Dans les médias

Articles de janvier 2016


2016, l’année du sursaut européen

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 26/01/2016 à 17:42
Commentaires fermés

2016, l’année du sursaut européen

 

L’Europe ne mourra pas en 2016. Car si elle sombre, nous sombrons avec.

L’Europe ne mourra pas en 2016. Ce n’est pas l’idéologie qui parle, mais le pragmatisme. Car si elle sombre, nous sombrons avec.

Il est des réalités qui s’imposent à chacun. En voici une : les crises que nous connaissons aujourd’hui en Europe n’ont pas une dimension nationale, mais continentale voire mondiale. Vouloir les régler dans un cadre purement souverain ou national, c’est se condamner à l’échec.

Lorsqu’un Etat de la zone euro tangue, c’est la zone euro dans son ensemble qui est fragilisée. Lorsqu’un terroriste frappe, il a des bases arrière dans un pays voisin. Lorsqu’un réfugié franchit la moitié d’un continent à pied, il est une responsabilité commune. Lorsque le réchauffement climatique fera sentir ses effets, ils ne s’arrêteront pas à nos frontières.

Cet état de fait ne se négocie pas : il se constate.

Nos interdépendances, avérées, sont des atouts.

Nos interdépendances, avérées, sont des atouts. On l’oublie parfois en ces temps de « polycrises ». Le marché unique offre des débouchés incontestés aux entreprises européennes, parler d’une même voix permet à l’Europe de peser face à ses partenaires internationaux, construire l’Union bancaire nous protègera de la tourmente financière.

Mais ces interdépendances nous engagent aussi. Et la première de nos responsabilités, c’est de dire la vérité : aux crises que nous connaissons, il n’y a pas de solutions autres qu’européennes. Etre ou ne pas être Européens : ce n’est pas un choix. C’est une réalité incontournable et une ardente obligation. L’Europe n’est pas une contrainte ou un problème : elle est une solution ou une planche de salut. A condition d’être plus efficace et plus démocratique, bref d’obtenir des résultats.

L’ignorer serait inconscient, y renoncer serait fatal.

Et l’Europe agit déjà.

Lire la suite


Can China reinvent its model?

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 20/01/2016 à 18:15
Commentaires fermés

Can China reinvent its model?

 

In Davos this week, the word on everyone’s lips is China.

In Davos this week, the word on everyone’s lips is China. The time when Europe was the main source of concern for the global economy has clearly passed and all eyes are now looking towards to the Middle Kingdom. And with good reason: bilateral trade between our two economies represents almost one billion euros each day.

I want to take a step back, and share four brief thoughts.

I want to take a step back, and share four brief thoughts.

1. First of all, we must overcome our contradictory attitudes regarding China. China’s economy continues to raise concerns, and even fears; some but not all of which are justified. In France in particular, when China’s growth reached 10%, there were concerns about its emergence as a superpower. Now with its growth coming down to more « normal » levels, we fear a sudden weakness. We want our companies to invest in China but we fear that Chinese companies will establish themselves too much on our territories. These contradictions undermine the articulation of a clear and rational strategy towards this country. Some of our European friends have solved this dilemma and see China as an indispensable economic partner: nothing more, nothing less. Without naive sentimentality, but without excessive nervousness either. It is what I advocated when I was France’s Economy and Finance Minister, when I supported the participation of a Chinese manufacturer in the capital of PSA Peugeot-Citroën, alongside the French State; a choice which has proven itself to be right.

China’s economy is moving from a model largely driven by investment to a more sustainable and balanced consumption-driven model.

2. China is undergoing a profound transition and the Chinese authorities have to demonstrate that they can drive this forward in a carefully calibrated manner. China’s economy is moving from a model largely driven by investment to a more sustainable and balanced consumption-driven model. This transformation is necessary and it is welcome – but it needs to be negotiated smoothly and that is a challenge. The key today is the ability of the Chinese authorities to address economic imbalances in an orderly manner and to complete the complex adjustment process underway and thus respond to the tensions visible on financial markets. The Chinese authorities have to be open to these realities and communicate more transparently in order to reassure investors and offer them clear perspectives.

Lire la suite


La Chine peut-elle réinventer son modèle ?

