Grèce : bonnes nouvelles

La Grèce entrera prochainement dans la dernière ligne droite de son programme d’assistance financière. J’étais avant-hier à Athènes pour préparer cette prochaine étape : celle qui doit nous mener à une normalisation de la situation du pays, lui permettant de voler de ses propres ailes, sans soutien financier européen ou international.

Réussir la conclusion du programme est un enjeu absolument crucial, vital même, pour ce pays : nous devons préparer cette échéance ensemble. C’était l’objet de mes rencontres pour cette visite de travail : avec le Premier ministre, Alexis Tsipras bien sûr, mais aussi avec le président Prokopis Pavlopoulos, le gouverneur de la Banque centrale grecque Yannis Stournaras, ou encore Euclid Tsakalotos, le Ministre des finances, et le leader de Nouvelle Démocratie Konstantinos Mitsotakis.

Le FMI a confirmé son soutien à la Grèce. C’est un signal de confiance adressé à la Grèce et aux marchés.

Depuis ma dernière visite en février, la Grèce a connu plusieurs développements très importants et très positifs. Les bonnes nouvelles se sont accumulées. Tout d’abord, la deuxième revue du programme s’est achevée. Après des négociations longues et difficiles, après l’adoption d’un nombre impressionnant de réformes, c’est une étape cruciale de la mise en œuvre du programme qui vient d’être franchie. Ensuite, la Grèce a reçu une nouvelle tranche d’aide européenne: 8,5 milliards d’euros, dont 7,7 milliards déjà déboursés. Les gouvernements de la zone euro ont également apporté des précisions sur les mesures de dette à moyen terme qui pourront être mises en œuvre à la fin du programme. Le Fonds Monétaire International vient pour sa part de prendre une décision qui ouvre la voie à sa participation au programme et confirme son soutien à la Grèce. C’est un signal de confiance adressé à la Grèce et aux marchés. Enfin, la Commission a proposé de sortir la Grèce de la procédure de déficit excessif, saluant son exceptionnelle performance. Le pays est passé d’un déficit de 15% du PIB en 2009 à des excédents l’an dernier. C’est un exploit, rendu possible par les énormes efforts consentis par le peuple grec et ses entreprises.

La Grèce peut conclure avec succès le programme en août 2018 et retrouver l’accès aux marchés à des taux raisonnables.

Alors que la Grèce se trouve désormais à un moment-charnière, il faut discuter des prochaines étapes. Je suis convaincu que la Grèce peut conclure avec succès le programme en août 2018 et retrouver l’accès aux marchés à des taux raisonnables. Je ferai tout mon possible, avec la Commission, pour l’accompagner vers cet horizon.

L’avenir, l’espoir et la confiance sont à portée de main.

Pour cela, trois conditions doivent être remplies :
Tout d’abord, il nous faut un plan partagé au niveau européen: Grèce, pays de la zone euro et institutions doivent avoir une vision commune du chemin qui conduira à la réussite du programme. Tous les acteurs doivent donc discuter de cette question dès que possible, et donner le cadre de ces négociations. Ensuite, la Grèce doit continuer sur la bonne voie, qu’il s’agisse des objectifs budgétaires ou de la mise en œuvre des principales réformes adoptées. Enfin, les créanciers doivent respectent les mesures de dette convenues. C’est essentiel pour assurer la confiance lorsque la Grèce reviendra sur les marchés.

Après cette longue et très difficile période, la Grèce a les moyens de tourner la page et de fermer le long chapitre d’austérité. Elle fêtait lundi le 43ème anniversaire du retour de la démocratie. Je souhaite que l’an prochain, nous puissions fêter avec elle son retour plein et complet dans les mécanismes normaux de la zone euro, avec une situation normalisée. L’avenir, l’espoir et la confiance sont à portée de main.