Dans les médias

Articles de novembre 2014


Mon interview par Ouest France aujourd’hui

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Europe / International | Par pierre.moscovici | 28/11/2014 à 14:27

A lire ci-dessous, mon interview par Ouest-France sur les avis de la Commission européenne sur les projets de budget pour 2015 de 16 Etats membres de la zone euro, dont la France.

La France est rappelée à l’ordre par la Commission, mais sans sanctions. C’est un avertissement sans frais ?

Nous avons examiné l’ensemble des budgets des pays de la zone euro. Un certain nombre pose question parmi lesquels la France, l’Italie, la Belgique.

C’est un message clair, objectif, ferme mais ouvert et constructif. Nous avons examiné l’ensemble des budgets des pays de la zone euro. Un certain nombre pose question parmi lesquels la France, l’Italie, la Belgique. L’attitude de la Commission n’est pas punitive, contraignante ou menaçante. Mettre en place des sanctions aujourd’hui aurait été un contre message politique. Parce que cette semaine, ce que l’Europe a fait avant tout, c’est un plan d’investissement pour soutenir la croissance et l’emploi. Cela aurait été contre-productif d’un point de vue économique aussi pour la France, en donnant une image à la fois faible du pays et négative de l’Europe. Mais, il faut vraiment que le message soit pris au sérieux.

D’où un autre rendez-vous fixé début mars ?

D’ici là, on se donne le temps de connaître les chiffres définitifs qui permettront de savoir si tous les efforts nécessaires, en termes de réduction de déficits et de réformes, ont été faits pour 2014.

Oui. D’ici là, on se donne le temps de connaître les chiffres définitifs qui permettront de savoir si tous les efforts nécessaires, en termes de réduction de déficits et de réformes, ont été faits pour 2014. Cela nous permettra aussi d’évaluer plus précisément ceux de 2015 et de voir quelle peut être la trajectoire pour les années ultérieures, avant de formuler une nouvelle recommandation pour la France. La dernière évoquait l’hypothèse d’un déficit en 2015 à 3 %. Elle est manifestement obsolète.

Pas question de lâcher la pression ?

Pour moi, les sanctions sont généralement un échec, car elles sont avant tout une arme de dissuasion.

Pour moi, les sanctions sont généralement un échec, car elles sont avant tout une arme de dissuasion. Quand on sanctionne, cela veut dire que l’on n’a pas réussi à convaincre. Mais s’il s’avère que les efforts nécessaires n’ont pas été faits, la Commission se réserve d’utiliser tous les instruments en sa possession, y compris les sanctions.

Êtes-vous confiant sur la capacité de la France à se réformer ?

La France n’est pas l’homme malade de l’Europe, mais elle a des réformes à poursuivre.

Oui. Et c’est ce que j’attends de la deuxième économie de la zone euro, la cinquième économie mondiale. Je ne supporte pas le french bashing. La France n’est pas l’homme malade de l’Europe, mais elle a des réformes à poursuivre. C’est parce que la Commission pense que ces réformes sont possibles que nous avons accordé ce délai. Ce sont ces progrès-là que nous devons faire ensemble. D’ailleurs, sur ce point, le Premier ministre Manuel Valls a adressé au président de la Commission européenne une lettre stipulant les réformes qu’il comptait entreprendre dans les années futures. Lettre qui est prise en compte, mais qui devra être suivie d’effets. La décision prise aujourd’hui, ce n’est pas « reculer pour mieux sauter ».

[…]

L’intégralité de cette interview est à lire ici : http://www.ouest-france.fr/budget-pierre-moscovici-je-suis-la-pour-faire-respecter-les-regles-3010498?google_editors_picks=true


Le plan européen pour l’investissement : une nouvelle donne – Billet de blog

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 27/11/2014 à 20:31

Le plan européen pour l’investissement : une nouvelle donne

Mercredi a été une journée marquante pour la Commission Juncker et pour l’Europe de la croissance. Une journée placée sous le signe de l’investissement, guidée par le volontarisme politique et réformiste, et marquée par l’annonce d’un plan ambitieux pour relancer un des moteur de notre économie.

