Contre vents et marées, tenir le cap.

Contre vents et marées, tenir le cap.

La Commission européenne a adopté hier ses recommandations économiques et ses décisions budgétaires pays par pays, pour 2016-2017. Je veux retenir de cette présentation trois messages principaux.

Tout démontre que les efforts budgétaires des peuples européens n’ont pas été consentis en vain. Au contraire !

Premièrement, tout démontre que les efforts budgétaires des peuples européens n’ont pas été consentis en vain. Au contraire ! Pour la seconde année d’affilée, la dette de la zone euro va se réduire en 2016. Le temps où les déficits publics s’élevaient à plus de 6 % est révolu : la zone euro passera sous les 2 % cette année et sera à 1,6 % en 2017. Et cette consolidation budgétaire n’empêche plus de renouer avec des niveaux de croissance plus favorables : la zone euro a connu en 2015 un quasi doublement de sa croissance, qui a atteint 1,7 %. Ce rythme devrait se maintenir en 2016 et 2017. C’est autant de marge budgétaire pour investir dans l’avenir plutôt que payer les dettes du passé.

Cette amélioration des finances publiques européennes trouve sa traduction dans les décisions de mercredi. La Commission propose ainsi d’abroger la procédure pour déficit excessif pour la Slovénie, l’Irlande et Chypre, revenus sous les 3 % de déficit public en 2015. Il faut se souvenir que tant l’Irlande que Chypre avaient fait l’objet d’un programme d’assistance financière qui avait conduit à des réformes vigoureuses de leurs économies. Seuls quatre pays sur 19 restent aujourd’hui sous la surveillance de la Commission dans le cadre de cette procédure : la Grèce, l’Espagne, le Portugal et la France. Et nous projetons que les quatre peuvent passer sous 3% en 2016-2017.

Le pire pour l’Union et pour les Etats membres serait de sombrer dans l’autosatisfaction

Mais – et c’est mon deuxième message – le pire pour l’Union et pour les Etats membres serait de sombrer dans l’autosatisfaction. La petite musique qui commence à flotter dans les airs sur la reprise économique européenne est, à bien des égards, séduisante. Elle ne doit pas s’apparenter au chant des sirènes qui mènerait le navire Europe droit vers les récifs.

Plus que jamais, en 2016, exigence et vigilance doivent rester de mise. Le navire Europe a gagné en vitesse, mais son pour accélérer encore il aurait besoin de vents internationaux toujours favorables, qu’il s’agisse des prix bas du pétrole, de la politique monétaire de la BCE ou de la dépréciation de l’euro. Or, ces deux mouvements ne sont pas infinis. Les pays émergents, par ailleurs, ralentissent. Et le maintien du chômage à un haut niveau dans beaucoup de pays d’Europe reste un point noir. Nous devons dès lors nous préserver de ces vents changeants, et pour cela garder le même rythme de réformes et de consolidation budgétaire.

Les décisions que nous avons prises sont le reflet de ce constat. Oui, la reprise ne doit pas être mise à mal par des politiques budgétaires trop restrictives ; mais c’est lorsque la croissance s’installe que la réduction de la dette et des déficits publics doit être menée à bien. Ainsi, la Commission a adressé des recommandations précises à Malte, à la Slovaquie et à la Hongrie afin que les déviations observées en 2015 en matière budgétaire ne se reproduisent pas en 2016 et 2017. Il en va de même en matière d’endettement public pour la Belgique, la Finlande et l’Italie, ces trois pays devant poursuivre les efforts de réduction de leur dette. Enfin, l’année 2017 devra marquer le retour à une trajectoire crédible de réduction de la dette publique en Italie, après les flexibilités accordées cette année.

L’accélération des réformes doit donc être une priorité en même temps que nous devons continuer d’appliquer le Pacte en bonne intelligence.

Continuer la lecture

Présentation des recommandations par pays 2016

J’ai présenté aujourd’hui, avec mes collègues Marianne Thyssen et Valdis Dombrovskis, les recommandations spécifiques par pays 2016 de la Commission européenne, qui propose aux États membres des orientations économiques pour les 12 à 18 prochains mois. Les États membres progressent dans leurs réformes et dans la correction des déséquilibres macroéconomiques, mais des efforts sont encore nécessaires pour consolider la relance de l’Europe. Les détails à voir et lire ci-dessous.

 

Vidéo de mon intervention :

Lien du communiqué de presse : http://europa.eu/rapid/press-release_IP-16-1724_fr.htm

Texte de mon introduction :

Merci, Valdis. Mesdames et messieurs, bonjour.

