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On ne badine pas avec la langue française

Catégorie : Actualité | Par pierre.moscovici | 20/03/2015 à 13:39

En cette Journée internationale de la Francophonie, j’ai le plaisir de participer au Salon du Livre, à Paris. J’y vois une belle occasion de célébrer la littérature, française et francophone, à laquelle je suis profondément attaché.

La francophonie, qui l’a mieux décrite que Léopold Sendar Senghor, lorsqu’il célèbre « cet humanisme intégral qui se tisse autour de la terre, cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races, qui se réveillent à leur chaleur complémentaire » ? La langue française, au-delà des mots, véhicule une sensibilité et une histoire. Ainsi, la francophonie ne se définit pas seulement comme une unité linguistique, mais bel et bien comme une communauté culturelle et politique.

Car quoi de plus politique que la langue ? Expérience première du rapport à l’autre, elle est le bras armé des idées autant que l’outil diplomatique des nations. Pour cela, le multilinguisme doit absolument être préservé. Il est, à mon sens, le gage d’un dialogue interculturel équitable autant qu’un droit inhérent à la liberté d’expression. C’est pourquoi, au sein de mes interventions à la Commission ou au Conseil de l’Union européenne, j’attache une importance particulière à m’exprimer en français, aussi souvent que je le peux.

Camus disait : « ma patrie, c’est la langue française », celle qui ne connait pas de frontière et constitue le bien commun de 274 millions d’individus, à travers cinq continents. Je crois qu’aujourd’hui, à l’ère des contacts dématérialisés et de l’effacement progressif des frontières nationales, d’autres vecteurs d’appartenance s’imposent : la langue fait partie intégrante de cette nouvelle géographie. Et la langue française, en tant que bien commun ouvert à chacun, est un apôtre de la multi-culturalité. Car ce sont bien les différentes cultures francophones, et l’emploi varié des mots sur tous les territoires où la langue française est parlée, qui contribuent à la richesse de cette francophonie, à son rayonnement, à son renouvellement.

En cela, la langue française est semblable au projet européen : elle n’est pas une réalité immuable mais, par essence, un « plébiscite de tous les jours », un édifice en construction, qui n’est riche que des bonnes volontés.

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Un commentaire

  • Patrice Cardot dit :

    Effectivement Pierre ! Et çà vaut aussi pour les institutions européennes qui badinent quotidiennement avec la langue française en totale contravention avec les règles en vigueur !

    « The more Brussels speaks English, the less Brussels understands the Europeans »,
    « Plus on parle anglais à Bruxelles, moins Bruxelles est en mesure de comprendre les Européens »,
    « Je mehr man in Brüssel Englisch spricht, umso weniger versteht Brüssel die Europäer »,
    « Más Inglés se habla en Bruselas, menos capaz Bruselas es de entender a los europeo »,
    « Più inglese è parlato a Bruxelles meno Bruxelles è in grado di capire gli europei »,
    Franck Biancheri, 28.03.2004

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