Dès l’annonce de ses orientations politiques pour la Commission européenne en juillet dernier, le Président Juncker a fait de l’investissement un axe majeur pour un nouvel élan en Europe. Je partage avec lui une conviction de longue date : l’investissement est indissociable de la relance du projet européen, tourné vers la croissance, l’emploi, la compétitivité. Parlementaire en mission auprès du Premier ministre français, j’avais présenté le mois dernier ma vision de l’Europe de l’investissement, autour de trois analyses centrales : investir, c’est préparer dès aujourd’hui l’avenir ; investir, c’est contribuer à la réussite de projets concrets, utiles pour l’Europe des citoyens ; investir, c’est tourner le dos à l’attentisme et à la passivité, en faisant le choix de l’action.

Le déficit d’investissement est un problème réel en Europe, pourquoi le nier ? La crise économique a fortement et durablement diminué le niveau d’investissement au sein de l’Union européenne. Ce déficit est conjugué au risque d’une croissance durablement faible et d’un chômage de masse persistant sur le continent. Nous ne pouvons pas dresser ce constat sans réagir et agir. L’Europe a un rôle essentiel à jouer en ce sens, elle qui est aujourd’hui à la croisée des chemins. D’où l’impulsion décisive portée par la Commission européenne, à travers son Président, dès le premier mois de son mandat. Je note d’ailleurs avec satisfaction une prise de conscience mondiale de la nécessité d’être collectivement à l’offensive en matière d’investissement. Le communiqué final du dernier sommet du G20 de Brisbane, en soutenant la promotion d’investissements de qualité, exprime clairement ce cap.

Le plan d’investissement présenté hier au Parlement européen par le Président Juncker crée une nouvelle donne en Europe. Après le temps de la stabilisation de la zone euro, celui de la dynamisation de l’économie doit s’imposer. Parce que l’investissement est un volet majeur de cette nouvelle dynamique, une réponse rapide et coordonnée est ici proposée, en lien étroit avec la Banque européenne d’investissement. La BEI sera à n’en pas douter le bras armé de cette Europe de l’investissement que nous voulons faire naître et voir s’épanouir ces prochaines années. La mobilisation de financements supplémentaires, la création d’un environnement plus propice et simplifié, l’élaboration d’instruments financiers plus efficaces, la sélection de projets durables, sont autant d’atouts que nous mettons de notre côté pour combler le déficit d’investissement qui fragilise actuellement l’Europe. Parce qu’il change la manière dont l’argent public est utilisé pour les investissements en Europe et qu’il crée une nouvelle impulsion, je suis convaincu que ce plan est une réponse à la hauteur des attentes exprimées.

Ce plan est ambitieux, crédible et réaliste. Il comprend, et c’est essentiel, la création d’un Fonds européen pour les investissements stratégiques de 21 milliards d’euros. Ce fonds conjugue une garantie de 16 milliards d’euros du budget de l’Union européenne avec 5 milliards d’euros engagés par la Banque européenne d’investissement, sans créer de nouvel endettement. L’effet multiplicateur attendu permettra de mobiliser 315 milliards d’euros publics et privés au cours des trois prochaines années, dans une Europe rendue plus attrayante pour les investissements. Ce plan est tourné à la fois vers les investissements à long terme et vers les petites et moyennes entreprises : c’est en agissant sur ces deux volets complémentaires que nous proposerons une réponse durable. Sous l’autorité de Jean-Claude Juncker et en parfaite coordination avec le Vice-président Jyrki Katainen, j’entends être en première ligne dans la concrétisation de ce plan. J’appelle également tous les acteurs à se mobiliser en faveur de sa réussite : l’Europe a besoin de toutes les forces, à tous les niveaux, pour avancer dans la bonne direction. Lire la suite


Mon discours hier à la Représentation de la Commission en France

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Europe / International | Par pierre.moscovici | 27/11/2014 à 18:47

Je me suis exprimé hier au siège de la Représentation de la Commission européenne en France, à Paris, sur les enjeux et les défis de la Commission Juncker. J’y ai présenté, aux côtés du Secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes Harlem Désir, et devant un public de responsables et d’acteurs européens en France, ma vision de mon rôle de Commissaire européen et les grandes priorités de mon mandat.

