Pensée pour la Belgique

Pensée pour la Belgique

De mon bureau je vois la station de métro Maalbeek à Bruxelles, où plusieurs personnes sont décédées hier. Mes pensées accompagnent leurs familles, ainsi que tous ceux et celles qui ont été touchées par les attentats terroristes dans la capitale belge.

J’ai aussi une pensée émue pour les quatre fonctionnaires de la Commission blessés dans ces attaques, dont une qui appartient à l’un de mes services, la Direction générale de la fiscalité et des douanes. J’ai enfin une pensée toute particulière pour mon collaborateur, Simon O’Connor, qui se trouvait à Zaventem hier matin et devait me rejoindre en Italie. Il était encore dans le parking de l’aéroport lorsque les kamikazes ont déclenché leurs bombes. Il est indemne. D’autres n’ont pas eu sa chance.

Ces assauts contre nos valeurs, contre l’Europe, se multiplient. Ils testent notre détermination, mais aussi notre capacité à rester unis. Les citoyens européens se demandent si nous faisons tout pour gagner contre le terrorisme. En quelques jours, on passe du soulagement d’avoir capturé Salah Abdeslam à l’horreur de la forme la plus lâche et abjecte de violence. Une violence qui obéit à une lecture totalement dévoyée et ultra-minoritaire de principes religieux qui ne sont pas – faut-il le répéter – ceux de la communauté musulmane. Il faudra, encore, combattre impitoyablement ceux qui commettent ces actes ignobles, aider les victimes, et refuser les amalgames.

Je veux dire toute ma solidarité aux Belges. Parce que, comme Français, je sais le choc des attentats de novembre à Paris, parce qu’à Bruxelles j’exerce mes fonctions de Commissaire, je connais et reconnais la dignité et la détermination de nos amis belges. J’aime ce pays, sa diversité, sa tradition d’ouverture, son joyeux mélange des contrastes. Il a ses difficultés, comme d’autres de ses voisins – et ressemble plus à la France que la France ne le voit parfois elle-même. Il va se redresser, les plaies se refermeront, en temps voulu.

Il le fera avec l’aide de l’Europe. Car en frappant un aéroport international, en attaquant une station de métro située en plein quartier européen, en s’en prenant à la capitale de l’Europe, c’est la Belgique que les kamikazes ont touchée mais à travers elle c’est l’Union qu’ils visaient. L’Europe doit donc être profondément solidaire de nos amis belges, être à ses côtés dans l’émotion, mais aussi dans la réponse. Il en est ainsi des pays dont le destin est lié.

Les terroristes de Daech ont voulu, en attaquant Bruxelles, frapper l’Europe au cœur, en son cœur. Ils veulent nous affaiblir et nous diviser. Ils échouent. Car l’Europe sortira de cette crise plus forte. Ils ne l’abattront pas, ils ne feront pas reculer nos valeurs. Notre responsabilité est claire : construire maintenant, dans le respect de l’Etat de droit, l’Union de la sécurité que nos concitoyens demandent. Nous le devons à celles et ceux dont l’EI a lâchement pris les vies.

Pour un progressisme européen assumé – Tribune dans Le Figaro

Je vous invite à lire ci-dessous l’intégralité de ma tribune « Pour un progressisme européen assumé », parue dans Le Figaro ce jeudi 17 mars.

J’y lance un appel à tous les pro-européens : oui, il faut se saisir du débat sur l’Europe, et surtout se ressaisir ! L’Europe n’est pas le problème, mais bien une partie de la solution. À l’Europe rabougrie, peureuse et cloisonnée des populistes, il faut maintenant opposer une Europe progressiste et pleinement assumée.

Pour un progressisme européen assumé

Regardons les choses en face. Le débat sur l’Europe est aujourd’hui phagocyté par les eurosceptiques. Les scénarios simplistes des extrêmes et des populistes dominent, non pas par leur pertinence mais parce qu’ils rencontrent trop peu d’obstacles, parce que leurs thèses et leurs idées ne sont pas suffisamment combattues. Il en résulte partout un même sentiment de désenchantement, de peur, d’impasse historique à l’égard de l’Europe.

