Grèce : et maintenant, cap sur la croissance !

Une bonne nouvelle pour un formidable espoir : c’est ce que je retiens de la réunion décisive de l’Eurogroupe hier soir – le Conseil des ministres des finances de la zone euro – à laquelle j’ai participé. Nous avons trouvé un accord global, qui va permettre à la Grèce de tourner, enfin, la page de l’austérité. Comme nous le demandions depuis des mois, la responsabilité collective et l’intérêt général ont prévalu. La Grèce peut ainsi ouvrir un nouveau chapitre.

Le gouvernement d’Alexis Tsipras a fait preuve d’un grand courage politique ces derniers mois.

Premier succès, majeur : la Grèce a tenu ses engagements, elle a accepté des réformes supplémentaires, enfin reconnus par les Etats et les Institutions. La Grèce avait une liste de 140 réformes à adopter et mettre en œuvre depuis septembre dernier: elle l’a fait! Il ne s’agit pas de petits ajustements à la marge, mais d’un effort profond de changement, dans des secteurs aussi variés et sensibles que les retraites, la fiscalité ou l’ouverture du marché de l’énergie. Et cet effort a été mené jusqu’au bout, alors qu’Athènes a dû, en parallèle, consentir à un tour de vis budgétaire supplémentaire. Alors, disons-le : le gouvernement d’Alexis Tsipras a fait preuve d’un grand courage politique ces derniers mois, il tenu sa parole, il a fait un travail remarquable et en profondeur pour réformer son pays et lui offrir une chance de renouer avec la croissance et de retrouver son autonomie économique et financière.

Cette reconnaissance n’était pas juste symbolique. Elle était nécessaire pour conclure ce qu’on appelle la « deuxième revue » du programme d’assistance à la Grèce. Et conclure cette deuxième revue était le préalable au versement d’une tranche de quelque 8,5 milliards d’euros issus du prêt total du plus de 85 milliards d’euros mobilisés depuis l’été 2015.

L’extension de la maturité des prêts et les mesures prises sur les taux d’intérêt rendent cet accord clair et crédible.

Deuxième élément positif : l’horizon s’éclaircit sur la dette grecque. L’Eurogroupe d’hier soir a confirmé et précisé l’engagement des pays de la zone euro, pris en mai 2016, sur des mesures pour assurer la soutenabilité de la dette grecque à partir de 2018 pour les décennies à venir. L’extension de la maturité des prêts et les mesures prises sur les taux d’intérêt rendent cet accord clair et crédible. Il encouragera les investisseurs à faire de nouveau confiance au pays et enverra un signal positif aux marchés financiers.

De même, les créditeurs de la Grèce n’exigent plus un effort budgétaire du pays aussi important qu’auparavant pour l’après 2018, terme du programme. La Grèce devra viser une cible de surplus budgétaire plus basse, autour de 2%, ce qui va donner à ses finances publiques un ballon d’oxygène et allègera les efforts consentis par sa population.

La croissance et l’investissement sont nos priorités à présent.

Surtout, l’engagement sur la dette s’appuie sur des mesures pour soutenir la croissance et l’investissement : ce sont bien nos priorités pour ce pays à présent. Des ressources additionnelles vont ainsi être mobilisées pour l’investissement, en utilisant les fonds européens et ceux des institutions financières internationales.

Troisième bonne nouvelle : l’engagement conclu permet de formaliser la participation du Fonds Monétaire International, le FMI, dans le programme. Pour plusieurs Etats membres, cette participation était essentielle pour continuer d’accompagner la Grèce dans son programme de redressement. Pour la Commission, elle est un gage nécessaire de crédibilité.

L’incertitude pesait sur le dynamisme économique. L’Eurogroupe d’hier soir va lever pour grande partie cette hypothèque.

L’économie grecque est à un carrefour : elle va pouvoir prendre définitivement la voie de la croissance et laisser les années austères derrière elle. Le pays affiche aujourd’hui de très bons résultats sur le plan budgétaire, mais l’incertitude commençait à peser sérieusement sur son dynamisme économique. En donnant au pays une perspective claire, en s’engageant nettement à ses côtés, l’Eurogroupe d’hier soir va lever pour grande partie cette hypothèque.

La Commission a poussé pour que la Grèce puisse retrouver le chemin de la croissance, de l’emploi et de la confiance.

Quel a été le rôle de la Commission, dans tout cela, et le mien en particulier ? Le même que depuis le début! Nous avons, à chaque étape, veillé à minimiser l’impact des mesures sur les populations les plus vulnérables et défendu la cohésion sociale. Nous avons poussé chaque partie à respecter ses engagements : la Grèce, bien sûr, mais aussi ses pairs à l’Eurogroupe, qui avaient fait des promesses et devaient les tenir, tout comme la Grèce a tenu les siennes. Et nous avons poussé, tout au long du processus, pour que la Grèce puisse retrouver le chemin de la croissance, de l’emploi et de la confiance.

Alors oui, pour ce pays passé si près de l’abîme il y a quelques années, l’Eurogroupe d’hier est une très bonne nouvelle qui rallume la flamme de l’espoir. Je m’en réjouis pour le peuple grec.