 

Représentation de la Commission européenne à Paris

26 novembre 2014

-

Monsieur le Secrétaire d’Etat, cher Harlem,

Mesdames et Messieurs les Ambassadrices et Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Présidents et directeurs,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

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C’est un plaisir pour moi de m’exprimer ici, dans cette salle, devant vous. Je remercie la Représentation de la Commission européenne en France pour l’organisation de cet évènement, auquel a été très justement associé mon collègue et ami Harlem Désir. Je vous remercie aussi, vous qui êtes là ce soir, pour votre présence cordiale. Preuve que l’Europe fédère, preuve que l’Europe unit, je sais que nous partageons une même conviction pro-européenne, une même exigence de réussite. Nous sommes tous, vous êtes tous, des acteurs de la concrétisation d’une Europe plus forte, plus proche et plus moderne, plus concrète dans ses résultats, plus vivante et plus démocratique.

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*           *

Etre Commissaire européen aujourd’hui, qu’est-ce que c’est ? Je veux vous livrer quelques-unes des convictions qui guident mon action.

Etre Commissaire européen, c’est d’abord faire partie d’un collège qui a une tâche historique : la concrétisation d’une nouvelle Europe, dont les citoyens pourront à nouveau revendiquer avec force les réussites effectives.

Etre Commissaire européen, c’est d’abord faire partie d’un collège qui a une tâche historique : la concrétisation d’une nouvelle Europe, dont les citoyens pourront à nouveau revendiquer avec force les réussites effectives. Ce collège présidé par Jean-Claude Juncker, je suis fier d’en être membre. Dans ce moment charnière pour l’Europe, c’est une équipe plus politique, plus dynamique, plus ambitieuse qui est à la barre. Pour mener le bateau européen à bon port, notre cap est celui de la croissance, de l’emploi, du progrès social, de la justice. Nos méthodes de travail fondées sur la collégialité, la coopération, et la confiance mutuelle nous permettrons, j’en suis d’ores et déjà convaincu, d’avancer ensemble dans la bonne direction. Nous le devons aux citoyens européens, pour répondre aux attentes et aux inquiétudes exprimées lors des dernières élections européennes. Dans cette « Commission de la dernière chance », c’est dès aujourd’hui qu’il faut construire l’Europe de demain : non plus uniquement fondée sur les belles réussites de paix, de partage de valeurs et de droits, mais reposant aussi sur un socle de progrès effectifs directement mesurables dans le quotidien de chacun.

J’ai la responsabilité d’un double portefeuille : affaires économiques et financières d’une part, fiscalité et union douanière d’autre part. Ces deux volets sont intimement liés et étroitement complémentaires.

Etre Commissaire européen, c’est être en charge d’un portefeuille spécifique, c’est porter des dossiers concrets. Dans mon cas, un portefeuille stratégique, lourd et important, qui exige une attention et un engagement de tous les instants. J’ai en réalité la responsabilité d’un double portefeuille : affaires économiques et financières d’une part, fiscalité et union douanière d’autre part. Ces deux volets sont intimement liés et étroitement complémentaires. Ils sont dès à présent, en raison du contexte économique et de la rentrée de la nouvelle Commission, au cœur du programme de réformes porté par le Président Juncker. Ils sont la préfiguration d’un futur Trésor européen, comme il en existe dans tous nos Etats membres.

