Croissance pour tous, fiscalité équitable et sécurité: retour sur le G7 à Bari

J’étais à Bari vendredi et samedi pour le G7 des ministres des finances. En tant que représentant de l’Union européenne, j’y  ai présenté et défendu notre agenda économique et fiscal auprès de nos principaux partenaires internationaux.

Quels les messages leur ai-je passés au nom de l’UE?

D’abord, que tout doit être fait pour continuer à soutenir une croissance économique inclusive et créatrice d’emplois. C’est la priorité absolue, à l’heure où nos économies retrouvent de la vigueur, en Europe et dans le monde. Dans cette perspective, la coordination des politiques économiques et fiscales entre les Etats et les institutions internationales, ainsi que la levée des obstacles au commerce international, est plus que jamais nécessaire et le rappel de ces principes dans le communiqué final est une très bonne chose.

Lutter contre les inégalités, la grande leçon que les pays développés doivent tirer de la montée des populismes.

J’ai rappelé que les fruits de cette croissance doivent bénéficier à tous, pas uniquement à ceux qui en bénéficient déjà. D’où la nécessité de lutter sans relâche contre les inégalités que peut entraîner un développement économique mal calibré. C’est à mon sens la grande leçon que les pays développés doivent tirer de la montée des populismes, et cette prise de conscience collective doit désormais déboucher sur des actes.

La fiscalité doit être utilisée dans un sens favorable à la croissance.

J’ai défendu ma conviction qu’une fiscalité équitable, transparente et moderne concourrait à cet objectif. Le populisme se nourrit aussi de l’idée que certains particuliers et certaines entreprises sont au-dessus des lois , et les différents scandales que nous avons connus obligent les Etats à une plus grande coordination dans leur politique fiscale. Il a ainsi été rappelé que la fiscalité doit être utilisée dans un sens favorable à la croissance, grâce à des échanges plus soutenus entre les pays du G7, sans pour autant sortir d’une trajectoire budgétaire soutenable. C’est un équilibre que je défends au sein de l’Union Européenne, comme commissaire en charge de la surveillance budgétaire.

La déclaration de Bari fait de la lutte contre le financement d’activités illicites une priorité.

La coordination des politiques fiscales au niveau international est aussi une question de sécurité. Elle permet en effet un meilleur contrôle des circuits de financement d’activités illicites, et notamment terroristes. Nous le savons, des organisations criminelles utilisent les failles dans nos systèmes fiscaux et parfois le manque de coordination entre les Etats pour financer leurs activités. Je suis heureux que  cette question soit apparue très rapidement comme prioritaire, et qu’il ait été décidé d’accroître les échanges d’informations entre Etats et avec le secteur privé. La « déclaration de Bari », qui fait de cette lutte une priorité, est un pas de plus dans la bonne direction.

Enfin, suite à l’attaque d’ampleur mondiale de ce week-end, les nouvelles menaces informatiques ont fait l’objet de discussions nourries. C’est ici aussi un thème qui nécessite une coordination renforcée entre les Etats et les organisations internationales. Il doit être considéré comme une priorité, tant ces menaces peuvent affecter les organisations économiques domestiques.

Ces différents sujets feront l’objet d’un suivi précis au cours des prochains mois, à l’occasion, notamment, du G20 de juillet à Hambourg.

L’Europe est sur le chemin de la guérison économique.

J’ai profité de cette réunion à Bari pour rappeler que l’Europe avançait sur le chemin de la guérison économique. C’est une bonne nouvelle. Comme je l’ai annoncé la semaine dernière,  l’Europe voit son PIB progresser pour la cinquième année consécutive. Le taux de chômage dans la  zone euro atteindra en 2018 son plus bas niveau depuis 2009. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de ces résultats mais nous pouvons nous en féliciter.

Au cours des prochains mois, je travaillerai sur les grands sujets européens qui concernent aussi nos partenaires internationaux:

L’approfondissement de l’Union économique et monétaire. Elle est indispensable pour résorber les divergences qui sont apparues au sein de la zone euro et pour soutenir la croissance mondiale. Nous devons utiliser la fenêtre d’opportunité de ces prochains mois, notamment après l’élection présidentielle française, dont le résultat a été salué par tous les participants du G7, pour avancer très concrètement sur ce sujet.

Une gestion intelligente mais ferme des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Cette sortie ne doit pas être une confrontation mais bien une négociation, où l’unité des 27 doit être en permanence maintenue.