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Mon interview dans Les Echos

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 15/12/2015 à 19:17
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Je vous invite à lire ci-dessous un extrait de mon interview à paraître ce mercredi 16 décembre dans Les Echos. J’y livre  et mes analyses sur la poussée du FN en France et sur la montée des populismes en Europe, ainsi que mes réflexions sur les solutions à apporter.

INTERVIEW – Pierre Moscovici livre son analyse personnelle du résultat des régionales. Il s’inquiète de la poussée du FN et plus largement du populisme en Europe.

Le FN a atteint au second tour des régionales son record de voix. Vu de Bruxelles, cela fait-il de la France l’homme malade de l’Europe ?

La France n’est pas l’homme malade de l’Europe, loin de là ! Menons une réflexion sereine, sans formules choc.

La France n’est pas l’homme malade de l’Europe, loin de là ! Menons une réflexion sereine, sans formules choc. Le premier tour qui a vu le Front national, parti anti-européen mais aussi parti d’extrême droite et xénophobe, devenir le premier parti de France, a constitué un choc à Bruxelles comme en France. Mais le second tour a montré que la démocratie française avait du ressort. Je ne sais pas si c’est un sursaut ou un sursis, mais à coup sûr c’est un ressaisissement impressionnant, qui a montré que la très grande majorité des Français ne considérait pas le FN comme un parti de gouvernement pour les régions, ni à fortiori pour la France elle-même. Ce constat rassurant ne doit pas faire oublier l’avertissement sévère du premier tour et l’augmentation des votes pour le Front national au second tour.

La poussée du populisme est générale en Europe mais est particulièrement importante en France. Y a-t-il une spécificité française ?

La crise est européenne, les populismes sont partout. A l’Est de l’Europe, ils sont au pouvoir en Pologne et en Hongrie. Ils représentent aussi un poids considérable au Nord de l’Europe, qui fut jadis une terre sociale-démocrate. Ils sont présents aussi au sud de l’Europe, avec le poids de la Ligue du Nord en Italie ou avec l’Aube dorée, parti néo-nazi, en Grèce. Ils prennent d’autres formes en Grande-Bretagne avec Ukip. Et ils ne sont pas absents en Allemagne avec la montée d’un parti anti-euro et ambigu à l’égard de l’immigration, qui s’appelle AfD.

Le mouvement populiste prend chez nous des dimensions inquiétantes et bien supérieures à celles constatées chez nos voisins.

Au-delà de l’Europe, il faut aussi regarder vers les Etats-Unis, où les déclarations stupéfiantes de Donald Trump recueillent un écho imperturbable auprès d’une large fraction de l’électorat du parti Républicain. Pour autant, sans nier ce phénomène général, il y a aussi une spécificité française qu’il faut reconnaître : le mouvement populiste prend chez nous des dimensions inquiétantes et bien supérieures à celles constatées chez nos voisins, il est désormais implanté dans les territoires et fortement organisé.

Comment caractériser cette spécificité française ?

Il y a à cela des explications économiques et sociologiques, mais aussi à mon sens psychologiques et politiques.

Il y a à cela des explications économiques et sociologiques, mais aussi à mon sens psychologiques et politiques. La France est un grand pays, une puissance d’influence mondiale, qui s’est longtemps vécu comme une grande puissance et qui en cultive une forme de nostalgie. Elle se sentait comme le moteur politique d’une Europe à six, à neuf ou à douze. Aujourd’hui, elle a le sentiment d’être déclassée dans une Europe à 28, qui lui ressemble moins, avec une Allemagne jouant un rôle plus central du fait de sa réussite économique. Ajoutons à cela que les performances économiques sont décevantes depuis une quinzaine d’années avec un chômage élevé, des inégalités qui se réduisent lentement, et dans beaucoup de régions une désindustrialisation marquée. En somme, la France se sent menacée par la mondialisation et moins protégée par l’Europe. […]

Vous pouvez retrouver l’intégralité de cette interview icihttp://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/021561251489-pierre-moscovici-une-coalition-droite-gauche-ne-doit-pas-etre-exclue-par-principe-en-france-1184922.php?rkHTjRYJJpsdHLRz.99#xtor=CS1-33

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