Un chemin pour la Grèce

Un chemin pour la Grèce

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro sont parvenus ce matin à un accord sur la Grèce.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro sont parvenus ce matin à un accord sur la Grèce. C’est autant un accord de méthode que de contenu. Il définit les conditions préalables à l’ouverture de négociations sur une nouvelle aide financière pour le pays. L’approche a donc été inversée : d’abord, des preuves concrètes, tangibles, de l’engagement d’Athènes à réformer son économie et son administration. Ensuite, le début des discussions pour le déploiement d’une nouvelle aide financière, de l’ordre de 80 milliards d’euros.

« Est-ce un bon accord ? ». Oui, en ce sens qu’il ouvre une voie de sortie à l’impasse de dernières semaines et maintient la Grèce dans la zone euro.

« Est-ce un bon accord ? » me demande-t-on depuis ce matin. Oui, en ce sens qu’il ouvre une voie de sortie à l’impasse de dernières semaines et maintient la Grèce dans la zone euro. En conciliant, une fois encore, les principes de responsabilité et de solidarité, les Etats membres ont trouvé un compromis très exigeant mais viable. Il n’y a pas de gagnants, pas de perdants. Tous doivent travailler à le mettre en œuvre, à commencer par le présenter à leurs parlements nationaux.

Je veux m’expliquer plus en détail.

Cet accord signale la volonté des Etats Membres de la zone euro de maintenir la Grèce dans la monnaie unique : c’est son premier mérite. Il replace le pays dans une dynamique qui l’éloigne du Grexit et le ramène sur la voie de la normalisation. Surtout, il préserve l’intégrité de la zone euro. C’est ce que je souhaitais ardemment, c’est ce qu’a toujours souhaité la Commission européenne, et surtout c’est ce que veulent les grecs eux-mêmes, depuis le début. Mesuré à cette aune, l’accord est positif. Il laisse intacte la perspective d’une zone euro irréversible, sans le départ douloureux et chaotique de l’un de ses membres.

Cet accord, chacun le sait, est très exigeant pour la Grèce.

Cet accord, chacun le sait, est très exigeant pour la Grèce. Il soumet la perspective d’une nouvelle aide financière à l’adoption, et surtout à la mise en œuvre effective, d’un ensemble de mesures, à très courte échéance. Ainsi, d’ici le 15 juillet – ce mercredi – le gouvernement grec devra prendre des initiatives pour garantir l’indépendance de son institut national de statistique, ou encore rationaliser son système de TVA, très fragmenté. D’ici le 22 juillet, il devra avoir adopté un code de procédures civiles, indispensable pour gérer les litiges et contentieux entre entreprises. Le travail préparatoire sur ces différents points est en cours depuis plusieurs mois ; il faudra néanmoins une dose importante de volontarisme politique pour le faire aboutir en 48h. Mais ces progrès sont vus comme un nécessaire gage de volonté et de sérieux, de la part de la Grèce, de se réformer.

Ce calendrier est court, mais il est le premier antidote à la défiance qui s’est installée entre Athènes et ses partenaires de la zone euro.

Ce calendrier est court, mais il est le premier antidote à la défiance qui s’est installée entre Athènes et ses partenaires de la zone euro. Les 6 derniers mois, qui auraient dû être des mois utiles à la négociation, ont en réalité été pour certains États Membres une période de cristallisation négative à l’égard du gouvernement grec. Or dans plusieurs pays, l’accord des parlements nationaux pour une nouvelle aide à la Grèce est nécessaire. Il va falloir leur expliquer qu’après deux programmes d’aide financière, 5 ans d’une supervision étroite, et plus de 300 milliards d’euros d’assistance, il faut de nouveau faire appel à la solidarité européenne. Certains de ces pays ont fait, eux-mêmes, de très gros efforts pour remettre leur économie à flots. D’autres ont un PIB par tête inférieur à celui de la Grèce.  Tous veulent pouvoir dire que, cette fois, c’est différent. Cela se conçoit et se comprend. Il faut une contrepartie à la solidarité. À juste proportion.

