Plus de flexibilité pour plus d’investissement et de réformes en Europe

Plus de flexibilité pour plus d’investissement et de réformes en Europe

 

Je reprends la plume sur ce blog, en ce début d’année, poursuivant nos rendez-vous réguliers sous forme de billets personnels.

Je tiens tout d’abord à vous présenter mes vœux les plus sincères. Nous avons vécu un début d’année terrible, entaché de manière indélébile par des actes terroristes, barbares et atroces. Nous pouvons formuler le souhait que la France – avec le soutien de l’Europe et du monde – sorte de cette période tragique plus forte, plus unie, plus soudée, disant d’une même voix notre défense de la liberté de la presse et d’expression, la protection de nos valeurs communes, et notre volonté de vivre ensemble. Elle a su faire face, derrière le Président de la République et le Premier ministre, et montrer à tous la force de sa démocratie, de ses valeurs. La solidarité européenne qui s’est exprimée ces derniers jours, jusque dans les rues de Paris, devenue le « 11 janvier » comme l’a dit François Hollande la « capitale du monde », est la plus belle preuve de notre unité et de la prégnance d’un projet partagé entre Européens.

J’ai présenté ce mardi au Parlement européen à Strasbourg, aux côtés de Valdis Dombrovskis, une communication importante de la Commission européenne sur la flexibilité. Je veux ici vous en décrire les principales lignes et revenir sur les principes qui ont guidé son élaboration.

Il s’agit là d’un message puissant de volontarisme de la Commission européenne sur le front de l’investissement. Il traduit, en ce début 2015, l’intensification de nos actions en faveur de la réorientation du projet européen vers la croissance et l’emploi. Il nous est apparu essentiel de favoriser pour les Etats membres de l’Union les investissements et les réformes, conditions essentielles de la relance économique sur l’ensemble du continent. Ces propositions, nous ne les faisons pas pour nous-mêmes ou uniquement à destination des Etats ; nous les engageons car nous sommes convaincus qu’elles seront bénéfiques pour les citoyens européens, eux qui attendent de l’Europe des résultats et des réussites.

Le premier volet sur lequel nous avons avancé cette semaine est celui de la mise en œuvre du plan européen d’investissement. Jyrki Katainen a présenté les détails du Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI), afin qu’il soit actif dès le deuxième semestre cette année. Ce fonds est une pierre essentielle, une clé de voûte dans la mise en œuvre du plan d’investissement de 315 milliards d’euros sur trois ans, pour financer des projets sélectionnés en fonction de critères objectifs, porteurs de croissance partout en Europe. L’ambition partagée de la Commission européenne et de la Banque européenne d’investissement (BEI) est d’attirer les investisseurs vers le financement de projets d’avenir, utiles aux Européens. Je me suis d’ailleurs rendu ce mercredi à Luxembourg, rencontrant notamment la direction de la BEI. J’ai relevé avec mes interlocuteurs un constat largement partagé : il n’y aura pas de relance durable en Europe sans soutien volontaire à l’investissement. C’est pourquoi nous agissons dès à présent sur ce champ de manière résolue et ambitieuse.

Le deuxième volet – étroitement complémentaire du premier – est la communication sur l’interprétation des règles existantes du Pacte de stabilité et de croissance, que j’ai promue. Ce pacte est au fondement de la gouvernance économique européenne et des engagements pris par les Etats membres en matière de responsabilité budgétaire : il ne s’agit ici en aucun cas d’une modification ou d’une concession sur ses règles effectives, dans le volet préventif mais aussi correctif du Pacte. La prévisibilité de ces dernières et l’égalité de traitement de tous les Etats membres n’en sont en effet que renforcées. L’esprit qui m’anime, comme l’ensemble du collège, est justement de soutenir l’investissement et les réformes structurelles avec une interprétation et une application plus intelligente du Pacte. Cette communication encourage notamment de manière déterminée l’investissement des Etats membres, puisque les contributions des pays au Fonds européen pour les investissements stratégiques ne seront pas comptabilisées lorsque la Commission évaluera les ajustements budgétaires nationaux, sur les critères à la fois de déficits et de dette. Nous ouvrons aussi davantage la clause d’investissement, tournant le dos à une grille de lecture trop rigide et à des critères d’éligibilité qui avaient été fixés en temps de crise. J’ajoute que cette communication prévoit une nouvelle matrice permettant que les ajustements budgétaires attendus par la Commission de la part des Etats membres soient corrélés de manière plus étroite aux conditions économiques cycliques. Elle permet enfin une meilleure prise en compte des réformes structurelles, incitant les Etats membres à mettre en œuvre ces dernières afin de créer des effets positifs et de long terme pour les économies et les citoyens. Le message que nous adressons aux Etats membres est clair : investissez et réformez, pour vous-même et pour l’Europe.