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 20/01/2016 à 16:58
Commentaires fermés

La Chine peut-elle réinventer son modèle ?

 

A Davos cette semaine, je constate que la Chine est au cœur des interrogations.

A Davos cette semaine, je constate que la Chine est au cœur des interrogations. Une page s’est tournée, celle de l’Europe qui faisait douter la « planète économie ». Une autre s’ouvre, où les yeux sont braqués vers l’Empire du milieu. Et pour cause : le commerce bilatéral entre nos deux économies représente près d’un milliard d’euros par jour !

Je veux ici prendre un peu de recul, et partager quatre brèves remarques.

Nous devons dépasser nos contradictions à l’égard de la Chine.

1. Tout d’abord, nous devons dépasser nos contradictions à l’égard de la Chine. La seconde économie mondiale continue de susciter des craintes, voire des peurs, dont certaines ne sont pas injustifiées, mais qui ne sont pas toutes fondées. En France notamment, quand la croissance chinoise atteint 10% on s’inquiète de son hyperpuissance ; quand elle redescend à des taux plus « normaux » on redoute sa soudaine faiblesse. Nous voulons que nos entreprises investissent en Chine, mais  nous craignons que des compagnies chinoises ne s’implantent trop chez nous. Ces contradictions nuisent à la définition d’une stratégie claire et rationnelle avec ce pays. Certains de nos amis européens ont résolu ce dilemme et voient la Chine pour ce qu’elle est d’un point de vue économique : un partenaire incontournable. Ni plus, ni moins. Sans sentimentalisme naïf, mais sans nervosité excessive non plus. C’est ce que j’avais préconisé quand j’étais ministre de l’économie et des finances, notamment en négociant l’entrée raisonnée d’un constructeur chinois au capital de PSA Peugeot-Citroën, aux côtés de l’État: ce choix s’avère avisé.

La clé aujourd’hui est celle de la capacité des autorités chinoises à traiter les déséquilibres de l’économie de manière ordonnée et de mener à bien le processus d’ajustement complexe en cours, et ainsi répondre à la nervosité des marchés financiers.

2. La Chine est en train de vivre une transition très profonde, et les autorités chinoises doivent  faire la démonstration qu’elles peuvent la piloter avec  finesse. Cette économie est en train de muer d’un modèle largement tiré par l’investissement à un modèle plus soutenable, plus équilibré, davantage adossé à la consommation. Cette transformation est nécessaire et elle est bienvenue – mais elle est délicate à négocier et ne se fait pas sans heurts. La clé aujourd’hui est celle de la capacité des autorités chinoises à traiter les déséquilibres de l’économie de manière ordonnée et de mener à bien le processus d’ajustement complexe en cours, et ainsi répondre à la nervosité des marchés financiers. Les autorités chinoises doivent s’ouvrir à ces réalités et communiquer de manière plus transparente pour rassurer les investisseurs et leur offrir des perspectives claires.

Il est encore trop tôt pour mesurer précisément l’impact que le ralentissement chinois, dont nous ne connaissons au demeurant pas l’ampleur, aura sur la croissance européenne.

Lire la suite


Invité de l’émission 18h Politique sur iTélé

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Vidéos | Par pierre.moscovici | 18/01/2016 à 14:20
Commentaires fermés

J’étais ce dimanche 17 janvier l’invité de l’émission 18h Politique sur iTélé. J’ai répondu aux questions d’Audrey Pulvar sur les grands thèmes de l’économie, de l’Europe et de ses défis pour 2016, ou encore de la France.

L’économie française est en reprise, la société bouge, les réformes sont en cours. Les efforts doivent se maintenir

Mon interview à revoir ici :


18h Politique du 17/01/2016 par ITELE


Garantir l’Etat de droit

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 15/01/2016 à 9:03
Commentaires fermés

Garantir l’Etat de droit

Les partis populistes sont en progression partout en Europe.

Les partis populistes sont en progression partout en Europe. Ils sont au pouvoir en Hongrie et en Pologne. Ils sont dans la coalition gouvernementale en Finlande ou au Danemark. Ils sont en tête de nombreux sondages aux Pays-Bas ou en France, et leur popularité atteint des records en Suède. De l’autre côté de l’Atlantique ils trouvent également une expression forte dans le cadre de la campagne des primaires américaines.