Il y a pourtant des adversaires à combattre, les populistes. Il y a des consciences à réveiller, celles des citoyens européens, que l’on abreuve de contre-vérités sur l’Europe. Enfin, il y a des obligations à remplir, pour les pro-européens et donc pour les réformistes: ceux-ci doivent réinvestir le débat, par le biais de propositions structurées et novatrices.

Le défi européen est connu, il est immense.

Le défi européen est connu, il est immense. L’Europe connaît aujourd’hui trois crises. Une crise de la protection tout d’abord: la crise des réfugiés, et le terrorisme – concomitants  sans être liés – testent notre ouverture au monde. Une crise de l’intégration ensuite: le Brexit fait peser un risque réel de délitement – mais l’éviter ne doit pas se faire au détriment des avancées futures pour l’Union, et d’abord pour la zone euro. Une crise des valeurs enfin: notre continent est aujourd’hui divisé entre ceux qui prônent une conception purement chrétienne – et s’opposent donc à l’arrivée de réfugiés d’autres continents – et ceux qui estiment que l’Europe est unie et diverse, que notre « modèle de civilisation » n’est pas menacé, mais que nous avons besoin de réponses communes.

Face à ces crises, les pro-européens, et en particulier la gauche pro-européenne, ne peuvent rester silencieux.

Face à ces crises, les pro-européens, et en particulier la gauche pro-européenne, ne peuvent rester silencieux – et encore moins, comme certains croient habile de le faire, en rajouter dans la critique, comme pour se mettre au diapason d’une opinion nationale inquiète. Quand la justice et l’humanité sont en jeu,  refuser de flatter les instincts et les peurs ,  fût- ce au risque de l’impopularité, comme l’a fait Angela Merkel dans sa gestion de la crise des réfugiés, est aussi un signe de volonté politique. Certes la situation de l’Allemagne est spécifique, et ce choix n’est pas sans poser de problèmes. D’autres devraient toutefois s’inspirer de cette constance, de cette vision.

Non, l’Europe n’est pas un problème: elle n’est peut-être pas toute la solution, mais elle est une partie de la solution.

Revendiquons haut et fort notre engagement européen ! Parce qu’aucune des crises que nous affrontons, aucune des difficultés que nous rencontrons, aucun des défis que nous devons relever ne sont purement nationaux, les réponses ne peuvent être qu’européennes. Non, l’Europe n’est pas un problème: elle n’est peut-être pas toute la solution, mais elle est une partie de la solution. Elle reste, en ces temps troublés, notre horizon historique, le grand projet qui peut nous unifier et nous mobiliser.

Certes, rien n’oblige à se satisfaire des résultats de l’Europe aujourd’hui. L’Union européenne n’est pas parfaite. Moi-même, je ne suis pas un euro-béat, considérant que nous faisons un sans-faute, que les progrès sont visibles pour tous, qu’il n’y a rien à changer. Je sais que l’Europe reste trop éloignée des réalités de nos territoires, je connais les réticences qu’elle suscite dans les milieux dits populaires.

Je sais aussi que, du coup, l’Europe divise la gauche, conduisant une partie d’entre elle aux confins du nationalisme, réduisant l’autre au silence ou à une parole trop timide- la social- démocratie française éprouve ce dilemme depuis le referendum sur la Constitution européenne en 2005.

La gauche ne peut pas pour autant faire l’impasse sur l’Europe.

Continuer la lecture

Conférence-débat étudiante à HEC Paris sur l’Europe

J’étais mercredi 16 mars l’invité d’HEC Paris, pour une conférence-débat étudiante organisée par les associations HEC Débats et Involv’EU. J’y ai débattu avec François Baroin des crises actuelles et de l’avenir de l’Europe, autour du thème « L’Europe : union de gauche, euro de droite ? ». 

