« S’il est minuit en Europe » – Extrait 5/16

Réinvestir le débat européen est le préalable absolu. Commissaire européen, je ne suis plus un acteur de la vie politique française au quotidien. Je m’exprime ici à titre personnel, fort de mon expérience et de mes engagements européens, qui ont été au coeur de mon action publique depuis ma première élection au Parlement européen – c’était en 1994, il y a plus de vingt ans ! Mais je n’ai pas changé de convictions : je suis, par toutes mes fibres, un homme de gauche.

Je ne suis ni en retrait, ni en retraite : j’agis ailleurs et autrement, mais mes engagements ne changent pas.

C’est pourquoi je n’accepte pas la démission d’une partie de la gauche sur les affaires européennes, et d’abord de la gauche française. Je n’accepte pas son silence, sa passivité, ses ambiguïtés. Je n’accepte pas qu’elle renonce à une part de son identité. Je n’accepte pas son manque d’ambition, sa paresse intellectuelle, ses facilités rhétoriques, ses clins d’oeil à l’électorat tenté par le populisme. La gauche doit retourner dans l’arène européenne.