Derrière les recommandations et les décisions budgétaires que nous vous présentons aujourd’hui, il y a une réalité économique et sociale, ainsi que des réalités politiques.

  • Premier élément, des réformes sont en cours dans la plupart des États membres, mais des blocages demeurent. Il faut les lever pour relancer la croissance, pour relancer les investissements, pour créer des emplois, des opportunités à rouvrir dans l’éducation, dans la recherche, et dans l’innovation. De ce point de vue, je suis convaincu que nos recommandations – comme vient de présenter Valdis – visent les bonnes questions.
  • Deuxième élément, les niveaux de déficits et de dettes sont en baisse, mais ils continuent à peser de manière significative, voire excessive sur certaines économies et restent donc un risque pour l’ensemble, comme les marchés nous le rappellent de temps en temps.

Ce paquet intervient à un moment bien particulier du cycle économique. Nous constatons depuis l’année dernière, une reprise économique qui continue tout en restant modérée et stable, je ne dirais pas stagnante, alors que le contexte économique international est moins porteur. Nous en parlerons à la réunion des ministres des finances du G7 au Japon où je me rends à partir de ce soir. La bonne nouvelle, c’est que la politique budgétaire – marquée par la consolidation nécessaire de nos finances publiques – a cessé de peser, comme ce fut le cas dans le passé, sur la croissance et que désormais elle suit une orientation très légèrement favorable. La consommation interne est soutenue, l’investissement redémarre fortement. Nous devons accompagner cette reprise. Et c’est aussi le sens de ce paquet.

Quels sont les messages que je voudrais faire passer à la fin de cette présentation? J’en vois deux.

  1. Premier message, nous devons accélérer les réformes qui créent de la croissance et de la richesse précisément parce que le reste du monde ralentit. En clair, nous avons moins de vent dans les voiles. Il va donc falloir pousser notre moteur si on veut continuer d’avancer. Sinon, comme on dit en français il faudra ramer ! Nous devons agir intelligemment, de manière ciblée en partenariat avec les Etats membres. Nos recommandations pays par pays 2016-2017 répondent à cette exigence. J’en suis satisfait.
  2. Second message : nous devons appliquer les règles budgétaires avec le même souci d’efficacité et de relance de la croissance, comme le Pacte, qui est un pacte de stabilité et de croissance, le prévoit. Ces règles doivent assurer la discipline, mais ces règles n’ont pas été écrites pour briser la reprise ou pour tuer la confiance. C’est ce que nous avons voulu éviter.

Sur le volet budgétaire de ce paquet justement, je veux souligner le fait que la zone euro sort lentement mais sûrement de la période des déficits excessifs. Comme cela a été dit dans nos prévisions, sur lesquelles nos recommandations s’appuient, elle passera sous les 2% de déficits cette année et sera à 1.6% en 2017. Il faut quand-même mesurer l’effort de consolidation que cela représente sur nos économies depuis 2010 puisque les chiffres – 2% pour cette année, 1.6% pour l’année prochaine – sont incomparable avec 6% en 2010. Cette page se tourne avec la reprise économique. Et ceci se traduit dans notre paquet par plusieurs décisions concrètes.

Continuer la lecture

Interview dans 20 Minutes

Je vous invite à lire ci-dessous mon interview dans « 20 Minutes », sur la France et les recommandations de la Commission, l’emploi et la Loi Travail, la Grèce, la transparence fiscale, et l’avenir du projet européen.

Cette interview est aussi disponible ici http://www.20minutes.fr/economie/1847339-20160518-pierre-moscovici-renoncer-loi-travail-lourde-erreur, et en version papier demain matin.

Quelles sont les recommandations de Bruxelles à la France ?

Nous lui demandons de poursuivre ses efforts sur trois fronts. Primo, sa politique budgétaire. Le président de la République souhaite diminuer l’impôt des ménages en 2017, c’est une option légitime, mais la France doit trouver les moyens de compenser cette baisse, car son déficit doit absolument passer sous la barre des 3 % en 2017, comme elle s’y est engagée. Secundo, la lutte contre le chômage. Si la Commission européenne encourage la flexibilité, elle souhaite également promouvoir la sécurité pour les travailleurs, et celle-ci passe notamment par un meilleur accès à la formation tout au long de la vie. Enfin, la France doit continuer d’améliorer la compétitivité de ses entreprises.

La France n’est pas le mauvais élève de l’Europe, mais elle ne doit pas relâcher ses efforts.

