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Extraits de mon interview dans L’Opinion

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique | Par pierre.moscovici | 14/01/2016 à 9:29
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J’ai accordé un entretien simultanément à L’Opinion, à La Vanguardia (Espagne,), à La Stampa (Italie) et au Süddeutsche Zeitung (Allemagne). Je m’y exprime sur les défis pour 2016, la sécurité, les flexibilités du Pacte de stabilité et de croissance, le respect des objectifs budgétaires par les Etats membres, la Grèce, ou encore la révolution de la transparence fiscale.

Je vous invite à lire ci-dessous des extraits de mon interview avec L’Opinion par Isabelle Marchais :

Il n’y a pas de changement de politique économique en France, il n’y a pas de remise en cause des engagements qui ont été pris.

Suite aux attentats de novembre, François Hollande a affirmé que le pacte de sécurité l’emportait sur le pacte de stabilité. A-t-il eu raison ? 

Je n’ai jamais vu dans les propos du président de la République une remise en cause du pacte de stabilité. Il me semble que ce que François Hollande a voulu dire, c’est que, quand il y avait un acte terroriste exceptionnel, la prise en compte des mesures de sécurité au regard du pacte de stabilité et de croissance devait être particulière. C’est aussi ce que j’ai dit, ainsi que le président de la Commission Jean-Claude Juncker. Mais au-delà de la formule d’un discours fort devant le Congrès, il n’y a pas de changement de politique économique en France, il n’y a pas de remise en cause des engagements qui ont été pris. Cela a été répété à plusieurs reprises par le ministre des Finances Michel Sapin.

La Commission Juncker est une Commission pour laquelle le pacte de stabilité et de croissance reste la règle que tous doivent respecter, y compris la France.

On vous reproche souvent, notamment outre-Rhin, d’être trop flexible à l’égard de certains pays.

Il faut dépersonnaliser le débat. Les décisions que j’ai été amené à prendre sur les aspects budgétaires ont toujours été prises en accord avec le vice-président Dombrovskis, validées par le Collège tout entier, et conformes au pacte de stabilité et de croissance. La flexibilité est par définition marginale. La Commission Juncker est une Commission pour laquelle le pacte de stabilité et de croissance reste la règle que tous doivent respecter, y compris la France. Et le commissaire aux affaires économiques et financières que je suis, indépendamment de son appartenance nationale, est précisément là pour veiller au respect de la règle. Il n’y a pas de dérive, il n’y a pas non plus d’indulgence particulière par rapport à tel pays ou groupe de pays. La règle est la même pour tous, et l’ensemble de nos opinions est d’ailleurs validé par le Conseil et par l’Eurogroupe.  Mais en même temps, la situation est suffisamment dramatique en Europe pour que nous soyons capables de réaliser des ajustements qui sont certes marginaux sur le plan macro-économique mais nécessaires politiquement et inclus dans le Pacte de stabilité et de croissance. Nous allons donc examiner, au cas par cas et ex post, l’impact  des dépenses engagées pour faire face à la crise des réfugiés et au terrorisme.

[…]

Depuis la mi-juillet, nos relations avec la Grèce sont d’une toute autre nature et très encourageantes.

L’Eurogroupe discute ce jeudi de la Grèce. La situation est-elle vraiment stabilisée? 

L’été dernier, nous avons été  près, beaucoup trop près d’un Grexit, qui aurait été hautement déstabilisant. Heureusement, la rationalité et la raison l’ont emporté. Depuis la mi-juillet, nos relations avec la Grèce sont d’une toute autre nature et très encourageantes, la coopération avec le gouvernement est constructive et il y a une volonté partagée de faire avancer le pays. Je ne dis pas ça pour minimiser ce qui nous attend. De nombreux défis nous attendent, et certains vont sans doute être difficiles. Le premier concerne la réforme des retraites. Nous avons besoin d’une réforme forte, crédible, durable et financièrement viable. C’est ainsi que nous parviendrons à aller de l’avant, à conclure la première revue, puis à aborder de manière constructive les discussions sur la dette. Il est indispensable que le FMI reste de la partie. C’est très important pour la Commission et pour les États- membres, et pas seulement pour l’Allemagne.

Le 27 janvier, je présenterai notre paquet contre l’évasion fiscale. Nous présenterons des mesures contraignantes pour contrer les schémas de planification fiscale agressive, dans l’Union européenne et au-delà.

Vous parlez d’une révolution de la transparence fiscale pour 2016. Quels sont vos projets ?

Le 27 janvier, je présenterai notre paquet contre l’évasion fiscale. Nous présenterons des mesures contraignantes pour contrer les schémas de planification fiscale agressive, dans l’Union européenne et au-delà. Nous proposerons aussi que les multinationales puissent rapporter des informations fiscales clefs et comptables aux autorités nationales. Nous voulons par ailleurs promouvoir une fiscalité équitable tout autour de la planète. Je souhaite que nous présentions aussi vite que possible une liste des juridictions non coopératives qui soit vraiment européenne. Enfin, je proposerai plus tard dans l’année une nouvelle proposition sur une assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés, qui se fera sans doute en deux temps.      

[…]

L’intégralité de mon interview est à lire ici : http://www.lopinion.fr/edition/international/pierre-moscovici-delai-deux-ans-accorde-a-france-ne-saurait-etre-94605?utm_content=buffer32540&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

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