De retour des Etats-Unis

De retour des Etats-Unis

De retour de Washington et New York, où j’ai représenté la Commission européenne aux réunions annuelles du FMI et à celles du G20, je veux livrer ici quelques impressions rapportées, quelques instantanés pris dans les coulisses.

Que retenir de cette session d’échanges ? Les leaders internationaux n’ont plus les yeux braqués sur la performance économique de l’Europe. Mais ils ont trois points d’inquiétude, ou du moins d’interrogation : la crise des réfugiés, le risque de Brexit, et la Grèce. Et puis, bien sûr, les Panama papers, qui n’étaient pas prévus au programme, se sont largement invités dans la discussion… à ma grande satisfaction.

Les instances internationales restent une enceinte privilégiée pour faire avancer nos dossiers communs.

Une première conclusion politique : les instances internationales restent une enceinte privilégiée pour faire avancer nos dossiers communs. De Pier Carlo Padoan à Luis De Guindos, en passant par Wolfgang Schäuble, Michel Sapin ou Jeroen Dijsselbloem, les réunions du printemps du FMI sont propices aux rencontres bilatérales entre les responsables européens. J’ai aussi eu un échange utile avec Christine Lagarde, en particulier sur la Grèce, avec le Secrétaire du Trésor Jack Lew, avec les conseillers économiques du Président Obama à la Maison blanche, ou encore avec Michael Bloomberg, avec qui j’ai longuement évoqué les élections américaines. Au-delà de ces entretiens, plusieurs conférences – au Peterson Institute sur l’économie européenne, avec les représentants de la Chambre de commerce franco-américaine ou encore lors de la Conférence transatlantique organisée par la DG Ecfin et la FED de New York – m’ont aussi permis d’échanger avec un public plus large, de « prendre la température ».

Tous nos partenaires ont été unanimes sur la nécessité de mieux lutter ensemble contre les paradis fiscaux et contre le blanchiment d’argent, en intensifiant la transparence financière.

La fiscalité a été au centre de plusieurs de nos discussions. Dans le cadre du G20, tous nos partenaires ont été unanimes sur la nécessité de mieux lutter ensemble contre les paradis fiscaux et contre le blanchiment d’argent, en intensifiant la transparence financière. Je salue les conclusions du G20 sur la nécessité d’avancer sur le standard d’échange automatique d’informations, et sur la volonté de définir des critères mondiaux et un processus de listing international. Le communiqué final insiste sur la nécessité de renforcer la transparence sur les ayants droits, et de se doter des moyens de savoir qui se cache derrière les sociétés-écrans, au cœur des révélations des Panama papers. Sur l’ensemble de ces sujets, les approches européenne et internationale sont fortement complémentaires. Comme je l’ai souligné au Forum fiscal du FMI, chacun a pris conscience de l’urgence de renforcer le système fiscal international. Les Panama papers ouvrent, j’en suis convaincu, une nouvelle ère fiscale de transparence et de coopération renforcées.

Nous nous devons de rester collectivement vigilants, dans un contexte de croissance qui demeure modeste et inégale.

L’état de l’économie mondiale a aussi été au cœur de ce déplacement. J’ai ici constaté un peu moins de pessimisme par rapport aux réunions du G20 de Shanghai en février dernier. Les efforts des autorités chinoises pour poursuivre les réformes structurelles et soutenir la croissance ont pesé en ce sens. Mais des risques demeurent, notamment sur les marchés émergents et avec une inflation qui reste faible. Nous nous devons de rester collectivement vigilants, dans un contexte de croissance qui demeure modeste et inégale. C’est pourquoi il importe d’aller plus loin dans les réformes structurelles et le soutien aux investissements, avec le soutien de l’OCDE et du FMI. Il y a là une base solide pour poursuivre nos réflexions en vue de la prochaine réunion du G20 mi-juillet à Chengdu, en Chine.

Nous avons avancé dans les négociations sur le dossier grec.

Enfin, nous avons avancé dans les négociations sur le dossier grec. Je continue à croire que nous pouvons aller de l’avant vers la finalisation du premier examen du programme grec en vue du l’Eurogroupe informel de demain à Amsterdam. C’est dans l’intérêt de la Grèce, qui doit retrouver le chemin de la croissance et de la création d’emploi. C’est aussi dans l’intérêt de la zone euro et de l’UE, pour enfin clore cette période de gestion de crise. Cela permettrait de débourser une part importante des fonds prévus pour soutenir le pays. Je souhaite bien sûr que le FMI reste à bord, pour crédibiliser l’ensemble du processus. Il s’agit maintenant de trouver vite un accord d’ensemble sur les réformes économiques nécessaires pour ramener la confiance et l’investissement en Grèce, puis sur la dette du pays. Certes, l’effort exigé pour finaliser cette première revue reste important. Mais c’est possible !

Plus que jamais, il n’y a pas, face aux défis de l’économie mondiale, d’autre voie que celle de la coopération internationale.

Alors que les Etats-Unis vivent au rythme d’une campagne présidentielle trépidante et surprenante, je rentre de ce déplacement confiant dans notre capacité commune à faire avancer nos grands dossiers. Plus que jamais, il n’y a pas, face aux défis de l’économie mondiale, d’autre voie que celle de la coopération internationale.

Voici quelques instantanés de ce déplacement :