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Sommet Turquie-UE : des échanges sans tabou

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 29/04/2016 à 9:56
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J’étais à Istanbul et Ankara cette semaine, pour  discuter, sans tabou, de notre relation politique et économique dans sa globalité.

Après les Etats-Unis il y a 15 jours,  puis les réunions de l’Eurogroupe et de l’Ecofin à Amsterdam la semaine dernière, j’ai passé deux jours à Istanbul et Ankara cette semaine, pour initier un dialogue économique régulier entre l’Union européenne et  la Turquie. Mais l’intérêt de cette visite de deux jours dépassait le simple échange sur les enjeux économiques avec le gouvernement. Au travers de rencontres nombreuses avec la société civile et la communauté des affaires, il s’agissait bel et bien de discuter, sans tabou, de notre relation politique et économique dans sa globalité.

  1Photo de famille du Business dialogue (lundi matin)

Le dialogue entre communautés économiques européenne et turque était au programme de la première journée de ce déplacement, à Istanbul. Les grandes associations d’entreprises turques ont insisté sur la nécessité de pouvoir compter sur un partenaire solide économiquement – les pays de l’Union représentent, et de loin, les plus grands investisseurs internationaux en Turquie. Nous partageons tous – et c’est suffisamment rare pour le souligner – un même constat sur les réformes à entreprendre, avec un intérêt toute particulier pour la complexité administrative et légale qui pèse sur l’investissement turc.

 Je suis un ami de longue date de la Turquie et un fervent militant d’un approfondissement de nos relations avec ce pays.

2Discours à l’Institut du Bosphore (lundi soir),
face à un public d’intellectuels et de chefs d’entreprises

J’ai souligné plus tard,  à l’Institut du Bosphore, créé pour animer le dialogue des milieux économiques et politiques français et turcs, que la qualité de l’environnement économique était indissociable du climat politique général. Je suis un ami de longue date de la Turquie et un fervent militant d’un approfondissement de nos relations avec ce pays: l’Europe a besoin de la Turquie comme la Turquie a besoin de l’Europe. Mais l’amitié, c’est aussi aider l’autre à donner le meilleur de lui-même.  Si la Turquie veut rayonner dans son voisinage,  et se rapprocher encore de l’Europe, elle doit se souvenir que tout développement réussi repose sur des valeurs partagées, sur le respect du droit et de la liberté. Les entreprises turques n’ont pas laissé ce sujet de côté, au contraire. J’ai dit pour ma part, dans cet Institut que je connais bien (je fais partie de son comité scientifique) mon attachement à la liberté d’expression, à la pluralité des médias et à l’état de droit.

 Les autorités turques ont conscience de la nécessité de réformer leur économie.

3Rencontre bilatérale avec Cevdet Yilmaz (mardi),
Ministre turc du Développement, en charge des réformes structurelles

 Les autorités turques ont quoi qu’il en soit conscience de la nécessité de réformer leur économie. Lors de nos échanges du lendemain à Ankara, mon homologue dans les grandes réunions du G20 et vice-premier ministre turc, Mehmet Şimsek, m’a ainsi présenté en détail sa stratégie pour réduire, notamment, la dépendance de la Turquie à l’égard des financements étrangers. Le Ministre Cevdet Yilmaz a de même été très précis dans nos échanges sur les réformes à mettre en œuvre, en ligne avec l’analyse de la Commission.

 J’ai rappelé que pour l’Union, les critères à remplir pour permettre la libéralisation des visas pour les citoyens turcs devaient être respectés.

Ce bref compte-rendu ne serait pas complet sans évoquer la question de la libéralisation des visas pour les citoyens turcs. Le gouvernement y tient, cette question est revenue souvent et avec insistance auprès de mes interlocuteurs ou de la presse. J’ai rappelé que pour l’Union, les critères à remplir pour permettre cette libéralisation devaient être respectés.

  4Trajet en bâteau sur le Bosphore pour des rencontres bilatérales avec le Vice-Premier Ministre turc, Mehmet ŞIMŞEK (lundi après-midi)

Je rentre satisfait de ces deux jours d’intenses discussions lors desquels la Commission européenne a su faire entendre son message à des interlocuteurs désireux d’approfondir leur coopération avec l’Union. D’autres rencontres suivront, qui nous permettront, je l’espère, de mesurer les progrès engrangés des deux côtés.

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