Une dynamique – enfin – positive.

Une dynamique – enfin – positive.

Il y a 10 jours, l’Europe parvenait – avec d’immenses difficultés et dans un climat de ressentiment – à un accord dans le dossier grec.

Il y a 10 jours, l’Europe parvenait – avec d’immenses difficultés et dans un climat de ressentiment – à un accord dans le dossier grec. Aujourd’hui, cette démarche a un premier succès, encore fragile, à son actif : nous avons commencé à répondre à la défiance. Comme de nombreux protagonistes, j’ai travaillé à mettre en œuvre sans attendre un accord qui exigeait beaucoup et très vite de la partie grecque, qui laissait nombre de points clés en suspens, notamment les besoins urgents de financement, et qui entamait une course de saut d’obstacles dans plusieurs parlements nationaux.

Je souhaite ardemment que cette nouvelle dynamique contribue à remettre l’Europe sur les rails, à nous permettre de repartir ensemble.

10 jours après le Sommet de la zone euro, je me réjouis de constater qu’une dynamique politique d’engagements communs et de promesses tenues est, enfin, en marche. Ceux qui – comme moi – y ont contribué peuvent se féliciter de cette évolution politique. Je souhaite ardemment que cette nouvelle dynamique contribue à remettre l’Europe sur les rails, à nous permettre de repartir ensemble. Car le projet européen a été durement chahuté ces derniers mois et ces derniers jours.

Nous savons tous que la clé du succès de l’accord, et du futur programme d’assistance financière, résidera dans son application. Il s’agit d’une responsabilité partagée. En ce sens, les avancées engrangées récemment – hier soir encore – sont positives, et elles sont à mettre au crédit de toutes les parties.

L’enjeu, chacun le sait, est celui de l’appropriation des réformes, très exigeantes je l’ai dit, auxquelles la Grèce s’est engagée.

De la partie grecque, tout d’abord. L’enjeu, chacun le sait, est celui de l’appropriation des réformes, très exigeantes je l’ai dit, auxquelles la Grèce s’est engagée. J’ai la conviction que le processus sera voué à l’échec s’il est perçu comme exogène, imposé par des partenaires contestés, et appliqué de manière cosmétique.

A cet égard, les autorités grecques ont fait des efforts tout-à-fait probants de leur volonté de moderniser les structures du pays. Elles ont réussi à faire adopter par le Parlement, en un délai extrêmement serré, les réformes réclamées comme préalables par ses créanciers – un premier ensemble de mesures pour le 15 juillet, un second hier soir. Je veux reconnaître et saluer ici cet effort. C’est un élément important en faveur d’Athènes et du Gouvernement d’Alexis Tsipras, qui a apporté une réponse concrète et immédiate à ceux qui voulaient du pays de premiers engagements tangibles sur le front des réformes.

Du côté des Etats Membres, également, les engagements communs se sont matérialisés. Ceux-ci ont lancé le processus d’approbation par les parlements nationaux, là où c’est nécessaire légalement ou politiquement souhaité. La Finlande, l’Allemagne, la Slovénie, la France, d’autres aussi, ont d’ores et déjà soutenu les termes de l’accord.

Les Etats Membres ont pris la décision d’accorder à Athènes un crédit-relais, au travers du Mécanisme Européen de Stabilisation Financière (EFSM).

Surtout, les Etats Membres ont pris la décision d’accorder à Athènes un crédit-relais, au travers du Mécanisme Européen de Stabilisation Financière (EFSM). Cet instrument, créé en 2010 dans le but de fournir une assistance financière aux 28 Etats Membres, était dormant, mais disposait encore d’une enveloppe conséquente, qui pouvait être disponible rapidement. L’usage de ce mécanisme a été approuvé vendredi, avec l’adjonction d’un montage financier pour permettre de débloquer les fonds dans le courant du week-end – car la Grèce avait un remboursement à la Banque Centrale Européenne (la BCE) à honorer dès le lundi 20 juillet. Athènes a ainsi reçu de l’argent frais – plus de 7 milliards d’euros – qui lui a permis d’honorer cette créance, ainsi que les arriérés du pays auprès du FMI. Cela offre à la négociation sur le nouveau programme une chance d’aboutir sans que la situation économique du pays ne se détériore encore davantage.

Il fallait que la Commission reste force de propositions, conserve l’initiative dans ces jours cruciaux de mise en œuvre de l’accord, et nous l’avons fait.