Vos recommandations sont les mêmes que l’an dernier…

Pas tout à fait, dans la mesure où elles sont plus synthétiques et stratégiques. En outre, ce sont des terrains sur lesquels nous observons des améliorations. Contrairement à ce que je peux entendre, la France n’est pas le mauvais élève de l’Europe, mais elle ne doit pas relâcher ses efforts. Prenez le taux de chômage :il devrait être de 10,2 % cette année, contre 10,4 % en 2015. La direction est donc la bonne mais il faut continuer, car personne ne peut se satisfaire d’un tel chiffre.

Justement, quel regard portez-vous sur la loi Travail ?

Ce n’est pas mon rôle de la juger. Tout ce que je peux dire, c’est qu’une réforme est indispensable et qu’y renoncer serait une erreur lourde. La France est le 21e pays de l’UE en termes de taux de chômage. Le marché du travail français est incontestablement trop rigide : il est extrêmement difficile d’y entrer, il n’est pas facile d’en sortir, et les plus précaires ne sont pas correctement protégés.

Mais les sondages montrent que les citoyens sont très hostiles à la loi Travail…

Les Français ont souvent le même réflexe quand une réforme se présente : celui de s’y opposer. Cela ne signifie pas que la réforme n’est pas nécessaire et qu’elle ne doit pas être menée. Dans le cas contraire, la France n’aurait jamais, par exemple aboli la peine de mort, même si comparaison n’est pas raison. En outre, je pense que la volonté du peuple doit s’exprimer dans les élections, pas dans les sondages.

Pourquoi Bruxelles se permet-elle de demander à la France de telles évolutions ?

Nous sommes tenus de le faire par des traités que les gouvernements et les Parlements de l’Union européenne, à commencer par celui de la France, ont signés. Et ils l’ont fait pour que les politiques économiques des 28 pays de l’UE soient mieux coordonnées.

Suite aux « Panama papers », j’ai proposé de créer, d’ici à six mois, les critères pour constituer une liste noire européenne commune des paradis fiscaux.

Continuer la lecture

Invité de « l’interview éco » sur France Info

J’étais ce vendredi 13 mai l’invité de « l’interview éco » sur France Info. J’ai répondu aux questions de Jean Leymarie sur la Grèce et sur la France. Sur la Grèce, j’ai salué des négociations qui avancent bien : je suis confiant que le 24 mai, lors du prochain Eurogroupe, nous arriverons à un accord global si chacun poursuit ses engagements. Sur la France, je suis revenu sur la nécessité d’une réforme du marché du travail, et sur des améliorations sur la plan des finances publiques pour passer sous 3% de déficits en 2017. Le chemin des réformes et de l’assainissement budgétaire ne peut pas et ne doit pas être interrompu.

Nous prenons un virage serré dans les négociations avec la Grèce. Je souhaite que ce soit un tournant positif pour la Grèce et pour la zone euro.


« Il n’y a pas de cagnotte » (Pierre Moscovici) par FranceInfo

Grèce : un tournant bienvenu

Grèce : un tournant bienvenu

La Grèce revient au cœur de l’actualité de la zone euro. Les Européens  doivent prendre des décisions importantes sur l’économie grecque, ses réformes et sa dette. Mais, six ans après le début des programmes d’assistance à ce pays, de quoi parle-t-on encore ? Et où en sommes-nous vraiment ?

Politiquement, tout d’abord, l’Eurogroupe du 9 mai – Journée de l’Europe – est un vrai tournant.

Politiquement, tout d’abord, l’Eurogroupe du 9 mai – Journée de l’Europe – est un vrai tournant. Pour la première fois depuis 2010, les ministres des finances européens ont accepté de discuter lundi dernier de l’allègement de la dette grecque, répondant ainsi positivement aux réformes économiques votées par le gouvernement grec. La feuille de route de l’été 2015 – modernisation économique en Grèce contre une assistance financière de 86 milliards d’euros et un allégement de sa dette – est donc pleinement honorée.

J’en ai la conviction: nous ne rejouerons pas cet été la partition de crise de l’an dernier, qui avait ravivé les craintes d’une sortie de la Grèce de la zone euro.

Ces dernières avancées n’arrivent pas par miracle : elles prolongent celles que nous – Commission européenne –  avons patiemment encouragées, depuis des mois. J’en ai la conviction: nous ne rejouerons pas cet été la partition de crise de l’an dernier, qui avait ravivé les craintes d’une sortie de la Grèce de la zone euro. Ce scénario n’est plus à l’ordre du jour. Je m’en réjouis. Je veux saluer le rôle de mes équipes qui – trop injustement caricaturés en « men in black » – ont bien au contraire, avec le Président Juncker et moi-même, œuvré pour trouver des accords équilibrés, économiquement viables et socialement justes, pour surmonter les positions antagonistes d’autres acteurs.