Les forces populistes progressent, nourries par les inégalités sociales entre pays et au sein des pays. Il faut – toujours – respecter le choix des électeurs.  Cela n’implique pas de baisser la garde sur la défense de nos valeurs.

Certains choix politiques récents en Pologne inquiètent la Commission.

Certains choix politiques récents en Pologne inquiètent la Commission. La réforme de la Cour Constitutionnelle – le gardien ultime de l’Etat de droit dans un pays – et les développements sur la gouvernance des services publics de radiodiffusion – importante pour la liberté des débats et l’expression de la pluralité des opinions – sont de vrais points de vigilance.

Ce sont donc deux piliers de l’Etat de droit en Pologne dont le Collège des Commissaires s’est entretenu ce mercredi, avec une certaine solennité. Cette discussion prend en effet une teneur particulière concernant un État qui, dans les dernières décennies du XXème siècle, a fait un long et courageux chemin, un chemin sur lequel il s’est battu, sortant de la tutelle soviétique pour aller vers un régime pleinement démocratique. Nul ne sait mieux que les Polonais eux-mêmes ce qu’un recul signifierait pour le pays. Des échanges ont ainsi été engagés avec Varsovie en décembre, pour permettre aux nouvelles autorités de présenter leurs vues.

Mercredi,  la Commission a choisi d’activer un mécanisme dit « Cadre de l’Union pour l’Etat de droit ».

Mercredi,  la Commission a choisi d’activer un mécanisme dit « Cadre de l’Union pour l’Etat de droit ». Pour simplifier, c’est une procédure de dialogue par étapes, à visée essentiellement préventive, qui permet de réagir en cas de menace systématique à l’Etat de droit dans l’un des 28 Etats membres de l’Union. Nous avons estimé que la situation justifiait l’activation de ce Cadre. C’est une réponse prudente et graduelle, mais aussi un signal politique clair.

Au-delà de ce cas spécifique, le raisonnement économique apporte parfois d’intéressants éclairages. On parle souvent « d’aléa moral » en matière économique et financière. Le même phénomène peut être à l’œuvre en politique: être trop accommodant peut envoyer un (mauvais) signal, qui en encouragerait d’autres à tester par étapes nos limites de tolérance, et en pratique à les repousser progressivement. Bref, le risque de contagion au sein de l’Europe existe. Il était important que la Commission signale sa vigilance, refuse la compromission sur les valeurs fondamentales de l’Union, et envoie un message à ceux qui en Pologne ou ailleurs défendent avec sincérité l’État de droit qu’elle est à leurs côtés.


Conférence de presse à l’issue de l’Eurogroupe

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Europe / International,Vidéos | Par pierre.moscovici | 14/01/2016 à 19:15
Commentaires fermés

Pour cette réunion de l’Eurogroupe de rentrée, les sujets à l’ordre du jour de nos discussions ont été les programmes grecs et chypriotes, l’évaluation par le FMI de l’économie de la zone euro, ainsi que sur les cadres nationaux d’insolvabilité.

J’ai informé l’Eurogroupe de l’état des lieux des discussions avec nos partenaires grecs, avant le départ pour Athènes de nos équipes.

La vidéo de ma déclaration en conférence de presse :


Déclaration à mon arrivée à l’Eurogroupe

Catégorie : Actualité,Europe / International,Vidéos | Par pierre.moscovici | 14/01/2016 à 15:17
Commentaires fermés

A voir ci-dessous, ma déclaration à mon arrivée à la réunion de l’Eurogroupe sur la Grèce, Chypre, et l’évaluation par le FMI de l’économie de la zone euro.

Grèce : il faut une réforme crédibles des retraites. Le travail continue, nous sommes concentrés sur la 1ère revue du programme.

