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Interview dans L’Opinion – Série « Bercy pour ce moment »

Catégorie : Actualité,Politique | Par pierre.moscovici | 19/07/2016 à 8:56
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Je vous invite à lire ci-dessous mon interview dans L’Opinion, pour la série « Bercy pour ce moment« . J’y reviens sur les moments forts de mon mandat de ministre de l’économie et des finances à Bercy, sur les réussites et les difficultés, et sur le lieu, le contexte, et l’administration.

En voici un extrait :

La nomination

Le Président m’a appelé une heure avant l’annonce du gouvernement pour me dire que je serai ministre de l’Économie et des Finances

Jean-Pierre Jouyet, Jacques Attali, Jean-Claude Juncker… Un certain nombre d’amis avaient plaidé auprès de François Hollande pour que je sois ministre des Finances. Pour ma part, je ne lui en avais jamais parlé. Il voulait  un proche, qui connaisse les sujets européens, notamment  à cause de la Grèce, et qui parle anglais. Quand nous avons évoqué mon rôle après son élection, François Hollande m’a d’abord demandé si je voulais être Premier secrétaire du parti socialiste, ce qui ne m’intéressait plus, il a évoqué l’idée que je puisse être secrétaire général de l’Élysée, ce qui ne m’intéressait pas – j’étais un élu, attaché à mon territoire, je souhaitais le rester. Finalement, il m’a appelé une heure avant l’annonce du gouvernement pour me dire que je serai ministre de l’Économie et des Finances, en précisant que Jérôme Cahuzac serait mon ministre délégué au Budget. Le Président a simplement  oublié une chose : c’est de m’indiquer qu’il y aurait quatre puis cinq autres ministres à Bercy !

Le lieu

J’ai aimé Bercy, j’ai aimé y travailler, je reste fier et heureux d’avoir rempli cette fonction unique.

Je connaissais déjà le ministère pour m’y être rendu de nombreuses fois, depuis le début des années 90, et notamment avec François Hollande, à l’invitation de Pierre Bérégovoy, dont nous avions critiqué la politique du « franc fort » et qui aimait discuter avec ses contradicteurs. Bercy, avec ses interminables couloirs, l’immensité de ses bâtiments, est un lieu d’efficacité et de pouvoir. Le bureau du ministre des Finances n’est pas le plus désagréable, avec sa vue sur la Seine qui court jusqu’à Notre-Dame. Tard le soir, en signant des parapheurs, en écrivant mon dernier livre, « Combats », ou en lisant des notes dans les lumières de la ville, pendant que le ministère bourdonne encore d’activité, j’éprouvais un sentiment de responsabilité, de force et de paix. J’ai aimé Bercy, j’ai aimé y travailler, je reste fier et heureux d’avoir rempli cette fonction unique.

La réforme 

Après le discours du Bourget, il fallait séparer les activités spéculatives des banques du financement de l’économie, sans pour autant tuer le modèle français de banque universelle.

J’en vois trois, sans parler des dizaines d’Eurogroupes pour sortir de la crise grecque ou construire l’Union bancaire. La première, c’est la réforme bancaire. Après le discours du Bourget, il fallait séparer les activités spéculatives des banques du financement de l’économie, sans pour autant tuer le modèle français de banque universelle. Ça a été un beau débat parlementaire, avec des députés pas toujours faciles mais très constructifs, comme Karine Berger ou Laurent Baumel- mais oui, on peut trouver des compromis avec eux! La deuxième, c’est ce que j’ai appelé la « révolution copernicienne » de la politique de l’offre. Mes équipes sont pour beaucoup dans la genèse du pacte de responsabilité. Je suis enfin à l’origine de la formule du « ras-le-bol fiscal ». Je savais qu’il faudrait un choc fiscal la première année pour réduire les déficits sans déprimer l’activité. Mais pas deux années de suite! À l’automne 2013, cette tentation existait. J’ai donc décidé de mettre un coup de pied dans la fourmilière. J’ai été critiqué, notamment au Parti socialiste. Mais je ne regrette rien: j’avais raison- trop tôt- et les Français l’ont compris.

La Crise / l’épreuve

L’épreuve la plus dure a sans conteste été la trahison de mon ministre délégué, Jérôme Cahuzac. […]

L’intégralité de l’interview (abonnés) est à lire ici : http://www.lopinion.fr/edition/economie/pierre-moscovici-j-ai-ete-patron-a-bercy-c-est-bonne-formule-cela-106679

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