Mon interview dans Les Echos

Dans une interview accordée aujourd’hui au quotidien économique Les Echos, je reviens sur ma vision du rôle et de la composition de la future Commission européenne, sur la nécessité de porter une Europe de l’investissement, et sur la confiance de nos partenaires européens en la France.

Mes réponses à lire ci-dessous :

Il y a beaucoup de candidats pour un poste de commissaire. Est-ce que l’Europe intéresse enfin les dirigeants français ?

La Commission européenne est une institution dont l’importance majeure est désormais reconnue.

C’est une bonne chose. Ça montre que la Commission européenne est une institution dont l’importance majeure est désormais reconnue. Je note qu’il en va de même pour les autres pays dont on connaît les candidats : le profil politique de la prochaine Commission sera relevé, entre les anciens ou actuels Premiers ministres et les anciens ministres. Cela lui donnera la force pour faire bouger les choses. Mais j’ajoute que personne n’est candidat à un poste de commissaire, puisque c’est le président de la République qui décidera, en lien avec le futur président de la Commission. Moi, je ne fais pas campagne, je me prépare en travaillant sur un projet que je sais partagé par le président et le Premier ministre.

En quoi consiste ce projet ?

Les cinq prochaines années doivent donc être consacrées à bâtir l’Europe de l’investissement.

Mon diagnostic est que l’Europe souffre d’une insuffisance d’investissement dans des secteurs d’avenir comme l’énergie, le numérique, les transports ou les télécoms. Nous devons mener une politique qui s’attaque à ce problème pour reconstruire l’économie de l’Europe, et en particulier celle de la zone euro, alors que notre potentiel de croissance s’est réduit. Le mandat de la prochaine Commission est un tournant. Si elle échoue, il sera difficile de poursuivre le projet européen. Les cinq prochaines années doivent donc être consacrées à bâtir l’Europe de l’investissement. L’épargne, abondante, doit être orientée dans ce but. Cela passe par des financements publics et privés, par une politique macroéconomique plus favorable à la croissance et par une politique microéconomique plus active, par une politique industrielle européenne…

Faut-il assouplir le pacte de responsabilité, comme Sigmar Gabriel l’a proposé ?

Nous devons aborder les sujets comme une politique industrielle européenne, une politique sociale et surtout l’usage du pacte de stabilité.

Il faut un « policy mix » moins récessif. Pour la politique budgétaire, il s’agit de savoir comment sortir de la spirale négative du désendettement sans croissance. Ça pose la question d’une éventuelle flexibilité dans l’application du pacte de stabilité – pas celle de sa remise en cause – en contrepartie de réformes structurelles. Ce débat commence à émerger, y compris à Berlin, où je viens de me rendre. Lors de ma rencontre avec Wolfgang Schäuble et Sigmar Gabriel, j’ai vu deux hommes conscients que le déficit de croissance est à l’origine de la montée du vote eurosceptique et de celle de l’extrême droite en France, qui est une préoccupation majeure pour l’Allemagne. Je les crois prêts à aborder des sujets hier tabous comme une politique industrielle européenne, une politique sociale et surtout une réflexion sur l’usage du pacte de stabilité. Il faut absolument refuser le laxisme budgétaire, mais en même temps mettre en place des règles qui prennent en compte la situation de certains pays et les réformes qu’ils mettent en œuvre, comme en France ou en Italie. De ce point de vue, la proposition de Sigmar Gabriel est une percée intéressante, dont les termes devront être précisés et discutés.

N’est-ce pas une façon pour la France d’échapper aux sanctions, avec un déficit qui aura du mal à être à 3 % en 2015 ?

La France doit réduire ses déficits et améliorer sa compétitivité.

Pas du tout ! La France doit réduire ses déficits et améliorer sa compétitivité. Ce sont des problèmes sérieux, auxquels le gouvernement s’attaque. Mais je constate partout une confiance fondamentale en la France. Il n’y a pas d’épée de Damoclès sur la France, dès lors que le chemin des réformes est tenu.

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