« S’il est minuit en Europe » – Extrait 1/16

Chers lecteurs,

J’ai publié la semaine dernière, aux éditions Grasset, un livre de propositions et de convictions, « S’il est minuit en Europe« .

C’est le livre d’un artisan et d’un partisan de l’Europe, un ouvrage « coup de gueule » contre ceux qui laissent dépérir la grande idée européenne. C’est aussi un plaidoyer pour ceux qui pensent qu’il faut redonner une chance à notre continent et au projet européen. C’est une contribution à la fois personnelle et politique, par un Européen de cœur, qui connaît intimement l’Europe et qui se bat au quotidien pour qu’elle avance.

Voici le lien de l’ouvrage, pour plus d’informations : http://www.grasset.fr/sil-est-minuit-en-europe-9782246863311

J’en publierai, sur ce blog, un extrait tous les 2 jours, afin de partager avec vous les idées et les engagements qui sont les miens.

En voici le premier extrait :

Dans la foulée de son élection, Marine Le Pen convoque un référendum sur l’appartenance de la France à l’Union européenne.

« Dans la foulée de son élection, Marine Le Pen convoque un référendum sur l’appartenance de la France à l’Union européenne. Elle en avait fait une promesse de campagne – et elle la tient. Le Brexit inspire au-delà des frontières, il réveille tous les nationalismes, encourage tous les populismes. Les partis de gouvernement, hébétés par la défaite, handicapés par des années de silence et de raccourcis sur l’Europe, échouent à lui faire barrage. Le référendum français capte – comme toujours – toutes les angoisses, tous les ressentiments accumulés. C’est le camp europhobe qui l’emporte. Paris emboîte le pas à Londres et commence à négocier les conditions de son retrait.

Au moment où j’écris ces lignes, ce scénario n’est heureusement qu’une fiction, une vue de l’esprit.

Au moment où j’écris ces lignes, ce scénario n’est heureusement qu’une fiction, une vue de l’esprit. C’est la voie du pire, qu’il reste possible et même probable d’éviter en 2017. Mais pas sans conditions. Il faut combattre l’extrême droite bien plus vigoureusement que par le passé : avec des idées, avec des projets, avec des principes et des valeurs, et surtout avec des résultats. Sur tous les fronts et sur tous les plans. Le bipartisme français, ancré depuis des décennies, crée de la rente électorale pour les grands partis politiques, en leur assurant des positions acquises : cela les rend trop souvent routiniers et complaisants. Lutter contre la percée populiste n’est pourtant pas un travail pour dilettante. C’est une tâche de fond, méthodique, qui exige de la constance, de l’exemplarité dans la conduite et de l’excellence dans les propositions. Nous n’y sommes pas.

Et s’il y a bien un champ qui a été déserté, un objet politique abandonné à l’extrême droite, c’est l’Europe.

Et s’il y a bien un champ qui a été déserté, un objet politique abandonné à l’extrême droite, c’est l’Europe. La formation lepéniste est hélas aujourd’hui trop seule à faire entendre sa voix sur ce sujet. Certes, il y a à droite et à gauche des actions, des convictions, des discours. Mais si timides, si vagues. Tellement isolés. L’Europe n’appartient plus à personne aujourd’hui, dans le discours politique français, ou plutôt elle est laissée à Marine Le Pen et à la cohorte hétéroclite de souverainistes de tout poil qui l’imitent, l’accompagnent ou, venant parfois de la gauche et osant même pour certains s’en réclamer encore, s’apprêtent sans toujours l’avouer à la rejoindre. Elle seule et ses affidés en parlent – mal, mais fort. Elle seule et ses affidés ont un programme pour l’Europe – la détruire.

Ce livre répond aux populistes anti-européens.

Ce livre répond aux populistes anti-européens. Il est aussi un appel pour les autres, ceux qu’on n’entend plus ou pas assez, parce qu’ils se taisent ou parlent trop bas. C’est le livre d’un Européen excédé par la médiocrité du débat sur l’Europe, un livre contre ceux qui laissent dépérir la grande idée européenne, mais aussi pour ceux qui pensent qu’il faut redonner une chance à notre continent et au projet européen. Il en faudra plus pour éviter les scénarios les plus noirs en 2017 ou après, certes. Mais à chacun d’apporter sa contribution. Je veux, en Européen de coeur et d’expérience, proposer la mienne. » […]

A suivre…