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de cette conférence :

Mon interview dans Ouest-France – Déplacement dans la Sarthe

Je suis demain en déplacement dans la Sarthe, dans l’agglomération du Mans. J’y visiterai l’Institut des Molécules et matériaux du Mans, le laboratoire d’acoustique de l’Université du Maine, et le centre de transfert de Technologie du Maine. Je m’entretiendrai avec des acteurs économiques locaux, des universitaires et des étudiants. Une conférence-débat conjointe avec Stéphane Le Foll, sur le thème « Relance économique, justice fiscale : quel rôle pour l’Europe ? », clôturera le programme.

Je vous invite à lire ci-dessous l’interview que j’ai donnée à Ouest-France en amont de cette visite :

Que répondez-vous aux doutes sur l’Europe exprimés par une partie de l’opinion française ?

Il faut réagir clairement et fermement, et redonner le goût de l’Europe aux Français.

J’ai conscience que l’Europe peut être mal comprise ou mal aimée par une partie de l’opinion publique française. Il faut réagir clairement et fermement, et redonner le goût de l’Europe aux Français. J’en appelle à tous les pro-européens pour ne pas abandonner le débat aux seuls populistes. Non, l’Europe n’est pas le problème, mais bien une partie de la solution ! L’Europe, ce sont nos valeurs communes, notre vivre-ensemble, nos chances pour demain.

Quels sont les enjeux de votre déplacement aujourd’hui ?

Mon but : rapprocher l’Europe de ses territoires.

Pour ce 4eme déplacement en région en France, j’ai souhaité mettre l’accent sur la recherche et l’innovation, socle du développement économique. La complémentarité des universités et des entreprises en la matière est essentielle, et fonctionne bien dans la région. C’est le cas à l’Institut des Molécules et matériaux du Mans, au laboratoire d’acoustique de l’Université du Maine – l’un des meilleurs au monde ! –, et au centre de transfert de Technologie du Maine, qui bénéficient de fonds européens. Ce déplacement a aussi pour objectif de poursuivre le dialogue avec des acteurs économiques locaux, des universitaires et des étudiants. Nous allons investir 1.2 milliards d’euros dans la région par les divers fonds européens d’ici 2020. Mon but : rapprocher l’Europe de ses territoires.

Comment parler d’Europe alors que l’unité européenne se fissure face à la crise des migrants ?

La solution, ce n’est pas moins d’Europe, mais plus et surtout mieux d’Europe !

Le rôle de la Commission européenne est d’apporter une réponse globale : répartir les réfugiés entre les différents pays ; créer un corps de gardes-frontières et de garde-côtes européens pour sécuriser les frontières extérieures ; mettre en place des « hotspots » en Italie et en Grèce, structures où les réfugiés sont contrôlés et enregistrés ; lutter contre les opérations des passeurs; renforcer le dialogue avec les pays d’origine des migrants pour organiser des retours effectifs. Nos solutions passent aussi par un plan de coopération avec la Turquie pour qu’Ankara se dote de frontières plus étanches. La solution, ce n’est pas moins d’Europe, mais plus et surtout mieux d’Europe !

Tribune dans Le Figaro : « Pour un progressisme européen assumé »

Je m’exprime aujourd’hui dans une tribune publiée par Le Figaro sur la nécessité de se saisir du débat européen, et de se ressaisir. Alors que les crises sont nombreuses et que les défis sont immenses, il est essentiel de continuer à revendiquer notre engagement européen. Et de ne pas avoir peur de dire, face aux populistes, que l’Europe n’est pas un problème, mais bien une partie de la solution.

Voici un extrait de cette tribune :

Tribune – Pour un progressisme européen assumé

Regardons les choses en face. Le débat sur l’Europe est aujourd’hui phagocyté par les eurosceptiques. Les scénarios simplistes des extrêmes et des populistes dominent, non pas par leur pertinence mais parce qu’ils rencontrent trop peu d’obstacles, parce que leurs thèses et leurs idées ne sont pas suffisamment combattues. Il en résulte partout un même sentiment de désenchantement, de peur, d’impasse historique à l’égard de l’Europe.

