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Articles de mai 2015


Entretien dans La Libre Belgique

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique | Par pierre.moscovici | 11/05/2015 à 20:03
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Retrouvez ci-dessous le long entretien que j’ai accordé au quotidien La Libre Belgique, publié ce samedi 9 mai. Je m’y exprime sur la Fête de l’Europe, la reprise économique au sein de l’Union européenne, la Grèce, les drames de la migration en Méditerranée, la France, ou encore la vision que j’ai de mon rôle de Commissaire européen.

Nous assistons à une légère reprise économique en Europe. La croissance étant faible, peut-on cependant affirmer qu’un redémarrage est en cours ?

Nous pouvons affirmer aujourd’hui que l’Europe et la zone euro sont sorties de la récession.

J’ai présenté les prévisions économiques de la Commission européenne ce mardi, et je pense qu’il faut maintenant être plus ferme et optimiste que cela. A chacune des dernières prévisions, le diagnostic que nous posons est celui d’une croissance plus solide. Nous sommes la seule zone dans le monde où c’est le cas. Nous pouvons affirmer aujourd’hui que l’Europe et la zone euro sont sorties de la récession. En outre, la croissance s’installe, à un rythme encore modéré cette année, mais au-delà de 2% en Europe l’année prochaine. Ces chiffres consistants permettent de réduire le chômage. Ce sont franchement de bonnes nouvelles.

Cette croissance est-elle durable ou principalement soutenue par des facteurs conjoncturels ?

Ces facteurs – comme la baisse des prix du pétrole, la politique monétaire suivie par la BCE, le cours de l’euro et le niveau bas des taux d’intérêt – jouent un rôle très important. Il faut maintenant se demander si la croissance est suffisamment robuste pour résister à un éventuel retournement de ces facteurs. D’où la nécessité de réformes structurelles qui permettent d’inscrire dans la durée cette embellie conjoncturelle. C’est la raison pour laquelle la Commission s’est saisie d’un chantier principal pour une croissance durable et créatrice d’emplois : l’investissement. Sans investissement, l’économie ne pourra pas redémarrer comme souhaité.

L’Europe semble divisée en deux, avec un Nord très fort et un Sud nettement plus faible. N’y a-t-il pas un risque de fracture irrévocable ?

Ce n’est pas ce qu’indiquent nos prévisions, puisque toute l’Europe est tirée vers le haut. Ce qui est exact, c’est que certains pays européens ont une croissance suffisamment forte, des finances publiques suffisamment solides, des excédents suffisamment massifs, contribuant à la croissance de l’ensemble de la zone euro. D’autres pays ont besoin de conforter leur croissance pour avoir des économies plus compétitives. Cela recoupe partiellement cette dichotomie entre Europe du Nord et du Sud dans laquelle je ne me reconnais pas.

Par rapport à cette situation économique, estimez-vous que la BCE, qui essuie des critiques, joue pleinement son rôle ?

L’action de « quantitative easing » de la BCE, qui est ambitieuse et équilibrée, est incontestablement appropriée.

Je n’ai pas à commenter les choix de cette institution qui est indépendante. Je dirais quand même que je suis très admiratif de la façon dont Mario Draghi mène la politique monétaire de la zone euro. Il le fait dans l’intérêt général européen et avec le souci de traiter les problèmes économiques tels qu’ils se posent. Il vise à conjurer le risque de déflation, à éviter une inflation qui soit durablement trop basse et, de ce fait, à soutenir la croissance et l’emploi. Cette action de « quantitative easing », qui est ambitieuse et équilibrée, est donc incontestablement appropriée.

Le pays le plus en difficulté, la Grèce, doit sans cesse présenter de nouvelles mesures. Si l’Europe insiste tant, c’est parce qu’elle estime que la Grèce ne va pas assez loin ?

Lors des élections de janvier dernier, les citoyens grecs ont exprimé une volonté de changement qui doit être totalement respectée. L’Europe ne doit pas être dans une posture de garde-chiourme, de Père Fouettard. En même temps, les Grecs doivent respecter leurs partenaires européens et les électeurs des autres Etats membres quant aux engagements qu’ils ont pris à l’égard de la zone euro. Cette semaine, les discussions ont pris une tournure positive sur des enjeux techniques et politiques. Mais ces progrès ne sont pas encore conclusifs. La balle reste largement dans le camp de la Grèce, qui doit présenter une liste complète de réformes qui soient effectives, avec des délais et des financements. La Grèce doit rester dans la zone euro. Elle doit cependant se réformer pour créer de la croissance et de l’emploi.

Pourquoi êtes-vous opposé à une sortie à l’amiable de la Grèce de la zone euro, comme le suggère Valéry Giscard d’Estaing ?

Les Grecs dans leur écrasante majorité souhaitent rester dans la zone euro, et ils ont raison car c’est un élément de protection pour eux.

