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Bloc-notes du G20 de retour de Shanghai

Catégorie : Actualité,Europe / International | Par pierre.moscovici | 29/02/2016 à 12:09
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Je retiens de ces deux jours de réunions intenses du G20 à Shanghai et avec les autorités chinoises à Beijing une volonté partagée de faire face ensemble aux risques accrus pour l’économie mondiale, avec une Europe davantage à l’avant-poste – sur la fiscalité notamment. Un dîner avec des experts, deux interventions comme orateur principal, huit sessions de travail, neuf rencontres bilatérales avec Christine Lagarde, avec les ministres américain, chinois, argentin, turc, italien, français, brésilien, allemand :c’est le prix pour progresser dans la compréhension partagée des défis pour la planète économie, et travailler ensemble aux réponses.

Je termine ce premier G20 – bien – organisé sous présidence chinoise avec trois impressions. D’abord, la situation économique mondiale est au cœur de toutes les interrogations.

Je termine ce premier G20 – bien organisé – sous présidence chinoise avec trois impressions.

D’abord, la situation économique mondiale est au cœur de toutes les interrogations. A Brisbane en 2014, nous avions pris l’engagement d’augmenter notre croissance collective de 2% en cinq ans. Il faut accélérer sur la voie des réformes nécessaires pour y parvenir. La croissance à l’international est aujourd’hui décevante, et inégale. Les économies avancées poursuivent leur redressement – à un rythme modeste pour l’Europe. Mais l’économie mondiale connaît incontestablement un moment délicat, marqué par une certaine nervosité. La baisse du commerce international, les défis sans précédent auxquels doivent faire face les banques centrales, la transition économique en Chine et le ralentissement dans d’autres économies émergentes, l’instabilité géopolitique : tout cela constitue un risque accru pour l’environnement économique international. Il faut utiliser tous les instruments à notre disposition pour tenir l’ambition en matière de croissance, au-delà des politiques monétaires, et redonner de l’élan à l’objectif fixé à Brisbane.

Les discussions que j’ai menées en marge de ce G20 avec les autorités économiques chinoises, avec le Président de l’Eurogroupe, Jeroen Djisselbloem, et le Président de la Banque Centrale Européenne, Mario Draghi, ont été utiles et constructives. Les Chinois nous ont expliqué de manière claire et crédible leurs ambitieux plans de réformes; nous, Européens, les avons assurés de notre soutien. Ces réformes doivent permettre à ce géant de la croissance de réussir la transition vers un modèle basé moins sur la production de masse et plus sur la consommation et les services grâce à des investissements plus ciblés. La Commission européenne continue de prévoir un « atterrissage en douceur » pour la Chine. Je quitte le pays plutôt rassuré: cette hypothèse reste heureusement la plus probable.

Deuxième impression, sur la situation de l’Europe . Certes, celle- ci n’est pas au centre des préoccupations pour l’économie mondiale, pour autant cela ne doit pas nous inciter à la complaisance ou à l’auto-satisfaction.

Deuxième impression, sur la situation de l’Europe . Certes, celle- ci n’est pas au centre des préoccupations pour l’économie mondiale, pour autant cela ne doit pas nous inciter à la complaisance ou à l’auto- satisfaction. Notre stratégie macro- économique est maintenant adaptée, j’en ai la conviction: il faut la déployer avec plus de détermination, dans ses 3 dimensions:
– Des politiques budgétaires responsables soutenant la croissance restent pertinentes.
– L’effort pour relancer l’investissement, en particulier l’investissement privé, qui a fait l’objet de beaucoup de discussions au G20, doit se poursuivre et s’amplifier. C’est un outil important pour soutenir la demande. Jusqu’à présent l’investissement n’a pas suffisamment appuyé NOTRE reprise économique, mais les conditions sont désormais réunies pour que cela change.
– Enfin, les réformes structurelles doivent être mises en œuvre avec détermination. Tenir les engagements, se concentrer sur l’exécution des réformes: l’Europe veut éviter une dispersion des efforts, un « butinage » vers d’autres problématiques économiques. Il faut au contraire dérouler méthodiquement notre agenda.

Dernier point: l’Europe est à l’avant-poste sur plusieurs sujets, qu’il s’agisse de la lutte contre l’évasion fiscale ou de la lutte contre le financement du terrorisme.

Dernier point: l’Europe est à l’avant-poste sur plusieurs sujets, qu’il s’agisse de la lutte contre l’évasion fiscale ou de la lutte contre le financement du terrorisme. Sur ces deux points, la Commission a mis sur la table des propositions audacieuses ces derniers mois et semaines, qui seront activement mises en œuvre au premier semestre 2016. Pour ma part, je pilote les travaux sur la fiscalité et plus particulièrement sur la lutte contre la fraude fiscale, l’évasion fiscale, l’érosion des bases fiscales. Mon message auprès de nos interlocuteurs internationaux était simple: poursuivons ensemble dans cette ambition. Des engagements ont été pris par nos partenaires dans différents forums à l’ONU, à l’OCDE, dans des réunions précédentes du G20. C’est l’heure de les confirmer, ou plutôt de les amplifier.

Je rentre de Chine plus confiant qu’en arrivant à Pékin. Certes, nous traversons des moments plus difficiles depuis quelques mois, mais nous ne sommes pas retombés dans la crise. Nous avons au contraire la volonté et la capacité de soutenir la croissance et l’emploi. Le combat continue!

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