En matière économique, je suis en première ligne pour remettre l’Europe sur la voie de la croissance, autour de trois axes indissociables : sérieux budgétaire, réformes, et relance de l’investissement. Je vous dirai dans un instant quelques mots du plan d’investissement qui a été présenté aujourd’hui par Jean-Claude Juncker au Parlement européen. Nous avons le devoir de lutter contre le risque d’une décennie perdue, contre une croissance durablement faible, contre le fléau du chômage. J’entends utiliser tous les moyens à ma disposition pour créer les conditions d’un environnement macroéconomique porteur, fondé sur une monnaie unique stable et des finances publiques saines.

Je m’engage à être à l’offensive dans ce combat politique et personnel contre la fraude, l’évasion et l’optimisation fiscales ainsi qu’en matière d’érosion des assiettes d’imposition et de transferts de profits.

En matière fiscale et douanière, mon mandat est d’aller vite et fort. Nos concitoyens n’acceptent plus, à juste titre, les pratiques du passé, les fraudes et les pertes d’efficacité. Je m’engage donc à être à l’offensive dans ce combat politique et personnel contre la fraude, l’évasion et l’optimisation fiscales ainsi qu’en matière d’érosion des assiettes d’imposition et de transferts de profits. Ma feuille de route n’est en aucun cas restrictive : au contraire, le contexte actuel nous donne l’opportunité d’être exemplaires en matière fiscale. La justice, l’équité, l’échange automatique d’informations doivent devenir la règle. Je présenterai au début de l’année prochaine une proposition de directive permettant une transparence accrue sur les tous « rulings », où qu’ils existent en Europe, avec la volonté, sur ce sujet majeur comme sur les autres dossiers couverts par mon portefeuille, d’être en première ligne, au service de l’intérêt général européen.

Je ne suis pas l’ambassadeur de la France auprès de l’UE : elle en a un, et ma tâche est plus large, c’est de veiller, à l’échelle de l’Europe à 28, à l’intérêt général européen.

Etre Commissaire européen, c’est être indépendant et impartial bien sûr, mais c’est aussi savoir parler d’Europe dans son pays d’origine. Je suis Français, comment et pourquoi le nier ? Je veux garder un lien constant avec mes concitoyens et avec les acteurs européens, à Paris et en Province, notamment au cours d’évènements tel que celui qui nous réunit ce soir. Je ne suis pas l’ambassadeur de la France auprès de l’UE : elle en a un, et ma tâche est plus large, c’est de veiller, à l’échelle de l’Europe à 28, à l’intérêt général européen. Je conçois ma mission un peu comme celle d’un ambassadeur de la Commission européenne en France : j’expliquerai aussi souvent que possible, aussi souvent que nécessaire aussi, tout ce que notre institution réalise pour améliorer le quotidien de nos concitoyens et la vie de nos entreprises. J’intervenais par exemple cet après-midi au Congrès des Maires de France, expliquant la nécessité de dépasser la critique d’une Europe souvent perçue par nos élus locaux comme à la fois trop lointaine et trop intrusive. Il y a un effort de pédagogie important à mener sur le plan des actions européennes, et je veux y prendre toute ma part. Bien sûr, un interprète qui n’a rien à traduire ne peut exercer convenablement sa mission. C’est pourquoi on doit plus que jamais délivrer des résultats, conjuguant les missions d’acteur et d’interprète, missions au service desquelles vous serez ici en France, chacune et chacun dans vos responsabilités, des partenaires essentiels. Lire la suite


Mes interviews sur France Inter et France Info

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Europe / International | Par pierre.moscovici | 27/11/2014 à 14:43

J’étais hier l’invité de France Inter et de France Info, afin de présenter l’ambition et le contenu du plan d’investissement de 315 milliards d’euros sur 3 ans, annoncé ce mercredi 26 novembre par Jean-Claude Juncker. Un plan ambitieux et novateur, qui ouvre une nouvelle phase en Europe, au service de la croissance et de l’emploi.