Je suis en désaccord avec cette thèse de l’ancien président français. L’euro, c’est plus qu’une zone de taux de change fixe. C’est la mise en commun absolue de souverainetés monétaires de façon irréversible. Si un pays venait à quitter la zone euro, la question serait « qui est le prochain ? ». Nous reculerions, ce serait la fin de l’intégrité de la zone euro. Tous les pays de l’Union européenne ont vocation à faire partie de l’euro ! En outre, les Grecs dans leur écrasante majorité souhaitent rester dans la zone euro, et ils ont raison car c’est un élément de protection pour eux.

Si Syriza renonce perpétuellement à ses promesses de campagne, le gouvernement risque de tomber. Et tout sera à recommencer…

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Arrivée à la réunion de l’Eurogroupe / Eurogroup doorstep

Catégorie : Actualité,Europe / International,Vidéos | Par pierre.moscovici | 11/05/2015 à 14:54
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A voir ci-dessous, mes déclarations et réponses sur la Grèce et la TTF à mon arrivée à l’Eurogroupe / Eurogroup meeting doorstep on Greece and FTT : 

Des avancées substancielles ont été faites avec la Grèce pour trouver un bon accord.


Invité du Club de la Presse sur Europe 1

Catégorie : Actualité,Europe / International,Vidéos | Par pierre.moscovici | 10/05/2015 à 14:32
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J’étais ce vendredi 8 mai l’invité du « Club de la Presse » sur Europe 1. J’ai répondu pendant près d’une heure aux questions de Catherine Nay, Michèle Cotta, Robert Namias et Nicolas Poincaré.

Voici les différentes séquences de l’émission en vidéos :

 Partie 1 : « L’intérêt de la Grande-Bretagne est d’être dans l’Union européenne ».

Moscovici : « L’intérêt de la Grande-Bretagne… par Europe1fr

Partie 2 : « La reprise est là dans toute l’Europe : tous les signaux sont positivement orientés ».


Moscovici : « Nous n’allons pas demander d… par Europe1fr

Partie 3 : « La France n’est pas un mauvais élève, et je ne suis pas un professeur ».

Moscovici : « La France n’est pas un mauvais élève » par Europe1fr

Partie 4 : « Le gouvernement grec doit pouvoir réformer ».

Moscovici : « Le gouvernement grec doit pouvoir… par Europe1fr

 

 


Réinventer l’Europe

Catégorie : Actualité | Par pierre.moscovici | 09/05/2015 à 10:57
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Réinventer l’Europe.

Il y a 65 ans jour pour jour, le ministre français des affaires étrangères Robert Schuman se prononçait pour la mise en commun des productions de charbon et d’acier entre la France, l’Allemagne et les pays désireux de s’associer à cette coopération plus étroite. Pourquoi le charbon et l’acier? Parce que ces matériaux sont essentiels pour la fabrication d’armes. Lier leur production revenait à entrelacer les destins des ennemis d’hier. Unis par la hanche dans cette « solidarité de fait », la France et l’Allemagne entamaient une ère nouvelle, où le paradigme de la puissance cédait le pas à celui de la co-dépendance. C’est le génie de Schuman – et de Jean Monnet dans l’ombre – de nous avoir forcés à nous entendre, et d’avoir su concevoir le cadre de coopération et d’intégration qui donnerait enfin aux citoyens européens ce qu’ils voulaient le plus: la paix.

 

Aujourd’hui nous célébrons un symbole. Ceux de l’Europe – son drapeau, sa monnaie, son hymne, cette journée du 9 mai… – sont un peu institutionnels, ils ne se sont jamais totalement départis de leur caractère quelque peu artificiel. Je n’y vois pas là le signe d’une insuffisance, mais plutôt le reflet ce que fût son ambition initiale, son ADN originel: une construction politique volontariste, novatrice, certes, mais d’abord orientée vers la poursuite de résultats concrets. On a coutume de dire que l’Europe s’est construite sur des cendres: c’est la vérité. Elle s’est aussi pensée comme une réponse à une clameur de ses citoyens.  A l’époque, cette clameur exigeait de mettre un terme à des décennies d’hostilité et de conflits armés. Aujourd’hui elle se fait encore entendre, mais son objet est autre: le progrès économique.

 

Je ne suis pas eurobéat, je suis exigeant envers une Europe qui doit démontrer ses réussites. Mon ambition est que l’Europe cesse d’être perçue avec crainte, de susciter des doutes voire même d’être source de désenchantements; qu’elle ne soit plus vue comme un problème, mais comme une solution. L’Europe doit produire plus, plus vite : plus d’emploi, d’investissement pour l’avenir, de prospérité, de justice sociale, d’égalité. Les stigmates de la crise sont encore trop présents. Le chômage reste un fléau, il lamine une jeunesse désenchantée, voire désespérée. Il y a un an, les élections européennes ont vu une vague eurosceptique déferler sur notre continent. Cela m’attriste, parce que mon cœur est profondément européen. Mais je ne la condamne pas, parce qu’elle nous rappelle d’abord à nos devoirs: sans progrès tangibles, sans résultats concrets, sans amélioration visible et ressentie, l’Europe ne sera plus seulement dénigrée ou rejetée. Elle sera tout simplement hors sujet.