 


Extraits de mon interview dans L’Opinion

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique | Par pierre.moscovici | 14/01/2016 à 9:29
Commentaires fermés

J’ai accordé un entretien simultanément à L’Opinion, à La Vanguardia (Espagne,), à La Stampa (Italie) et au Süddeutsche Zeitung (Allemagne). Je m’y exprime sur les défis pour 2016, la sécurité, les flexibilités du Pacte de stabilité et de croissance, le respect des objectifs budgétaires par les Etats membres, la Grèce, ou encore la révolution de la transparence fiscale.

Je vous invite à lire ci-dessous des extraits de mon interview avec L’Opinion par Isabelle Marchais :

Il n’y a pas de changement de politique économique en France, il n’y a pas de remise en cause des engagements qui ont été pris.

Suite aux attentats de novembre, François Hollande a affirmé que le pacte de sécurité l’emportait sur le pacte de stabilité. A-t-il eu raison ? 

Je n’ai jamais vu dans les propos du président de la République une remise en cause du pacte de stabilité. Il me semble que ce que François Hollande a voulu dire, c’est que, quand il y avait un acte terroriste exceptionnel, la prise en compte des mesures de sécurité au regard du pacte de stabilité et de croissance devait être particulière. C’est aussi ce que j’ai dit, ainsi que le président de la Commission Jean-Claude Juncker. Mais au-delà de la formule d’un discours fort devant le Congrès, il n’y a pas de changement de politique économique en France, il n’y a pas de remise en cause des engagements qui ont été pris. Cela a été répété à plusieurs reprises par le ministre des Finances Michel Sapin.

La Commission Juncker est une Commission pour laquelle le pacte de stabilité et de croissance reste la règle que tous doivent respecter, y compris la France.

On vous reproche souvent, notamment outre-Rhin, d’être trop flexible à l’égard de certains pays.

Il faut dépersonnaliser le débat. Les décisions que j’ai été amené à prendre sur les aspects budgétaires ont toujours été prises en accord avec le vice-président Dombrovskis, validées par le Collège tout entier, et conformes au pacte de stabilité et de croissance. La flexibilité est par définition marginale. La Commission Juncker est une Commission pour laquelle le pacte de stabilité et de croissance reste la règle que tous doivent respecter, y compris la France. Et le commissaire aux affaires économiques et financières que je suis, indépendamment de son appartenance nationale, est précisément là pour veiller au respect de la règle. Il n’y a pas de dérive, il n’y a pas non plus d’indulgence particulière par rapport à tel pays ou groupe de pays. La règle est la même pour tous, et l’ensemble de nos opinions est d’ailleurs validé par le Conseil et par l’Eurogroupe.  Mais en même temps, la situation est suffisamment dramatique en Europe pour que nous soyons capables de réaliser des ajustements qui sont certes marginaux sur le plan macro-économique mais nécessaires politiquement et inclus dans le Pacte de stabilité et de croissance. Nous allons donc examiner, au cas par cas et ex post, l’impact  des dépenses engagées pour faire face à la crise des réfugiés et au terrorisme.

[…]

Depuis la mi-juillet, nos relations avec la Grèce sont d’une toute autre nature et très encourageantes.

L’Eurogroupe discute ce jeudi de la Grèce. La situation est-elle vraiment stabilisée? 

L’été dernier, nous avons été  près, beaucoup trop près d’un Grexit, qui aurait été hautement déstabilisant. Heureusement, la rationalité et la raison l’ont emporté. Depuis la mi-juillet, nos relations avec la Grèce sont d’une toute autre nature et très encourageantes, la coopération avec le gouvernement est constructive et il y a une volonté partagée de faire avancer le pays. Je ne dis pas ça pour minimiser ce qui nous attend. De nombreux défis nous attendent, et certains vont sans doute être difficiles. Le premier concerne la réforme des retraites. Nous avons besoin d’une réforme forte, crédible, durable et financièrement viable. C’est ainsi que nous parviendrons à aller de l’avant, à conclure la première revue, puis à aborder de manière constructive les discussions sur la dette. Il est indispensable que le FMI reste de la partie. C’est très important pour la Commission et pour les États- membres, et pas seulement pour l’Allemagne.

Le 27 janvier, je présenterai notre paquet contre l’évasion fiscale. Nous présenterons des mesures contraignantes pour contrer les schémas de planification fiscale agressive, dans l’Union européenne et au-delà.

Lire la suite