On connaît l’enjeu derrière chaque nouvel effort, chaque nouvelle étape du programme d’assistance à la Grèce : lui redonner toute sa place dans l’économie européenne. Les sommes qui ont été prêtées par les Européens et le Fonds Monétaire International (FMI) à Athènes ont permis de maintenir ce pays au sein de la zone euro et de tracer la route d’une souveraineté financière retrouvée. En conditionnant plus de 300 milliards d’euros de prêts à des réformes ambitieuses, les plans d’aide successifs n’ont ainsi pas seulement permis de donner des gages aux créanciers, mais bien de poser les fondements d’une croissance plus robuste et plus équilibrée. Il en va ainsi de la rationalisation du système de TVA et de l’impôt sur le revenu ou du nettoyage des bilans bancaires de leurs créances douteuses.

On pourra au choix critiquer ou saluer l’habileté d’Alexis Tsipras.

On pourra au choix critiquer ou saluer l’habileté d’Alexis Tsipras. En tout cas, il a réussi à conduire sa majorité de gauche radicale à adopter ses mesures difficiles et à convaincre les Européens de respecter leurs engagements, alors même qu’il n’a pas d’alliés de sa famille politique parmi les autres leaders européens.

Economiquement, j’espère que ces avancées politiques vont créer un rebond.  Après un déficit public de 13 % en 2013, la Grèce devrait ainsi s’approcher de la barre des 3 % du PIB fin 2016. La croissance grecque devrait repartir dès cet été et renouer aussi avec des chiffres plus confortables en 2017- 2,7 % selon nos prévisions. Aucun exécutif européen n’est allé aussi loin en si peu de temps, en adoptant en quelques mois des réformes des retraites, de l’impôt sur le revenu et des avancées sur les privatisations ! Il faut maintenant mettre en œuvre ces réformes et relancer la croissance. Beaucoup reste donc à faire pour transformer ces prévisions en réalité pour l’économie grecque.

Après l’Eurogroupe de lundi, je suis désormais convaincu de la capacité de la Grèce à revenir sur les marchés financiers à brève échéance. En 2014, le gouvernement grec était parvenu à y lever 3 milliards d’euros. Les soubresauts politiques qui ont réduit la portée de ce succès  n’ont dès lors constitué qu’une déviation temporaire et en aucun cas un empêchement définitif au retour de la Grèce sur les marchés et à son maintien dans la zone euro.

Ne tombons pas pour autant dans l’autosatisfaction. Le peuple grec reste en souffrance.

Ne tombons pas pour autant dans l’autosatisfaction. Le peuple grec reste en souffrance. Mi-2015, la richesse par habitant était ainsi revenue à son niveau de 1999 : les Grecs ont perdu avec la crise le dynamisme que l’euro leur avait apporté. Le chômage reste encore aujourd’hui supérieur à 23 %. Derrière ces chiffres, il y a des drames humains, qui alimentent la poussée de l’extrême droite. La crise des réfugiés alourdit aussi le fardeau grec. Voilà qui doit donc conduire l’ensemble des institutions créancières, FMI compris, à défendre des positions équilibrées, afin de ne pas ajouter de l’austérité à l’austérité.

Et puis, la question de la réduction de la dette est aussi un enjeu clé, car elle reste comme une Epée de Damoclès sur toute l’économie et la société grecques. Les Européens se sont engagés à réduire son coût  tout en refusant toute hypothèse de ‘haircut’. Nous travaillons actuellement sur plusieurs options techniques pour alléger les conditions du crédit. Cela reviendrait essentiellement – un peu comme pour renégocier un crédit à la banque – à baisser les taux d’intérêt et à prolonger les échéances de quelques années, afin que les remboursements soient moins lourds. Au vu des progrès faits par les Grecs, je crois que cet allègement des crédits grecs est légitime. Il est temps de redonner de l’oxygène à la Grèce et de l’espoir aux Grecs.

Les difficultés restent considérables, mais nous avançons avec détermination vers leur résolution.

Les difficultés restent considérables, mais nous avançons avec détermination vers leur résolution. Et nous le faisons avec cette même volonté de trouver un accord équilibré pour chacune des parties, car ce sont ces avancées successives qui, mises bout à bout, assureront l’unité de la zone euro et le renforcement de l’intégration européenne. Après de multiples épreuves, l’Odyssée grecque semble aujourd’hui avancer vers une issue positive.