Il y a pourtant des adversaires à combattre, les populistes. Il y a des consciences à réveiller, celles des citoyens européens, que l’on abreuve de contre-vérités sur l’Europe. Enfin, il y a des obligations à remplir, pour les pro-européens et donc pour les réformistes: ceux-ci doivent réinvestir le débat, par le biais de propositions structurées et novatrices.

Le défi européen est connu, il est immense. L’Europe connaît aujourd’hui trois crises. Une crise de la protection tout d’abord: la crise des réfugiés, et le terrorisme – concomitants  sans être liés – testent notre ouverture au monde. Une crise de l’intégration ensuite: le Brexit fait peser un risque réel de délitement – mais l’éviter ne doit pas se faire au détriment des avancées futures pour l’Union, et d’abord pour la zone euro. Une crise des valeurs enfin: notre continent est aujourd’hui divisé entre ceux qui prônent une conception purement chrétienne – et s’opposent donc à l’arrivée de réfugiés d’autres continents – et ceux qui estiment que l’Europe est unie et diverse, que notre « modèle de civilisation » n’est pas menacé, mais que nous avons besoin de réponses communes.

Face à ces crises, les pro-européens, et en particulier la gauche pro-européenne, ne peuvent rester silencieux – et encore moins, comme certains croient habile de le faire, en rajouter dans la critique, comme pour se mettre au diapason d’une opinion nationale inquiète. Quand la justice et l’humanité sont en jeu,  refuser de flatter les instincts et les peurs ,  fût- ce au risque de l’impopularité, comme l’a fait Angela Merkel dans sa gestion de la crise des réfugiés, est aussi un signe de volonté politique. Certes la situation de l’Allemagne est spécifique, et ce choix n’est pas sans poser de problèmes. D’autres devraient toutefois s’inspirer de cette constance, de cette vision.

Revendiquons haut et fort notre engagement européen ! Parce qu’aucune des crises que nous affrontons, aucune des difficultés que nous rencontrons, aucun des défis que nous devons relever ne sont purement nationaux, les réponses ne peuvent être qu’européennes. Non, l’Europe n’est pas un problème: elle n’est peut-être pas toute la solution, mais elle est une partie de la solution. Elle reste, en ces temps troublés, notre horizon historique, le grand projet qui peut nous unifier et nous mobiliser.

[…]

L’intégralité de cette tribune est à lire dans Le Figaro de ce jour, et en ligne : http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/03/16/31002-20160316ARTFIG00300-pierre-moscovici-pour-un-progressisme-europeen-assume.php.

Mon interview dans Politique Matin sur LCP

J’étais l’invité de la matinale de LCP ce mercredi 9 mars. J’ai répondu aux questions de Brigitte Boucher sur la France, les réformes du marché du travail en Europe, l’Europe sociale, la Grèce, ou encore le Royaume-Uni.

Je vous invite à (re)voir cette interview – à partir de 31’20 :

La France doit continuer à se réformer pour une économie plus forte, capable de créer plus d’emplois.

Conférence de presse à l’issue de l’ECOFIN

En conférence de presse à l’issue de la réunion ECOFIN de ce jour, j’ai salué l’accord unanime des Etats membres sur la proposition d’échange automatique d’informations fiscales pays par pays entre les autorités nationales, concernant les entreprises multinationales. J’ai aussi évoqué les rapports par pays dans le cadre du Semestre européen, ainsi que sur l’importance de favoriser les investissements en Europe.

Nous avons franchi un pas important vers une transparence fiscale accrue concernant les entreprises multinationales, et vers une meilleure coopération entre les Etats membres. C’est un élément clé dans notre lutte déterminée contre la planification fiscale agressive et l’évasion fiscale.

Conférence de presse à l’issue de l’Eurogroupe

En conférence de presse à l’issue de la réunion de l’Eurogroupe ce lundi 7 mars 2016, je suis revenu sur les conclusions de nos échanges concernant la Grèce et Chypre. J’ai aussi évoqué nos discussions sur les progrès accomplis par les Etats membres depuis la présentations de leurs projets de plans budgétaires.

Aujourd’hui, grâce aux efforts des Chypriotes et au soutien européen et international, le pays a retrouvé le chemin de la croissance.