est tellement insignifiante qu’on peut parler d’une quasi-stabilité,en fait depuis septembre: c’est normal puisque la croissance reste encore très faible. On sait donc ce qu’il reste à faire!…

  • barrein dit :

    continuez monsieur ne lachez rien merci

  • barrein dit :

    continuez monsieur ne lache rien merci

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