Nous prenons actuellement un virage serré dans cette négociation. Il faut en faire un tournant pour la Grèce et pour la zone euro.

Européens, assumons toutes nos racines ! Tribune dans Le Figaro

Je vous invite à lire ci-dessous ma tribune parue ce matin dans Le Figaro et disponible sur http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/2016/05/11/31003-20160511ARTFIG00284-je-ne-crois-pas-aux-racines-chretiennes-de-l-europe-ce-que-j-ai-voulu-dire.php

 

Européens, assumons toutes nos racines !

Lors de l’émission BFM Politique dimanche soir, j’ai salué l’élection de Sadiq Khan, nouveau jeune maire de Londres. La presse a relevé qu’il s’agissait du « premier maire musulman » d’une capitale européenne. C’est dans ce contexte que j’ai redit ma conviction que l’Europe « est une communauté de valeurs, un grand dessein et un grand destin culturel. Et que l’Europe n’est pas chrétienne même s’il est vrai que sur notre continent il y a une majorité de la population de religion ou de culture chrétiennes. Je ne crois pas aux racines chrétiennes de l’Europe – ou alors on peut parler de racines, mais je crois que l’Europe est unie et diverse. »

J’ai le plus grand respect pour les religions et leur apport spirituel. J’ai en horreur tout révisionnisme historique.

Ces propos, caricaturés et amputés – on voit que je n’ai pas nié ces « racines » –  ont suscité de vives réactions, notamment sur les médias sociaux, où ils ont engendré de nombreuses remarques, souvent haineuses et antisémites, ou dans la presse d’extrême droite. Ils ont aussi provoqué des réponses plus argumentées, comme celle de mon ami Renaud Girard dans vos colonnes. Je veux donc m’en expliquer et lui dire que, non, je ne suis pas un « technocrate de la société de consommation, pour qui l’homme est un être exclusivement économique ». J’ai au contraire le plus grand respect pour les religions et leur apport spirituel. J’ai en horreur tout révisionnisme historique. Et je n’ai voulu blesser aucune conscience. Je  souhaite plutôt poser quelques points de repères essentiels pour moi, que mon bref propos de dimanche ne pouvait résumer.

Le débat sur les « racines chrétiennes de l’Europe » n’est pas nouveau.

Le débat sur les « racines chrétiennes de l’Europe » n’est pas nouveau. Ceux qui – comme moi – suivent les questions européennes depuis longtemps se souviendront des controverses qui eurent lieu lors de la Convention, chargée de rédiger le projet de Constitution européenne en 2003. Représentant des autorités françaises dans cette Convention, j’ai encore en tête les longues batailles  qui s’y jouèrent sur les points d’ancrage historique de l’Union. Fallait-il parler d’héritage chrétien, en s’inspirant des quatre constitutions d’Etats européens qui y faisaient alors explicitement référence ? D’héritage religieux ? Proposer au contraire, comme le suggéraient certains, d’y ajouter « le judaïsme, l’antiquité gréco-romaine, la chrétienté, l’humanisme de la Renaissance, le siècle des Lumières, la pensée progressiste du XIXème siècle, le socialisme » ? Comment prendre en compte les convictions de ceux qui n’ont pas de croyance ?  Et comment réconcilier tout ceci avec la laïcité à la française ? Au final, le texte évoquait le «patrimoine spirituel et moral» de l’Union, une formulation plus générale, mais aussi plus complète, plus inclusive. Car l’enjeu fondamental est là. Comment y répondre?

L’Europe d’aujourd’hui n’est pas un monolithe. Elle est riche de sa diversité religieuse.

Continuer la lecture

Invité de l’émission BFM Politique sur BFMTV, RMC, Le Parisien, BFM Business

J’étais ce dimanche 8 mai l’invité de l’émission BFM Politique sur BFMTV, RMC, Le Parisien, et BFM Business.

Défis européens, croissance et économie de l’Union, engagements budgétaires et réformes en France, lutte contre la montée des populismes, Grèce, ou encore TTIP, je vous invite à voir ou à revoir ci-dessous les différentes séquences de l’émission  :


BFM Politique 1/6 : Interview par Apolline de Malherbe :

BFM Politique 2/6 : Interview « Face aux Français », par Henri Vernet, rédacteur en chef adjoint au Parisien-Aujourd’hui en France :

BFM Politique 3/6 : Interview « Questions d’éco » de BFM Business, par Hedwige Chevrillon :


BFM Politique 4/6 : Interview sur l’actualité de la semaine par Apolline de Malherbe :

Continuer la lecture