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Conférence de presse post-Eurogroupe

Je vous invite à voir ci-dessous mes remarques en conférence de presse post-Eurogroupe ce jour.

J’y félicite Jeroen Dijsselbloem pour sa réélection en tant que Président de l’Eurogroupe, heureux de continuer à travailler ensemble au service de l’Europe.

Sur la Grèce, je salue un accord exigeant mais aussi équilibré entre responsabilité – pour tous – et solidarité. L’engagement de la Grèce pour la mise en oeuvre rapide de réformes a été confirmé. Nous devons également trouver une solution pour aider le pays à faire face aux échéances financières des prochaines semaines.

Enfin, je m’exprime sur le rapport des cinq Présidents et la nécessité de renforcer l’Union économique et monétaire.

Il est essentiel de rétablir la compréhension et la confiance. Nous avons la responsabilité commune d’être à la hauteur de ce moment décisif.

Arrivée à l’Eurogroupe après l’accord sur la Grèce

Voici la vidéo de mon arrivée à l’Eurogroupe ce lundi 13 juillet après l’accord trouvé par les chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet de la zone euro sur la Grèce.

J’y souligne l’importance de cet accord pour l’intégrité de la zone euro et pour la Grèce qui s’engage à faire des réformes en profondeur, ainsi que la nécessité de poursuivre le travail ces prochains jours.

Mon interview ce matin sur RTL sur l’accord avec la Grèce

J’étais ce matin l’invité de 7h50 sur RTL. J’ai répondu aux questions de Jérôme Chapuis sur l’accord avec la Grèce, insistant sur la volonté partagée que le pays reste dans la zone euro et se modernise.

La Commission européenne a joué tout son rôle pour un compromis équilibré avec la Grèce dans l’intérêt général européen.


Pierre Moscovici évoque une « volonté partagée… par rtl-fr

 

Déclarations ce weekend à l’Eurogroupe sur la Grèce

J’ai participé au nom de la Commission européenne aux réunions de l’Eurogroupe sur la Grèce ce weekend. Des rencontres décisives pour préparer l’accord validé par les chefs d’Etat et de gouvernement ce matin, avec un seul cap : un accord équilibré pour le maintien d’une Grèce réformée au coeur d’une zone euro intègre et unie.

Je vous invite à voir ci-dessous mes différentes déclarations :

Arrivée à l’Eurogroupe samedi 11 juillet :

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Départ de l’Eurogroupe samedi 11 juillet :

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Arrivée à l’Eurogroupe dimanche 12 juillet :

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Départ de l’Eurogroupe dimanche 12 juillet :

Grèce : extraits de mon interview dans Sud Ouest et Ouest-France

Je vous invite à lire ci-dessous des extraits de mon interview parue aujourd’hui dans les quotidiens Sud Ouest et Ouest-France sur la Grèce.

Le Grexit est dans toutes les bouches aujourd’hui, est-il une solution ?

La Commission ne veut pas du Grexit.

Ce n’est pas une solution que souhaite la Commission européenne. La Commission ne veut pas du Grexit. Depuis des mois, depuis des années, la Commission est mobilisée pour l’intégrité, l’irréversibilité de la Zone euro. Et la Zone Euro, c’est à 19 ! Le Grexit serait un échec collectif. Nous ne devons pas nous y résigner.

[…]

On sent qu’on est arrivé aux derniers instants…

Nous sommes dans la dernière ligne droite.

C’est vrai. Nous sommes dans la dernière ligne droite. C’est la négociation de la dernière chance. Ce week-end est décisif, je ne dirai pas historique, car ce n’est pas la fin de l’histoire. Dans l’hypothèse positive, on n’en aura pas en effet terminé avec ce dossier. Et on commencera à négocier un programme d’assistance.

[…]

Qu’est-ce qui convaincra tout le monde ?

Il faut enclencher un cycle de réformes.