La Commission, ici, a pris l’initiative, pour trouver des solutions communes, elle a été à la manœuvre. Devant l’étendue des besoins de financement immédiats de la Grèce, nous avons voulu aller très vite, en délimitant les options disponibles et surtout en préparant immédiatement – en quelques heures – une proposition législative permettant d’y répondre, par l’activation de l’EFSM. Recourir à l’EFSM n’était pas, loin s’en faut, une proposition consensuelle auprès des Etats Membres, certains, au premier chef le Royaume-Uni, estimant qu’il revenait à la zone euro de régler par elle-même ses propres difficultés. Des contacts intensifs avec les capitales, des négociations rapides, ont permis d’apporter les garanties et les assurances nécessaires pour lever les objections. Il fallait que la Commission reste force de propositions, conserve l’initiative dans ces jours cruciaux de mise en œuvre de l’accord, et nous l’avons fait.

Mais il était important que ce premier geste de solidarité effective des Etats Membres vienne, vite, après que la Grèce a rempli sa part du contrat en adaptant les réformes attendues d’elles dans les délais impartis. C’est l’un des éléments que j’ai fait valoir à l’Eurogroupe, lorsque j’y ai présenté la semaine dernière l’éventail des solutions possibles pour combler les besoins de financement de court terme du pays.

La BCE a de son côté annoncé jeudi dernier qu’elle relevait de 900 millions d’euros le plafond des prêts d’urgence (ELA) accordés aux banques grecques. Si ce point peut sembler technique, ses conséquences de court terme ont été, elles, très pratiques et majeures. Il a en effet permis aux banques grecques de rouvrir ce lundi, et surtout de desserrer l’étau autour d’une économie qui était en train de s’asphyxier.

La Commission veut nourrir cette dynamique positive. C’est le sens des propositions qu’elle a faites la semaine dernière pour aider la Grèce à optimiser l’utilisation des fonds européens.

La Commission veut nourrir cette dynamique positive. C’est le sens des propositions qu’elle a faites la semaine dernière pour aider la Grèce à optimiser l’utilisation des fonds européens. Ces propositions en faveur de la croissance et de l’emploi vont permettre de mobiliser plus de 35 milliards d’euros d’ici à 2020 afin de soutenir l’économie grecque et de répondre aux attentes légitimes du peuple grec. Elles favoriseront les investissements dans les ressources humaines et les entreprises dans le pays, et accompagneront ainsi le processus de réformes.

Je souhaite que ce mouvement se poursuive, pour permettre la conclusion des négociations sur le nouveau programme d’aide pour la deuxième quinzaine d’août.

Voilà le paysage, à l’issue de ces derniers jours extrêmement denses. Je souhaite que ce mouvement se poursuive, pour permettre la conclusion des négociations sur le nouveau programme d’aide pour la deuxième quinzaine d’août. D’ici là, je poursuivrai le dialogue étroit, de qualité, noué avec le Gouvernement grec, et d’abord le ministre des Finances grec Euclid Tsakalotos, avec qui je suis en contact quotidiennement. C’est le début d’une relation avec la Grèce qui doit se normaliser, trouver le juste équilibre entre appui des institutions et respect des marges de manœuvre du pays.

Nous sommes sortis de l’impasse, nous sommes en train de régler les problèmes qui se profilaient à l’horizon le plus immédiat. Je souhaite que ces avancées, ces premières promesses tenues, à mettre au crédit de l’ensemble des parties, augurent, enfin, d’un climat plus serein, et au-delà que celui-ci permette le retour de la confiance, qui a tant manqué ces derniers mois, et qui demeure la clé à la fois de l’avenir de la Grèce et du devenir du projet européen lui-même.

L’été sera studieux, j’agirai pour qu’il soit fructueux.

L’été sera studieux, j’agirai pour qu’il soit fructueux. Plus que jamais, je crois à l’intégrité et à l’irréversibilité de la zone euro, mais aussi à la nécessité de repenser, de renforcer son architecture, sa gouvernance, sa politique économique. Ce débat, chacun le sait, s’ouvre, le temps des propositions, à l’image de l’initiative prise par François Hollande et dans le prolongement du rapport dit des « 5 Présidents » préparé par Jean-Claude Juncker, vient maintenant. Comme toujours, j’y consacrerai mon énergie et ma passion d’Européen et de progressiste.