Je vous invite à réécouter ci-dessous ces deux interviews :

Sur France Inter :

Pierre Moscovici : « Ce qui explique le déficit… by franceinter

Sur France Info :


Rendez-vous with Europe – Blog post

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 22/11/2014 à 11:35

Rendez-vous with Europe

 

Three weeks after taking up my post as European Commissioner for Economic and Financial Affairs, Taxation and Customs, I want to share my first impressions, to present my portfolio as well as my first dossiers, and some of my firmly held views about Europe’s priorities for the next five years.

Europe is demanding, the European institutions require a full commitment towards a just and shared project.

Since the 1st of November, I have been a European Commissioner, a member of the college chaired by Jean-Claude Juncker. I had prepared myself for these responsibilities, which are the continuity of my commitment to the service of my country and Europe for more than 20 years. These responsibilities are, to me, an achievement both personally and professionally. One does not take such responsibilities lightly. Europe is demanding, the European institutions require a full commitment towards a just and shared project. My mandate, within the Commission, lasts for five years. During these years, I will be fully engaged in the challenging and thrilling role that I have taken up. I am a firm believer in the Community method; I have a profound respect for the European institutions: I know their functioning as I have been, over the years, an actor within the Council of Ministers and in the European Parliament. I am convinced that the European Commission, though, is at the heart of the Community method, and that it has a crucial leadership role to play — or to regain — over the next few years, in order to serve the general European interest.

The Juncker Commission has a rendez-vous with Europe, with its citizens: a last chance meeting.

The Juncker Commission has a rendez-vous with Europe, with its citizens: a last chance meeting, as shown by the European elections last May that were a serious warning signal. I intend to be present at this rendezvous; I will take initiatives, I will make proposals and produce results. I want to deliver, within the Juncker Commission, an ambitious new vision for the European Union, rejecting the vicious circle of austerity and recession. I am convinced that the Juncker Commission will be better organised, more political and more dynamic than its predecessors, who have also been useful for Europe. The Juncker Commission will embody change. We have an obligation not to disappoint. And for this we must do things differently, and do them faster and better. The Commission is a unique political body, a particular kind of coalition government that embraces 28 Commissioners from all EU countries, with very different political tendencies: 15 conservatives, 8 socialists, 5 liberals. The quality of our relations, and our capacity to build progressive and effective compromises, will be decisive. The working relationships within the college have gotten off to an extremely positive start, because we share the same sense of responsibility and a duty for success. In particular, my dialogues with the Vice-Presidents Valdis Dombrovskis and Jyrki Katainen show a common willingness to move forward on our files, building a relationship of trust between us.

We cannot afford another missed rendez-vous with Europe. It would be an unforgivable collective fault to breach the expectations of European citizens, if Europe does not achieve the results that Europeans are entitled to expect. Europe means peace and reconciliation, cooperation, shared values and projects. But this should now be more than that, in the current period of disenchantment: Europe has to produce concrete achievements, growth, employment, support to youth, and investments in large-scale projects. Being European cannot be something abstract, distant, and unclear.

The European project is not an external policy imposed on Member States: Europe is you, Europe is us.

It is time to move from words to action. It is time that Europe becomes once again a source of hope and pride for its citizens, and that Europe ceases to be perceived as a problem or a constraint. The key to success is to solve issues and to produce results. It is time, therefore, that Europe is no longer seen as an external element. The European project is not an external policy imposed on Member States: Europe is you, Europe is us. A modern, strong Europe that fully takes into account the challenges and opportunities of the digital environment, of energy, and of sustainable development. A Europe which develops and deepens its strengths, especially the Economic and Monetary Union and the internal market, and which improves social justice. In short, it is tomorrow’s Europe that we must build upon today.

I am proud to be at the crossroads of the economic challenges brought by President Juncker, organised around the following three components: budgetary seriousness – reforms – investment. Lire la suite


Au rendez-vous de l’Europe – Billet de blog

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 21/11/2014 à 13:53

Au rendez-vous de l’Europe.

