« S’il est minuit en Europe » – Extrait 3/16

Troisième extrait de mon livre paru le 2 novembre

L’Europe est au coeur d’une profonde recomposition.

Si le clivage gauche-droite persiste bel et bien, il est complété par une nouvelle ligne de division, qui oppose les partisans d’un monde fermé et ceux d’un monde ouvert. Les souverainistes – de droite comme de gauche – veulent un retour aux frontières nationales, au risque du déclin. Les tenants de l’ouverture veulent supprimer les barrières, au risque de la dilution.

Aucun de ces modèles n’est convaincant.

Le premier, parce qu’il est illusoire : un Etat – et particulièrement un Etat européen, au mieux moyen à l’échelle mondiale – ne peut à lui seul traiter des questions dont la solution est au moins continentale. Le second, parce qu’il est naïf : ouvrir grand portes et fenêtres, sans conditions, revient à exposer les plus vulnérables et à se déposséder volontairement de tout instrument de régulation. Entre ces deux extrêmes, il y a un sentier étroit. Reste que les souverainistes rassemblent, des deux côtés du spectre politique.