La qualité des réformes et la capacité du gouvernement grec à les mettre en œuvre. Il est important d’avoir une liste d’actions prioritaires, avec des réformes qui soient votées dans les prochaines semaines voire les prochains jours. C’est un critère. La réforme fiscale et de la réforme des retraites notamment. Il faut enclencher un cycle de réformes.

L’intégralité de l’entretien est à lire dans les éditions papier de Ouest-France et Sud Ouest, et en ligne ici (édition abonnés) : http://www.sudouest.fr/2015/07/10/grece-l-heure-de-verite-2009821-4768.php

Refusons les choix des prêcheurs et des pyromanes

Refusons les choix des prêcheurs et des pyromanes.

La fenêtre de tir pour conclure un accord avec la Grèce se referme définitivement dimanche.

La fenêtre de tir pour conclure un accord avec la Grèce se referme définitivement dimanche. Nous devons tirer parti du temps utile qui nous sépare de cette échéance.

Cet accord est nécessaire. Chacun a conscience des enjeux, je ne les rappelle pas. La Commission a étudié les moyens de faire face à toutes les éventualités, y compris le scénario du pire : on nous le reprocherait si ce n’était pas le cas. Mais il n’y a qu’un seul scénario que nous voulons, et par conséquent qu’un seul scénario sur lequel nous concentrons tous nos efforts. Ce scénario, c’est celui d’une Grèce solidement arrimée à la zone euro et qui s’engage sérieusement à se reformer, aidée de ses partenaires européens. Tout autre scénario serait un échec collectif : je m’y refuse absolument.

Cet accord est, je le crois, possible. Mais pour cela, plusieurs ingrédients doivent être réunis

Cet accord est aussi, je le crois, possible. Mais pour cela, plusieurs ingrédients doivent être réunis.

Le gouvernement grec doit – enfin – apporter la preuve qu’il veut réformer le pays, inventer un nouveau modèle pour son économie.

Le premier, incontournable, indispensable, est simple : l’engagement. Le gouvernement grec doit – enfin – apporter la preuve qu’il veut réformer le pays, inventer un nouveau modèle pour son économie. Le temps de la procrastination s’est écoulé. Athènes n’a plus qu’une flèche dans son carquois. Cela veut dire que les propositions d’Alexis Tsipras, que nous attendons aujourd’hui, doivent être de prime abord acceptables par les créanciers. Si le gouvernement grec ne le fait pas, la partie sera finie et tous auront perdu.

En échange d’un engagement explicite, convaincant et définitif sur les réformes de moyen et long termes, les créanciers doivent offrir un horizon, un espoir aux Grecs.

Deuxième ingrédient : le réalisme. Remettre à flot le système bancaire grec et lever les contrôles des capitaux ne se fera pas en un jour. Inventer un nouveau modèle de croissance prendra des années. Réduire le poids de la dette nécessitera une, voire deux générations. Aucun peuple ne peut s’engager dans ce chemin sans une perspective claire et positive. En échange d’un engagement explicite, convaincant et définitif sur les réformes de moyen et long termes, les créanciers doivent offrir un horizon, un espoir aux Grecs. Et oui, cela implique de s’attaquer au poids de la dette grecque, selon des modalités qu’il leur appartiendra de définir, le temps venu. Cet objectif a été fixé en novembre 2012 assorti de conditions précises – à commencer par la détermination de la Grèce à faire des réformes. S’il en va ainsi, je souhaite qu’il puisse être tenu. Continuer la lecture

Déclaration à mon arrivée à la réunion de l’Eurogroupe sur la Grèce

Je vous invite à voir ci-dessous ma déclaration à mon arrivée à la réunion de l’Eurogroupe sur la Grèce.

La balle est d’abord dans le camp des autorités grecques, avec la nécessité de propositions claires, tangibles, crédibles et efficaces. Je salue la déclaration des principaux partis politiques grecs hier soir en faveur d’un compromis. La Commission européenne reste disponible pour trouver une solution : le Grexit doit être absolument évité, chacun est conscient de sa responsabilité.