Trois semaines après mon entrée en fonction en tant que Commissaire européen aux Affaires économiques et financières, à la Fiscalité et aux Douanes, je veux livrer ici mes impressions, présenter mon portefeuille ainsi que mes premiers dossiers, et partager quelques-unes de mes convictions sur les priorités européennes des cinq années à venir.

Le 1er novembre dernier, je suis devenu Commissaire européen, membre du collège présidé par Jean-Claude Juncker.

Le 1er novembre dernier, je suis devenu Commissaire européen, membre du collège présidé par Jean-Claude Juncker. Je m’étais préparé à ces fonctions, qui sont en réalité dans la continuité de mon engagement au service de mon pays et de l’Europe, depuis plus de 20 ans. Elles sont pour moi un aboutissement à la fois personnel et professionnel. On n’accède pas à de telles responsabilités par hasard, par réseau ou par calcul. L’Europe se mérite, les institutions européennes exigent un engagement total, tourné vers un projet juste et partagé. Mon mandat, celui de la Commission, dure cinq ans. Pendant ces années, je serai pleinement investi dans les fonctions exigeantes et passionnantes que j’ai prises. Je crois fermement en la méthode communautaire, j’ai un profond respect pour les institutions européennes : je connais bien leur fonctionnement pour en avoir été, au fil des années, un acteur au sein du Conseil des ministres ou au Parlement européen. J’ai la conviction que la Commission européenne est, justement, au cœur de cette méthode communautaire, et qu’elle a un rôle d’impulsion décisif à jouer – ou à retrouver –ces prochaines années, au service de l’intérêt général européen.

La Commission Juncker a rendez-vous avec l’Europe, avec ses citoyens : un rendez-vous de la dernière chance.

La Commission Juncker a rendez-vous avec l’Europe, avec ses citoyens : un rendez-vous de la dernière chance, dont les élections européennes du mois de mai dernier ont été un signal d’alarme préoccupant. Je compte être présent à ce rendez-vous, être à l’initiative, en force de proposition et d’action. Je veux porter, avec l’ensemble de la Commission, un nouveau projet ambitieux pour l’Union européenne, rejetant le cercle vicieux de l’austérité et de la récession. La Commission Juncker sera, j’en ai la conviction, plus politique, mieux organisée, plus dynamique que celles qui l’ont précédée, et qui ont aussi fait œuvre utile pour l’Europe. Elle doit être, elle sera celle du changement. Nous avons en effet l’obligation de ne pas décevoir. Et pour cela il faut agir différemment, faire plus, faire mieux. La Commission est un corps politique particulier, une sorte de gouvernement de coalition par nature, ou par essence, où cohabitent 28 Commissaires venant de tous les pays de l’Union, aux sensibilités politiques bien différentes : 14 conservateurs, 8 socialistes, 5 libéraux et… un britannique. La qualité des relations entre nous, la capacité à construire des compromis progressistes et efficaces sont et seront décisives. Les premières relations de travail au sein du collège sont extrêmement positives, car nous partageons un même sentiment de responsabilité et un devoir de réussite. En particulier, mes échanges avec les vice-présidents Jyrki Katainen et Valdis Dombrovskis, que chacun scrutait avec inquiétude ou gourmandise, en guettant les divergences ou les mésententes possibles, témoignent d’une volonté commune de faire avancer nos dossiers, en bâtissant une relation de confiance entre nous à partir de points de vue différents.

Nous ne pouvons pas nous permettre un nouveau rendez-vous manqué avec l’Europe. Ce serait une faute collective impardonnable que de trahir les espoirs des citoyens européens, que de ne pas faire advenir l’Europe des résultats qu’ils sont en droit d’attendre. Oui, l’Europe c’est la paix et la réconciliation, c’est la coopération, c’est le partage de valeurs et de projets. Mais cela doit désormais être plus encore, dans le contexte de désenchantement, de défiance de l’opinion, et d’abord de la jeunesse comme des couches populaires : les réussites concrètes, l’emploi, la croissance, le soutien à la jeunesse, ou encore les investissements dans des projets d’ampleur. Etre Européen ne doit pas être quelque chose d’abstrait, de lointain, de confus.