Cette souplesse dans l’application des règles, permettant un meilleur usage de la flexibilité au sein du Pacte, est non seulement bienvenue, elle est aussi à mon sens nécessaire. Il est aujourd’hui temps de faire marcher et avancer l’Europe sur ses deux jambes, celle du sérieux budgétaire, indispensable, et celle de la relance de la croissance et de l’emploi par les réformes et l’investissement, vitale pour l’avenir du projet européen et attendue par nos concitoyens qui veulent maintenant des résultats concrets, tangibles, dans le domaine économique. C’est en soutenant collectivement ce cercle vertueux de soutien à la reprise économique et de consolidation budgétaire que l’Europe sera demain plus forte et plus attrayante. Nous présentons ainsi un ensemble de lignes guidées par la même volonté : permettre le meilleur usage des règles existantes pour encourager les avancées en matière d’investissement, de réformes structurelles et de responsabilité budgétaire. Ces lignes sont fidèles aux valeurs réformistes qui guident mon action, comme je l’ai précisé cette semaine devant les députés européens du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen. Ces valeurs ont permis de faire avancer de manière décisive la lecture du Pacte de la part de la Commission. Je vois cette communication, sur le plan des idées et du contenu, comme une victoire : une victoire pour la modernisation de notre approche, une victoire pour le renouveau nécessaire du projet européen.

J’ai porté ces valeurs avec d’autant plus de force que je suis convaincu qu’elles seront bénéfiques pour les Etats membres et utiles aux citoyens européens. Depuis novembre dernier, tous les efforts de la Commission Juncker sont tournés vers la croissance et l’emploi : j’y contribue à ma place au quotidien, dans chacun de mes dossiers, en gardant comme cap la réussite de l’Europe, au service des Européens. En ce début 2015, je veux vous assurer que ma détermination à avancer dans cette voie est plus forte que jamais, et que je consacrerai toute mon énergie à aller plus loin dans les semaines et les mois à venir. L’année qui vient, que je vous souhaite heureuse, doit être une année d’offensive européenne. J’entends y prendre toute ma part.

 

 

 

25 réflexions au sujet de « Plus de flexibilité pour plus d’investissement et de réformes en Europe »

  1. Bonsoir,

    Je constate avec plaisir que vous remplissez toujours votre blog de quelques réflexions personnelles, ici sur l’urgente nécessité d’opter pour une approche plus souple ( qui ne signifie pas  » une approche plus politiquement correcte », je l’espère ) du Pacte.

    J’ai eu l’occasion, il y a plusieurs années, d’assister à l’une de vos interventions dans une école où, parait-il, l’on fabrique les politiques de demain.

    Il sera toujours difficile, voire impossible, d’être à la hauteur d’un Blum, mais souvenez-vous que  » toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l’existence ».

    Je vous encourage à toujours veiller à garantir à nos concitoyens cette liberté.

    Bien cordialement,

    M.B

  2. Pendant que la BCE aura prêté déjà combien aux banques? à quel taux?

    Depuis la crise démarré aux USA sur le crédit hypothécaire, (Joseph E. Stiglitz) quelle monumentale hypocrisie que de renflouer les mêmes banques qu’aujourd’hui sont responsables de la récession et du chômage.

    Il s’avère nécessaire de comparer le budget de renflouement des banques avec celui d’aide et des mesures pour honorer l’article trois de la constitution européenne.

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