Entretien dans l’Est Républicain

Retrouvez ci-dessous des extraits de mon entretien paru aujourd’hui dans le quotidien régional L’Est Républicain :

L’Est Républicain : Votre nomination comme commissaire européen à l’Economie ce mercredi intervient au moment où la France prévoit un nouveau dérapage de ses déficits publics à 4,4%de son PIB en 2014… Abordez-vous vos fonctions par un rappel à l’ordre à votre pays ?

Il y a des règles et en toute hypothèse, la France devra s’y conformer.

Il y a une situation qu’il va falloir examiner, il y a des règles et en toute hypothèse, la France devra s’y conformer. Elle n’entend d’ailleurs pas s’y dérober, j’ai noté sa volonté de tenir ses engagements en matière de réduction des dépenses. C’est une question de crédibilité pour la Commission, pour la France et pour moi-même. C’est décisif.

[…]

Fruit de longues tractations, votre nomination est-elle un moyen, pour la France, d’assouplir la doctrine « austéritaire » de l’Europe ?

La tâche essentielle de la nouvelle Commission sera de réconcilier les citoyens avec le projet européen, en étant capable de créer plus de croissance et plus d’emploi.

Quand on devient commissaire européen, on reste français ; je le suis et j’en suis fier. On conserve ses convictions ; je reste socialiste. Mais on devient le défenseur de l’intérêt général européen. C’est ce qui me guide. Ne raisonnons pas avec des grilles trop traditionnelles de la politique. Ce qui m’importe, c’est qu’après avoir lutté durant cinq ans contre la crise financière, l’Europe passe à une nouvelle phase de dynamique et de croissance. La tâche essentielle de la nouvelle Commission, dont vous aurez noté qu’elle est elle-même très politique, sera de réconcilier les citoyens avec le projet européen, en étant capable de créer plus de croissance et plus d’emploi.

[…]

Avec quels moyens comptez-vous y parvenir ?
L’insuffisance de l’Europe, c’est un défaut d’investissement. C’est la raison pour laquelle le président Jean-Claude Juncker a proposé un plan d’investissements de 300 milliards d’euros sur trois ans.

Que peut-on en attendre du sommet de la croissance prévu début octobre ?
Il importe que cette finalité soit partagée par tous les chefs d’État et de gouvernement. Ils auront à en débattre, la Commission fera des propositions.

Votre nomination met-elle définitivement un terme à votre vie politique en France ?

Je deviens à ce jour pleinement commissaire européen, totalement commissaire européen.

Quand je prendrai mes fonctions à la Commission, j’aurai plus de vingt ans de vie parlementaire derrière moi. J’ai été ministre durant sept ans, ma vie politique en France aura été riche. J’ai aussi dirigé une collectivité locale, la communauté d’agglomération du pays de Montbéliard, et cette expérience me sera très utile. J’aurai 57 ans mardi prochain ; dire jamais n’a pas de sens mais je deviens à ce jour pleinement commissaire européen, totalement commissaire européen. Ce n’est pas un renoncement à la politique, c’est continuer à faire de la politique autrement, à un autre niveau, avec un rôle et des pouvoirs différents.

Recueilli par Nicolas BASTUCK

L’intégralité de cette interview est à retrouver en édition papier de ce jour de l’Est Républicain et à cette adresse (édition abonnés) : http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/09/11/la-france-devra-se-conformer-aux-regles

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