Le projet européen n’est pas une politique extérieure imposée aux Etats membres : l’Europe c’est vous, l’Europe c’est nous.

Il est temps de passer de la parole aux actes. Il est temps que l’Europe soit à nouveau une revendication, un espoir et une fierté de la part de nos concitoyens, et non perçue comme un problème ou une contrainte – c’est en réglant les problèmes et en produisant des résultats que nous y arriverons. Il est temps, aussi, que l’Europe ne soit plus perçue comme un élément externe, comme une excroissance indésirée. Le projet européen n’est pas une politique extérieure imposée aux Etats membres : l’Europe c’est vous, l’Europe c’est nous. Une Europe résolument moderne, prenant pleinement en compte les enjeux et les opportunités du numérique, de l’énergie, du développement durable. Une Europe qui développe et approfondit ses atouts, notamment l’Union économique et monétaire et le marché intérieur, tout en améliorant la justice sociale. Bref, c’est l’Europe de demain qu’il nous faut construire dès aujourd’hui.

La relance du projet européen passera d’abord par la relance économique du continent. J’ai le sentiment, et j’en suis fier, d’être à l’intersection des grands enjeux portés par le Président Juncker en matière économique, organisés autour du triptyque suivant : sérieux budgétaire – réformes – relance de l’investissement. Je serai en ce sens un acteur à part entière, en lien avec mes collègues Commissaires, du plan d’investissement de 300 milliards d’euros, annoncé par Jean-Claude Juncker pour stimuler la relance économique et créer des emplois. Nous ne pouvons plus constater sans agir le déficit d’investissement massif qui gangrène l’Europe. C’est pourquoi je souscris entièrement à la conception de ce plan, pour faire naitre l’Europe de l’investissement que j’appelle de mes vœux. Un plan ciblé sur les secteurs d’avenir et les infrastructures, un plan équilibré entre investissements privés – autant que possible – et investissements publics – si nécessaires, un plan qui sera mis en œuvre rapidement et dont la Banque européenne d’investissement sera un véritable bras armé. Je ferai également respecter nos règles communes européennes, sans interprétation excessivement créative ni dépassement de mes prérogatives, mais en intégrant les flexibilités permises par la législation et en les adaptant dans le contexte nouveau d’une Europe tournée vers l’investissement.

Après l’heure de la stabilisation nécessaire de la zone euro, le temps de la dynamique doit s’imposer pour l’économie de l’Union dans son ensemble. Lire la suite


Mon rapport parlementaire « Pour une Europe de l’investissement »

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Europe / International | Par pierre.moscovici | 20/11/2014 à 12:44

 

J’ai remis au Premier ministre français, Manuel Valls, le rapport que j’ai rédigé en tant que Parlementaire en mission, intitulé  « Pour une Europe de l’investissement ».

Ce rapport, nourri par les nombreux entretiens que j’ai réalisés pendant six mois en Europe et par une réflexion sur la base de mon expérience en France et en Europe, pose un constat partagé : l’Europe souffre d’une insuffisance d’investissement, qu’il faut combler au plus vite afin de soutenir la croissance et l’emploi.

Mes propositions s’articulent autour de principes clés : les investissements en Europe doivent être additionnels, ciblés et mis en place rapidement, avec un financement privé autant que possible et public si nécessaire. Les efforts d’investissement devront être tournés prioritairement vers les secteurs d’avenir que sont notamment le numérique, la transition énergétique, et les transports. Il est aussi vital d’investir dans la connaissance et le capital humain, à travers la formation, la recherche et l’innovation.

