Dans les médias

Entretien avec l’hebdomadaire Investir – Le Journal des Finances

Catégorie : Actualité,Europe / International | Par pierre.moscovici | 10/03/2014 à 13:04

J’ai répondu aux questions d’Investir – Le Journal des Finances sur l’actualité économique française et internationale, et sur nos réformes pour redresser le pays. J’y développe nos ambitions pour le PEA-PME, je reviens sur la situation en Ukraine, sur l’euro, sur la réduction des déficits, ou encore sur le Pacte de responsabilité avec les entreprises et sur les monnaies virtuelles.

Voici un extrait de mon interview :

 

Le décret d’application du PEA-PME vient de paraître. Quelles sont vos ambitions pour ce nouveau produit de placement ?

Actuellement, seuls 3% des 77 milliards d’euros d’encours détenus sur les 5 millions de plans d’épargne en actions (PEA) bénéficient à ces entreprises, c’est beaucoup trop peu.

Notre ambition est de favoriser une réorientation de l’épargne des ménages vers le financement des PME et des ETI. Actuellement, seuls 3% des 77 milliards d’euros d’encours détenus sur les 5 millions de plans d’épargne en actions (PEA) bénéficient à ces entreprises, c’est beaucoup trop peu. Selon les hypothèses retenues, l’épargne collectée dans le cadre du PEA-PME pourrait être de l’ordre de 1,2 à 4,8 milliards d’euros à court terme. Pour les épargnants, le PEA-PME, dont le plafond sera de 75.000 €, apportera les mêmes avantages fiscaux que le PEA. Par ailleurs, je tiens à rappeler que le plafond du PEA passe de 132.000 € à 150.000 €. Cela signifie pour un particulier qu’il peut épargner en actions dans le cadre de ce dispositif jusqu’à 225.000 €.

Quels sont les critères retenus pour être éligible au PEA-PME? Allez-vous publier une liste de sociétés une fois par an ? Que se passera-t-il si une entreprise sélectionnée dans un PEA-PME ne respecte plus les critères ?

Les règles relatives aux modalités d’ouverture du PEA-PME seront identiques à celles applicables au PEA.

Les règles relatives aux modalités d’ouverture du PEA-PME seront identiques à celles applicables au PEA. Les seuils pour l’éligibilité des entreprises au PEA-PME sont appréciés sur la base des comptes de la société émettrice des titres concernés et, le cas échéant, de ceux des sociétés avec lesquelles elle constitue un groupe. L’appréciation de l’éligibilité des entreprises se fera de manière simple au moment de l’investissement. De fait, les actions achetées alors que l’entreprise était une ETI resteront comptabilisées comme des actions d’une ETI même si elle a quitté cette catégorie en raison de sa croissance.

Les intérêts des entreprises françaises en Russie sont-ils menacés du fait du conflit en Ukraine? Recommandez-vous d’arrêter d’investir en Russie?

La transition démocratique que connaît l’Ukraine annonce des perspectives de réformes et d’ouverture propices à l’investissement dans ce pays, qui a vocation à renforcer ses liens avec l’Union européenne.

Notre priorité est à la désescalade dans l’intérêt de tous, de la Russie comme de ses partenaires économiques. Personne n’a rien à gagner dans des aventures militaires sans lendemain, en violation du droit international. Si elle devait rester sourde aux appels de la communauté internationale, la Russie s’exposerait par son action à un isolement croissant, et ce sont ses intérêts qui seraient alors exposés. La transition démocratique que connaît l’Ukraine annonce, en revanche, des perspectives de réformes et d’ouverture propices à l’investissement dans ce pays, qui a vocation à renforcer ses liens avec l’Union européenne.

Sur le plan macroéconomique, pensez-vous qu’il existe un risque de déflation dans la zone euro ? La monnaie unique n’est-elle pas trop valorisée?

Nous devons concentrer nos efforts sur le redressement de notre appareil productif : c’est tout le sens de la politique que nous menons et que nous allons accentuer avec le pacte de responsabilité.

Le risque de déflation proprement dit semble limité pour le moment. La BCE est bien consciente de l’existence de ce risque et elle est loin d’avoir épuisé tous les outils dont elle dispose pour faire remonter l’inflation. Néanmoins, le risque d’une inflation durablement faible ne doit pas être négligé, car les ajustements de finances publiques ou de compétitivité sont plus difficiles dans un contexte d’inflation basse. Quant au niveau du taux de change, les économistes ont des avis partagés. Néanmoins, l’hétérogénéité de la zone euro ainsi que la persistance des déséquilibres appellent à la vigilance. Nous devons concentrer nos efforts sur le redressement de notre appareil productif : c’est tout le sens de la politique que nous menons et que nous allons accentuer avec le pacte de responsabilité.

Selon la Commission européenne, la France devrait afficher un déficit de 4 % du PIB en 2014, puis de 3,9 % en 2015, alors que vous vous êtes engagés sur une baisse à 3,6 % cette année et 2,8 % l’an prochain. Pis, elle vient de placer la France sous surveillance « renforcée ». Quelles mesures d’urgence allez-vous prendre pour éviter le dérapage du déficit?

Le sérieux budgétaire implique que nous continuions à réduire nos déficits. En 2013, la dépense publique est maîtrisée.

Tout d’abord, ces chiffres sont des prévisions qui restent entourées de nombreux aléas, à commencer par le résultat de l’exécution2013 – que nous n’aurons que fin mars – et les évolutions de l’environnement macroéconomique ; la prévision pour 2015 est fondée sur une hypothèse de travail « à politique inchangée » : il s’agit plus d’une projection que d’une prévision. Le sérieux budgétaire implique que nous continuions à réduire nos déficits. En 2013, la dépense publique est maîtrisée. Le budget de l’Etat est exécuté à 3,4 milliards d’euros en dessous de la loi de finances initiale. Les dépenses d’assurance-maladie devraient s’établir 1 milliard en dessous de la ligne que nous avons fixée. Pour 2014, nous avons mis en place des outils pour gérer les aléas et notamment une « réserve de précaution » sur le budget de l’Etat de 7milliards d’euros. Nous allons poursuivre cet effort comme nous nous y sommes engagés, c’est-à-dire en faisant porter l’intégralité des efforts sur la réduction de la dépense publique à partir de 2015, avec au moins 50 milliards d’euros d’économies prévues sur la période 2015-2017. C’est ce sur quoi nous travaillons actuellement avec le conseil stratégique de la dépense auprès du président de la République : traiter de l’ensemble des dépenses publiques, les passer en revue, les évaluer pour les rendre plus efficaces.

RECUEILLIS PAR FRANÇOIS MONNIER

Vous pouvez consulter la suite de cet entretien, sur le Pacte de responsabilité, la rémunération des dirigeants d’entreprises, l’actionnariat, ou encore la monnaie virtuelle, dans l’édition du samedi 8 mars d’Investir – Le journal des finances ou en suivant ce lien : http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/chat-interview-video/interview/il-faut-reorienter-l-epargne-des-menages-vers-le-financement-des-pme-et-des-eti-956807.php

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