 

Les défis et les interrogations ne manquent pas. Comment l’Europe doit-elle s’intégrer dans la chaîne de valeur mondiale? Quelles réponses doit-elle apporter à la croissance des inégalités qui caractérise les sociétés occidentales depuis trois décennies?  Quel modèle éducatif promouvoir pour  empêcher la polarisation des métiers, avec des emplois qualifiés toujours plus recherchés, et un tiers sous-qualifié chassé du marché du travail par l’automatisation et qui s’enfonce dans la précarité? L’Europe doit-elle s’en remettre exclusivement à son soft power dans les confins de son voisinage? Peut-on accepter que la méditerranée se transforme en cimetière humain? Comment rallier la Chine, l’Afrique sub-saharienne, à un modèle de développement socialement responsable et écologiquement durable?

 

Le 9 mai nous rappelle d’abord que c’est sur la qualité de ses réponses aux attentes des citoyens et aux défis de demain que l’Europe sera jugée. Nul ne peut répondre à toutes ces questions. Mais dans le champ qui est le mien, le champ économique, je travaille sans relâche pour proposer des pistes d’action concrètes. Croissance, emploi: la clameur de 2015 n’est plus celle de 1950, mais elle n’est ni moins vibrante ni moins sonore.

 

L’Europe est duale. Elle est un rêve de solidarité, et un levier pour notre assise économique. Elle est un idéal, mais un idéal soumis à l’injonction  de produire des résultats. Elle est un espoir: celui d’un homme européen qui a su réinventer et tourner la page d’un passé aux vérités indicibles – elle est aussi une attente et une exigence, celle d’améliorer concrètement les conditions de vie des citoyens européens.

 

Le temps de Pères Fondateurs n’est plus. Mais chacun peut encore apporter sa brique à l’édifice. Je célèbre cette journée du 9 mai avec fierté, engagé dans l’approfondissement de l’Europe, mais aussi avec la conscience de ma responsabilité, partagée avec la Commission Juncker, de la rendre à nouveau pertinente aux yeux de nos concitoyens.

 


Prévisions économiques de printemps 2015 de la Commission européenne

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Europe / International | Par pierre.moscovici | 05/05/2015 à 16:14
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Je vous invite à voir ci-dessous la vidéo de ma présentation des prévisions économiques de printemps 2015 de la Commission européenne. J’y insiste sur le printemps économique européen qui fait souffler un vent de reprise et de croissance sur le continent. Pour être durable au-delà de facteurs conjoncturels, ce printemps économique doit être accompagné par des actions concertées en matière de réformes structurelles, d’assainissement budgétaire et d’investissement.

Oui, le printemps économique est là. La reprise est soutenue à la fois par des facteurs externes et par des politiques économiques qui commencent vraiment à porter leurs fruits.

En savoir plus ?

Le communiqué de presse publié aujourd’hui : http://europa.eu/rapid/press-release_IP-15-4903_fr.htm

Le détail des prévisions économiques de printemps : http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/european_economy/2015/pdf/ee2_en.pdf

Les slides et images de la présentation : http://ec.europa.eu/economy_finance/eu/forecasts/2015_spring/spring_forecast_2015_ppt_en.pdf

L’intégralité de mon discours :

[slide 2]: Tailwinds supporting the recovery

Bienvenue à cette présentation des prévisions économiques de printemps de la Commission européenne.

Depuis nos dernières prévisions il y a trois mois, les perspectives de croissance économiques dans l’UE se sont légèrement améliorées.

L’activité économique bénéficie de la conjonction de plusieurs vents favorables. Il s’agit là des bas prix du pétrole, de la dépréciation substantielle de l’euro et de l’effet du programme d’assouplissement quantitatif (QE) mis en place par la Banque centrale européenne.

Dans l’ensemble, ces vents favorables eux-mêmes combinés avec une orientation budgétaire globalement neutre en zone euro et dans l’UE, tout cela devrait renforcer la croissance cette année et la suivante.

Les réformes structurelles mises en œuvre jusqu’à présent continuent également à porter leurs fruits. Néanmoins, un certain nombre de faiblesses structurelles et l’héritage de la crise restent encore présents et pèsent sur l’ampleur de la reprise.

L’inflation quant à elle augmenterait dans les mois à venir puisque l’impact négatif de la baisse du prix du pétrole s’atténuerait, les perspectives d’activité continueraient à s’améliorer et la dépréciation de l’euro soutiendrait la reprise des prix.

[slide 3]: Tailwinds supporting the cyclical upswing

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