Le Président Jean-Claude Juncker présentera dans les prochains jours le Plan d’investissement européen de 300 milliards d’euros sur trois ans. Ce plan sera une réponse forte et ambitieuse pour faire advenir une véritable Europe de l’investissement.

Voici le lien permettant de consulter mon rapport « Pour une Europe de l’investissement » : http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/document/document/2014/11/rapport_moscovici.pdf


Investissement, France, fiscalité : extraits de mon entretien dans Les Echos

Catégorie : Actualité | Par pierre.moscovici | 18/11/2014 à 20:39

Je vous invite à lire ci-dessous des extraits de mon entretien à paraître demain matin dans Les Echos.

J’y reviens sur la nécessité de relancer l’investissement en Europe, que je détaille dans mon rapport parlementaire « Pour une Europe de l »investissement » remis au Premier ministre. Le Plan Juncker de 300 milliards d’euros sur 3 ans répond parfaitement au déficit d’investissement au sein de l’Union européenne.

J’aborde également la question de la France et de son budget.

Enfin, je présente ma feuille de route offensive et ambitieuse en matière fiscale, notamment en matière de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, et contre l’optimisation fiscale.

« Il faut combler le plus vite possible le fossé sur l’investissement qui fragilise l’Europe »

Vous avez remis au Premier ministre un rapport consacré à l’investissement en Europe. Quel est votre diagnostic ?

Il nous faut construire l’Europe de l’investissement qui comblera ce fossé.

Je suis parti d’un constat, dans ce rapport rédigé alors que j’étais encore parlementaire : l’économie européenne n’est pas menacée de déflation , mais elle évolue en basse pression, avec une faible croissance et une faible inflation, qui vont rendre très difficile la réduction de la dette publique et du chômage. Nous risquons de connaître ce que certains nomment une « décennie perdue ». Face à cela, quels peuvent être les leviers d’une reprise plus forte ? L’investissement est loin d’avoir retrouvé son niveau d’avant la crise de 2008. Et ce déficit explique pour une bonne part la pénurie de croissance dont nous souffrons aujourd’hui. Il nous faut construire l’Europe de l’investissement qui comblera ce fossé.

Tous les pays européens sont-ils touchés de manière identique ?

La France a su, mieux que d’autres, préserver l’investissement public, mais l’investissement privé est fragilisé dans tous les pays d’Europe. En France, il a reculé au troisième trimestre. Or, une économie qui n’investit pas ne crée pas d’emplois et est condamnée à péricliter. L’investissement, c’est un acte de préparation de l’avenir.

Le plan européen de relance de 120 milliards d’euros lancé en 2012 n’a pas vraiment eu les effets escomptés. Les 300 milliards que la Commission Juncker s’apprête à valider seront-ils plus efficaces pour soutenir la croissance ?

Faisons le bilan du plan de 120 milliards de l’été 2012  : il n’a constitué ni la panacée que certains avaient annoncée, ni l’échec que l’on dit parfois. L’augmentation de capital de la Banque européenne d’investissement (BEI) n’a pas été inutile : ses prêts ont augmenté de 50 % depuis lors. La France, par exemple, a signé plusieurs conventions, dont le financement de PME et les financements du plan Hôpital et du plan Université. La BEI a multiplié par deux ses interventions en France depuis 2012, ce qui en fait le troisième destinataire européen de ces crédits.

300 milliards d’euros pour les prochaines années, c’est suffisant ?

300 milliards sur 3 ans, c’est un plan massif et rapide, qui s’attaque au déficit d’investissement.

300 milliards sur 3 ans, c’est un plan massif et rapide, qui s’attaque au déficit d’investissement. On verra le moment venu s’il faut le prolonger. Mon sentiment, c’est qu’il pourrait être utile de le conserver dans la durée dès lors qu’on aura un pipe-line de projets convaincants et des ressources pérennes.

Quelle méthode préconisez-vous ?

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